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Réception de Mgr Mutel dans l'ordre national de la légion d'honneur

Réception de Mgr Mutel dans l'ordre national de la légion d'honneur Rome a honoré les Martyrs de l'Eglise de Corée. Le gouvernement français a honoré le chef de cette Eglise en lui décernant la croix de la Légion d'honneur. Il a nommé chevalier Mgr Mutel, évêque de Mopsueste, Vicaire apostolique de Séoul.
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    Réception de Mgr Mutel dans
    l'ordre national de la légion d'honneur
    Rome a honoré les Martyrs de l'Eglise de Corée.
    Le gouvernement français a honoré le chef de cette Eglise en lui décernant la croix de la Légion d'honneur. Il a nommé chevalier Mgr Mutel, évêque de Mopsueste, Vicaire apostolique de Séoul.
    M. F. Berteaux, naguère consul général en Corée, actuellement ministre plénipotentiaire, chef du service du Personnel au Ministère des Affaires Etrangères, a solennellement reçu dans l'Ordre le nouveau titulaire. La cérémonie a eu lieu au Séminaire des Missions Etrangères, le 23 août dernier.
    Dans une allocution d'une amabilité et d'un tact parfaits, M. Berteaux a exprimé la joie qu'il éprouvait de l'honneur rendu à Mgr Mutel dont il a pu apprécier les hautes qualités d'esprit et de coeur, le courage dans les jours mauvais, le dévouement infatigable envers tous, les services rendus à la patrie, à la civilisation, au catholicisme.
    Et ce nous fut une joie bien vive d'entendre l'éloge de celui qui est un des supérieurs de notre Société et un de nos confrères les plus vénérés et les plus aimés.
    Nous lecteurs partageront nos sentiments. Voici les paroles de M. le Ministre plénipotentiaire :

    MESSEIGNEURS, MESSIEURS,

    C'est à la bienveillante et précieuse amitié dont veut bien m'honorer depuis de longues années S. G. Mgr Mutel que je suis redevable de l'insigne honneur d'avoir été délégué par le Grand Chancelier de notre Ordre National pour procéder aujourd'hui à la réception du nouvel et illustre Légionnaire,
    Vous m'en voyez, à la vérité, confus... mais aussi très fier.
    Confus, parce que, devant pareille assistance de Princes de l'Eglise et de vaillants Missionnaires, je me sens aussi incapable qu'indigne de célébrer, comme il conviendrait, des mérites et des vertus dont l'élévation n'a point d'humaine mesure.
    Fier aussi et très fier dans mon coeur de Français, du modeste mais loyal et dévoué concours qu'il m'a été donné jadis, comme consul de France, de prêter pendant près de cinq années, à l'oeuvre du grand Evéque que nous fêtons aujourd'hui.
    Gustave Charles Mutel est né le 8 mars 1854, à Blumeray, département de la Haute-Marne.
    En 1877, Prêtre de la Société des Missions Etrangères de Paris, 128, rue du Bac, il reçoit de ses ! Supérieurs mission de se rendre en Corée où douze de ses Collègues du même Institut, et Français eux aussi, avaient déjà été mis à mort sur les ordres du Gouvernement royal, hostile à toute influence étrangère.
    Ce n'est qu'au risque de sa vie que ce vaillant missionnaire réussit à pénétrer au coeur du Royaume Ermite, à Séoul, au printemps de l'année 1880, après trois ans de patiente attente chez ses confrères de la peu hospitalière Mandchourie.
    Ses solides et brillantes qualités le distinguent bientôt de ses Collègues, et en 1885, il est rappelé à Paris comme Directeur au Séminaire de la rue du Bac et procureur du Groupe des Missions alors uniquement françaises du Japon, de la Corée et de la Mandchourie.
    Désigné par ses vertus et ses talents à l'attention du Saint Siège, il se voit, le 21 septembre 1890, honoré par Léon XIII de la dignité épiscopale, et, après la mort de Mgr Blanc, lui sont confiées la direction effective et la charge spéciale des Missions catholiques de Corée. C'est là-bas, sur ce vaste champ d'apostolat, que depuis trente-cinq ans et sans désemparer Mgr de Milo, puis de Mopsueste, travaille, avec une énergie inlassable et une activité féconde en heureux résultats, à l'expansion de la pensée chrétienne et de l'influence française.
    Que ce soit autrefois, dans ses rapports fréquents avec la Maison Royale, ou plus récemment, dans ses relations incessantes avec l'Administration japonaise, dans son contact quotidien avec la population indigène et dans le développement des nombreuses oeuvres scolaires, hospitalières ou autres, fondées par lui, Mgr Mutel a, partout et toujours, durant sa carrière déjà longue, su inspirer à tous, petits et grands, pauvres et riches, fonctionnaires et diplomates, avec un tact exquis et une largeur de vues remarquable, la plus haute idée non moins que le plus sympathique respect de la France et de la Religion.
    Ce qui précède appartient à l'Histoire, mais vous vous joindrez certainement à moi, Messeigneurs, Messieurs, pour formuler ensemble le voeu ardent que d'autres pages encore viennent, Dieu aidant, nombreuses et brillantes, poursuivre le cours de cette belle et noble vie.
    Mgr Mutel est un apôtre dans toute la force du terme : que vous l'ayiez suivi, de loin, dans les tribulations et les vicissitudes de son admirable apostolat, ou que vous ayez eu, comme plusieurs d'entre nous, l'inappréciable privilège de vous trouver en quelque sorte associés à sa tâche, tous, vous avez été émerveillés des dons incomparables de son esprit et de son coeur, de la clarté rayonnante de sa vive intelligence, de la promptitude de sa pensée toujours en éveil, de la finesse de son esprit, de l'élégance de sa plume, de l'étendue de son érudition, de la sûreté de son jugement, de la fermeté de sa décision, de la constance de son amitié. Tous, vous avez admiré l'ardeur de sa foi agissante et l'opiniâtreté de son labeur ; tous, vous avez été conquis par son exquise affabilité, par le charme infini de son commerce, par la délicatesse de sa modestie.
    Par toutes ces qualités, qui ont atteint en son auguste personne le plus rare degré d'élévation, Mgr Mutel est sans contredit l'un des plus grands et des plus dignes représentants de l'Episcopat français, l'une des plus belles figures de la phalange des grands Evêques d'Extrême-Orient qui ont tant fait pour la grandeur et la prospérité de la France et de l'Eglise.

    Monseigneur Gustave Charles MUTEL, au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de la Légion d'Honneur.

    Avec une émotion qui donnait à ses paroles un charme plus grand, et une brièveté qui laissait deviner des sentiments exquis de reconnaissance et d'affection, le vieil évêque remercia le Ministre « des paroles trop flatteuses qu'il venait de prononcer, des services que naguère M. Berteaux avait rendus à la mission de Séoul, de ceux qu'aujourd'hui il rendait à toute cause française ; il lui témoigna de quelle estime sincère et de quelle gratitude réelle son souvenir vivait dans le coeur de tous les missionnaires de la Corée, et, dit-il en terminant «faut-il ajouter dans le mien, d'abord ».
    Il nous sera permis d'ajouter que tous les ouvriers apostoliques qui ont connu M. Berteaux pendant sa longue et belle carrière en Extrême-Orient, partagent les sentiments de Mgr Mutel

    1925/180-182
    180-182
    France
    1925
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