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oeuvre des partants SOMMAIRE LOEUVRE DES PARTANTS : SOUVENIRS. COTISATION PERPÉTUELLE. DON. RECOMMANDATIONS. NOS MORTS. Nos gravures : MADAME LA VICOMTESSE DE SAINT-JEAN. MADAME LA BARONNNE DE GARGAN. L'OEUVRE DES PARTANTS SOUVENIRS
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    oeuvre des partants

    SOMMAIRE

    LOEUVRE DES PARTANTS : SOUVENIRS.
    COTISATION PERPÉTUELLE. DON. RECOMMANDATIONS. NOS MORTS.

    Nos gravures : MADAME LA VICOMTESSE DE SAINT-JEAN. MADAME LA
    BARONNNE DE GARGAN.

    L'OEUVRE DES PARTANTS
    SOUVENIRS

    Au mois de novembre dernier, lors de la réunion mensuelle de nos Associées dans la crypte de notre église, le P. Bouffanais, notre directeur, a tracé dans un large et intéressant tableau les différentes étapes de notre chère oeuvre des Partants, depuis ses débuts qui remontent bien loin dans le passé jusqu'à son rétablissement par Mme la vicomtesse de Saint-Jean.
    Nous sommes heureux de reproduire les points principaux de son allocution, à laquelle nous ajouterons celle du P. Schmitt, professeur d'Ecriture Sainte au Séminaire des Missions-Étrangères et quelques-uns de nos propres souvenirs.
    Plusieurs pensent peut-être que notre OEuvre est âgée de trente-cinq à trente-six ans, qu'elle est née au boulevard des Invalides et qu'elle a eu pour fondatrice et première présidente Mme la vicomtesse de Saint-Jean.
    Il n'en est pas tout à fait ainsi. La naissance de notre OEuvre, en 1884, a été une renaissance.
    Ses origines sont plus lointaines. Elles datent de 1658 à 1660, de l'époque de la fondation même de la Société des Missions Étrangères.
    Le premier évêque de la Société, Mgr Pallu, sacré à Rome, en 1658, revenu en France la même année, comprit que pour faire vivre notre Séminaire ou du moins la maison qui, en ce temps là, en tenait lieu, il fallait assurer la perpétuité des ressources, et que, pour assurer cette perpétuité, une association était nécessaire.
    Il exposa son projet aux Dames de charité qui, sous la direction de saint Vincent de Paul, se consacraient au bien sous toutes ses formes, et il leur proposa de fonder une association, dont le but unique serait d'aider le Séminaire des Missions Étrangères. Elles acceptèrent.
    Les réunions des Associées eurent lieu, chaque mois, dans le salon de la duchesse d'Aiguillon, et pour cette fois, les conversations brillantes, spirituelles, fleuries d'anecdotes, où passaient comme à travers un prisme et la cour et la ville, faisaient place à la parole des supérieurs du Séminaire des Missions Étrangères, M. de Meur, M. de Brisacier, M. Tiberge, qui donnaient des nouvelles des Missions.
    Après la mort de la duchesse d'Aiguillon, l'OEuvre s'alanguit, bientôt elle s'éteignit.
    Mais la Providence veillait sur ce que les hommes abandonnaient. Des dévouements particuliers remplacèrent l'Association disparue. Des personnes, à l'âme apostolique, fondèrent des bourses pour les aspirants du Séminaire ; le duc d'Orléans, dont la piété n'était pas la note dominante, en fit autant.
    A Lorient, où s'embarquaient ordinairement les Partants, une chrétienne de vieille souche, Mme Kerallan, les hébergea, et quelques années plus tard voulut s'occuper de leur trousseau. D'autres chrétiennes l'aidèrent, puis lui succédèrent.
    La Révolution dispersa les dévouements, qui bien vite reparurent au commencement du XIXe siècle, dès que le calme régna dans notre France. L'OEuvre refleurit et reprit le nom qu'elle avait porté au XVIIe siècle : Association des Dames de charité; et dans le premier chapitre de ses Constitutions, il était dit : « Elles travailleront chacune, selon leurs moyens, en contribuant de leurs prières, de leurs aumônes ou de leur crédit, à l'éducation des jeunes clercs, soit dans le Séminaire diocésain, soit dans le Séminaire des Missions Étrangères ».
    Nous pourrions citer le nom de plusieurs dames qui ont signé les procès-verbaux des réunions : de Grammont, de Montesquiou, de Noailles, de Saisseval, de la Rochelambert, de Rougemont. Leur présidente était Mlle d'Escars, qui, pendant la Terreur, avait donné asile au supérieur de notre Séminaire, M. Bilhère, et qui, ensuite, l'avait aidé à racheter notre maison.
    L'invasion de 1814 arrêta cet élan de charité ; la Révolution de 1830 le brisa complètement.
    L'année 1850 le vit renaître, et sous l'impulsion d'une normande de Caen, Mlle Laure Delarue, et de la baronne Van de Werve de Shilde, née de Brissac, l'oeuvre des Pauvres Sanctuaires des Missions Etrangères fut fondée. Elle eut son centre dans la maison qui est actuellement le siège de notre OEuvre des Partants, au n° 26 de la rue de Babylone, où habitait Mlle Delarue. Le 21 mars 1858 et le 18 août 1859, le Souverain Pontife concéda aux Associés une indulgence plénière aux fêtes de Noël, Epiphanie, Pentecôte, Précieux Sang de Notre Seigneur, saint Joseph, saint François d'Assise, sainte Marie-Madeleine, sainte Marthe, Présentation de la Sainte Vierge, qui fut la fête patronale de l'OEuvre. Le 31 janvier 1865, Pie IX accorda à l'OEuvre la faveur d'un oratoire où la messe pouvait être célébrée et le Saint-Sacrement conservé. Cette chapelle, c'était la nôtre, celle où nous allons prier la Reine des Apôtres et des Martyrs. La même année, le samedi de la Pentecôte, le Pape consentit à se servir, à sa messe, d'un calice que Mlle Delarue lui avait fait remettre, et qu'ensuite il lui envoya pour son oratoire.
    Peu à peu le but de l'OEuvre se restreignit, et Mlle Delarue consacra tous ses travaux à notre Séminaire. A elle seule, elle confectionna ou fit confectionner tous les ornements nécessaires aux Partants, dont le nombre, de 1860 à 1880, varia chaque année entre 30 et 50.
    Lorsque Mlle Delarue, affaiblie par l'âge et par la maladie, fut incapable de continuer sa tâche, la Providence vint encore une fois à notre secours ; elle suscita, sous sa forme actuelle, l'OEuvre des Partants. Et voici comment elle disposa les choses :
    C'était en 1884, au moment où les lettrés de l'Indochine, exaspérés par la conquête française, se jetèrent sur les chrétiens et sur les missionnaires. Vingt missionnaires et trente mille catholiques tombèrent sous leurs coups; des centaines d'églises et d'oratoires, des milliers de maisons chrétiennes furent livrées aux flammes.
    Un grand cri de détresse s'éleva implorant des secours pour tant d'infortunes et de ruines.
    Déjà en relations avec notre maison, Mme la vicomtesse de Saint-Jean fut profondément émue des misères qui accablaient les Missions, et elle résolut de les soulager. Elle vint avec la comtesse de Noailles trouver un des directeurs de notre Séminaire, le P. Péan, et toutes les deux lui offrirent leur concours :
    « Nous voulons absolument, lui dirent-elles, faire quelque chose pour votre Séminaire, quels sont ses besoins les plus grands? »
    Il fut convenu que ces dames fourniraient aux jeunes missionnaires leurs ornements et leur trousseau, et qu'elles paieraient, à l'aide de cotisations, leur voyage d'abord jusqu'à Marseille, le port d'embarquement, et ensuite, quand les ressources auraient augmenté, jusque dans leurs Vicariats apostoliques. Et comme au Séminaire des Missions Etrangères on donne le nom de Partants aux jeunes prêtres que les nouvelles Associées voulaient aider, il fut décidé que l'OEuvre s'appellerait de leur nom même : oeuvre des Partants.
    Les premières réunions se tinrent chez Mme la comtesse de Rougé, une amie de Mme de Saint-Jean, peu après chez celle-ci, boulevard des Invalides n° 20.
    La première messe fut célébrée dans la crypte de notre église, par Mgr di Rende, nonce à Paris du Souverain Pontife.
    Le premier compte rendu fait par le P. Péan, directeur de l'OEuvre, est du mois de février 1885.
    Pendant 20 ans, Mme de Saint-Jean travailla avec un zèle infatigable à étendre l'OEuvre : tact exquis, charme délicat, piété si tendre et si vive qu'elle donnait à plusieurs l'impression de la sainteté, discrétion à toute épreuve, savoir-faire admirable, esprit de décision et d'autorité d'où la souplesse n'était point absente, tels étaient les riches dons de cette nature d'élite.
    Aux Associées elle prodigua ses lettres ; courts billets ou longues pages s'entassaient sur sa table ornée d'un crucifix de missionnaire et d'une statuette de la Sainte Vierge. De temps en temps elle s'interrompait pour contempler la grotte de Lourdes élevée au fond de son jardin par l'amitié de la baronne de Gargan, pour réciter un Ave Maria, puis cette prière qu'elle aimait tant :

    « O ma Souveraine, ô ma Mère, souvenez-vous que nous vou appartenons ; défendez-nous, conservez nous comme votre bien et votre propriété... »

    ***

    Nous venons de nommer Mme de Gargan, c'est elle qui fut l'amie de coeur, la soeur d'âme de Mme de Saint-Jean, et au XIXe siècle la plus généreuse bienfaitrice de notre Séminaire et de nos missions.
    De ses dons nous citerons seulement celui-ci, il est royal. Avec son mari le baron Théodore de Gargan, elle fit construire la maison et la chapelle qui, à Bièvres, abritent les plus jeunes de nos séminaristes.
    Nous avons eu, à notre réunion du mois de décembre, la bonne fortune d'entendre parler d'elle par le P. Schmitt qui, de nous tous, l'avait le mieux connue, et il ne nous reste qu'à transcrire ses paroles pour savoir quelque chose des admirables vertus qu'elle pratiqua :
    J'ai eu le bonheur de passer, pendant quatre années, une partie de mes vacances au château de Bétange, près de Mme la baronne de Gargan, et puisque l'on m'en a exprimé le désir, je vais soulever un coin du voile qui recouvre et qui probablement recouvrira la plus grande partie de ses vertus, jusqu'au jour des suprêmes révélations. J'en rapporterai tes traits qui sont revenus à ma mémoire, un peu au hasard sans doute, mais tous très exacts.
    Le jour où j'eus la joie de dire ma première messe dans le petit oratoire de Nazareth, elle voulut recevoir, la première, la sainte communion de ma main : « Pour votre père qui est absent, me dit-elle, et comme remplaçant votre mère qui est morte, et qui du haut du ciel vous contemple aujourd'hui avec ravissement ».
    Pendant les vacances elle me confia un matin, au petit déjeuner, que depuis fort longtemps elle ne se considérait plus que comme « le commissionnaire du bon Dieu ». « Tous les jours, pendant mon action de grâces je dis à Jésus : Voici votre petite servante, disposez de moi et de tout ce qui m'appartient selon votre bon plaisir. Inspirez-moi lorsque vous voulez vous servir de moi pour faire l'aumône ; envoyez-moi ceux que je dois secourir de votre part». Inutile d'ajouter qu'elle était exaucée, que le bon Dieu la prenait au mot, et que la file de quêteurs et de quêteuses était souvent fort longue.
    Jadis, au passage du souverain, le peuple avait l'habitude d'entourer la voiture royale et de crier : « largesse, largesse ! » Aux jours de passage de la Reine du Ciel, je veux dire aux jours de fête de la divine Mère, Mme de Gargan semblait entendre la voix de sa Mère et Reine, et elle répandait les largesses à pleines mains. C'est ainsi qu'un jour de la fête des Sept Douleurs, elle m'envoya à la chapelle pour recevoir un pli des mains de la Vierge de Lourdes. J'ouvris le pli et j'y trouvai sept billets de mille francs « pour l'évêque du Mysore en l'honneur des Sept Douleurs de la Sainte Vierge ».
    Uné autre fois, le jour de la Nativité de Marie, elle déposa aux pieds de notre sainte Mère, un chèque de 40.000 francs pour une léproserie.
    Charité délicate, pleine d'attentions aimables, touchante par l'ingéniosité qu'elle mettait à lui enlever jusqu'à, l'apparence de l'aumône. Ayant appris que j'étais fatigué par l'excès de travail. « Je viens de vous expédier un oeuf de Pâques pour soutenir vos forces », m'écrivait-elle. L'oeuf de Pâques arriva, et il avait pris la forme d'une pièce de vin de Bordeaux !
    Un soir d'hiver je me trouvais auprès d'elle en visite. « Vous avez étudié les mathématiques à l'Université, me dit-elle en riant, aussi vais-je profiter de votre science pour vérifier certains comptes ». Elle me remit un livre de comptes, et le travail achevé, elle me dit d'arracher et de brûler les pages les unes après les autres, « car, ajouta-t-elle, le bon Dieu seul doit connaître le bien qu'il nous permet de faire ». Je n'oserais jamais révéler ce que mes regards stupéfaits y ont lu.
    Le matin après le déjeuner et avant de commencer à travailler, elle se rendait au jardin, un petit panier au bras. Là elle coupait les plus belles fleurs. Ce n'était pas pour les placer sur la table du salon, ou de la salle à manger, mais à côté du tabernacle et aux pieds de N.-D. de Lourdes. Je vois encore sa joie et son bonheur quand elle trouvait une plante extraordinairement belle : « Oh ! Celle-là est pour Elle ! »
    La fête de la Nativité se célébrait à Bétange dans l'intimité, et elle se terminait par un petit feu d'artifice devant la statue de N.-D.-des-Neiges. Chandelles romaines, feux de Bengale, fusées, rien n'y manquait. Ce jour-là, Mme de Gargan me faisait chanter le beau cantique qui commence par le refrain: « Oh ! Mère chérie, place moi, un jour dans la patrie, près de toi ! » Et elle d'ajouter tout près de toi ! Ah les douces émotions de ces jours de joies presque enfantines, mais combien saintes!
    Que de fois dans nos promenades après le dîner, elle s'arrêtait pour contempler la profondeur étoilée de la voûte céleste. « Que c'est beau, s'écriait-elle, que Dieu est grand et qu'il fait bon l'aimer ! » Et puis en riant, elle ajoutait : « Ce chariot est tout de même bien mal attelé ! »
    Elle gardait, malgré ses efforts, quelque chose d'un peu froid et distant dans la distinction de ses manières. Elle s'en rendait compte, elle luttait avec énergie contre ce qu'elle appelait son orgueil, et s'exerçait à acquérir l'aimable simplicité des saints. Je me rappelle à ce propos une entrevue avec un missionnaire. Quand celui-ci fut parti, elle me demanda si je m'étais aperçu de la nervosité du visiteur. « Comment donc, un aveugle l'aurait remarquée ». «Pauvre Père, reprit-elle, il a peur de moi et je l'intimide tellement que j'en suis toute confuse. Et pourtant je fais l'impossible pour le mettre à l'aise! ».
    Ce même désir de simplicité et de charité surnaturelle l'animait aux réunions de l'ouvroir à Bétange. Elle recevait avec la plus franche cordialité les personnes de son monde. Mais elle se montrait particulièrement affable et accueillante envers les humbles femmes du village qui, elles aussi, ressentaient à son approche quelque chose de cette timidité qui se peignait si vivement dans les gestes et sur le visage du pauvre missionnaire. Et, ce n'était pas la politesse mondaine, si creuse parfois, qui dictait ses paroles de bienvenue ; sa bouche exprimait les sentiments de son coeur ; elle cherchait à faire passer dans ses paroles l'affectueuse reconnaissance qu'elle ressentait à leur égard. Pour elle, ces bonnes chrétiennes étaient des coopératrices précieuses, et « plus méritantes que nous autres qui manquons peut-être de simplicité », me confia-t-elle un jour.
    D'ailleurs sous ces dehors un peu froids, elle cachait un coeur extrêmement sensible et tendre. Je me rappellerai toujours ce qu'elle me dit au sujet d'une de ses nièces, que la divine Providence avait soumise à une épreuve longue et cruelle ; «La pauvre enfant ! Mon coeur saigne quand je la vois, et il n'y a pas âme au monde que je suis plus heureuse de voir ici ».
    Elle a connu la croix pendant sa vie ; aussi, en lisant ses lettres on comprenait qu'elles n'étaient pas des pages écrites par une théoricienne détaillant des principes abstraits, mais par une âme qui sent profondément ce qu'elle dit. Je pourrais vous lire telle lettre où elle grondait un missionnaire, parce que celui-ci, à ce qui lui semblait, avait un moment oublié la grande leçon du Calvaire. « Mon cher enfant, rappelez-vous que souffrir passe, mais avoir souffert pour Dieu ne passera jamais ». C'était une de ses expressions favorites et elle résumait un traité de théologie mystique.
    Elle possédait à Bétange son portrait peint par un artiste illustre. Quelques années après son mariage, lorsque la grâce divine eut remporté un triomphe complet sur tout qui était vanité mondaine, elle conçut du scrupule au sujet de ce tableau qu'elle trouva trop peu conforme à la sévérité de la modestie chrétienne. « Un jour donc, me raconta-t-elle, après avoir adressé une fervente prière à la Sainte Vierge, je pris mon pinceau et je recouvris d'une toile le haut de la poitrine. Emue de mon audace, je priai Marie de vouloir rendre M. de Gargan un peu aveugle, afin d'échapper aux reproches que je redoutais. Jamais il ne fit la moindre allusion à mon attentat! ».
    Que d'autres traits édifiants je retrouverais peut-être, si je fouillais à fond ma mémoire. Ceux que je viens de citer suffiront pour le but que je me suis proposé ; ils vous laisseront deviner le degré de perfection chrétienne que son âme avait atteint au moment de l'heure redoutable et solennelle.
    Dans son office de sainte Cécile, l'Eglise chante ce beau panégyrique : Caecilia famula tua tanquam apis tibi argumentosa deservit. Votre servante Cécile vous a servi, Seigneur, comme une abeille laborieuse ». Je ne crains pas d'appliquer ces paroles à celle qui fut une des plus grandes bienfaitrices de toutes les oeuvres et en particulier de l'OEuvre des Partants.
    En terminant laissez-moi vous communiquer la lettre de faire-part que je reçus de Mme de Saint-Jean :
    Bétange, 17 décembre 1902, 3 heures du matin.
    « Bienheureux ceux qui pleurent parce qu'ils seront consolés. Ils recevront la consolation véritable qui est celle de l'autre vie où toute affliction cesse, où toutes larmes sont essuyées.
    « Elle nous a dit : « La volonté du Bon Dieu seule ». Et dans un sourire elle nous quitta :
    Jésus dans son coeur,
    Marie sur ses lèvres
    Le Ciel dans ses yeux

    « Véritable mort de prédestinée ! Oh oui, vous pouvez l'invoquer, cette mère! »
    Quel bel éloge funèbre, n'est ce pas? Et combien éloquent dans sa brièveté. Tout à l'heure, en élevant la divine Victime, je l'ai priée de vous accorder à votre heure dernière, en récompense de tout ce que vous faites pour les Partants, la grâce d'avoir, vous aussi :

    Jésus dans vos coeurs
    Marie sur vos lèvres
    Le Ciel dans vos yeux

    Trois ans après la baronne de Gargan, qui était la vice-présidente de notre OEuvre, Mme la vicomtesse de Saint-Jean alla retrouver près de Dieu celle qu'elle avait tant aimée. C'était le 1er février 1907. Ses derniers mots furent : « Mon Dieu, je vous donne mon coeur, mon esprit et ma vie, » expression fidèle de ses sentiments les plus intimes.
    Arrêtons ici les souvenirs sur l'OEuvre des Partants, sur celles qui l'ont ardemment et persévéramment servie.
    Plus tard, les futurs chroniqueurs les reprendront ; ils raconteront les industries heureuses du zèle si actif et si modeste de Mlle Michel Beaulieu, qui fut vice-présidente de l'OEuvre de 1904 à 1909 ; la bonté toujours égale et l'attirante douceur de Mme la comtesse de Semallé, notre vénérable présidente honoraire, la générosité de notre présidente actuelle, Mme la marquise de Laubespin, générosité qui rappelle celle de Mlme de Gargan, son sens parfait de ce que doit être l'égalité entre toutes les ouvrières d'une même OEuvre, sa vigueur que les années ne semblent pas atteindre, et qui inspirait à Mgr Mossard cette prédiction : « Madame, vous vivrez cent ans. Et combien d'années encore présidente de l'OEuvre des Partants? Interrogea un missionnaire présent à l'entretien. Combien d'années? Reprit l'évêque, mais naturellement jusqu'à cent ans ».
    De tout coeur nous faisons nôtres les paroles de l'évêque de Saigon. Alors les futurs chroniqueurs peuvent attendre...

    COTISATION PERPÉTUELLE

    M. L'ABBÉ MILHAU

    DON

    ANONYME : 200 francs, avec demande de prières pour une mère et son fils.

    RECOMMANDATIONS

    Nous recommandons aux prières de nos Associés :
    La France, le Souverain Pontife, la Société des Missions Etrangères.
    Plusieurs malades. Deux défuntes. Plusieurs intentions particulières. L'avenir d'une famille. Deux conversions. La piété pour une jeune femme.

    1921/27-39
    27-39
    France
    1921
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