Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Swatow (Kouang-Tong)

Swatow (Kouang-Tong) Un missionnaire du nouveau vicariat apostolique de Swatow, M. Etienne, a failli être tué à la fin du mois d'octobre dernier par des Chinois, ennemis des catholiques et des missionnaires. M. Etienne, du diocèse de Reims, est parti pour la Chine en 1900. Un de ses frères est prisonnier en Allemagne. Voici le récit de l'attentat : Swatow, 26 octobre.
Add this
    Swatow (Kouang-Tong)

    Un missionnaire du nouveau vicariat apostolique de Swatow, M. Etienne, a failli être tué à la fin du mois d'octobre dernier par des Chinois, ennemis des catholiques et des missionnaires. M. Etienne, du diocèse de Reims, est parti pour la Chine en 1900. Un de ses frères est prisonnier en Allemagne. Voici le récit de l'attentat :

    Swatow, 26 octobre.

    Le Père Etienne, appelé à Swatow pour passer un nouveau conseil de révision, parvenait le mercredi 20 octobre, en vue de Mien fou. Vingt lis avant d'y arriver, près du village de Chio-tsa, il fut brusquement assailli par quatre bandits armés de revolvers et de couteaux. L'un d'eux fit feu par deux fois, et une balle frappa le Père à la poitrine, du côté droit, et se logea dans les côtes. Un deuxième bandit lui porta un coup de coutelas dans le dos pendant que les deux autres le rouaient de coups de poings et de coups de pieds. Le missionnaire étant tombé baigné dans son sang, les bandits pillèrent alors ses bagages et emportèrent calice, argent, montre, habits, etc. De nombreux Chinois, qui travaillaient dans les champs aux alentours, n'osèrent intervenir, sans doute par peur de représailles.
    Le missionnaire, aidé de ses porteurs, eut encore la force de monter en chaise, mais les deux lieues (20 lis) qu'il dut parcourir avant d'arriver à Mien fou l'épuisèrent complètement. Le missionnaire de Mien fou étant mobilisé à Tien-tsin depuis le mois de janvier, ce ne fut que le lendemain soir, jeudi, que le plus proche voisin put arriver. Celui-ci s'occupa immédiatement de faire transporter le blessé à Swatow, où il arriva le samedi matin. Les docteurs anglais réussirent à extraire la balle qui s'était arrêtée entre deux côtes. La plaie faite avec le couteau est moins dangereuse, mais les coups de pieds, ont produit des lésions qui donnent de graves inquiétudes.1

    1. Le journal l'Echo de Chine, du 9 novembre 1915, fait à ce propos les réflexions suivantes :
    Jamais dans la région de Swatow, les missionnaires n'ont été aussi tracassés que maintenant. Cela est dû aux fausses nouvelles répandues par les Allemands, nouvelles impossibles à démentir par le fait de la mobilisation des missionnaires. Il est à remarquer que cet attentat s'est produit tout près de la résidence d'un missionnaire actuellement à Tien-tsin. On a fait croire aux Chinois de toute la région de Swatow que les missionnaires français vont tous partir, car la France manque de soldats, et que, par conséquent, il n'y a rien à craindre. La France vaincue par les Allemands est incapable de faire quoi que ce soit. Les autorités chinoises semblent montrer la plus grande inertie dans la répression de ces désordres.
    1916/106
    106
    Chine
    1916
    Aucune image