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Rapport sur la mission du Setchoan méridional 2 (Suite et Fin)

ANNALES DE LA Société des Missions Etrangères SOMMAIRE RAPPORT SUR LA MISSION DU SETCHOAN MÉRIDIONAL, par Mgr Fayolle. — DE QUELQUES SOCIÉTÉS FINANCIÈRES EN CHINE (fin). — Cochinchine septentrionale : CONFESSEURS DE LA FOI DE 1848 A 1862, par M. Bernard. — Cochinchine occidentale : ETAT DE LA MISSION.― MONOGRAPHIE DE LA PAROISSE DE SAIGON, par M. Soullard. — LES ECOLES CATHOLIQUES AU KOUYTCHEOU. — GUÉRISON DE PIERRE HUY, lettre de M. Lemasle. — JÉSUS-HOSTIE. — Du FRONT : CITATIONS.
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    ANNALES
    DE LA

    Société des Missions Etrangères

    SOMMAIRE

    RAPPORT SUR LA MISSION DU SETCHOAN MÉRIDIONAL, par Mgr Fayolle. — DE QUELQUES SOCIÉTÉS FINANCIÈRES EN CHINE (fin). — Cochinchine septentrionale : CONFESSEURS DE LA FOI DE 1848 A 1862, par M. Bernard. — Cochinchine occidentale : ETAT DE LA MISSION.― MONOGRAPHIE DE LA PAROISSE DE SAIGON, par M. Soullard. — LES ECOLES CATHOLIQUES AU KOUYTCHEOU. — GUÉRISON DE PIERRE HUY, lettre de M. Lemasle. — JÉSUS-HOSTIE. — Du FRONT : CITATIONS.

    Rapport

    sur la mission du Setchoan méridional

    PAR MONSEIGNEUR FAYOLLE,

    Coadjuteur.

    (FIN1)

    M. Pierrel, aidé de son personnel, de plusieurs chrétiens et païens de bonne volonté, se met immédiatement à la besogne. Par un hasard providentiel, il a sous la main de vieilles poutres, bien sèches. On les réunit trois à trois avec des traverses de bois solidement clouées. Ce sont autant de radeaux improvisés. Ils flottent à vide. Chargés, ils prennent une tournure de sous marins. Peu importe. Les religieuses passent les premières, deux à deux, assises dans l'eau pour ne pas s'exposer à chavirer et à se noyer. Leur exemple donne du courage aux Chinoises. Petites et grandes se confient résolument, à tour de rôle, à ces bacs de fortune. L'opération est délicate. Elle s'achève enfin, par bonheur, sans accident. Il faut la répéter en deux autres endroits pour arriver au pied d'un mamelon situé en dehors de la ville, à près de trois kilomètres de la mission. Nous avons là, au sommet, un hospice, genre chinois, c'est-à-dire très pauvre, et une petite école. Les chrétiennes se tassent à l'hospice ; les religieuses et les élèves se blottissent à l'école.

    1. Ann. M.-E., an, 1918 n°

    MAI JUIN 1918, N° 121.

    M. Pierrel n'a pas quitté ses ouailles un instant. Son intervention ici ou là, sa présence partout, ont aplani bien des difficultés. Tout le monde est mouillé, et les habits de rechange ont « bu », sur les radeaux. M. Pierrel fait allumer du feu. Faute de lit et de paille, il faut disposer des portes et des planches sur la terre nue. Les provisions de bouche sont insignifiantes, il procurera des vivres à ces dizaines et dizaines de personnes. Il rentre à la mission, trempé de la tête aux pieds. Il fait serrer vêtements et couvertures dans des caisses en peau, pour les mieux protéger contre Veau de la rue et la pluie du ciel. Ce premier, envoi est suivi par un second non moins utile, par une provision de riz cuit, l'unique mets, avec des piments, du souper.
    La crue perd, vers les seize heures, de sa rapidité et de sa violence. Elle reste stationnaire de dix-sept à dix-huit heures ; puis elle baisse lentement, comme à regret. Il était temps, dix centimètres de plus et nous étions obligés de nous réfugier aux mansardes. Mais que nous réserve la nuit ? La prudence est la mère de la sûreté. M. Pierrel fait préparer d'autres radeaux. Grâce à Dieu, nous n'aurons pas à nous en servir. Le 23, à cinq heures, l'eau s'est retirée d'un mètre. Elfe continue à diminuer pendant la journée. Elle a atteint, dans une partie de nos établissements, une hauteur de 2 mètres, laissant après elle une épaisse couche de vase nauséabonde, que M. Pierre, par manque de main-d'oeuvre, a toute la peine du monde à faire enlever les jours suivants.

    ***

    Délivrés de l'inondation, nous avons à faire face à un autre danger non moins pressant. Nous apprenons le 23, de source sûre, que les soldats du Setchoan ont été battus par ceux du Yunnan à Matatsin (30 kilomètres d'ici). Ces derniers profiteront sans doute de leur victoire qui paraît complète. Le siège de Kiatin est pour nous imminent. Situés sur une éminence et à proximité d'un camp important de Setchoanais, l'hospice et son école seront très exposés au bombardement. Il faut donc ramener aujourd'hui, à la mission, les nombreuses personnes que nous avons eu tant de peine à éloigner hier.
    M. Pierrel va les chercher. Ce n'est plus dans l'eau comme la veille, c'est dans la boue jusqu'aux genoux qu'elles rentrent avant midi l'aube du 24, il ne pleut plus depuis plusieurs heures. La boue est moins gluante. Nous en profitons pour conduire â sa dernière demeure une religieuse, Mère Marie Samuel, décédée le 18 juillet, que l'inondation nous a empêchés d'inhumer le 21. Mère Marie Samuel s'était occupée avec fruit du dispensaire. Elle avait un avantage précieux dans nos régions, elle parlait bien le chinois. Ce n'était pas sa seule qualité ; sa charité, sa douceur, son savoir aire étaient hautement appréciés des chrétiens et des païens. Les Chinois font des dépenses quelquefois ruineuses pour leurs défunts. Ils ne conçoivent pas de funérailles faites sans grand bruit. Pour eux, les nôtres manquent d'apparat. C'est pourquoi, ils reprochent sans cesse aux chrétiens de ne spas honorer leurs morts. Tenant, pour une fois, compte de cette mentalité, M. Pierrel juge avec raison que l'enterrement solennel d'une religieuse, aussi honorablement connue et aussi universellement estimée que l'était Mère Marie Samuel à Kiatin, pourra faire une heureuse impression sur la population. Les chrétiens répondent tous à son invitation. An signal donné, le cortège se forme en bon ordre devant l'église. Le chant des prières commence aussitôt et alterne avec la récitation du chapelet. Le défilé se déroule, une heure durant, par lés principales rues de la ville, entre deux haies de curieux sympathiques, respectueux, reconnaissants en quelque sorte de ce que nous Osions nous produire au grand jour, à la veille d'événements petit être gravés. Cette manifestation semble leur inspirer confiance.

    ***

    Une rumeur, ce matin invraisemblable, devient une certitude cet après-dîner. Le préfet s'est enfui pendant la nuit. Il n'est pas parti seul. Le général commandant la place a pris lui aussi la poudre d'escampette, accompagné, pour moins attirer l'attention, de quelques uns seulement de ses plus fidèles partisans. Fonctionnaires, officiers, soldats imitent pour la plupart le geste de leurs supérieurs. Les uns s'enfuient, les autres se terrent. Les deux frères du préfet et son fils se réfugient à la mission, rejoints quelques instants plus tard par d'autres fonctionnaires et de gros commerçants. Les prisons sont ouvertes ; Kiatin reste à la merci de la lie du peuple. Nos deux écoles de garçons dans un endroit plus élevé que nos trois écoles de filles ont moins souffert. Nettoyées à la hâte, elles sont bondées de sinistrés des faubourgs. Dortoirs, salles d'étude, classes, corridors, préau, coins et recoins, tout est occupé. C'est dans ce pêle-mêle indescriptible que M. Pierrel .réussit enfin à installer tant bien que mal, plutôt mal que bien, ces Messieurs qui, hier encore, nous regardaient du haut de leur suffisance, et qui aujourd'hui abritent à notre ombre leur poltronnerie.
    Kiatin est bâti sur la large bande de terre formée par le confluent du Fouho et du Tongho. Sur la rive opposée à la ville, le Fouho côtoie une chaîne de collines abruptes, faciles à défendre. Celui qui occupe ces hauteurs est maître de la place. La chose est tellement évidente qu'elle frappe plusieurs des officiers vaincus à Matatsin, et qui se replient précipitamment sur Kiatin. Ils s'efforcent de faire comprendre à quelques-uns de leurs braves, une centaine, qu'il faut à tout prix garder le principal défilé, pour donner à l'armée le temps de se reformer à l'arrière. Ceux-ci s'y résignent enfin, une condition cependant, et cette condition est sine qua non. Des barques, en nombre suffisant, seront prêtes, jour et nuit, pour les transporter sur la rive opposée. A midi et demie, fusillade lointaine. Nous nous informons : « Les sentinelles laissées de l'autre côté du Fouho s'embarquent, nous dit-on, les Yunnanais ne sont pas loin. » Effectivement ces derniers annoncent leur arrivée à dix-sept heures par trois coups de canon. Le premier obus siffle à une faible hauteur au-dessus de nos têtes; les deux autres sont tirés dans une direction différente. Ils sont suivis de quelques coups de fusil. Canonnade et fusillade intermittente jusqu'au soir et pendant la nuit. Les Setchoanais ne répondent pas. Ils préparent sans doute leur retraite stratégique ! C'est bien cela. Au petit jour, il ne reste pas un seul de leurs soldats dans les environs. Les Yunnanais donnent, vers sept heures, des signes non équivoques d'impatience. Quelques salves rappellent aux autorités qu'elles ont un devoir à remplir. A cette nouvelle injonction, la Chambre de commerce leur députe des parlementaires. A neuf heures, le drapeau blanc est arboré ; à dix heures, les vainqueurs font leur entrée en ville (25 juillet). Ils sont un millier à peine.

    ***

    Tchentou, la riche capitale du Setchoan, tente visiblement les Yunnanais. Faire vite, avant que les Setchoanais aient le temps de se reconnaître, telle est la meilleure, sinon l'unique chance de succès. Le 26 et le 27 juillet, le général yunnanais porte son armée en avant sans assurer ses derrières. Manoeuvre hardie, mais dangereuse. Les Setchoanais voient la faute. Leurs contingents reformés harcèlent sans trêve le flanc gauche de l'ennemi, évitant avec soin de se laisser accrocher sérieusement. Les Yunnanais s'emparent de Tsinchen ; mais ils se heurtent sous les murs de Meitcheou à des forces imposantes. La bataille s'engage. Pendant ce temps-là, un millier de nouvelles recrues, réunies à la hâte à Omei et à Kiakiang, tombent à l'improviste le lei août sur Kiatin, que sa garnison yunnanaise, de quelques dizaines de soldats, est impuissante à défendre. Nous changeons une fois encore de maître. Les nouvelles sont depuis lors assez confuses. Aujourd'hui 12 août, il est officiel, ce qui ne veut pas dire certain, que les Yunnanais, repoussés à Meitcheou et à Tsinchen, se retirent, pour ne pas être coupés de leurs hases, sur Yuinhien, par les districts accidentés de Jencheou et de Tsinyen.
    Bon nombre de missionnaires et de prêtres indigènes ont éprouvé dans leurs districts les mêmes soucis, les mêmes émotions que M. Pierrel et son vicaire, M. Mathieu Ly le jeune, à Kiatin ; MM. Gire, Biron, Morge, Petit, Corfmat ont eu leur église, leur résidence et leurs écoles inondées. Plus de 20 oratoires secondaires et leurs écoles, des pharmacies, etc. ont subi le même sort. Les villes de Kienoui, Tsinchen, Tsinyen, Jencheou, Yang, (j'en omets) ont été prises et reprises par les belligérants. M. Jacques Ouang, l'aîné, et son vicaire, M. Philippe Nien, ont dû leur salut à une protection spéciale de la divine Providence. M. Joseph Nien est assiégé à Tsetcheou par les Setchoanais. Que se prépare-t-il à Yunhien, district de M. Rochette et à Tselieoutsin, district de M. Champion? Les Yunnanais y concentrent des troupes et du matériel. A Souifou, ils déployant une activité jusqu'ici inconnue. Les tranchées qu'ils creusent, les routes qu'ils construisent, les autres travaux qu'ils exécutent sur les collines dominant la ville, disent assez qu'ils ne l'évacueront pas sans combattre, à moins qu'elle consente à une « kolossale » indemnité de guerre. J'apprends à l'instant qu'un bon millier de soldats du Kouitcheou ont occupé la ville le Loutcheou. C'est sans doute une simple avant-garde.
    En ce moment, les généraux setchoanais acceptent comme soldats tous les bandits qui consentent à se laisser militariser. Le fait suivant donne une idée de la mentalité de ces nouvelles recrues. Leur premier exploit, en entrant dans Omei, a été de délivrer les malfaiteurs emprisonnés. Effrayé, le sous-préfet s'est réfugié précipitamment chez M. Mathieu Ly, l'aîné. En trois jours, ces soldats libertaires lui ont donné trois successeurs. A Penchan, M. Jouve ollicité, a mis, pendant les vacances, son école de garçons à la disposition de la Croix-Rouge setchoanaise. Les choses ne se passent pas partout aussi bien. M. Lebreton a réussi à grande peine à sauver ses établissements de la soldatesque. Ailleurs, à Tsitienpou, district de M. Petrus Ly, des reîtres aussi lâches qu'indisciplinés, ont ligoté, puis battu le catéchiste qui s'opposait à la déprédation de l'école et de la pharmacie. A Tsinyen, l'école de filles a été menacée à plusieurs reprises. A Kuinlien, M. J.-B. Tchen a vu sa résidence attaquée en plein jour par une centaine de malandrins. Sachant bien qu'ils ne seraient pas inquiétés, ils perquisitionnèrent partout, lentement, sans se presser, à l'église, à la cure, aux écoles de garçons et de filles, aux hospices des hommes et des femmes, faisant main basse sur tout ce qu'ils trouvaient à leur convenance. M. J.-B. Tchen avait eu le temps heureusement de consommer les saintes Espèces. A Tseleoukan, des voleurs moins hardis ont profité d'une courte absence de M. Le Roux pour faire chez lui une visite nocturne. M. Bec a eu une pharmacie dévalisée, et M. Renault une école de nouveaux chrétiens saccagée. A Yuinlin M. Lou a pu assister de sa fenêtre au pillage des principaux commerçants de la ville.
    Un vapeur, chargé d'une riche cargaison, quittait Souifou à destination de Tchongkin, les premiers jours du mois de mai. Il était, quelques heures plus tard, assailli par plusieurs centaines de pirates échelonnés sur les deux rives, et qui tuèrent sept personnes et en blessèrent un grand nombre. Entre temps, des affiliés, montés ayant le départ comme passagers, forçaient l'arme au poing, les officiers du bord à faire échouer le vapeur. L'attaque eut lieu en aval de Kiangan, sur les limites des districts de M. Breuil et de M. Petit ; elle aurait pu se produire aussi bien dans l'un ou l'autre des districts aussi troublés de MM. Galibert, Pierre Ly, Renault, Jacques Ouang, le jeune, et Etienne Yong, qui s'étendent le long du fleuve Bleu.

    ***

    L'intérieur des terres n'est pas moins agité que les bords du Fleuve Bleu. Communs dans les districts de MM. Chareyre, Masson, Augustin Yang et Ou, les pillages ne sont pas rares dans les districts plus paisibles de MM. Nicolas Tchen et Jean Ly. C'est la frontière sino lolotte qui a le moins souffert des désordres. Maîtres absolus chez eux, les Lolos cultivent l'opium en grand. Les Chinois, fumeurs incorrigibles, le leur achètent à des prix rémunérateurs. L'intérêt a rapproché ces ennemis héréditaires. Les exactions de ceux-ci sont de venues moins criantes, les razzias de ceux-là moins fréquentes dans les districts limitrophes de MM. Martin, Jacques Ly, Biron et Tang.
    Arrêté deux fois, M. Cambourieu s'en est tiré à bon marché. Moins heureux, M. Dubois a été frappé brutalement par quelques énergumènes à Tchouyuenpou. Plusieurs latinistes ont été détroussés, plusieurs maîtres et maîtresses d'école ont été fouillés, beaucoup d'élèves, garçons et filles, ont été molestés par les voleurs de grand chemin. Les païens ne sont pas plus épargnés que les chrétiens. Je ne connais pas de district où il n'ait pas été commis de nombreux actes de banditisme.
    Dans cet état d'anarchie générale, les voyages sont toujours difficiles et parfois périlleux. Les meilleures précautions n'écartent pas tous les dangers. Malgré ces difficultés, la visite des chrétiens, sauf de rares exceptions, a été faite régulièrement, et nos œuvres d'ins trustions et de charité ont été dans leur ensemble maintenues. Nous ayons eu 99.975 confessions annuelles ou, répétées, 474.475 communions pascales ou de dévotion, 582 extrêmes-onctions, 1.691 baptêmes d'adultes ou conversions d'hérétiques, 12.295 baptêmes d'enfants de païens en danger de mort. Quatre districts ont fourni plus de 100 baptêmes d'adultes ; ceux de MM. Mathern, Dubois, Joseph Nien et Jacques Ouang l'aîné, aidé de M. Philippe Nien ; deux, plus de 1000 baptêmes d'enfants de païens : ceux de MM. Chinchole et Bec ; et cinq, plus de 500: ceux de MM. Chareyre, Galibert, Le Roux, Corfmat et Jean Ly.
    126 élèves ont fréquenté nos écoles primaires, et 4.024 nos écoles paroissiales. L'hôpital a reçu 780 malades qui y ont passé 27.390 journées ; 94.055 malades ont été visités aux deux dispensaires et 122.950 dans nos S5 pharmacies.
    L'hôpital et les dispensaires sont desservis par les Franciscaines Missionnaires de Marie. Les pharmacies sent tenues par des médecins chinois, connus sous le nom de baptistes.
    Ces résultats, tout modestes qu'ils sont, supposent de la part des missionnaires et des prêtres indigènes, du personnel religieux, et du personnel laïque, une bonne volonté à toute épreuve, un courage que rien n'arrête, une persévérance que rien ne rebute. Pour bien comprendre la vie qu'ils ont vécue, il faut la vivre soi-même.
    Les soucis du procureur sont d'un autre genre. Où trouver de l'argent ? De quelle manière le faire venir à Souifou? Comment, de là, le distribuer jusqu'aux extrémités de la mission ? Trois questions que M. Carrel s'est posées souvent sans arriver toujours à les résoudre.
    M. Puech a poursuivi au prix de mille difficultés les travaux de Kiakiang. Nos établissements de ce chef-lieu de district ont été diésa. Il est urgent de les remplacer. J'ai eu le 17 juin la conation de bénir l'église de Uongya au milieu d'un concours extraordinaire de chrétiens et de païens. Cette église, construite avant la guerre, fait honneur à M. Puech. Le curé, M. Vincent, veut que le temple spirituel soit digne du temple matériel ; Dieu l'accordera à ses efforts de tous les jours.
    La conduite de nos séminaristes est bonne. Nous désirerions leur santé meilleure. Le Probatorium, confié à la sollicitude paternelle de M. Tarrise et le séminaire comptent 70 élèves sous le sage direction de M. Scherrier, secondé par MM. Brotte et Boissière.
    M. Raison est chargé de l'école des catéchistes baptistes, et M. Pierrel de l'école des institutrices dites de la Doctrine Chrétienne. La première date de 4911, la seconde de 1913. Les débuts de l'une et de l'autre sont satisfaisants. M. Bénezet, dont la santé chancelante paralyse le zèle depuis .des années, assure, dans la mesure de ses forces, le service religieux aux Franciscaines de Soui fou.

    1918/453-460
    453-460
    Chine
    1918
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