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Point de vue portugais

Point de vue portugais RÉFUTATION DU 1er ARGUMENT. Si les îles de Lappa, Don Joao et Ouong Kam, au dire des Chinois, ne conservent aucune trace de l'occupation Portugaise, il n'en est pas moins vrai que ces îles sont dans un état de colonisation plus ou moins avancé.
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    Point de vue portugais
    RÉFUTATION DU 1er ARGUMENT.
    Si les îles de Lappa, Don Joao et Ouong Kam, au dire des Chinois, ne conservent aucune trace de l'occupation Portugaise, il n'en est pas moins vrai que ces îles sont dans un état de colonisation plus ou moins avancé.
    Lappa. Si l'on considère le peu de distance qui la sépare de Macao, Lappa est de son ressort immédiat ; de plus elle porte des vestiges non équivoques d'anciens couvents, d'églises, et d'autres établissements Portugais. Dans les temps les plus reculés les Portugais en ont tiré parti : ils se sont servis des eaux de la source de Lappa, soit pour leur boisson, soit pour les besoins de l'hygiène et cette source a toujours été nécessairement et inévitablement sous la dépendance de Macao. La nécessité polir Macao d'avoir des moyens de défense en rapport avec sa situation a toujours exigé que Lappa fut sous le contrôle du Portugal, et ce der- nier argument s'applique également à toutes les autres îles contestées.
    On ne saurait nier qu'il y a quelques « braves » à Lappa, mais leur présence en ce lieu est postérieure au Traité de 1887, et elle en est une violation flagrante.
    L'île de Don Joao renferme des marques indubitables de la domination Portugaise, et cela, depuis de longues années, sous la forme d'un asile de lépreux, institution charitable fondée et entretenue par les Portugais, non point pour eux, mais pour le seul avantage des Chinois. Ceci prouve bien effectivement le non fondé des affirmations des Chinois, niant que l'on ne rencontre aucune trace du pouvoir -Portugais dans cette île.
    Pour ce qui est de l'île de Ouong Kam, aucune autorité Chinoise n y existe, ni même n'a la prétention d'y exister, et la puissance du Portugal est la seule qui soit reconnue par les Chinois venant parfois habiter ces parages.

    IIe ARGUMENT.

    Les Chinois renversent absolument la vérité en soutenant qu'avant 1887 et jusqu'à cette époque, le Port Intérieur de Macao et les eaux du littoral étaient soumises à la juridiction de la Chine. Le principal motif qui poussa les Portugais à s'établir en ce lieu fut justement la présence du Port. De plus, en 1845, les eaux de la Colonie et le Port furent publie que ment déclarés exempts de toute taxe sur le commerce, par une loi constitutionnelle Portugaise, sans que la Chine fasse entendre la moindre protestation.
    Les Capitaines, les Officiers et les hommes d'équipage des bateaux de la Hong-kong Canton Macao Steamboat Company, faisant le service entre Macao et Hong-kong durant ces quarante dernières années peuvent certifier qu'ils n'ont jamais rencontré dans le Port aucune autorité autre que celle des Portugais. Les débarcadères de cette Compagnie ont été construits avec le consentement du Portugal. Les bateaux ont payé les droits du Port au Trésor Portugais, et ce sont toujours les Portugais qui ont porté les règlements du Port.
    Les vaisseaux de guerre qui de temps à autre ont visité le port, les bateaux marchands et les yachts privés peuvent aussi témoigner que seule la Domination Portugaise est reconnue dans le Port. Quand les Chinois disent que les Portugais ont usurpé le contrôle de ces eaux depuis la signature du Traité de 1887, ils s'abusent, ceci est particulièrement manifeste si l'on considère que bien des années avant que le Portugal ne songe à faire ce Traité, il dépensait environ 50.000 piastres par an pour les travaux du Port, et pour l'entretien de la police du Port, des bureaux du Maîtres du Port, des bateaux à vapeur et à rames, ainsi que de tout le nécessaire pour une surveillance efficace du Port, et cela, sans que durant tout ce temps les Chinois aient dépensé un seul centime dans le même but.
    Jamais, de mémoire d'homme, on ne vit un seul agent de police chinois en ces lieux. A la vérité les canonnières chinoises assurant le service des Douanes Impériales jettent l'ancre dans le Port, mais elles n'exercent aucun contrôle sur les eaux de Macao, et il ne leur est pas permis de franchir certaines limites que le Portugal leur prescrivit en 1868.
    Les eaux du Port intérieur, telles qu'elles sont sous le contrôle du Portugal, ne baignent que des terres portugaises, et si ces terres appartenaient originairement à la Chine (la Chine n'y a jamais exercé aucune juridiction, puisque de puis 350 ans elle n'en a plus la possession), c'est absolument sans raison que l'on prétend que le Portugal en aurait usurpé le contrôle depuis 1887, car de fait le Traité signé à cette époque reconnaît la juridiction du Portugal et la confirme.
    Enfin, si les eaux de Macao sont sur le passage des bateaux allant à Tchin Shan, il est à noter que la position géographique elle-même de Macao devait déterminer son emplacement, et entraîner naturellement l'occupation des îles avoisinantes, et le droit de contrôle sur les eaux territoriales, sans quoi la colonie eut été dans un état d'outrageante servitude, exposée à la merci des brigands et des hordes de pirates qui infestent ces régions.

    IIIe ARGUMENT

    L'emphase avec laquelle on appuie sur la contrebande des armes et les allégations qui s'y rattachent est chose puérile. Chaque fois que la Chine a demandé au Portugal d'empêcher l'exportation des armes et des munitions, sa requête a toujours rencontré à Macao un accueil favorable et efficace. Si la contrebande existe malgré les règlements stricts en vigueur à Macao pour la prévenir, ce sont des Chinois qui s'y livrent, et la faute en revient en droite ligne aux Autorités Chinoises elles-mêmes, qui laissent ces armes de contrebande passer le réseau des postes de douane.
    Macao est un Port franc, et si l'on s'efforce d'y empêcher la contrebande en adoptant toutes les mesures que la Chine elle-même a adoptées, il est ridicule de vouloir blâmer le Portugal de ce que des armes ont pu échapper à la surveillance des douanes chinoises et être introduites ainsi sur le territoire Chinois.

    IVe ARGUMENT.

    Cette ancienne cérémonie se répéta bien souvent depuis, chaque fois que l'on voulut fermer la barrière : et elle se fit en observant les mêmes formalités. La « Fermeture de la Barrière » était accomplie par des officiers chinois en présence de délégués officiels Portugais et des officiers civils et militaires du gouvernement Chinois ils scellaient du sceau Chinois les portes de la Barrière en sorte que aucune communication ne pouvait plus être établie ensuite entre les Chinois et les Portugais. Devant ce fait, les commissaires Chinois refuseraient-ils de reconnaître que là du moins et là seulement ils se trouvent en face des limites de Macao.

    Ve ARGUMENT.

    Il est absolument faux de dire que les villages à l'intérieur de la Barrière construite par les Chinois en 1575 ont été et sont encore sous l'autorité de la Chine. Ces villages n'existaient pas avant 1688, et la permission de les établir fut accordée par les Portugais qui depuis lors, les tinrent sous leur juridiction.
    La presquîle a toujours été territoire Portugais, et comprenait la ville et ses faubourgs ceux-là seuls qui raisonneraient faux pourraient regarder un moment ces villages comme des dépendances de Macao, ainsi que le voudraient les Chinois. Il faudrait la subtilité de la « logique » chinoise pour arriver à diviser la Péninsule de Macao en deux parties dont l'une serait la dépendance de l'autre ; et ce serait le plus insigne non-sens pour quiconque jouit encore de la faculté de raisonner juste, que de soutenir de tels propos, attendu, que l'ensemble de la presquîle fut soumis à la juridiction du Portugal durant des siècles, et a été en tout cas reconnue par la Chine dans un traité (1887).
    C'est encore une pure affirmation des Chinois qu'une partie seulement des îles de Colowan et de Tai-pa conserve des traces de l'occupation portugaise. Dans ces îles en particulier, il ne subsiste pas seulement des vestiges de l'ancienne domination portugaise, mais on y rencontre encore dés marques non équivoques de leur soumission actuelle au Portugal. Nous en donnerons comme preuve les forteresses, les églises, les quais, les routes, les locaux municipaux, le marché, les écoles, le champ de tir, les casernes pour les soldats et pour la police, ainsi qu'un parc d'artillerie de forteresse.

    En présence de ces faits, la futilité des objections de la Chine est très apparente, elle est aussi manifeste que son manque de justice. Parce qu'ils peuvent prouver d'une façon péremptoire le bien-fondé de leurs revendications, les Portugais seraient heureux de voir soumettre l'affaire à des arbitres qui seraient pris parmi les plus qualifiés pour ce choix. Le Portugal confiant en ses droits indubitables accueille avec plaisir tout moyen juste, qui puisse aboutir à une entente ; mais la Chine semble reprendre l'attitude pleine d'astuce qui caractérisa sa politique dans les temps passés, et que l'on espérait lui voir quitter dans son désir de se modeler sur le progrès moderne. La Chine n'a point traité cette question avec les sentiments qui l'auraient grandie aux yeux des nations ; elle n'a pas non plus laissé paraître cet esprit de conciliation que le dernier Vice-Roi de Canton disait devoir marquer le cours des négociations.
    Durant la dernière session, le général Machado fut contraint à son plus grand regret d'émettre devant Son Eminence Kao Ehr Tch'ien une protestation formelle contre les paroles sans retenue et sans autorité prononcées dans les Sociétés de Canton que l'on a honorées du titre pompeux de « Société du Gouvernement Autonome » et de « Société pour la défense des droits de Frontière. Ces Sociétés ont eu une liberté de langage el de critique inconnue jusqu'ici. Des discours manquant absolument de véracité, prononcés dans des réunions publiques, et divulgués au loin par le moyen du télégraphe et de la presse, ont suscité des agitateurs qui ont parcouru les villages et les districts voisins de Macao, donnant des conférences dans le but d'inculquer au peuple des opinions fausses et de fomenter des agressions contre les Portugais, sans que le Gouvernement Central ou les Autorités Provinciales aient rien fait pour tâcher de supprimer cette propagande anti-portugaise.
    Le Commissaire continua en s'adressant à Son Eminence Kao Ehr Tch'ien : « En un mot, Excellence, dans votre dernier mémorandum qui semblait vouloir mettre un terme à nos débats, à nos revendications, sans nous donner même toute latitude pour exposer nos arguments, vous avez nié d'une manière définitive l'existence de nos droits sur le territoire qui est de la plus grande importance pour la colonie portugaise. Je suis porté à croire qu'il est absolument impossible d'arriver à fixer les limites de Macao en se conformant aux faits consacrés par le temps, basés sur la bonne foi, et concordant avec la lettre et l'esprit des traités; c'est pourquoi j'ai communiqué à Votre Excellence de vive voix la solution que je jugeais être la plus opportune, à savoir, conseiller à mon Gouvernement de soumettre à un arbitrage les différends qui pourraient subsister à l'issue de nos négociations. Je vous prie de bien vouloir faire la même recommandation à votre propre Gouvernement ».
    Son Eminence Kao, dans sa réponse, porta le commissaire portugais à croire que cette dernière ressource ne lui serait pas accordée, et que ses instructions étaient de continuer les négociations comme auparavant. Le Général Machado insista disant qu'un arbitrage serait la solution unique et la plus pratique étant donné les circonstances, pour arriver au maintien des relations politiques entre aies deux pays : » Si Votre Excellence réussit à faire adopter cette dé d'un arbitrage, notre mission aura atteint un but très utile, et nos travaux, ainsi que Votre Excellence en a maintes fois manifesté le désir, n'auront pas été employés en vain ».
    Dans sa nouvelle réponse à Sir Joachim Machado, S. E. Kao Ehr Tch'ien parlant des Sociétés de Canton, soutint que les sujets de toute nation ont le droit de discuter les questions qui concernent la nation ; ces critiques ne pourraient être réfrénées que si elles dépassaient les limites prévues par la loi. Bien que les territoires que revendiquent les Portugais n'aient pas une grande valeur en eux-mêmes, il est nécessaire de respecter le sentiment populaire à leur égard
    Puis le Commissaire impérial chinois émit le voeu que le Commissaire portugais entrât dans un esprit de conciliation et se désistât de sa revendication au sujet du Port intérieur et des eaux territoriales, afin d'ouvrir la voie à une prompte solution de la contestation formant pour ainsi dire le point capital des débats.
    Si les travaux de la Commission n'avaient produit aucun fruit, S. E. Kao attribuait ce résultat à son incapacité, mais ce fait ne devait pas être un obstacle aux relations cordiales existant entre les deux pays.
    Enfin S. E. Kao désira témoigner que les Commissaires portugais avaient toujours été justes et conciliants durant les négociations, et que, à son plus grand plaisir, les Commissaires assistants avaient prêté leur concours avec une cordialité parfaite.
    Après avoir entendu le discours du Commissaire impérial. S. E. le général Machado déclara qu'il se sentait poussé à insister, sur la proposition faite par lui au Gouvernement de Lisbonne, de soumettre les questions en litige à l'arbitrage, afin que la Chine et les autres Gouvernements puissent se rendre compte qu'en cette affaire de la détermination des frontières de Macao, le Portugal n'avait été conduit que par le seul désir de voir ses droits reconnus et les traités conclus entre lui et la Chine loyalement interprété.
    C'est sur ces paroles que prit fin la conférence.
    Il sera intéressant d'observer dans la suite comment va se régler cette question. Les habitants de Heong-shan sont décidés à ne laisser annexer que les trois kilomètres carré le territoire dont nous avons parlé, et ils se sont déjà préparés à résister, par la force des armes s'il le faut, en cas de la moindre faiblesse de la part de leur Gouvernement.
    Cette ingérence du public dans une question internationale, au cours des négociations, ne serait tolérée dans aucun autre pays du monde, et il est temps que la Chine se tienne pour avertie des graves conséquences qui peuvent résulter de ces actes inconsidérés, et de ces jugements portés ainsi à tort. Il convient que les nations marquent bien le signe des temps pour la Chine, car il ne semble plus très éloigné le jour où il sera besoin que quelqu'un tende à la Chine une main secourable pour la conduire par la voie de mesures franches et loyales à la pratique de l'honneur, de la probité nationale, de l'intégrité parfaite.

    1903/95-99
    95-99
    Chine
    1910
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