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Province de Tsi-tsi-kar. District de Hou-lan

Province de Tsi-tsi-kar. District de Hou-lan Missionnaire : M. BOURLÈS.
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    Province de Tsi-tsi-kar. District de Hou-lan

    Missionnaire : M. BOURLÈS.

    L'année qui vient de s'écouler a été signalée tout d'abord par le Jubilé, qui a produit d'immenses fruits de salut. L'annonce de ce Jubilé a été reçue partout avec joie par les nouveaux chrétiens, peu habitués à ces affluences de grâces. L'empressement, l'assiduité et le soin qu'ils ont apporté à ce grand acte, ont montré toute l'importance qu'ils y attachaient. On peut dire que tout le monde s'est fait un devoir de se conformer avec scrupule aux conditions imposées par le Souverain Pontife pour gagner l'indulgence du Jubilé.
    La guerre Russo Japonaise, que l'on croyait devoir troubler la paix dans la province même de Tsi-tsi-kar, n'a cependant pas, contrairement aux prévisions, ralenti le mouvement de conversions à notre sainte religion.
    Pour ma part, je crois devoir dire qu'à Hou-lan, la guerre, en mettant chrétiens et païens en relations avec les soldats russes, a été une occasion de fortifier la foi des premiers, et d'ouvrir les yeux des seconds.
    Actuellement la garnison russe de la ville de Hou-lan est composée en grande partie de catholiques polonais. Es viennent très fréquemment à l'église, même les jours de la semaine. Le dimanche ils sont très nombreux aux offices, et nos chrétiens ont pu les entendre chanter leurs prières. Les jours de grandes fêtes, pas un catholique ne manque à l'appel, soit pour la messe, soit pour le salut du Très Saint Sacrement. A vrai dire, ils ont beaucoup édifié mes nouveaux chrétiens, tant par leur tenue et leur maintien à l'église, que par leur conduite au dehors. Aussi les chrétiens de la ville enchantés des exemples de foi et de piété des soldats polonais, leur ont-ils offert un dîner le jour de la fête de Pâques. Le capitaine, prévenu par le missionnaire du lieu, accorda avec plaisir à ses soldats, l'autorisation de se rendre à l'invitation. Lui-même, accompagné de son lieutenant, est venu les voir à l'auberge, où avait lieu le repas. Touché de la cordialité qui régnait entre les chrétiens et ses soldats il leur adressa quelques paroles, les exhortant à continuer d'édifier par leur exemple et leur conduite les Chinois qui les entourent.
    Puis, faisant allusion à la guerre, il leur parla du devoir qui les obligeait à faire le sacrifice de leur vie, si le bon Dieu l'exigeait, pour la défense de la patrie. Le dîner a été suivi d'une danse polonaise, accompagnée de musique. De part et d'autre la joie était visible sur tous les visages.
    Les soldats polonais ont rendu aux chrétiens des services d'un autre genre. En effet, le cuisinier de l'école étant tombé malade, l'infirmier de la garnison, averti de la chose, s'est rendu immédiatement auprès du malade, qu'il a guéri au bout de quelques jours. Cette guérison lui a valu la confiance des chrétiens, qui se font tous soigner par lui. Depuis ce jour, citadins et paysans accourent à la résidence pour chercher la guérison de leurs maux. Beaucoup ont déjà été guéris, et tous sont surtout édifiés du dévouement, de la générosité et du désintéressement de l'infirmier catholique.
    Les païens, au courant de ce qui se passe, viennent aussi demander les secours corporels, mais lé soldat catholique les renvoie en leur disant de se faire chrétiens. En partant, plusieurs se mettent à pleurer et demandent le catéchuménat.
    Deux autres Polonais, attristés de l'état délabré de l'église, se sont proposés de l'arranger. Je demandai pour eux au capitaine la permission d'y travailler quelques jours. Celui-ci, très heureux de faire plaisir à ses soldats et de se montrer obligeant envers un Français, l'accorda volontiers. Quelques jours avant la fête de l'Assomption de la très sainte Vierge, l'intérieur de l'église était réparée, à la grande joie de tous les chrétiens. Les campagnards, venus pour la fête, étaient dans l'étonnement, en voyant ce changement survenu depuis peu, et les chrétiens de la ville de leur parler à l'envi de la foi et du désintéressement des soldats catholiques polonais.
    Tous ces traits, que je viens d'esquisser au sujet des soldats catholiques, ont produit sur les chrétiens une impression des plus salutaires et, j'aime à le croire, des plus durables. Grâces soient rendues au divin Maître, qui a daigné procurer aux nouveaux chrétiens de Hou-lan des exemples si précieux et si consolants ! Puissent de si puissants exemples affermir dans leur coeur leur foi encore bien faible.
    Ainsi malgré la guerre russo-japonaise qui menaçait de troubler le pays, la paix a régné dans toute la province, et nous avons pu nous adonner comme à l'ordinaire aux travaux du ministère. J'ai eu le bonheur de conférer le sacrement de la régénération spirituelle à 188 catéchumènes, bien préparés à recevoir cette grâce. Dans ce nombre, 20 ont été baptisés in articulo mortis.
    L'hiver dernier les écoles ont été remplies, et au printemps on comptait environ 200 écoliers.
    L'école de garçons de Hou-lan même a reçu plus de 60 élèves. Aujourd'hui encore elle en compte une cinquantaine.
    L'école de filles est aussi très florissante, et a contribué pour une bonne part à former la modeste gerbe de 188 baptêmes.
    1906/212-214
    212-214
    Chine
    1906
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