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Rapport succinct de l'état et des oeuvres du Kouang-Tong en 1912

Rapport succinct de l'état et des oeuvres du Kouang-Tong en 1912 J'ai bien l'honneur de présenter à tous les bienfaiteurs de l'Apostolat, le résumé des principales oeuvres et des travaux de mes missionnaires, pendant l'année 1912
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    Rapport succinct de l'état et des oeuvres du Kouang-Tong en 1912

    J'ai bien l'honneur de présenter à tous les bienfaiteurs de l'Apostolat, le résumé des principales oeuvres et des travaux de mes missionnaires, pendant l'année 1912
    Voici, d'abord, le tableau statistique du personnel et de nos oeuvres : les premières étapes de la mort du Christ. Ce personnage était représenté avec un talent réel par M. Duc, fils du phu Mau, de Mytho. Tous les artistes, sans aucune exception, se montrèrent à la hauteur de leur tâche. Un luxe d'habits et de perruques complétait heureusement l'interprétation. Entre chaque scène, la musique militaire alternait avec la maîtrise du Séminaire dont les choeurs furent très remarqués. Plusieurs scènes furent admirablement réussies et impressionnantes de réalité et de vie ; parmi elles, citons le baiser de Judas, Pierre reniant son maître, le tribunal de Ponce Pilate, le Chemin de la Croix, le Calvaire Mais le succès atteignit son apogée au moment de l'apothéose, représentant le Christ ressuscité entouré de sa mère, et d'une cohorte de jeunes anges. A la base du tableau, les prêtres et les Docteurs de la loi terrassés par la lumière de la Rédemption.
    En somme, belle fête, qui a valu à ses organisateurs et aux artistes du Séminaire de nombreuses félicitations.

    1 Evêque de la Société des Missions Etrangères de Paris, Préfet Apostolique.
    72 Missionnaires de la même Société.
    24 Prêtres chinois.
    1 Séminaire avec 50 Elèves.
    5 Religieux enseignants (Petits Frères de Marie).
    12 Religieuses missionnaires de l'Immaculée Conception de Montréal (Canada).
    16 Religieuses de Saint-Paul de Chartres.
    25 Religieuses et 415 Vierges chinoises
    993 Baptêmes d'adultes.
    1875 Baptêmes d'enfants de chrétiens.
    6788 Baptêmes d'enfants d'infidèles.
    143.200 Confessions.
    205.300 Communions.
    1.106 Confirmations
    509 Mariages.
    606 Extrêmes-Onctions.
    143 Ecoles de garçons, avec 2168 élèves.
    51 Ecoles de filles, avec 1070 élèves.
    1 Collège pour l'étude des langues française, anglaise, chinoise, avec 300 élèves.
    1 Grand Orphelinat et des Ateliers, avec 125 orphelins.
    11 Petits Orphelinats avec 60 orphelins et 135 orphelines.
    2 Grands Orphelinats de filles, des Ateliers, des Ouvroirs, avec 190 enfants.
    2 Léproseries avec 50 malades.
    172 Catéchistes-hommes.
    62 Catéchistes-femmes.
    150 Vieillards hospitalisés, dont 45 hommes et 105 femmes.
    448 Chapelles ou Oratoires.
    61.839 Catholiques chinois.
    Population païenne.
    25 millions d'habitants.

    Ces chiffres, pour consolants qu'ils soient, ne donnent qu'une faible idée des travaux auxquels se sont livrés les ouvriers apostoliques. Si le résultat en paraît modeste, il faut observer que l'année 1912 a été fertile en événements mémorables, qui auraient pu ralentir bien davantage le progrès de nos oeuvres spirituelles.
    Je ne dirai qu'un mot de la Révolution qui a bouleversé, avec les institutions impériales, l'ordre établi depuis des siècles. Proclamée aux cris de : « Mort aux tyrans, protection aux étrangers et aux chrétiens, » elle n'a pas entraîné avec elle tous les maux que nous pouvions redouter. Son triomphe a été d'autant plus facile, qu'elle n'a rencontré, parmi les classes influentes, aucun obstacle sérieux. Dans la ville de Canton, aussi bien qu'à l'intérieur de la province, les représentants du Gouvernement impérial, tout comme ses défenseurs, ont cédé sans résistance à la marche victorieuse du nouveau Régime.
    Quant à nous, missionnaires et chrétiens, nous avons regardé comme un devoir de ne pas faire opposition à la jeune République, dont l'avènement était salué de tous avec enthousiasme, et qui, dès les premiers jours, nous offrait sa bienveillante protection.
    De fait, le gouvernement de la République n'a eu à combattre ici, que ceux de ses partisans dont l'ambition voulait disputer le pouvoir aux premiers occupants, ou encore les malfaiteurs de profession qui cherchaient à profiter de sa faiblesse pour satisfaire leurs instincts de meurtre et de pillage.
    Durant plusieurs mois, les milices nationales, ramassis de gens sans aveu, joueurs, fumeurs d'opium, brigands de toute espèce, tinrent la population de notre ville de Canton, sous le règne de la terreur. Ces grandes compagnies d'un nouveau genre trouvèrent heureusement leur maître dans l'énergique gouverneur Tchan Kuen-Ming. Mais, avant de se disperser, elles en vinrent aux mains avec les soldats de l'ordre. Le quartier occupé par les établissements de la Mission devient un champ de bataille, où durant trois longs jours les balles sifflent à nos oreilles. Missionnaires, Frères de Marie, Séminaristes, les orphelins eux-mêmes, et nos vaillantes Religieuses canadiennes, tous, intrépides en face du danger, vaquent à leurs occupations sans souci de la fusillade.
    A Swatow, M. Werner et les Religieuses de Saint-Paul de Chartres voient, avec le même courage, la mitraille pleuvoir autour de leurs maisons.
    Dans les districts de l'intérieur, les pirates occupent en maîtres les villes et les campagnes ; ils rançonnent, pillent, massacrent à leur gré les habitants et les voyageurs. Nos chrétiens n'ont pas été épargnés ; une dizaine d'entre eux ont été tués, une centaine de familles ont été dévalisées. Cependant, ils auraient souffert bien davantage si les missionnaires n'étaient pas restés au milieu d'eux pour les défendre et les encourager en ces mauvais jours. Quelques-uns de nos missionnaires, parmi lesquels je citerai plus spécialement MM. Genty, Jarreau et Favreau, n'ont échappé à la mort que par une protection toute providentielle. Un de nos prêtres chinois, le jeune M. Ly, plutôt que d'abandonner ses chrétiens à ce moment critique, s'est privé de la consolation d'aller fermer les yeux à son vieux père mourant.
    Ces épreuves n'ont point ébranlé la foi de nos chrétiens, comme le prouve le nombre toujours croissant des confessions et des communions. Au début des troubles, les catéchumènes semblaient vouloir, en certains endroits, s'éloigner de nous, mais la protection accordée à ceux d'entre eux qui ont souffert en a suscité de nouveaux ; aussi la nouvelle année nous apparaît-elle, dès son aurore, rayonnante des plus belles espérances. L'île de Sanci an nous promet une moisson de quelques milliers de néophytes. Déjà trois cents d'entre eux ont été régénérés dans les eaux du baptême par M. Thomas. Les Mandchous, si intéressants puisqu'ils ont été les premières victimes de la Révolution, nous donneront aussi deux ou trois cents baptêmes. Ils nous en donneraient quatre à cinq mille, si nous étions à même de soulager plus efficacement leur grande infortune.
    Le manque de ressources nous a obligés à restreindre le nombre des élèves de notre Séminaire. Ils ne sont qu'une cinquantaine. Onze d'entre eux suivent les cours de théologie ; trois sont sous-diacres et recevront la prêtrise dans le courant de l'année. Tous sont pleins de bonne volonté et s'appliquent avec ardeur à acquérir la science et la vertu propres à leur état.
    Sous la sage direction de M. Clauzet, que secondent avec tant de dévouement les petits Frères de Marie, le Collège du Sacré Cur est luvre qui attire à la Mission les meilleures sympathies du Gouvernement et de la classe dirigeante.
    L'Orphelinat des garçons, y compris les petits Mandchous, compte en ce moment cent vingt-cinq enfants. Les plus grands apprennent un état dans nos ateliers, les autres étudient les lettres et la religion. M Thomas, et le prêtre chinois M. Thao, qui les forment aux pratiques de la vie chrétienne, sont très satisfais de leurs bonnes dispositions.
    M.Conrardy, toujours jeune et vaillant, malgré, ses soixante-douze ans, a vu par trois fois les voleurs dévaliser sa maison. Il n'en est pas moins au comble de ses voeux, car le Gouvernement chinois vient de nous confier la direction d'une grande léproserie, qui abritera quatorze à quinze cents malades.
    Les Soeurs canadiennes-françaises, n'écoutant que leur zèle pour la gloire de Dieu et, le salut des âmes, ont joint à leurs autres oeuvres de charité et d'éducation l'oeuvre de la conversion des femmes mandchoues. Ce qui pourtant donne le mieux la mesure de leur dévouement, c'est l'empressement qu'elles ont mis à accepter la direction de la léproserie des femmes.
    Le concours des Religieuses de Saint-Paul de Chartres ne nous est pas moins précieux. A Tong-ling, à Pak-hoi à Hai-nan, à Swatow, elles soignent les malades et les enfants abandonnés, font la classe aux jeunes filles, se dépensent, en un mot, sans compter. Elles font ainsi grand honneur à leur institut.
    Toutes ces oeuvres, si intéressantes qu'elles paraissent, sont cependant bien insuffisantes encore pour notre vaste mission, et ne peuvent être comparées à celles, des Protestants, extérieurement si brillantes. Elles n'ont pas cette puissance de rayonnement capable de dissiper les épaisses ténèbres du paganisme. Il leur manque cet éclat qui attirerait vers nous avec plus de force les classes dirigeantes de cette immense population avide de progrès. Il faudrait donc plus de développement aux collèges, séminaires, orphelinats qui existent déjà, et en établir de nouveaux dans tous les grands centres de la province, afin de faire resplendir partout la lumière de la Vérité.
    (Rapport de Mgr Mérel, préfet apostolique du Kouang-tong).
    1913/209-211
    209-211
    Chine
    1913
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