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Point de vue chinois

Point de vue chinois 1er ARGUMENT.
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    Point de vue chinois
    1er ARGUMENT.
    Les Portugais, àmon avis, sont trop avides, ils demandent un territoire d'une étendue bien plus considérable que celui auquel ils ont droit. Un arrangement qui serait à l'avantage des deux pays est absolument nécessaire, mais on ne peut y arriver que par des négociations faites avec le plus grand tact. C'est un fait bien connu que la masse des Canton nais a fait savoir ses idées sur cette question. Si la Chine accordait et si le Portugal exigeait la cession d'un territoire, alors que l'on ne peut prouver que l'occupation Portugaise date de long temps, cette solution n'aboutirait qu'à un état de troubles perpétuels. Les Portugais demandent la grande île de Lappa, plus les îles de Don Joao et Ouong Kam,bien que l'on ne trouve dans ces îles aucune trace de l'occupation Portugaise, et bien que chacune d'elles soit plus de deux fois plus grande que la presqu'île de Macao elle-même: Les Portugais réclament ces îles comme dépens darces de Macao ; mais en fait, de tout temps elles ont été sous le contrôle de la Chine : la présente constante de soldats aussi bien que les visites faites régulièrement dans les îles de Don. Joao et 0uongKarn établissent cet état de choses. C'est pourquoi les Chinois sont surpris de voir que les Portugais revendiquent ces îles.

    IIe ARGUMENT.

    Les Portugais réclament encore le Port Intérieur et les eaux qui environnent Macao. Ces voies maritimes étaient soumises à la puissance de la Chine avant la signature du Traité de 1887 ; mais depuis cette époque les Portugais ont usurpé le droit de contrôle sur ces eaux, ils Ont empêché les officiers Chinois d'y exercer toute juridiction. Jappa est une terre Chinoise, et pour ce qui est du Port Intérieur que le Portugal revendique comme son propre bien, si nous admettions ce droit de contrôle de la part du Portugal ce fait priverait la Chine du moyen de disposer librement de son propre territoire, ce qui serait contraire aux lois internationales ; ces eaux qui environnent Macao sont sur le chemin naturel conduisant à Tchin-shan (district de Heong-shan), et si elles n'étaient pas du ressort de la Chine quelle serait la raison d'être du sous-préfet maritime de Tchin-shan ? Puisque le Portugal revendique la domination sur toutes ces eaux, la Chine de son côté se croit autorisée à faire entendre les mêmes revendications pour son propre compte.
    En vérité, la Chine a beaucoup plus de droits que n'importe qui à exercer sa juridiction sur le Port intérieur car elle possède une plus grande étendue de territoire en bordure de ce Port, et parce qu'à l'origine tout l'ensemble du pays lui appartenait. Le territoire ayant été Chinois avant l'occupation Portugaise est resté Chinois jusqu'aux temps actuels.
    Les Portugais refusant de réduire leurs demandes pour ce qui est du Port et des eaux de la Mer, les Chinois ont dû soutenir eux aussi leurs droits sans fléchir, et ainsi, les Portugais eux-mêmes ont rendu impossibles de plus longues négociations.

    MARS AVRIL, 1910, N° 74.

    IIIe ARGUMENT.

    Fréquemment des chargements d'armes de contrebande pénètrent en Chine par Macao, et les populations du Kouang-tong qui souffrent de ce procédé ne sont pas aussi satisfaites de l'administration des Portugais qu'elles le sont de celle du Gouvernement de Hong-Dong ; aussi bien, si les Chinois consentaient au Portugal une trop grande étendue de territoire et une autorité absolue sur les eaux du littoral, il ne serait plus possible à la Chine de combattre cet infâme trafic de contrebande. L'affaire du Tatsu-Maru elle-même montre bien de quel oeil Macao contemple ce commerce.

    IVe ARGUMENT.

    Est Chinois le territoire compris en deçà de la Barrière élevée par les Chinois en 1575 sur l'étroite langue de terre qui relie Macao au Continent, puisque son inauguration fut célébrée cette année-là même (1575) avec tant de pompe et de formalités par les Chinois.

    Ve ARGUMENT.

    En vérité, la Chine a parfaitement reconnu au Portugal la possession et t'administration de Macao et de ses dépendances, mais après la signature du traité, quelques-uns des villages que le Portugal revendique aujourd'hui étaient sous la domination de la Chine. Les Portugais prétendent que ces villages sont une portion, une parcelle de leur territoire proprement dit, tandis que la Chine est prête à les lui concéder comme simples dépendances. Le Portugal ne voit pas les choses de la même façon, déclarant que le mot dépendances signifie eaux ou terres en dehors du territoire de Macao proprement dit. Du reste si cette dernière manière de voir est juste, les villages en question ne devraient pas être réclamés par le Portugal du moment qu'ils font partie de la Chine en ce dernier cas, et qu'ils ont été soumis à son autorité depuis le traité. Cependant les Chinois sont prêts à concéder ces villages et quelques territoires sur les îles de Tai-pa et Colowan portant encore les traces de l'occupation Portugaise. Mais le Portugal non satisfait de cet arrangement revendique la possession de ces deux fies en entier tout comme il exige celle des autres.

    1910/91-94
    91-94
    Chine
    1910
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