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Petites nouvelles

Petites Nouvelles Mandchourie. Le P. Villeneuve, qui est chargé du nouveau district de Toung-houa-hien, sur les confins de la Corée, a failli être victime d'un lâche attentat. Des soldats chinois l'ont attaqué et fort maltraité dans la ville de Lao-tcheng. Grâce à Dieu, le missionnaire a réussi à s'échapper de leurs mains et en a été quitte pour garder le lit pendant quelques jours. En outre, pleine satisfaction lui a été accordée sur-le-champ par les autorités mandchoues.
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    Petites Nouvelles

    Mandchourie. Le P. Villeneuve, qui est chargé du nouveau district de Toung-houa-hien, sur les confins de la Corée, a failli être victime d'un lâche attentat. Des soldats chinois l'ont attaqué et fort maltraité dans la ville de Lao-tcheng. Grâce à Dieu, le missionnaire a réussi à s'échapper de leurs mains et en a été quitte pour garder le lit pendant quelques jours. En outre, pleine satisfaction lui a été accordée sur-le-champ par les autorités mandchoues.
    A sept lieues au nord de Moukden, l'oratoire de Tsieou-kia-ouopeung a été saccagé par les Tsai-li-ti (secte des Jeûneurs). Mgr Guillon a demandé justice au vice-roi, et il y a tout lieu de croire que les coupables seront punis comme ils le méritent.

    Tokio. « Le dimanche de la Trinité, écrit Mgr Osouf, nous avons eu la joie d'inaugurer l'église des XXVI martyrs japonais, que M. Balette a fait construire à Honjo. La pluie a bien contrarié le côté extérieur de la cérémonie; mais celle-ci n'en a pas été moins douce pour nous tous et en particulier pour le missionnaire à qui cette construction a coûté tant de peines et de soucis. »

    Osaka. Les Religieux de la Société de Marie (Marianistes) qui dirigent déjà deux collèges au Japon l'École de l'Étoile du matin, à Tokio, et l'École de l'Étoile de la mer, à Nagasaki, viennent d'entreprendre une troisième fondation. Le nouveau collège a été ouvert à. Osaka, dans le courant de septembre, sous le nom d'École de l'Étoile brillante.
    Le directeur de l'École de l'Étoile de la mer, de Nagasaki, a été dernièrement honoré des palmes académiques par le gouvernement français.

    Su-tchuen occidental. Extrait d'une lettre de M. Pontvianne, pro vicaire, adressée à M. Coffin, Directeur du Séminaire de Paris, le 24 août 1898 :
    « Dans le courant de la sixième lune, c'est-à-dire de la mi-juillet à la mi-août, les inondations de la rivière de Koan-hien ont occasionné des dégâts immenses. Sur un parcours de plus de cent lieues, toutes les villes, les marchés et les habitants riverains de ce cours d'eau ont eu beaucoup à souffrir. C'est par milliers que l'on compte les noyés, et le nombre de ceux qui se trouvent sans abri est incalculable. Un seul marché, celui de San-tchao-pa, a perdu environ neuf cents maisons sur douze' cents qu'il comptait, et cela en l'espace de deux heures.»

    Cochinchine occidentale. Les lecteurs de nos Annales savent déjà qu'un comité s'est constitué à Saïgon dans le bût de tirer de l'oubli le souvenir des origines de la Cochinchine et du premier Français. qui a contribué à donner à son pays cette belle colonie. Il s'agit d'élever un monument à la mémoire de Mgr Pigneau de Béhaine, évêque d'Adran.
    A la tête du comité figure M. le Gouverneur général Doumer qui en a accepté la présidence. Parmi les membres chargés de mener l'oeuvre à bonne fin, il faut citer MM. Jame, notaire; Blanchet, directeur des Messageries fluviales; Gubiand, directeur des travaux publics; Escoubet, administrateur-conseil; le R. P. Mossard, missionnaire apostolique; Huteau, directeur de la Banque de l'Indo-Chine.
    Le comité a recueilli les dons qu'on lui a offerts généreusement, et l'évêque missionnaire aura sa statue. L'exécution du monument a été confiée à un artiste éminent, M. Edouard Lormier, dont la réputation n'est plus à faire. Mgr d'Adran sera représenté debout : d'une main, il tiendra le traité signé à Versailles en 1787, et de l'autre, il offrira, dans la personne du prince Canh placé à son côté, la Cochinchine à la France.

    Siam. Le 15 septembre dernier a eu lieu, à Bangkok. la bénédiction solennelle de l'hôpital, fondé sous le vocable de saint Louis et confié aux religieuses du Saint-Enfant-Jésus, dites de Saint-Maur.
    Le nouvel établissement avait été magnifiquement décoré pour la circonstance; des palmiers et autres plantes, disposés avec goût, ornaient les corridors et les passages; les bâtiments étaient pavoisés avec les drapeaux des différentes nations représentées à Bangkok. Tous les consuls voulurent prendre part à la cérémonie, et chacun d'eux, à son arrivée, fut salué par l'hymne national de son pays, exécuté par la fanfare du Collège de l'Assomption.
    Le Bangkok Times, auquel nous empruntons ces détails, ajoute que la position de l'hôpital est certainement la meilleure que l'on puisse trouver dans la ville, et que cet établissement répond, autant que possible, aux conditions requises par la science moderne.
    Il se compose de deux corps de bâtiments reliés par une galerie couverte.
    Le plus rapproché de la voie publique est le quartier des hommes. Là aussi se trouvent le cabinet du docteur-médecin, la salle d'opération et les bains.
    De l'autre côté, les salles destinées aux femmes, les appartements des Soeurs infirmières, la chapelle, la pharmacie, etc.

    Birmanie méridionale. Mgr Cardot, vicaire apostolique de la Birmanie méridionale, que son état de santé avait obligé à un voyage en France, s'est embarqué à Marseille le 23 octobre pour regagner sa mission. Sa Grandeur est accompagnée de deux missionnaires et de religieuses appartenant à diverses congrégations, entre autres des Petites Soeurs des Pauvres et des Franciscaines Missionnaires de Marie. Celles-ci devront principalement s'occuper de la léproserie de Rangoon.

    Pondichéry. La famine et le choléra ont sévi longtemps dans cette mission. Les missionnaires, tout en soignant les corps, se sont appliqués. à atteindre les âmes, et nombreux sont les païens qui ont été régénérés. Mais combien qui, trop épuisés au moment de leur baptême, n'ont pas survécu!
    «Parmi ceux que nous avons baptisés, écrit le P. Fourcade, il y en a beaucoup qui sont morts; les enfants surtout ont succombé en grand nombre. Je me rappelle qu'un dimanche je distribuais quelques caches aux affamés. Je remarquai bientôt une païenne qui se tenait à l'écart; elle serrait un petit enfant dans ses bras. Je m'approche et reconnais que celui-ci est mourant.
    Ton enfant est bien malade, lui dis-je tout doucement, avance plus près; je vais lui administrer quelque remède. Elle hésite, j'insiste : Viens, n'aie pas peur; je te donnerai quelques sous ensuite.
    Elle hésite encore, je prends une poignée de menue monnaie : Je te donnerai cela, .après avoir administré le remède.
    Elle se décide enfin. Je verse l'eau baptismale sur le front du petit mourant. Une demi-heure après, les anges avaient un frère de plus.
    Un quart d'heure se passe, arrive une espèce de prêtre païen n'ayant que les os et la peau. Il portait un enfant horriblement maltraité par la petite vérole. Il me montre la pauvre créature. J'ai un remède, lui dis-je, à lui aussi. Il s'approche, je donne le baptême à ce petit être qui, deux heures après, vivait dans la vie éternelle.
    Je cite ces deux faits, parce qu'ils sont plus récents, niais combien d'autres! Ma fiole est toujours prête sur ma table; je la saisis aussitôt que je vois un marmot en danger. En ai-je envoyé, depuis vingt-cinq ans, de ces petits Indiens au paradis! Je pense qu'ils doivent dire au bon Dieu que je suis un brave homme et raconter, en se jouant, les expédients que j'imaginais pour pouvoir leur laver la tète ».

    Maïssour. La peste qui fait tant de victimes à Bombay et à Calcutta, commence à sévir aussi dans le sud de la presqu'île hindoue. « A Bangalore, écrivait Mgr Kleiner à la date du 28 septembre dernier, nous avons tous les jours vingt à trente cas de peste dans la ville indigène. »

    Coïmbatour. « Jusqu'à ces, derniers temps, écrit le P. Deniau, les conversions avaient lieu, dans la ville de Coïmbatore, presque exclusivement parmi les tangala-pariahs. J'ai eu tout récemment la consolation de baptiser une autre variété de ces gens, les canarapariahs, qui forment ici une petite colonie d'une trentaine de familles. Ils sont originaires du Maïssour qu'ils ont quitté, il y a près d'un demi-siècle. Jusqu'ici, ils ne s'étaient pas laissé entamer. Une famille, pas la plus riche naturellement, a fini par s'humilier jusqu'à « tomber dans la religion » et cela après bien des tergiversations. Le mari, épuisé par la dysenterie depuis plus d'un an, ne pouvait plus pourvoir à l'entretien de sa femme et de ses trois enfants. C'est donc la faim qui me les a amenés. Dites encore que la faim n'est pas bonne conseillère... quelquefois!
    « Le mari mourut peu après son baptême. Je craignais beaucoup pour la femme et les enfants, mais grâce à Dieu mes craintes ne se réalisèrent pas. Cette femme qui m'avait donné tant de fil à retordre et avait par sa mauvaise volonté retardé la conversion de toute la famille, changea complètement après sa première communion.
    Elle devint apôtre. C'est grâce à elle que j'ai pu attirer au catéchuménat deux autres familles de la même caste. Elle a fini également par m'amener son père et son frère, et j'ai tout lieu d'espérer que la mère et les quatre enfants qui restent ne tarderont pas à les imiter. Un bon signe, c'est que se voyant en nombre, mes canaras ne font guère cas des excommunications du parti païen.
    Veuillez donc ne pas oublier dans vos prières mes nouveaux paroissiens ; de même, si une bonne aubaine se présente. Que voulez-vous? Ils sont pauvres et, dans leur détresse, ils ne manquent guère de venir tomber sur moi. »
    1898/272-275
    272-275
    France et Asie
    1898
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