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Paysage Japonais

Paysage Japonais Au fond le célèbre volcan Fuji, thème inépuisable des poètes et des peintres japonais. Situé à quatre lieues du Pacifique, il a une hauteur de 3.780 mètres. Les géologues disent qu'il a été formé en six éruptions. Selon la tradition la première remonterait à l'an 286 avant l'ère chrétienne. Les éruptions de 800,864 et de 1707 sont restées célèbres. Tableau comparatif des religions au Japon.
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    Paysage Japonais

    Au fond le célèbre volcan Fuji, thème inépuisable des poètes et des peintres japonais. Situé à quatre lieues du Pacifique, il a une hauteur de 3.780 mètres. Les géologues disent qu'il a été formé en six éruptions. Selon la tradition la première remonterait à l'an 286 avant l'ère chrétienne. Les éruptions de 800,864 et de 1707 sont restées célèbres.

    Tableau comparatif des religions au Japon.

    Ce sont ces chrétiens retrouvés, dont beaucoup sont descendants des confesseurs de la foi, qui constituent encore aujourd'hui la grande majorité des catholiques japonais. Ils n'ont pour eux ni le nombre, ni l'influence, ni la richesse; au lieu de la florissante chrétienté des premières années du XVIIe siècle, il n'y a actuellement au Japon proprement dit que 77.000 catholiques, dont la plus grande partie est groupée dans les villages et les îles de la préfecture de Nagasaki.; gens simples et pauvres des biens de ce monde, par suite même de l'isolement auquel ils ont dû se condamner pendant deux cent cinquante ans, mais riches devant Dieu de toute la générosité accumulée durant cette longue épreuve.
    Le reste de la population qui s'élève à 59.000.000 d'habitants sauf environ 120.000 protestants ou schismatiques professe les religions bouddhiste ou shintoïste, souvent l'une et l'autre à la fois, adorant le dieu Bouddha et ses innombrables incarnations, les esprits des astres, des phénomènes de la nature ou des êtres vivants, les mânes des ancêtres et des héros.
    Il est inutile d'ajouter que les Japonais instruits ne croient pas aux dogmes de ces religions, même quand ils en accomplissent les rites, et que beaucoup sont simplement athées.

    Pourquoi il faut désirer la conversion du Japon.

    N'y eut-il que ces cinquante-neuf millions de païens à sauver, cela suffirait certes à exciter le zèle des âmes apostoliques. Mais il y a encore une autre raison qui doit les intéresser d'une manière toute spéciale à la conversion de notre patrie : c'est que le Japon est en ce moment le pays le plus influent de tout l'Extrême-Orient.
    Tout le monde sait que, depuis 1867, après avoir restauré le pouvoir impérial et avoir assuré son unité nationale le Japon a ouvert largement ses portes à la civilisation européenne. Tout en restant fidèle à sa dynastie deux fois millénaire, il se gouverne d'après une Constitution semblable à celle de la plupart des Etats modernes, et a proclamé, entre autres principes, la liberté de conscience. En peu d'années, il est devenu une puissance militaire et maritime de premier ordre; il s'est agrandi de l'île de Formose et de la Corée successivement annexées, et la guerre qui vient de finir lui a fait prendre en Océanie, la place perdue par l'Allemagne.
    Son agriculture, son industrie et son commerce sont en constants progrès. Ses écoles ne le cèdent en rien à celles de l'Europe et sont fréquentées non seulement par la jeunesse japonaise si avide de science, mais encore par beaucoup d'étudiants, venus de la Chine, du Siam, des îles Philippines et de l'Inde, qui puisent à cette source les doctrines philosophiques religieuses et sociales dont ils se feront ensuite les propagateurs dans leurs propres pays.
    Or, la très grande majorité des Japonais étant encore païenne, l'esprit qui préside au gouvernement reste, malgré tout, imprégné de paganisme, comme aussi l'enseignement qui se donne dans ses écoles est étranger, sinon hostile, aux idées chrétiennes. On comprend facilement le mal qui résulte de cet état de choses. Mais on entrevoit aussi le bien qui s'accomplirait, si l'influence du Japon était mise au service de la vérité. Il n'est pas exagéré de dire que sa conversion entraînerait celle des autres peuples de l'Extrême-Orient. Et quand on songe que les régions qui s'étendent à l'Est et au Sud de l'Asie sont les plus vastes et les plus peuplées du monde, puisque le nombre de leurs habitants dépasse un milliard, et que cette immense multitude est encore presque tout entière « assise à l'ombre de la mort », pour peu qu'on ait le souci des âmes rachetées au prix du sang de Jésus-Christ, on s'écriera avec nous : « Pour la gloire de Dieu et le salut de l'humanité, il faut que le Japon se convertisse ».

    Raisons de craindre.

    Ce voeu se réalisera-t-il ? Nous l'attendons fermement de la bonté divine, sans pourtant nous dissimuler les graves difficultés qui s'y opposent. Ce qui nous fait craindre surtout, c'est le rationalisme des philosophes formés dans les Universités européennes ; c'est le matérialisme dominant des milieux intellectuels ; c'est le réveil du Shintoïsme, favorisé par le gouvernement qui croit voir dans cette religion nationale le soutien nécessaire des principes d'ordre et d'autorité ; c'est enfin la propagande protestante, dont le résultat le plus ordinaire est de détourner ses adeptes de l'Eglise catholique, sans réussir à en faire des chrétiens convaincus.

    Raisons d'espérer.

    Mais si nous avons quelques raisons de craindre, nous en avons de bien plus fortes d'espérer: les obstacles qui se dressent devant nous sont l'oeuvre des hommes, tandis que notre espoir se fonde sur la toute-puissance de la grâce divine.
    Et d'abord, nous espérons parce que nous n'avons pas encore recueilli les fruits du sang versé par nos bienheureux martyrs, comme aussi des sacrifices, des travaux et des prières des missionnaires et des religieux qui se sont consacrés à l'évangélisation du Japon. Tout cela ne peut être perdu, et doit aboutir tôt ou tard au triomphe de notre religion.
    Nous espérons parce que le Saint Siège s'intéresse d'une façon toute spéciale à la conversion de notre pays ; nous en avons eu maintes preuves ; or, le Saint Siège, c'est l'Eglise et l'Eglise, c'est Jésus-Christ.
    Nous espérons parce que le Japon a été consacré au Divin Coeur de Jésus et que son drapeau, orné de l'insigne sacré, flotte avec ceux des nations alliées, au sanctuaire de Paray le Monial, où sa présence sera comme un recours permanent à la miséricorde divine en faveur de notre patrie.
    Nous espérons enfin, parce que nous entrevoyons déjà les signes avant-coureurs du triomphe tant désiré : les préjugés répandus contre le catholicisme disparaissent à mesure qu'il est mieux connu ; il se dessine même un mouvement très consolant de conversions parmi nos compatriotes appartenant aux classes dirigeantes. D'autre part, la jeunesse catholique japonaise, qui dans la seule ville de Tokio compte près de deux cents membres, se montre pleine d'ardeur et de dévouement pour affirmer sa foi et servir la cause de l'Église. Ces jeunes gens occuperont dans quelques années des postes éminents dans notre pays et pourront exercer la plus heureuse influence en faveur de la religion catholique.
    Toutes ces circonstances réunies ne sont-elles pas un signe des temps, et ne semble-t-il pas que Jésus nous dise, comme autrefois à ses disciples : « Levez les yeux, et voyez les campagnes déjà blanches pour la moisson » ? Ne serons-nous pas appelés, nous aussi, à recueillir dans la joie ce que d'autres ont semé dans les larmes?

    En vérité, la moisson est grande.

    Cette moisson est grande, il n'est que trop vrai, et elle aurait de quoi effrayer notre faiblesse si nous ne devions compter que sur les forces humaines. Le Japon a 59.000.000 d'habitants et, comme nous l'avons déjà dit, les catholiques n'y sont que 77.000; la Corée a une population de 16.500.000 habitants dont 88.500 catholiques seulement ; l'île de Formose à 5.000 catholiques sur 3.500.000 habitants. Il n'y a donc dans tout l'Empire Japonais que 170 000 catholiques sur une population de 79.000.000 qui, au surplus, augmente chaque année de 900.000 âmes. On voit par là quel champ immense est ouvert au zèle des ouvriers apostoliques.
    Et il ne s'agit pas seulement de l'évangélisation proprement dite : dans les pays de mission comme dans ceux où le christianisme est implanté depuis des siècles, à l'enseignement du catéchisme, à la prédication et à l'administration des sacrements, il faut joindre, si l'on veut faire oeuvre complète et durable, l'éducation de l'enfance et de la jeunesse par l'école et par les oeuvres post-scolaires, la création d'une presse catholique qui soit à la fois une arme défensive contre les adversaires et un puissant moyen d'apostolat, et enfin la fondation d'oeuvres de tout genre destinées à soutenir la piété des fidèles, à soulager les misères corporelles et spirituelles de l'humanité, et à étendre partout l'influence de la religion par le spectacle des bienfaits qu'elle répand comme des dévouements qu'elle inspire.

    Mais les ouvriers sont peu nombreux.

    Or, pour répondre à tous ces besoins, qu'avons-nous ? Les statistiques signalent pour le Japon proprement dit 130 missionnaires européens et 40 prêtres indigènes, ayant à desservir 180 églises ou chapelles. Humainement parlant, avec un personnel ecclésiastique si restreint et un champ d'action si vaste, non seulement on ne saurait entreprendre une action vraiment conquérante, mais il est à peine possible de garder les positions acquises.
    Quant à ce qu'on peut appeler l'armée auxiliaire de notre mission, elle se compose d'environ 120 religieux, prêtres ou laïques, voués soit à l'éducation de la jeunesse, soit à la vie contemplative, et de 230 religieuses tenant des écoles de jeunes filles et quelques hôpitaux ou léproseries. C'est quelque chose, sans doute, mais c'est toujours bien peu pour un pays comme le Japon, dont la superficie n'est guère inférieure à celle de la France et dont la population est sensiblement plus nombreuse.
    Pour ce qui est de la presse catholique, on peut dire qu'elle n'existe pour ainsi dire pas, les missionnaires n'ayant ni le temps ni les ressources pour la créer et la soutenir, et les laïcs étant trop pauvres ou trop jeunes pour entreprendre une oeuvre de ce genre.
    Le manque de ressources est d'ailleurs, avec le peu de personnel, la principale cause du faible développement des oeuvres catholiques au Japon.
    A ce double point de vue, nous sommes devancés, et de beaucoup, par les protestants dont les ministres, à défaut de véritable dévouement, ont pour eux l'avantage du nombre et celui de l'argent. Ils ont, en effet, 650 missionnaires européens et 1.750 pasteurs indigènes, très largement rétribués par les sociétés de propagande de l'Angleterre et de l'Amérique.
    Le reste, édifices du culte, écoles, journaux, est à l'avenant.


    Priez donc le Maître de la moisson

    Cela étant, que faut-il faire? Nous avons exposé en tonte franchise à nos frères catholiques l'étendue de nos besoins. Leur générosité et la grâce divine leur inspireront sans doute les moyens de nous venir en aide. Nous savons bien qu'en ce moment, après les vides causés dans les rangs du clergé et les ruines matérielles accumulées par la guerre, des voix plus familières et moins lointaines que la nôtre les presseront de pourvoir d'abord aux nécessités les plus proches. Nous les supplions néanmoins de ne pas nous abandonner, nous qui par rapport aux moyens de salut, sommes les pauvres entre les pauvres.
    En tout cas, ce que chacun peut faire sans rien retrancher à ses oeuvres préférées, c'est d'implorer en notre faveur la miséricorde divine, pour qu'elle daigne enfin tirer notre pays des ténèbres du paganisme.
    Déjà, vers le milieu du siècle dernier, des âmes ferventes, amies dévouées du Japon, avaient organisé une croisade de prières pour sa conversion, et le Saint Siège avait encouragé leur pieuse entreprise en accordant des indulgences à ceux qui prieraient dans cette intention.
    Une pareille croisade nous semble plus opportune que jamais à cette heure décisive, où le Japon, comme d'autres pays, sans doute, inaugure une ère nouvelle de son histoire.
    Que ceux qui liront cet « Appel » veuillent donc bien s'unir à nous pour prier le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour la récolte, de les remplir de son esprit et de bénir leurs travaux.

    Stella Matutina, ora pro nobis !

    Qu'ils prient aussi pour nous la Vierge Immaculée, à qui Dieu semble avoir réservé les plus beaux triomphes sur l'erreur et sur le mal. C'est par Marie que Jésus a été donné au monde; c'est par Elle qu'il se révèle encore aujourd'hui à ceux qu'Il daigne appeler à la lumière de la foi; c'est d'Elle que nous attendons nous aussi la grâce suprême qui fera vraiment de notre pays « l'Empire du Soleil Levant ».
    Telle est précisément la pensée qui a inspiré la prière suivante, à la propagation de laquelle nous serions heureux de contribuer. Elle n'a pas besoin d'être recommandée, puisqu'elle a reçu l'approbation de l'Eglise et a été enrichi d'indulgences par les Souverains Pontifes Pie X et Benoît XV.
    Nous ne pourrions mieux conclure notre appel aux âmes apostoliques qu'en leur indiquant ce moyen facile de travailler à la conversion du Japon : le recours à l'Etoile du Matin, dont l'apparition chasse les ombres de la nuit et prélude au lever du Soleil de Justice et de Vérité.
    Un groupe de Catholiques Japonais.

    Une nouvelle Faveur de Sa Sainteté Benoît XV accordée à ceux qui invoquent Marie, « Etoile du Matin », pour la conversion du Japon.

    Comme les fils du Japon que l'Apôtre saint François Xavier n'hésita pas à appelé « ses délices » Nous sont très chers, à Nous aussi, au point que Nous employons de toutes nos forces et de toute notre sollicitude à leur conversion, Nous accordons très affectueusement dans le Seigneur, en témoignage de notre amour et comme gage de nos voeux, outre les indulgences déjà concédées, la Bénédiction Apostolique à tous ceux qui prieront dévotement la Bienheureuse Vierge Marie sous le doux vocable d'Etoile du Matin, pour la conversion de l'Empire Japonais ».
    Du Palais du Vatican, 15 octobre 1919.
    BENOIT XV PAPE

    Encouragement et Bénédiction du Pape

    La pensée de se consacrer à la propagation du règne de Jésus-Christ mérite notre approbation; Nous souhaitons le meilleur succès à cet apostolat, et Nous bénissons tous ceux qui voudront y contribuer par l'oeuvre ou par la prière.

    16 octobre 1919.
    BENOIT XV PAPE.

    Supplique adressée à S. S. Benoît XV en faveur d'une « ligue de prières » pour la conversion du Japon

    TRÈS SAINT PÈRE,
    Prosterné aux pieds de Votre Sainteté, le plus humble de vos fils de l'Empire du Soleil Levant, Vous prie humblement de daigner bénir et encourager ses pieux efforts pour obtenir et hâter la conversion du Japon.
    Persuadé qu'il y va de l'intérêt de la Sainte Eglise dans tout l'Extrême-Orient, vu que plus d'un milliard d'âmes y vivent dans les erreurs du paganisme, je voudrais me consacrer à cette grande oeuvre par tous les moyens en mon pouvoir, et plus particulièrement en déterminant parmi les fidèles de tous les pays un courant de prières en faveur de la conversion de mon pays.
    Daigne Votre Sainteté agréer mes pieuses dispositions pour le règne de Jésus-Christ, notre adorable et divin Maître, et accorder une bénédiction paternelle à tous ceux qui prieront pour la conversion du Japon.
    De Votre Sainteté, le très humble serviteur et fils,
    E. YAMAMOTO.

    Prière à Marie, Étoile du Matin,

    O Marie, brillante Etoilie du Matin, qui déjà, en apparaissant pour la première fois à la terre, avez annoncé le prochain lever du Soleil de Justice et de Vérité, daignez luire avec suavité aux yeux des sujets de l'Empire Japonais, afin que bientôt, les ténèbres des esprits étant dissipées, ils soient fidèles à reconnaître l'éclat de la Lumière éternelle, votre Fils, Notre Seigneur Jésus-Christ.
    Ainsi soit-il.

    Indulgence quotidienne de 300 jours (Pie X, 8 juillet 1909); indulgence plénière une fois par mois aux conditions ordinaires (Benoît XV, 16 janvier, 1918).
    N.-B. Sa Sainteté Benoît XV, en date du 16 janvier 1918, a daigné accorder l'indulgence de 300 jours toties quoties à ceux qui réciteront cette prière devant l'image de Marie, Etoile du Matin (1).

    (1) On peut se procurer cette image, en cieux formats, format album et petit format pour les livres de prières, à la Maison du Bon Pasteur.

    Le tableau, dont cette image est une reproduction, est l'oeuvre de Madame Franchi-Mussini, veuve du célèbre peintre religieux Alexandre Franchi, de Sienne. Il représente la Très Sainte Vierge entourée de rayons, planant sur un des paysages les plus caractéristiques du Japon : au premier plan la baie d'Yenoura avec ses îles et ses promontoires rocheux; derrière, la plaine encore enveloppée dans la brume de la nuit; au loin, la montagne sacrée du Fuji, dont la cime neigeuse va bientôt refléter les premières clartés de l'aurore.

    UN GROUPE DE CHRÉTIENS JAPONAIS.
    1920/512-518
    512-518
    Japon
    1920
    Aucune image