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Thibet troubles à Mo-Sy-Mien

Thibet troubles à Mo-Sy-Mien Pendant les derniers mois de son séjour au Thibet, avant son rappel, en qualité de Directeur du Séminaire des Missions Étrangères, le P. Aubert eut à supporter une persécution, dont il fit le récit à sa famille dans la lettre fort intéressante que nous publions aujourd'hui. Débuts des troubles
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    Thibet troubles à Mo-Sy-Mien
    Pendant les derniers mois de son séjour au Thibet, avant son rappel, en qualité de Directeur du Séminaire des Missions Étrangères, le P. Aubert eut à supporter une persécution, dont il fit le récit à sa famille dans la lettre fort intéressante que nous publions aujourd'hui.

    Débuts des troubles

    Le 30 décembre, plusieurs dizaines de mauvais drôles s'abattaient vers 3 heures du matin sur la résidence du P. Mussot à Len-tsy, à neuf heures de marche de Mo-sy-mien ; ils pillaient tout et démolissaient à moitié la maison. Le Père eut le temps de s'enfuir dans la direction de Cha-pa ; une heure après, tout paraissant tranquille, il se hasarda à rentrer. Les bandits s'étaient enfuis avec leur butin. Le préfet de Ta-tsien-lou, informé le jour même de cette attaque, lança quelques patrouilles de satellites ; huit jours plus tard, on était sur la bonne piste, et l'on saisissait deux coupables Li-Hai-Tin, et Tchou-Lan-Huen, celui-ci de famille riche et influente demeurant à He-keou, vallée débouchant sur Len-tsy. Les deux inculpés avouèrent, mais il fut impossible au mandarin d'amener Tchou-Lan-Huen à payer les dégâts ; aussi resta-t-il en prison. C'est à la suite de ces circonstances que d'autres troubles eurent lieu dans ma paroisse.
    Le 21 mars, vers 3 heures du soir, un chrétien entre dans ma chambre en s'écriant : « Père, une bande de brigands vient de saccager Cha-pa ; pas de nouvelles du P. Léard. Et Len-tsy? Demandai je. Pas de nouvelles de Len-tsy ni du P. Mussot ». Une demi-heure après, je savais que le P. Léard était en fuite sur Ta-tsien-lou, que le P. Mussot était à He-keou, prisonnier des Tchou, et que les brigands commençaient à se porter sur Mo-sy-mien. Je priai le chef de la milice locale de venir me parler :
    « Mon ami, lui dis-je, ce soir nous serons encore tranquilles, demain qu'arrivera-t-il? Que le grand homme n'ait pas peur. Je suis là avec mes gardes nationaux. Hum! Enfin nous verrons ». Mon grand souci était la religieuse et l'orphelinat qu'elle dirige. Je la prévins de se tenir prête à partir avec les orphelines.
    « C'est pour demain, lui dis-je. Nous nous sauverons ; à la garde de Dieu! »
    Quelques chrétiens surviennent.
    « Nous sommes trop faibles, leur dis-je, nous ne pouvons résister : que chacun choisisse sa ligne de retraite, et restez tous fidèles aux promesses de votre baptême. Le plus exposé, c'est moi ; pour l'instant mon devoir est de m'éloigner ; demain vous saurez mon refuge ».
    Le soir, je recommandai toutes choses à Dieu, et me jetai tout habillé sur mon lit.
    Le lendemain, à 8 heures du matin, j'observais attentivement la côte de Mo-kang-lin par où débouche l'unique route qui conduit à Len-tsy et à Cha-pa ; de petites troupes de deux, trois, quatre individus avaient l'air de descendre, puis, arrivées au même endroit, semblaient disparaître dans la montagne. Je dînai peu ; vers midi et demi le chef de la milice se présente.
    « J'écris au Préfet, dit-il.
    Si tu veux, mais il est un peu tard ; regarde donc la côte ; il y a, j'en réponds, deux cents brigands à une heure d'ici ; et ce n'est que l'avant-garde ».
    A une heure, on me dit :
    « Plusieurs centaines d'individus ont déjeuné ce matin à Tsaoui ».
    Le chef arrive de nouveau, la figure bouleversée.
    « Je prends la religieuse et les enfants chez moi, me dit-il.
    J'accepte de grand cur, et merci.
    Et, ajoute-t-il, vingt de mes gardes vont vous escorter jusqu'à Ta-tsien-lou., chez l'évêque.
    Pour cela non, il m'est impossible d'abandonner mes chrétiens ; je quitte la maison, mais non le pays. Demain, ou ce soir, vous saurez tous où je suis. Ne t'inquiète pas de moi. Merci, merci! »

    Dans la montagne

    Quelques instants après, accompagné d'un solide jeune homme, je quittais la maison, un pain d'une livre dans mes vêtements. Rapidement, je descends le talus abrupt qui soutient à l'ouest la plaine de Mo-sy-mien, je traverse le torrent, et, plus tranquillement, j'escalade les premières pentes de la montagne du Mao-kou-tchang. A 2 kilomètres derrière moi, j'aperçois mes orphelines qui se hâtent, hélas ! bien lentement, les pauvrettes! Mais pourquoi quittent-elles la maison du chef?...
    Je grimpe toujours ; au bout d'une heure et demie, je suis en pleine montagne, dans un petit hameau habité par cinq familles chrétiennes et par une bonne famille païenne ; je grimpe encore une demi-heure et je demande l'hospitalité à la famille chrétienne Lieou. Bientôt un courrier arrive : « Un millier de mauvais garnements sont à Mo-sy-mien, dit-il ; à leur tète est Tchou-Hoa-Chan ; dans la maison du Père, tout est saccagé ; à l'oratoire et à l'orphelinat, il en est de même. Demain on donne la chasse au Père!
    Oh! La montagne est vaste et la forêt profonde, et Dieu avec nous ! »
    La nuit fut à peu près tranquille. A 2 heures du matin, Lieou m'éveille. « Père, me dit-il, il faut partir.
    Le plus tôt sera le mieux, » ajoutai-je.
    Vite nous mangeons quelques restes de la veille ; le vieux Lieou, âgé de soixante ans, rassemble quelques vêtements, les deux frères préparent leurs fusils à mèche, les deux belles-surs prennent leurs enfants. Je pars avec le vieillard. Nous gravissons des rochers escarpés, et, au petit jour, nous nous asseyons au sommet du talus : de là, on domine la maison.
    « Où sont tes enfants? Demandai-je.
    Ils sont en lieu sûr, dit-il, ils ont pris une autre direction ».
    Nous n'étions pas là depuis un quart d'heure que des coups de fusil éclatent dans le bas, aux premières maisons chrétiennes ; en même temps des voix furieuses retentissent aux abords de la demeure que nous venions de quitter.
    « Où est l'étranger, de quel côté s'est-il enfui? Nous voulons le diable d'étranger ! »
    On croyait prendre l'oiseau au nid, mais l'oiseau s'était envolé! Nous ne vîmes rien, car les brouillards montaient. « Eh bien, montons encore, ces gens-là nous en veulent.
    Père, ils ne monteront pas jusqu'ici, nous n'avons rien à craindre!
    Comme tu voudras, répliquai-je, moi je m'en vais ; si les bandits t'arrêtent, ce sera ta faute ».
    Et je filai prestement dans la brousse, parfaitement rassuré sur le sort de ces montagnards qui courent les pentes comme j'arpente la plaine.
    D'abord un fouillis de ronces, puis un fourré de bambous, puis un haut taillis avec de grands arbres, mais la pente se fait de plus en plus difficile. Au bout de deux heures je m'arrête, je pense à faire ma prière du matin ; ensuite je reprends ma marche au hasard ; voici la neige maintenant, l'empreinte de mes pas pourrait me trahir.
    Vers midi, j'atteins un petit plateau, la neige est molle, elle a un pied d'épaisseur ; je découvre un sentier, et c'est heureux, car le taillis est impénétrable ; une heure après, ayant dîné par cur, je me jette dans un fourré et m'étends sur la neige ; je demeurai là assez longtemps ; n'entendant rien, je rejoins le sentier ; il pouvait être 4 heures du soir et... j'avais faim ; je ramasse une boule de neige, c'est bien fade...
    Jusqu'ici Dieu m'avait protégé. Il ne voulut pas me laisser dormir à la belle étoile, où sans doute je serais mort de froid à force de rechercher un abri quelconque, je rencontre une misérable hutte de branchages ; la porte manque, la neige filtre de toutes parts, peu importe ; j'essaie d'allumer du feu, mes allumettes mouillées ne prennent pas ; je m'étends sur une couche d'herbes sèches, le sommeil ne vient pas, et ma pensée descend les pentes de la montagne.
    Où, sont les Lieou, oit est la religieuse? Oit sont les orphelines et les chrétiens? Que devient le P. Mussot à Hé-keou? Que se passe-t-il à Ta-tsien-lou? Mon Dieu, protégez-nous ! Et je m'endors tout de même, protégé des hommes par la panthère, et de la panthère par mon Ange gardien.

    Un souper champêtre

    A mon réveil, nous sommes au 24 mars, dimanche de la Passion. Je ne me sens plus qu'un pied, l'autre a éprouvé un commencement de je ne sais quoi : une friction énergique avec de la neige gelée, et les premiers pas ramènent le sang et la sensibilité. Je redescends les fourrés suivant la trace de mes pas de la veille ; chose singulière, chacun de mes pas est maintenant accompagné d'une trace très nette de patte de chat ; mais de quel chat! Enfin la panthère m'a manqué cette fois... J'arrive sur la limite de la forêt d'où je découvre la maison de Lieou, elle est intacte ; sans sortir de la brousse, je m'assieds! Hélas! Pas de messe aujourd'hui dimanche ! Que faire? Rester ici, impossible, je n'ai rien mangé depuis plus de vingt-quatre heures: descendre? Et si je me fais prendre! La Providence me tire d'embarras. Je perçois distinctement le son d'une voix étouffée.
    « Père, où êtes-vous? »
    C'est l'aîné des frères Lieou.
    « Avance, lui dis-je! As-tu quelque croûte de pain sur toi?
    Non, mais nous sommes à la recherche du Père ; toute la famille est près d'ici ; nous avons des vivres. Remontez dans l'abri que vous venez de quitter, nous vous y rejoignons ».
    Je remonte donc, combien péniblement, hélas! Quelques minutes après nous nous retrouvons, les Licou et moi, dans la cabane qui m'a servi de dortoir. Un grand feu flambe maintenant là où tout à l'heure je gelais de froid, les enfants gazouillent ; chacun tire sa pipe, et nous causons.
    « Ça va mal en bas, disent les Licou ; ils ont tout détruit chez vous ; ils n'ont tué personne, mais tous les chrétiens sont pillés ; chez nous ils n'ont rien laissé. La religieuse Ou est en sûreté à Fou-kia-chan ; les orphelines sont dans une grotte au bord du torrent, sauf une de dix-huit ans que les brigands ont prise à Tsai-yang et emmenée à Mo-sy-mien.
    « Tchou-Hoa-Chan promet 100 taëls (400 francs) à celui qui prendra le Père vivant ».
    Quelques jours après, j'appris avec joie que le chef TchouHoa-Chan avait été indigné de la conduite de ses hommes et qu'il avait pris la défense de la jeune fille, menaçant de tuer quiconque oserait l'insulter.
    Des haricots mijotent sur le feu dans un pot échappé au brigandage : pour bouillon, on a mis de la neige fondue, sans sel. A table! Ça croque sous la dent, mais les estomacs à jeun n'y regardent pas de si près, et en quelques minutes les haricots ont disparu. Les grâces dites, on délibère :
    « Voilà! dit le vieux Lieou, ce hangar est connu de tout le monde ; les mauvaises gens certainement viendront demain par ici à la recherche du Père. Nous allons donc descendre ce soir ; nous passerons la nuit chez nous, et demain de grand matin nous irons nous cacher dans la vallée au bord du torrent ».
    La proposition est adoptée. On éteint le feu, et l'on s'en va.

    Mauvaises nouvelles

    A la nuit noire, nous arrivons à la maison. Le fils aîné, parti aux renseignements, nous y attendait :
    « Mauvaises nouvelles, dit-il. Deux à trois cents hommes viennent d'arriver à Iue-hi ; cependant il paraîtrait que Tchou-Hoa-Chan est abandonné de quelques-uns des siens ». Après quelques réflexions plutôt attristantes, nous nous endormons.
    La nuit fut mauvaise. Avant le jour nous partons avec des torches et nous descendons, Dieu sait où et comment. Arrivés sur un petit plateau, nous faisons une halte de quelques minutes. J'entends des voix à une vingtaine de pas. Avec des précautions infinies, je m'avance et j'écoute : ce sont les chrétiens de la montagne.
    « Quoi de nouveau? Demandai je.
    I1 y a, répond un patriarche de soixante-quinze ans, qu'il faut nous éloigner ; les bandits sont venus cinq hier dans la soirée, ils ont renversé mes vingt-huit ruches, et suspendu par les pouces ma femme que voilà.
    Oui, dit celle-ci, et ils m'ont battue pour me faire dire où vous étiez ; j'ai dit que vous étiez dans la montagne.
    Vraiment, tu ne m'as guère compromis ! »
    Nous repartons. A un certain endroit, l'un des chrétiens me dit :
    « Père, la grotte où sont vos orphelines est sous nos pieds.
    Ont-elles de quoi manger?
    Non ».
    Je tire quelques pains de maïs de nos bagages.
    « Va leur porter cela, dis-je à mon interlocuteur, on avisera plus tard ; je viendrai les voir dans la soirée ».
    Les Licou et moi continuons la marche, les autres descendent à la grotte. Nous franchissons le torrent sur un pont formé d'une perche, et nous nous installons sous un rocher.
    Dans la soirée, accompagné de l'aîné des Licou, je repasse le pont et descends à la grotte où sont les chrétiens avec les orphelines ; un grand feu flambe à l'entrée du rocher, les visages sont consternés, mais personne ne pleure, pas même une enfant de dix ans ; j'essaye de communiquer à tout ce monde un peu de courage ; les pauvres gens pensent à l'avenir, à leurs champs qui attendent la semence.
    «Allons, leur dis-je, le présent n'est pas aux brigands, et l'avenir est à Dieu ; nous sommes chrétiens, et quand tout est perdu, il nous reste Dieu. Courage et confiance ».
    Puis je retournai seul à mon campement, pendant que le vieux Licou part aux renseignements.
    Il ne revient que le lendemain. « Tout va bien, dit-il Tchou-Hoa-Chan avec sa troupe a évacué hier Mo-sy-mien ; il a même laissé la jeune fille que ses hommes avaient faite prisonnière ; partons ».

    « Je ne descends pas »

    Aussitôt dit, aussitôt fait.

    Chemin faisant, je me demande ce que signifie cette retraite subite de Tchou-Hoa-Chan. Un jeune chrétien vient à ma rencontre, il n'a pas quitté Mo-sy-mien : « Père, dit-il, la bourrasque est passée : hier, l'officier musulman Ma, que vous connaissez bien, est arrivé avec deux soldats et a intimé à Tchou-Hoa-Chan, l'ordre de partir sur-le-champ ; de plus, le mandarin de Ta-tsien-lou est à Len-tsy, il a délivré le P. Mussot ». Nous continuons notre route. Bientôt on me remet une lettre de mon latiniste qui depuis la veille a quitté son refuge : « L'officier vous prie de descendre : tout danger a disparu. Je ne descends pas ; dis-lui de ma part que, malgré toute sa bonne volonté, il ne peut répondre d'une pareille situation ; dis-lui cela, et bien poliment surtout. Je ne descends pas ». Jusqu'ici mon courage n'avait pas faibli ; maintenant je me sens triste. Voilà, en effet, un personnage officiel qui arrive de Ta-tsien-lou, si l'évêque est encore dans cette ville, il a dû le voir, et l'évêque a dû lui confier une lettre à mon adresse. Or il n'a rien à me remettre, pas même le moindre bout de billet : « Le Père a raison, dit le patriarche, rien ne presse de descendre à Mo-sy-mien ».
    Vers minuit, le vieux Lieou m'apporte sa pipe.
    « Père, fumez un peu, ça donne des idées, et puis vous souperez après ».
    Je me lève et vais m'asseoir au coin du feu. La pipe fumée, on insiste pour que je mange un peu ; mais vraiment je n'ai guère d'appétit.

    Retour à Mo-sy-mien

    Le 27 mars, à midi, dix chrétiens m'arrivent de Mo-sy-mien : « Père, l'officier Ma vous attend ; descendez, il n'y a plus rien à craindre ». Leur éloquence se brise contre cette seule question. « Si tout va si bien partout, pourquoi Ma napporte- n'apporte-t-il aucune lettre de l'évêque? » Je descends pourtant, car je sens que c'est nécessaire, et pour encourager les chrétiens et pour décourager nos ennemis du pays. Au pied de la montagne cent gardes nationaux m'attendent : c'est mon escorte d'honneur. Je repasse le torrent : au sommet du talus, la garde nationale tout entière de Mo-sy-mien en grand uniforme est sous les armes, on m'a amené un cheval. Quelques minutes après je rentre au bourg, un peu plus fier tout de même que je n'en sortais il y a six jours. Le chef me conduit à l'auberge oit une chambre m'a été préparée. Ma me reçoit, ainsi qu'un sien collègue nommé Lou, arrivé depuis une heure. Nous causons et ce dernier m'avoue que l'évêque a du se réfugier au prétoire du mandarin ; c'était faux, car Mgr Giraudeau, avec les PP. Déjean et Léard, et les chrétiens de Ta-tsien-lou, je le sus plus tard, avaient passé deux jours et une nuit dans la montagne.
    Le 28 mars, nous apprenons que la bande de Tchou-Hoa-Chan a été battue près Len-tsy : deux chefs ont été pris et décapités par le mandarin ; Tchou-Hoa-Chan se cache dans la montagne, mais il est cerné.

    Le préfet

    Le 29, à midi, un officier arrive de Len-tsy avec quelques hommes : « Le préfet va venir dans une ou deux heures ». Le mandarin arrive en effet, on l'attend au bourg ; mais, par un sentier détourné, il s'est rendu sur les ruines du presbytère et de l'église : il me prie d'aller le trouver. Nous nous rencontrons au milieu de l'oratoire : il parait extrêmement content de me voir sain et sauf : « J'ai délivré le P. Mussot, dit-il ; quant aux brigands, j'en ai fait décapiter trois, et ce n'est pas fini ». Puis il remonte dans sa chaise pour descendre chez un particulier qui a mis sa grande maison à sa disposition. I1 dîne rapidement, puis se présente chez moi : nous causons, quand un soldat se précipite dans la chambre : « Grand homme, dit-il au mandarin, Tchou-Hoa-Chan est pris ». Le mandarin ne se tient pas de joie : « Entends-tu bien, me dit-il, il est pris. Ah! Ce gredin-là, son affaire est claire! »

    Le lendemain, 30 mars, à 5 heures du matin, le mandarin partait, emportant avec lui un étendard pris par Ma à Tchou-Hoa-Chan et qui porte en inscription : « Par ordre du préfet Licou ».

    La paix

    Je partis pour Ta-tsien-lou le matin du vendredi saint sur ma mule retrouvée. Monseigneur me reçut avec la plus grande ? Joie ; le P. Mussot était là, le bras gauche en écharpe, mais en bonne voie de guérison. Le P. Léard est retourné de la veille à Cha-pa. Enfin personne ne manque à l'appel. Le samedi Tchou-Hoa-Chan fut décapité, Li-Hai-Tin meurt en cage...
    Le vendredi après Pâques, je reprenais le chemin de Mo-sy-mien. La montagne étant affreusement mauvaise, nous faillîmes rester dans la neige.
    Et maintenant je me remets à relever les maisons renversées, avec l'espérance qu'elles demeureront fermes sur leurs colonnes.

    1902/164-169
    164-169
    Chine
    1902
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