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Osaka (Japon). Prières pour la france

Osaka (Japon) Prières pour la france. Lettre de M. S. Bousquet. Nos lecteurs ne parcourront pas sans une certaine émotion et sans un sentiment de reconnaissance les lignes suivantes, qui prouvent jusqu'à quel point les missionnaires savent inculquer à leurs néophytes l'amour de la France, et avec quelle ferveur les petits Japonais catholiques demandent à Dieu notre victoire. Ils font, eux aussi, partie de cet arrière où les sacrifices offerts par la foi sont le pendant des sacrifices offerts à l'avant par le patriotisme.
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    Osaka (Japon)

    Prières pour la france.

    Lettre de M. S. Bousquet.

    Nos lecteurs ne parcourront pas sans une certaine émotion et sans un sentiment de reconnaissance les lignes suivantes, qui prouvent jusqu'à quel point les missionnaires savent inculquer à leurs néophytes l'amour de la France, et avec quelle ferveur les petits Japonais catholiques demandent à Dieu notre victoire. Ils font, eux aussi, partie de cet arrière où les sacrifices offerts par la foi sont le pendant des sacrifices offerts à l'avant par le patriotisme.

    L'an dernier au mois d'août, dès la déclaration de guerre, quelques chrétiens et les enfants du catéchisme du poste de Shimo-Samba commencèrent à offrir à Dieu des prières et des petits sacrifices pour la France ; plusieurs mêmes communiaient souvent et faisaient le Chemin de Croix dans ce but. Les petits sacrifices offerts uniquement par les enfants se comptent par centaines. Ils les écrivent sur un papier et ont soin de les remettre au missionnaire dès qu'ils en ont un certain nombre.
    L'un d'eux, Pierre Ito Minoru, est mort comme un saint, après avoir, trois jours à l'avance, prédit qu'il allait mourir. Il était heureux d'offrir sa vie en holocauste à Dieu, pour sa famille et pour la France. Il n'avait que douze ans.
    Les deux soeurs de Pierre continuent à offrir des petits sacrifices, et font souvent le Chemin de Croix pour la prompte victoire de la France, Son frère, âgé de cinq ans, disait dernièrement à la catéchiste : « Je prie beaucoup pour que le Père Bousquet revienne bientôt. Quand il reviendra, j'irai l'attendre au bateau avec un drapeau français et japonais et je crierai : Vive la France ! Vive le Japon ! Vive le missionnaire ! »
    Une petite fillette de dix ans, appartenant à une nombreuse et très bonne famille, m'écrivait ces jours derniers : « Père, à l'occasion de votre fête, le 10 juillet, avec mes soeurs j'ai offert beaucoup, beaucoup de petits sacrifices, pour le triomphe de la France et votre prompt retour au Japon ».
    Et une autre : « Depuis votre départ, nous n'acceptons pas de gâteaux entre les repas, nous en faisons le sacrifice ».
    Une autre : « Je récite tous les jours le chapelet, et si j'ai oublié pendant la journée, quand je m'éveille durant la nuit je me hâte de le réciter ».
    Une petite fille de neuf ans : « Quand un moustique me pique, je le supporte et je suis heureuse d'offrir le sang qui coule de la piqûre pour la victoire de la France ».
    Ou bien encore : « J'obéis promptement à maman quand elle me commande quelque chose qui me déplaît ».
    « Je ne m'excuse pas quand je suis accusée à tort ».
    « Je subis la punition à la place de mes soeurs ».
    Enfin en voici une dernière lettre : « Père, revenez bientôt, ajoutent ces petits enfants, car si vous ne reveniez pas ou que vous soyez tué à la guerre, nous mourrions tous de douleur; mais nous prierons tellement que le bon Dieu nous exaucera et vous ramènera au milieu de nous, après que vous aurez contribué à la victoire de la France ».

    1915/77
    77
    Japon
    1915
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