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S. E. le cardinal V. Vanutelli

S. E. le cardinal V. Vanutelli Au Séminaire des Missions Étrangères
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    S. E. le cardinal V. Vanutelli

    Au Séminaire des Missions Étrangères

    PENDANT son séjour en France, S. E. le cardinal V.Vanutelli a fait à notre Séminaire l'honneur de sa visite. Il est venu le 29 avril à 2 h. 1/2. Il a été reçu dans la cour d'entrée par M. le Supérieur, MM les directeurs du Séminaire et les missionnaires. Il est aussitôt entré dans l'église où les aspirants de nos séminaires de Paris et de Bièvres l'ont reçu au chant de l'Ecce Sacerdos magnus, suivi de l'Oremus pro Pontifice nostro. Il s'est agenouillé au milieu du sanctuaire, et a fait une prière.
    Ensuite, il a été conduit à la salle du Conseil où M. le Supérieur lui a présenté les directeurs et les missionnaires auxquels il a exprimé, en quelques mots, sa joie d'être dans notre maison ; puis il leur a donné sa bénédiction.

    JUILLET AOUT 1913, N° 94.

    De là il a gagné la salle de communauté dont les bancs étaient occupés par les aspirants:
    Un des Partants du 14 mai dernier, M. Ménard, destiné au Collège général, lui a adressé les paroles suivantes :

    EMINENTISSIME SEIGNEUR,

    Permettez-nous de déposer à vos pieds l'hommage de notre religieuse vénération, et de vous exprimer notre via reconnaissance pour cette visite que vous daignez nous faire aujourd'hui. Pendant son court séjour à Paris, Vôtre Eminence veut bien nous accorder l'honneur et le bonheur de la posséder quelques instants. C'est là une faveur que nombre de communautés de cette capitale, pourtant si méritantes, nous envieront et que nous ne saurions trop apprécier.
    Mais ce qui porte notre joie à son comble, c'est surtout de pouvoir saluer en Votre Eminence, le représentant du Souverain-Pontife ; aussi sommes-nous heureux de profiter de cette circonstance, unique pour nous, pour affirmer devant vous, Eminentissime Seigneur, notre sincère et inviolable attachement au Saint-Siège apostolique. Fidèles aux traditions de notre chère Société, nous nous faisons gloire de nous conformer en tout aux enseignements et aux décisions du Saint-Père et de lui obéir toujours promptement et joyeusement. Au-dessus de tous ces sentiments, il en est un qui domine en nos curs et que nous ne saurions taire à Votre Eminence. C'est celui de notre profonde et respectueuse affection à l'auguste personne du Souverain Pontife. Nous l'aimons de toute notre âme comme un Père bien-aimé ; nous le vénérons comme le vicaire de Jésus-Christ, et notre amour comme notre vénération pour lui sont sans bornes.
    Vous lui direz, Eminentissime Seigneur, nous vous le demandons très humblement, vous lui direz ces sentiments de ses enfants des Missions Etrangères de Paris ; vous lui direz que nous prions pour la conservation de sa santé si précieuse pour le bien de l'Eglise, et ce sera pour nous une grande consolation de pouvoir, par votre bienveillant intermédiaire, faire parvenir à sa Sainteté, cet humble, mais bien sincère témoignage de notre filiale affection.

    Le Cardinal a répondu avec une affectueuse bonté :

    MES RÉVÉRENDS PÈRES, MES TRÈS CHERS ET BIEN-AIMÉS FRÈRES,

    Depuis longtemps, j'ai appris à connaître et à aimer le Séminaire des Missions Etrangères. Appartenant à la Sacrée Congrégation de la Propagande, j'ai eu à étudier ce qui regarde les belles et difficiles missions auxquelles votre vocation vous destine. Et c'est ainsi que j'ai pu admirer d'abord la grâce divine qui a inspiré une Institution si utile, et ensuite le zèle avec lequel les missionnaires répondaient à cette vocation sublime, suivant en cela les glorieuses traditions de leurs ancêtres.
    Aujourd'hui, en me trouvant au milieu de vous, ma vénération pour le Séminaire des Missions Etrangères augmente de plus en plus, en voyant cet esprit de discipline, d'ordre et de simplicité que je remarque avec bonheur dans votre maison. Je n'ai pas besoin, très chers et bien-aimés frères, de vous recommander d'être très dociles et de prêter toute votre attention aux enseignements que vous recevez dans cette école d'apostolat et de vraie doctrine : enseignements qui sont ceux de la sainte Eglise ; mais je dois vous rappeler que vous avez ici une autre école que j'appellerai l'école du martyre, car l'apostolat, auquel vous devez Vous dévouer, a devant lui cette perspective. Que le martyre ne vous effraie pas. Comptez sur la grâce, la bonté, la miséricorde divine qui vous assisteront aux moments les plus difficiles.
    Répondez pleinement à la volonté de Dieu s'il daigne vous appeler à un pareil honneur, imitant l'exemple de vos ancêtres dont plusieurs sont honorés sur les autels. Confiance donc aussi en leur aide ; attendez les grâces que certainement ils vous obtiendront par leur intercession au pied du trône de la divine miséricorde. Je suis heureux de féliciter le Séminaire des Missions Etrangères d'avoir mérité de pareils honneurs pour son zèle, son dévouement, son esprit de sacrifice, qui lui font renverser tous les obstacles pour sauver les âmes et enseigner la vraie doctrine de Jésus-Christ.
    Vous offrez un exemple de charité admirable, puisque vous êtes prêts à donner votre vie pour la cause de Dieu et le salut des âmes. Vous êtes en première ligne de ces maisons que je suis venu glorifier, en ces jours de fêtes consacrés à commémorer le souvenir d'Ozanam, l'un des plus vaillants apôtres de la charité.
    Je ne manquerai pas de dire au Saint-Père la belle visite que j'ai faite au Séminaire des Missions Etrangères, les douces émotions que j'y ai éprouvées. Je suis persuadé que de plus en plus le Pape Pie X vous aimera. Il ne manquera pas de vous accorder ses plus abondantes bénédictions, et c'est en son nom que je vous bénis.

    Nous n'étonnerons personne en ajoutant que le Cardinal a gracieusement accordé un congé joyeusement reçu.

    Son Eminence a fait quelques pas sur la terrasse de notre jardin et visité notre salle des Bienheureux, c'est-à-dire la salle dans laquelle sont conservés les objets ayant servi à nos martyrs béatifiés en 1900 et en 1909. Avec quelques vêtements, on y voit surtout des instruments de supplice: chaînes, cangues ; des inscriptions de condamnations à mort, et aussi, reliés en parchemin, les procès apostoliques relatant les vertus et les souffrances des héroïques témoins de J. C. Le Cardinal a contemplé avec une piété émue tous ces souvenirs.

    En sortant de notre Séminaire, il a été sollicité par S. A. R. Mme la Comtesse de Bardi, la présidente d'honneur de l'OEuvre des Partants, d'aller au cher ouvroir de Nazareth, et immédiatement, avec une bienveillance parfaite, il a accédé à ce désir. Les charitables ouvrières étaient nombreuses. Son Eminence les a félicitées de leur dévouement à l'oeuvre des Missions Etrangères et leur a donné sa bénédiction. De cette visite imprévue, mais très bonne, nos travailleuses ont été profondément heureuses et reconnaissante.
    1913/166-168
    166-168
    France
    1913
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