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Préfectures confiées au clergé Chinois

Préfectures confiées au clergé Chinois
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    Préfectures confiées au clergé Chinois

    Par lettre du 10 juillet dernier, le Cardinal Préfet de la S.C. de la Propagande annonçait au Supérieur des Missions Etrangères l'érection des deux Vicariats apostoliques de Chouenking (Shungking) et de Wanhsien et de la Préfecture apostolique de Yachow, détachés de nos Missions du Setchoan qui, au dernier compte-rendu de 1928, comptaient 172.644 catholiques et un clergé indigène de 186 prêtres : chiffres qui supposent tout au moins un milieu favorable au recrutement des séminaristes et des maisons appropriées pour leur formation cléricale.
    Le communiqué de Son Eminence se terminait ainsi : « Ces nouvelles missions indigènes représentent un succès aussi important que flatteur pour votre Société, qui recueille aujourd'hui les fruits de nombreuses années de labeur apostolique. Il m'est donc agréable de profiter de cette circonstance pour exprimer à Votre Seigneurie et à votre Société la plus vive reconnaissance de la Propagande ».
    A ceux de nos lecteurs qui voudraient connaître l'intensité et la continuité de ce labeur, nous recommandons la lecture d'un article de fond, « parfaitement étudié, minutieusement contrôlé », que le Supérieur du Grand Séminaire de Chungking vient de publier dans « Les Missions Catholiques» du 16 août dernier

    Septembre Octobre 1929, n° 189

    Départ des 8 et 15 Septembre 1929

    De gauche à droite :

    En haut : H. PINAULT (Chengtou). R. GIRARD (Malacca). R. RICHARD (Taikou). G. BARNABÉ (Phatdiem). L. DIDIER (Kouiyang). J. -B. LABANDIBAR (Kumbakonam). H. MASSIOT (Hué).

    Milieu : I. COSSARD (Tôkyô). J.-M TOURTE (Quinhon). R. Coulot (Vinh). M. DUCHESNE (Osaka). M. LEROUX (Pnompenh). A. COLIN (Mysore). J. MAILLOT (Nanning), P. BOULAY (Pakhoï).

    Assis: R. COURTOIS (Saïgon). J. DEZEST (Coimbatore). G. GIRAUD (Hanoï). B. DOURISBOURE (Séoul). E. BURGER (Yunnanfou). V. BAZIN (Rangoon). J. ALAZARD (Sikkim). V. BONNEMIN (Tatsienlou).

    Nous bornons à verser au dossier deux documents, dont le premier est inédit, et qui prouveront que nous n'avons pas attendu jusqu'à ces dernières années pour prendre position dans la question du clergé indigène, sous toutes ses formes et avec tous les aboutissants qu'elle implique.

    ***

    François Antoine ALBRAND, né en 1804, fut directeur au Collège général de Pinang, puis supérieur de cet établissement, de 1830 à 1839; directeur du Séminaire de Paris, de 1839 à 1855 ; supérieur, dé 1855 à 1867, année de sa mort. Il représenta, avantson supériorat, la Mission du Kouy-tchéou, à titre de procureur. A la date du 21 juillet 1863, il adressait à un missionnaire de Chine, la lettre suivante sur le rôle et la nécessité du clergé indigène.
    « ... Ce peuple chinois est unique dans l'univers et il faut bien l'étudier pour le connaître, et il faut bien du temps pour l'étudier, et pourtant ce n'est qu'à cette condition que l'on pourra le convertir. Il a de bonnes et excellentes qualités, mais il a aussi des vices détestables. Il est bien malade, mais il est guérissable. Le point capital, c'est de lui trouver de bons médecins, et ces médecins, je crois qu'on ne les trouvera que chez lui, c'est-à-dire que ce sont les Chinois qui devront convertir les Chinois.
    « Vous dites : Messis quidem multa, operarii autem pauci. Tout cela est rigoureusement et douloureusement vrai pour la 2e partie du texte; mais souvenez-vous, je vous prie, que la vocation des ouvriers est le fruit de la prière : Rogate ergo Dominum messis! Vous savez combien nous nous donnons ici de peine pour multiplier les ouvriers. Nos travaux ne sont pas infructueux, car Dieu les bénit en augmentant le nombre de nos Aspirants; mais nous avons besoin du secours de vos prières.
    « Et puis, vous devez aussi travailler à multiplier ces ouvriers, non en les prenant en Europe, mais sur le sol même que vous défrichez, et regarder le temps, les peines et l'argent que vous dépenserez à former un clergé indigène bien instruit et pieux, puis, à côté, ou en dessous, de bons catéchistes, vous devez, dis-je, regarder ce temps, ces peines et ces dépenses comme les plus sacrés, les mieux employés de tous ceux de votre ministère, parce que, sans un bon clergé du lieu, vous travaillerez beaucoup et vous ferez peu, et ce peu ne sera pas solide. Je sais qu'on dit quelquefois que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais qu'importe, ce que je dis est la vérité, et cela suffit. Je sais que dans ce moment-ci vous êtes loin de pouvoir réaliser ce que je dis, et ce que vous désirez sans doute, aussi je vous prie de regarder ceci comme des principes qui doivent être appliqués plus ou moins selon les circonstances ».

    ***

    Sept ans après la date de cette lettre, nos Vicaires Apostoliques de Chine tinrent, pendant leur séjour à Rome pour le Concile du Vatican, des réunions pour traiter des besoins généraux de leurs Missions. Dans la séance du 20 janvier 1870 voici comment ils exprimaient leur opinion sur la question du clergé chinois :
    « Le clergé indigène ne peut actuellement se passer de la direction des Européens, peut-être à cause de son éducation incomplète; mais il n'y a pas de doute que dans la suite il ne de vienne capable, car Dieu, qui veut la fin, fournira certainement les moyens, et, en Chine comme ailleurs, pourvoira à ce qu'un jour le clergé indigène puisse lui-même gouverner ses Eglises. C'est pourquoi nous ne devons pas perdre patience, mais travailler à ce but ».
    Et ils y travaillèrent indéfectiblement et non sans succès, témoin l'extrait suivant des « Missions catholiques » citées plus haut:
    Mgr Chouvellon, Vicaire Apostolique d'une des quatre Missions du Setchoan, avait souhaité ne mourir qu'après avoir imposé les mains à 72 disciples. Dieu combla son désir. Car 73 prêtres indigènes de sa Mission de Chungking reçurent de ses mains l'onction sacerdotale.
    On connaît l'exclamation admirative qui jaillit des lèvres de S. S. Benoît XV, lorsqu'un vénérable Vicaire apostolique de Chine lui eut dit avoir ordonné 40 prêtres : « Quoi! Vous avez ordonné 40 prêtres indigènes! ...des prêtres chinois! Eh! Oui, Saint Père, des prêtres chinois, des Chinois de Chine! » Combien plus vive encore et plus spontanée eût été l'admiration du Pontife, si Mgr Chouvellon eût pu lui confier: « Très Saint Père, j'ai imposé les mains à 73 Chinois, et tous bien de Chine ! »

    1929/186-189
    186-189
    Chine
    1929
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