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Petit séminaire de Théophane Vénard

LE PETIT SEMINAIRE THEOPHANE VENARD Le 8 septembre 1931, au soir des fêtes du couronnement de Notre Dame du Marillais, Monseigneur de Guébriant conduisait à Beaupréau le supérieur du petit séminaire Théophane Vénard.
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    LE PETIT SEMINAIRE THEOPHANE VENARD



    Le 8 septembre 1931, au soir des fêtes du couronnement de Notre Dame du Marillais, Monseigneur de Guébriant conduisait à Beaupréau le supérieur du petit séminaire Théophane Vénard.

    L'accueil de Monsieur le Chanoine Cesbron, Supérieur du petit séminaire diocésain, fut des plus chaleureux et, dès le lendemain, Monseigneur de Guébriant remettait au P. Davias la maison du Pinier Neuf en lui disant : « Vous avez à côté de vous un petit séminaire qui a fait ses preuves, c'est une des meilleures maisons que nous connaissions ; vous trouverez un conseiller averti et bienveillant en Monsieur le Chanoine Cesbron, son Supérieur ; vous n'avez qu'à suivre ».

    Et obéissant aux sages conseils du vénéré Supérieur Général des Missions Etrangères, nous avons suivi, avec une joyeuse confiance que l'avenir allait justifier. En effet, il fallait songer, au début, à rappeler de mission les professeurs nécessaires pour ouvrir les cours au petit séminaire Théophane Vénard. Dix élèves seulement étaient inscrits pour la rentrée d'octobre 1931 et, grâce à la haute bienveillance de S. E. Monseigneur Rumeau, nos postulants suivirent les cours du séminaire diocésain, voisin de notre maison. Il en sera ainsi pendant plusieurs années.

    Les Missions Etrangères n'oublieront jamais avec quelle délicate charité Monsieur le Chanoine Cesbron sut faciliter la tâche ardue de la fondation du petit séminaire Théophane Vénard: nos intérêts étaient les siens, nos soucis et nos joies trouvaient toujours un écho dans son coeur tout apostolique.

    Même compréhension, même zèle chez les professeurs de Notre Dame de Bonnes Nouvelles dont le dévouement et l'affectueuse sollicitude pour nos élèves ne devaient jamais se démentir.

    Il nous est doux de rendre hommage ici à celui qui est devenu l'évêque très aimé d'Annecy ; sa charité apostolique, qu'il sut faire partager par ses dévoués collaborateurs, assura la fondation de notre maison. La formation intellectuelle de nos élèves était donc assurée dans un séminaire dont l'éloge n'est plus à faire ; il restait les difficultés matérielles, et surtout la question essentielle des cadres à former parmi les élèves pour donner l'esprit missionnaire aux futurs postulants. Nos jeunes gens en effet ne descendaient au petit séminaire diocésain que pour y suivre les cours, mais ils travaillaient, jouaient et priaient au Pinier. Toute leur activité devait être orientée vers un but unique : devenir de vrais postulants missionnaires par une piété profonde, par l'amour surnaturel du travail et une discipline librement consentie par amour de Dieu et des âmes.

    Ce sera là le travail entrepris, dès le début, pour arriver à doter notre maison d'une élite de jeunes gens capables d'encadrer les nouveaux postulants et de leur transmettre, surtout par leurs exemples, l'esprit des Missions Etrangères.

    Peu à peu, de 1931 à 1936, l'esprit missionnaire se forme, la grâce travaille les âmes et, après les épreuves nécessaires à la fondation d'une maison, nous avons un groupe de fervents séminaristes. Le Bienheureux Théophane Vénard, notre saint patron, a obtenu pour son séminaire toutes les grâces nécessaires pour marcher sur ses traces ; désormais, l'avenir semble assuré et tous les espoirs permis.

    Le Père Thibaud, avec ses dévoués collaborateurs, avait envoyé chaque année un contingent toujours plus important de postulants ; par ailleurs, le petit séminaire Notre Dame de Bonnes Nouvelles voyait sa charité récompensée et ses classes devenir insuffisantes à contenir tous ses élèves.

    C'est alors que la classe de Troisième resta chez nous, inaugurant avec l'élan joyeux de la jeunesse sa maison. Telle fut la récompense de plusieurs années d'efforts souvent pénibles. Désormais, chaque année scolaire verra une classe de plus s'ouvrir au petit séminaire Théophane Vénard et, en 1937-1938, nous avons les trois classes de Première, Seconde et Troisième. La Philosophie s'y ajoutera plus tard, en 1940-1941. Les cours sont organisés suivant le programme officiel, et maîtres et élèves rivaliseront d'ardeur pour assurer le bon renom de la maison. Tous les ans, des succès aux concours des Facultés Catholiques de l'Ouest et au baccalauréat viendront récompenser le zèle des professeurs et l'application des élèves.

    La formation spirituelle va de pair, et les exercices de piété, oraison, sainte messe, visite au Saint Sacrement, chapelet, lecture spirituelle, direction, apportent chaque jour leur contribution à l'édifice qui s'élève et s'affermit toujours davantage.

    Nos anciens de Beaupréau entrent ainsi sans transition pénible au grand séminaire de Bièvres et, déjà habitués à travailler et à prier sous les regards de Dieu beaucoup plus que sous l'oeil du surveillant, trouvent très douce une vie qui pour d'autres se révèle, au début, pleine de difficultés.

    C'est là le grand avantage de cette préparation missionnaire de nos postulants.

    La guerre, cependant, est venue ralentir les progrès de notre maison, mais la protection évidente du Sacré Coeur et de la Vierge Immaculée nous a permis d'ouvrir quand même en octobre 1940. Nous vivons, et nos quarante postulants de cette année scolaire 1941-1942 comprennent la grâce que Dieu leur a faite en les appelant à la vie apostolique en un temps où les ruines s'accumulent dans le monde. Et loin d'en être effrayés, leurs coeurs s'affermissent chaque jour à la pensée du magnifique et rude labeur qui les attend. Nous en avons le ferme espoir, ils seront dignes de leurs aînés.

    Actuellement, quarante-huit de nos anciens sont à la Rue du Bac, trois sont prisonniers, deux sont au régiment. Au mois de juin, deux « Bellopratains » monteront à l'autel, et désormais, chaque année, d'autres les suivront plus nombreux.

    Que nos amis de l'Union Missionnaire du Clergé pensent au petit séminaire Théophane Vénard et à la détresse de nos missions qui toutes sont en pleine tempête, dans cet Extrême-Orient, où la moisson lèvera un jour abondante, puisque tant de martyrs y ont versé leur sang.

    Depuis 1939, il n'y a pas eu de départ, à la Rue du Bac, et près d'une centaine de missionnaires sont morts à la peine, sans avoir la consolation de confier à des bras plus jeunes les gerbes péniblement glanées.

    Allons-nous donc manquer de confiance en Dieu et laisser demain la moisson périr faute d'ouvriers ? Non, et nous en avons la ferme espérance, des jours meilleurs viendront pour nos missions. La moisson reste plus abondante que jamais. Que nos Bienheureux martyrs, qui ont lutté et souffert en des heures plus pénibles encore que celles que nous vivons, attirent vers nos missions d'Extrême-Orient les âmes ardentes des jeunes ! Puisse enfin le Bienheureux Théophane Vénard voir sa maison devenir une pépinière d'apôtres, décidés à marcher sur ses traces, sans autre ambition que celle d'user leur vie au service des âmes les plus déshéritées, en s'abandonnant pour le reste à la volonté sainte du Tout Puissant!



    Jean DAVIAS-BAUDRIT.

    Supérieur

    Du Petit Séminaire Théophane Vénard.


    1942/21-24
    21-24
    France
    1942
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