Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Pèlerinage à Notre Dame de Lavang. Rentrée au Petit Séminaire.

COCHINCHINE SEPTENTRIONALE LETTRE DE MONSEIGNEUR ALLYS Vicaire apostolique. Pèlerinage à Notre Dame de Lavang. Rentrée au Petit Séminaire. Nous n'avions pas fait, l'année dernière, notre pèlerinage à Notre-Dame de Lavang. Nous avions voulu le remettre après la guerre, en action de grâces de la victoire. Hélas ! La guerre dure toujours ; la victoire viendra sans doute, mais quand ?
Add this
    COCHINCHINE SEPTENTRIONALE

    LETTRE DE MONSEIGNEUR ALLYS

    Vicaire apostolique.

    Pèlerinage à Notre Dame de Lavang.

    Rentrée au Petit Séminaire.

    Nous n'avions pas fait, l'année dernière, notre pèlerinage à Notre-Dame de Lavang. Nous avions voulu le remettre après la guerre, en action de grâces de la victoire.
    Hélas ! La guerre dure toujours ; la victoire viendra sans doute, mais quand ?
    Alors nous n'avons pas voulu tromper plus longtemps l'attente de nos chrétiens. Il fut décidé que ce pèlerinage se ferait le 22 août, jour octave de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie ; nos chrétiens furent avertis que le pèlerinage serait une supplication adressée à la Mère de Dieu, afin d'obtenir la paix glorieuse si vivement désirée.
    Tout dévoués à la France, ils entrèrent avec empressement dans les intentions de leurs prêtres ; et bien que le sanctuaire de Lavang ait déjà vu maintes manifestations de foi et de piéter, jamais il n'avait contemplé un spectacle aussi beau et aussi édifiant que celui qu'il nous fut donné d'admirer.
    Des pèlerins étaient accourus de tous les points de la mission. Plus de 3000, appartenant à la province de Thuathien, s'y rendirent par la voie ferrée de Hué à Quangtri ; plus de 1000 autres y arrivèrent soit à pied, soit en barque. Quant aux pèlerins de la province de Quang-tri, particulièrement aimée de Marie, leur nombre dépassa certainement (3000, auxquels il faut ajouter tous ceux qui vinrent de la paroisse de Quang-binh. Le mérite de ces derniers fut d'autant plus grand .que pour la plupart, le voyage, qui dura de 5 à 6 jours, ne put être fait qu'à pied et avec une température d'environ 36°.
    Favorisée par un temps superbe, la procession qui se déroula depuis l'église paroissiale de Covuu jusqu'au sanctuaire de Lavang, sur une longueur d'environ 6 kilomètres, était d'un effet grandiose. Sur tout le parcours ce n'étaient que drapeaux, bannières et oriflammes; partout également on entendait des prières ou des chants en annamite, en latin et même en français. Et contrairement à ce qui se produit toujours dans les cérémonies païennes, où tout n'est que brouhaha et confusion, l'ordre le plus parfait ne cessa de régner pendant toute la procession dont le défilé dura trois heures.

    MARS AVRIL 1918, N° 120.

    Devant l'église de Lavang, un vaste hall avait été élevé pour permettre aux pèlerins dé se mettre à l'abri du soleil et surtout de la pluie, mais à peine la moitié des personnes présentes purent y trouver place ; toutes les autres durent, pendant la messe et le salut solennel qui suivirent la procession, se tenir dehors et s'unir d'intention avec celles qui plus heureuses avaient réussi à entrer dans l'intérieur de l'église. Cinquante missionnaires et prêtres indigènes étaient venus accompagner leurs fidèles aux pieds de Marie. Puissent les prières qui, en ce beau jour, ont été dites, et les actes de foi, qui ont été faits par ces 12.000 à 14.000 pèlerins, attirer les bénédictions célestes sur toutes les missions de l'Indo-Chine, et procurer à notre bien-aimée patrie la victoire sur ses implacables ennemis, en même temps que la paix et la concorde entre tous les Français.
    Nous recommandons aussi à Marie nos oeuvres, en ce moment très éprouvées, particulièrement l'oeuvre des séminaires et celle des catéchumènes.
    Pendant quatre ans nous n'avons pas eu de recrues dans notre petit séminaire, et si nous n'avions considéré que les ressources dont nous pouvons disposer, bien probablement nous aurions encore différé d'en recevoir. Mais, vu le besoin que nous ressentons d'augmenter le nombre de nos prêtres indigènes et le chiffre des petits séminaristes, qui ne s'élève plus qu'à 25, nous avons cru pouvoir et même devoir nous confier à la Providence. Le 8 septembre dernier, 45 nouveaux élèves ont fait joyeusement leur entrée dans notre cher établissement. Tous ces élèves se portent bien, tous ont bon appétit, et, si on en juge par les recommandations qu'ils ont apportées avec eux, tons sont dis posés à faire leur possible pour acquérir la science et la vertu. Parmi eux se trouve le néophyte Joseph Thich, dont la conversion a été racontée dans le Compte-rendu des Missions Etrangères, l'année dernière. Malgré l'opposition de toute sa famille, et nonobstant de nombreux conseils désintéressés qui lui ont été donnés par des personnes sages et prudentes, ce jeune homme, après avoir vu ses désirs long temps ajournés, a volontairement 'et joyeusement abandonne une situation qui, en Annam, est regardée comme honorable et lucrative, pour entrer au petit séminaire. Ses connaissances, son intelligence plus qu'ordinaire, et son âge relativement avancé, permettent de croire qu'il fera dé rapides progrès dans l'étude de la langue latine.

    1918/445-446
    445-446
    Vietnam
    1918
    Aucune image