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Thibet : Lettre du P. Valentin, provicaire apostolique

Thibet Lettre du P. Valentin, provicaire apostolique. Ta-tsien-lou, le 2 juin 1922. Le 12 décembre prochain, notre Vicaire apostolique, Mgr Giraudeau, accomplira sa vingt-cinquième année d'épiscopat. Aucun de ses prédécesseurs n'a gouverné la mission aussi longtemps. Je puis dire que sa longue vie en mission n'a été guère faite que de persécutions et ennuis de toutes sortes.
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    Thibet

    Lettre du P. Valentin, provicaire apostolique.

    Ta-tsien-lou, le 2 juin 1922.

    Le 12 décembre prochain, notre Vicaire apostolique, Mgr Giraudeau, accomplira sa vingt-cinquième année d'épiscopat. Aucun de ses prédécesseurs n'a gouverné la mission aussi longtemps.
    Je puis dire que sa longue vie en mission n'a été guère faite que de persécutions et ennuis de toutes sortes.
    Arrivé en 1878, il débuta dans un district de première ligne, à Yerkalo, sept mois sur le qui-vive à attendre les persécuteurs, qui cette fois ne vinrent pas. En 1887, ils le chassèrent de Ba-thang et incendièrent sa modeste résidence, après l'avoir pillée. Suivirent deux mortelles années d'exil forcé : sans chrétiens, ni autorisation même de prêcher à ceux parmi lesquels il était obligé de vivre.
    En 1891, Mgr Biet partant pour la France lui laissait l'administration de la mission, c'est-à-dire de districts en ruines, et la lourde charge d'obtenir justice avec autorisation d'y réintégrer les missionnaires chassés de partout.
    En 1897, rien n'était encore fait. De guerre lasse, le P. Giraudeau se confie entre les mains de la divine Providence, et, arrive ce que voudra. Il part réinstaller lui-même les missionnaires sur les ruines qui datent de dix ans. C'est au cours de cette expédition qu'il reçoit avis de son élévation à l'épiscopat. Les missionnaires rétablis peuvent tenir, malgré les machinations des lamas et de leurs suppôts.
    En 1901, en trois jours, trois districts sont saccagés; un missionnaire emmené prisonnier est attaché à un arbre dans la forêt. Sans répit, l'évêque agit énergiquement et obtient la délivrance du pauvre Père et la punition des coupable; ce qui vaut à la mission trois ans de paix relative.
    En 1905, tous les districts d'avant-garde à la frontière thibétaine sont rasés au niveau du sol : quatre missionnaires et de nombreux chrétiens massacrés, deux trop maltraités sont incapables de travailler, et deux autres meurent quelques mois après. La mission fut à deux doigts de son anéantissement. Quelle douleur pour l'évêque, et quelle rude charge ! Avec son indomptable courage il part, fait vingt et quelques jours de marche pour porter des consolations et des secours aux survivants, et petit à petit reconstitue tous les districts et les pourvoie de missionnaires. Nos ennemis jettent encore un ou deux districts par terre, puis vient la révolution.
    Son cadeau de joyeux avènement est l'emprisonnement d'un missionnaire et d'un prêtre indigène, le meurtre de plusieurs chrétiens, et la destruction totale de trois districts. L'année suivante encore trois districts par terre, et depuis encore...
    Je n'en finirais pas d'énumérer les désastres que Mgr Girau-deau a dû relever. Au milieu de tant d'épreuves, il agissait avec un courage et un esprit de foi et d'abnégation exemplaires.
    Grand thibétisant, il a traduit en cette langue de nombreux livres de religion ; il est l'auteur de plusieurs dictionnaires. Actuellement, il consacre ses forces défaillantes perfectionner et à compléter ses oeuvres à l'usage des catholiques thibétains.

    1922/183-184
    183-184
    Chine
    1922
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