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Séoul (Corée)

Séoul (Corée) Les missionnaires de Séoul réunis pour leur retraite annuelle ont adressé à leurs confrères, appelés sous les drapeaux, une lettre remplie des plus beaux sentiments apostoliques et patriotiques. Nos lecteurs nous sauront gré de la leur faire connaître. Séoul, 3 mai 1915. BIEN AIMÉS CONFRÈRES,
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    Séoul (Corée)

    Les missionnaires de Séoul réunis pour leur retraite annuelle ont adressé à leurs confrères, appelés sous les drapeaux, une lettre remplie des plus beaux sentiments apostoliques et patriotiques. Nos lecteurs nous sauront gré de la leur faire connaître.

    Séoul, 3 mai 1915.

    BIEN AIMÉS CONFRÈRES,

    Au moment de commencer cette retraite de 1915, qui promettait l'an dernier d'être si joyeuse à raison de la fête de famille1 qui devait la couronner, et que la guerre nous force encore de remettre à des temps meilleurs, toutes nos pensées se tournent d'elles-mêmes vers vous vers vous d'abord.
    Le vide causé par votre absence devait être d'autant plus profond que notre union était, Dieu merci, plus cordiale et plus complète. Dispersés dans nos districts de province, nous le ressentions déjà bien vivement. La vie commune dont nous devons jouir ici quelques jours en augmente encore l'impression, alors que nous vous savons, pour ainsi dire, l'esprit et le coeur tendus vers Séoul, surtout cette semaine, dans un effort impossible à réaliser.
    Tâchons d'accepter généreusement, chacun de notre côté, chers Confrères, si dure, si longue qu'elle doive être, l'épreuve que la divine Providence nous impose. Offrons-la à Dieu de bon coeur, comme notre petite quote-part de la rançon de la France, pour le plus grand bien aussi de notre chère Corée.
    Nous avons l'intime confiance que, soit dans les tranchées du front, soit à la recherche des blessés sur les champs de bataille, soit au chevet de nos soldats dans les hôpitaux, vos souffrances physiques et morales sont loin d'être perdues pour la Mission. Victimes d'une loi mauvaise, destinée à dépeupler, à avilir, à corrompre même l'Eglise de France, si elle s'y soumettait, à l'accuser de lâcheté, à la perdre dans l'esprit du peuple si elle s'y montrait réfractaire, vous êtes partis au premier appel de la patrie menacée, le coeur brisé d'abandonner vos chrétiens, vos oeuvres, votre poste en un mot, mais résolus à faire crânement votre devoir, tout votre devoir de bons Français. Dieu a visiblement béni votre geste, et confondant les vains conseils de l'impiété, c'est de vous qu'il se sert tous les jours dans cette guerre, comme d'un ferment divin, pour répandre et entretenir dans nos armées cet esprit de foi et de vaillance chrétienne qui nous fait espérer le triomphe final. Sous la capote militaire, vous restez donc bien toujours missionnaires, et cette pensée doit soutenir, non pas votre courage, mais votre patience.

    1. Les noces d'argent de Mgr Mutel, sacré le 21 septembre 1890 dans l'église du Séminaire des Missions Étrangères.

    Et quel exemple pour nous, que votre endurance au milieu des dangers et des privations de chaque jour ! Quelle leçon pratique de sacrifice volontaire et de dévouement à la patrie pour vos chrétiens sevrés pour un temps de vos soins! Comme ils comprennent mieux le prix de votre présence, eux qui ne cessent de demander au ciel la grâce de votre retour.

    1915/62-63
    62-63
    Corée du Sud
    1915
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