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Réminiscences sur le coléron

Réminiscences sur le coléron Ces réminiscences de ma vie apostolique, quoique d'un temps déjà lointain, du moins pour l'ensemble, auront peut-être encore du charme pour vous, mes amis de France.
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    Réminiscences sur le coléron

    Ces réminiscences de ma vie apostolique, quoique d'un temps déjà lointain, du moins pour l'ensemble, auront peut-être encore du charme pour vous, mes amis de France.
    Le Coléron est l'une des branches qui forment le delta du Kavéri et qui vont toutes aboutir à la Côte de Coromandel, côte Est de l'Hindoustan ; le Coléron en est la plus large, mais la moins utile en un sens, car ses rives, surtout côté Nord, sont trop élevées pour permettre à ses eaux d'irriguer les campagnes voisines. Des oeuvres d'art remarquables ont été exécutées par le Gouvernement anglais pour régulariser la crue des eaux lors de la mousson Ouest et faire servir le Coléron comme déversoir du Kavéri qui, par contre, étant d'un lit moins encaissé, se laisse saigner, pour ainsi dire, sur tout son parcours et est le vrai fleuve fertilisant de tout le Delta.
    Le Coléron est guéable 6 ou 7 Mois de l'année et même à cette époque où il est possible pour les voitures de le passer, les charretiers peinent beaucoup au travers de ses sables qui s'étendent sur toute sa largeur, de plus de 1.600 mètres eu moyenne. Au moment de la crue des eaux, les voitures, bien entendu, ne le passent pas, et les piétons trouvent bien primitif et fort dangereux le bac généralement en usage qui les transporte d'une rive à l'autre.
    Ce bac, appelé en langue tamil « parissou », est comme une grande cuve ou banne ronde de peu de profondeur, faite de peaux de buffle cousues et appliquées sur une carcasse de lamelles de bambous. Tel quel, et quelle que soit sa parenté avec les bacs de l'Euphrate, il est indispensable, sinon très rassurant. Je dirai même que malgré sa forme archaïque, il est, dans la simplicité primitive des matériaux mis en oeuvre pour sa construction, difficilement remplaçable ici. Et de fait, comme le Coléron est plus ou, moins obstrué par des bancs de sable, ce n'est qu'un jeu pour les passeurs et les passants de tirer ou de pousser le bac sans grand risque de déchirer le blindage en peau ou de briser son armature de bambous : ça plie et ne rompt pas, comme eut dit La Fontaine. Remis à l'eau, il devient parfois dangereux ; un coup de vent subit peut le retourner, sens dessus dessous, sur ses occupants, des jets d'eau sous pression s'échappent quelquefois sous la quille mettant la coque en péril et l'on se presse d'en bouclier les trous avec des guenilles tenues en réserve. Malgré tout, quand j'avais à me servir de ce fruste moyen de transport, je ne pouvais quitter des yeux ces bouchons de chiffes qui me faisaient redouter à tout instant l'irréparable voie d'eau !
    Dans les 15 premières années de mon séjour dans le Tanjore, ma résidence de Tirouvadi se trouvait au, milieu du Delta, au Sud du. Coléron, mais une partie de la paroisse s'étendait aussi dans le district de Trichinopoly, au Nord du Coléron, limite civile de ces deux districts. Mon ministère m'appelait quelquefois dans cette partie Nord, d'autant plus que son centre se trouvait être le fameux sanctuaire de Notre Dame du Refuge, dont la fête a été établie par le Père Beschi, jésuite de célèbre mémoire, comme un rempart contre l'invasion protestante. Il y a peul de chrétiens dans les environs immédiats de ce sanctuaire, mais chaque année, durant la troisième semaine de Pâques, à l'époque où le fleuve est sans eau, des milliers de chrétien y viennent des contrées voisines et même d'assez loin, pour implorer la divine Mère ; cette année 1929, le 21 avril, nous avons célébré le deuxième centenaire de l'établissement de la fête de Notre Dame du Refuge, fête qui n'a rien perdu de son éclat, tout au contraire. Rien non plus de la haine qu'elle inspire au Démon.
    Aussi le catéchiste, gardien de cette église, était-il en butte à de multiples tracasseries de la part des païens de la localité. Il m'avait prié de venir à son aide : de là l'épisode suivant.
    Un beau matin, je partis à cheval me dirigeant vers le Coléron. C'était à l'époque de la crue des eaux : le vent de la mousson Ouest, assez frais de nos côtés, rendait le voyage moins pénible. Je quittai ma monture à l'endroit où je devais prendre le fameux bac et la confiai aux chrétiens d'un village voisin accourus à ma rencontre. Après une heure et plus d'attente, je pus enfin partir dans le frêle esquif. Arrivé à l'église, je fis creuser de suite les tranchées nécessaires pour nous défendre contre les incursions du maire du village et ses empiètements sur les terrains de l'église, terrains que par la voie des Tribunaux je venais de soustraire à sa rapacité. Mon catéchiste avait gain de cause, et la paix par surcroît.
    Lesté d'un bol de riz, je revins sans tarder à la berge du Coléron. J'arrivai juste au moment où les passeurs y abordaient. « Deo gratins ! » m'écriai-je, nous n'attendrons pas comme ce matin ». Mais j'avais compté sans le vent qui s'était levé en bourrasque, on m'engagea fort à ne pas risquer le naufrage, et à attendre sagement au lendemain matin.
    « Pas de tout cela, ais-je ; allons, allons, les braves, je ne recule pas, n'ayez pas peur, en avant donc ! » Les passeurs enhardis se décident à braver le danger : ils aident à nous installer dans la coque de cuir, moi, mes gens et nies bagages. « On n'a plus peur, répètent-ils, il n'arrivera rien de fâcheux puisque le Père est là ».
    Et leur confiance devint telle que ce lut à mon tour d'avoir peur en les voyant compléter notre chargement par un troupeau de 42 chèvres, je les ai comptées une à une ne en surveillant leurs allures capricantes qui mettaient en péril la stabilité du bateau et leurs coups de pied fourchu qui menaçaient souci étanchéité.
    Enfin, notre banne ronde démarre et le souci de garder l'équilibre dans la danse des vagues soulevées par le vent, calme un peu tout ce petit monde biscornu. J'avoue, malgré tout, que j'étais moins que rassuré : ma soutane légère, liée autour des reins, je m'étais mis en état de m'en tirer à la nage en cas de naufrage. Mes compagnons (que du reste ne gênaient guère leurs langoutis) riaient de toutes leurs dents, en hurlant dans la rafale : « Rien à craindre, ça ne chavirera pas ! Le Père est là, le Père est là ! »
    Grâce à Dieu et à nos bons Anges, on atteignit sains et saufs l'autre rive, après deux heures de lutte contre le courant, les vagues et le vent.
    Au débarcadère où nous arrivâmes la nuit tombante, mon cheval m'attendait, creusant le sable d'un sabot impatient. Il eut encore la déception, avant de rappliquer à son écurie, d'avoir à me conduire dans un village voisin où j'allai porter les derniers sacrements à un agonisant. Il était près de minuit, lorsque je rentrai dans mon presbytère.
    En somme, excellente journée pour moi, puisque j'avais gagné un procès et sauvé une âme.

    ***

    Durant mes quarante ans de ministère dans ces parages, j'ai eu encore de nombreuses fois à traverser le Coléron et toujours avec les mêmes moyens de transport, la banne en cuir à la saison des pluies et le char à boeufs dans la saison sèche. Dans ma jeunesse, j'avais en plus la ressource du cheval quand les eaux étaient basses ou le fleuve à sec.
    Je me laisse encore aller à vous raconter les péripéties d'un voyage assez mouvementé.
    Un jour donc de la saison des pluies, il y a de cela huit ans, on vint m'avertir qu'un jeune garçon se mourait de la fièvre intermittente, de l'autre côté du Coléron. Renseignements pris, c'était dans une maison de nouveaux chrétiens qui avaient cessé tout contact avec l'église, malgré tous mes efforts et toutes mes industries. L'enfant était atteint de la terrible fièvre contagieuse qui avait déjà enlevé huit païens dans la rue où il habitait et menaçait tout le voisinage. Les difficultés se dressaient nombreuses devant mon intervention, mais j'étais résolu à les braver toutes pour récupérer cette famille de néophytes. O bonté ineffable de mon Dieu ! Un revirement s'était donc fait chez ces malheureux, il fallait en profiter sans retard.
    Je lançai donc tout mon monde pour préparer le passage à travers les fleuves, car ce n'était plus le Coléron seul, mais encore trois autres fleuves, dont le Cavéri, que j'avais à franchir, en partant d'Ayampot, mon nouveau centre. Dieu soit béni ! Par extraordinaire en ce mois d'octobre, les eaux étaient basses, au point mort entre les deux moussons. Le trajet eut été relativement court et particulièrement aisé si j'avais, comme jadis, pu le faire à cheval. Hélas ! De la cavalerie j'étais tombé dans le train et les équipages : les ans en sont la cause !
    Or, c'est toute une affaire, pour les pauvres missionnaires de la brousse, que les courses entrecoupées de rivières ! Dans le temps, on avait des palanquins avec porteurs rompus au métier. Mais le palanquin a été remisé au Muséum ; le même sort est réservé à notre « parissou », notre vieux bac de cuir. Les Indiens ne souffrant pas que leur prêtre aille à leur façon dans l'eau et la boue, ont imaginé une sorte de lit de cordes, parfaitement inconfortable, pour transporter leur prêtre d'une façon décente et révérencielle. En ce qui les concerne eux-mêmes, c'est infiniment moins compliqué : vêtus d'un simple pagne et familiarisés avec l'eau de notre delta, ils y barbotent comme dans leur élément propre, à telle enseigne qu'un de mes confrères les classait parmi les amphibies, ce en quoi il exagérait.
    Je partis donc à travers fleuves et canaux, tantôt à pied sur la terre ferme, tantôt porté sur un lit à cordes là où l'eau me barrait le passage ; sur l'autre berge du Kavéri, une voiture prêtée par un chrétien me permit de franchir plus aisément les deux milles qui me séparaient encore du Coléron. O bonheur ! Nous pûmes constater que ce terrible fleuve pouvait lui-même être passé à gué. Et cependant, on crut plus digne de compliquer cette chose très simple et d'allonger le cérémonial de ma réception. Voici comment :
    Le nouveau maire du village où se trouve le sanctuaire de N.-D. du-Refuge, était devenu notre ami : alerté à temps, il avait préparé le bac pour le Père tout seul, car après un bout de chemin au milieu des sables, il restait encore une bonne partie de la traversée en eau peu profonde. On m'installa donc dans le bac et les gens du maire, tantôt hélant l'esquif à terre, tantôt poussant le susdit à flot, me conduisirent de l'autre côté du fleuve. Cela dura bien une bonne demi-heure. Là, une charrette m'attendait : non pas de ces charrettes à boeufs suspendues sur ressorts, amortissant les heurts et permettant une certaine allure ; mais bien l'antique, lourd et cahotant véhicule des ancêtres, formé d'un cadre en bois, monté sur un essieu, aux extrémités duquel on accroche deux roues, également en bois ; une natte en bambou, appliquée sur des lattes, fait office de parasol ou de parapluie, suivant l'occurrence. En fait de vitesse, le pas lent des grands boeufs de nos rois fainéants. J'allais acquérir des mérites incontestables, mais la perspective de la conquête en vue calmait mes impatiences d'Extrême Occident.
    Enfin, mes bons vieux boeufs, au ventre creux, au pas traînant, m'amenèrent quand même au village où une grande joie m'attendait. Mon malheureux Rayappen (Pierre), qui avait renié son Maître, se jeta à nies pieds et, après avoir demandé et obtenu son pardon, me conduisit auprès de son petit malade, âgé de quinze ans. Il fallut refaire l'instruction religieuse de l'enfant ; le catéchiste donna les enseignements nécessaires pour la réception des derniers sacrements ; moi-même je complétai ses avis, et nous laissâmes le petit en paix avec Dieu et tout rayonnant de sainte allégresse.
    Et nous voilà sur le chemin du retour. Les boeufs, au lieu d'activer leur marche, restaient même insensibles aux coups que le conducteur faisait pleuvoir sur leur maigre échine. Mais quand ils arrivèrent, enfin, à la hauteur de leur étable, ils refusèrent carrément de me conduire, moi, jusqu'à l'église et se couchèrent ventre à terre. Or quelque courte que fût la distance, le soleil des tropiques n'en est pas moins terriblement chaud à une heure de l'après-midi, heure à laquelle nous arrivâmes à N.-D.-du-Refuge.
    Le lendemain, je partis pour le chef-lieu du district avec moins d'aléas, le coeur plus léger et l'âme consolée. Le petit malade mourut quelques jours après ; son père vint tout pleurant me l'annoncer et m'assurer de sa persévérance, et lui, sa femme et ses deux tilles furent désormais fidèles.
    Au moment même où mon prodigue venait me confirmer sa conversion, on m'apportait de son village, pour l'adopter, un petit païen de dix-huit mois dont les parents étaient morts de la fièvre pernicieuse. Que d'actions de grâces débordaient naturellement de mon coeur pour ces faveurs spéciales de la divine Providence, et comme j'adorais ses desseins admirables et ses voies maternelles !
    Aussi, ce Coléron que j'avais tant décrié, j'en ai fait mon ami de coeur. Et j'en oublie même ses traîtrises, quand ses sables mouvants enlisaient mon cheval ou mes boeufs ; quand passant subitement des basses eaux aux fortes crues, il me mettait en péril de naufrage, secouant comme une coquille de noix, mon parissou en peau de buffle. Tout cela m'a été royalement payé par Jésus, bien au de là de mes peines !
    Et voici, pour finir, nies derniers démêlés avec le Coléron, dont l'inégalité d'humeur, les volte-face imprévisibles rendent la fréquentation des plus aléatoire : ainsi qu'on va le constater derechef.
    C'était pas plus tard qu'avant-hier, 22 avril. Je revenais du deuxième centenaire de Notre Dame du Refuge. J'avais, pour m'y rendre, passé tous les fleuves sans encombre dans ma voiture à boeufs trotteurs et j'avais témoigné à mes gens le plaisir que j'éprouvais en ne voyant dans le Coléron qu'un mince filet d'eau, tout juste suffisant pour les ablutions des pèlerins, et donc de facile accès aux voitures, charrettes et piétons.
    La fête avait été splendide, l'atmosphère rafraîchie par une grosse pluie tombée quelques jours avant et par une averse le dimanche après midi. Mais le soleil de l'Inde avait vite repris le dessus, séché les habits de fête et permis de tout réorganiser pour les illuminations et la procession de la nuit tombante. Sur ces entrefaites, on vint m'avertir que le Coléron se mettait à monter, à grossir, à se fâcher.
    Je ne m'en troublais pas outre mesure, pensant bien que ce n'était là qu'une alerte. Mais le lendemain matin, ce fut une autre affaire ; les pèlerins plus pressés que de coutume, se hâtaient de plier bagages et de s'en aller.
    « Le Coléron fait des siennes ! » me dit-on. « Bah !... on verra bien ». Et je partis à l'heure habituelle. Mais arrivé au fleuve, voici que des voituriers qui venaient d'effectuer le passage, nous crient de l'autre côté : « Attention ! Leau monte ! » Mon conducteur hésite à y engager son attelage. Je le rassure ! « Où l'enfant a passé, le père passera bien ».
    Beaucoup de pèlerins, partis à une heure matinale mangent le riz sur l'autre berge, en attendant ceux qui affluent sans cesse de mon côté : devant et derrière, nous aurons donc du monde pour nous prêter main-forte ou nous porter secours au besoin ; des bras solides et des coeurs dévoués. En avant !
    Nous avançons dans le lit du fleuve, quand tout à coup l'eau pénètre dans la voiture. Je fais arrêter, me déchausse et, à demi courbé sous le toit, j'appelle au secours. On arrive à la rescousse, on maintient l'équilibre du char et l'on passe en laissant l'eau en nettoyer le fond. « Désormais, le plus difficile est fait, pense-je à part moi, le reste ne sera qu'un jeu ». A son tour, le Cavéri se chargea de me détromper, et descendu sur son lit, généralement moins fantasque, il me fallut aviser parmi les passants un chrétien de haute taille qui prit les devants pour sonder la profondeur de l'eau. Devant nous deux femmes se hasardent, mais doivent reculer devant la force du courant ; puis elles se ravisent et tentent la traversée dangereuse ; je les vois faire signe à un solide gaillard qui, contre tous les usages de ce pays, leur tend la main et les tire en coupant le courant en diagonale. Elles sont sauvées, grâce à ce brave garçon, mais que diraient les ancêtres ?
    Mon éclaireur crie au voiturier que les boeufs auront à nager. « Attends ! » dis-je, et j'appelais quelques chrétiens pour tenir la voiture et l'en pêcher de capoter. Tout est prêt et je suis paré comme pour le passage du Coléron. Mes boeufs, aussi bon nageurs que coureurs, se tirèrent fort bien d'affaire, aidés par l'ouragan de clameurs, qui accompagnent obligatoirement tout coup de collier donné par les Indiens.
    Cette précaution prise, d'appeler au secours avant de tenter un passage douteux, m'avait été suggérée par le souvenir d'une aventure arrivée à Soeur Thérèse, supérieure de mon dispensaire. C'était aux premiers jours de ses courses apostoliques à travers les villages de la périphérie de Ayampot. Elle et sa compagne, poussées par le désir de gagner des âmes à Jésus, se lancèrent dans le courant de nos fleuves. Le premier, le Koudamouroutti, fut franchi sans encombre ; le second, le Kavéri, fut moins accommodant ; un trou d'eau sournois et les boeufs perdant pied, la voiture se retourne sur son contenu. Les pauvres Soeurs étaient dans un piteux état ; dégagées de leur prison flottante et revenue de leur peur bleue, elles ramassent leurs paquets et gagnent le banc de sable. La deuxième Soeur fut alors prise d'une crise de larmes : « Mais, ma Soeur, ne pleurez donc pas, lui dit la Supérieure, il n'y a plus un mouchoir de sec pour essuyer vos larmes ! » Elles se réfugièrent chez des chrétiens de caste qui leur cédèrent une maison où, près d'un bon feu, elles séchèrent leurs mouchoirs, et le reste.
    Le lendemain, elles continuèrent leur tournée des malades, des vieillards et des petits enfants, comme si rien d'anormal ne s'était passé. Braves filles de Saint François de Sales, catéchistes missionnaires de Marie !...

    LE GRAND BRIGAND

    A elles comme à nous, la Sainte Vierge et nos Anges gardiens étaient venus en aide.

    G. PLAYOUST,
    M. ap.24 avril 1929.

    1930/26-36
    26-36
    Inde
    1930
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