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Oeuvre des partants

Oeuvre des partants SOMMAIRE MADEMOISELLE BEAULIEU VICE-PRÉSIDENTE DE L'OEUVRE DES PARTANTS. CHRONIQUE DE L'OEUVRE : NOMINATION DE LA VICE-PRÉSIDENTE, MADAME LA MARQUISE DE LAUBESPIN ; RÉUNION A AMIENS ; MADAME NEMPON ; FAIT ÉDIFIANT. COTISATIONS PERPÉTUELLES. DÉPART DE MISSIONNAIRES RECOMMANDATIONS ET ACTIONS DE GRACES. NOS MORTS. MADEMOISELLE BEAULIEU VICE-PRÉSIDENTE DE L'OEUVRE DES PARTANTS.
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    Oeuvre des partants

    SOMMAIRE

    MADEMOISELLE BEAULIEU VICE-PRÉSIDENTE DE L'OEUVRE DES PARTANTS. CHRONIQUE DE L'OEUVRE : NOMINATION DE LA VICE-PRÉSIDENTE, MADAME LA MARQUISE DE LAUBESPIN ; RÉUNION A AMIENS ; MADAME NEMPON ; FAIT ÉDIFIANT. COTISATIONS PERPÉTUELLES. DÉPART DE MISSIONNAIRES RECOMMANDATIONS ET ACTIONS DE GRACES. NOS MORTS.

    MADEMOISELLE BEAULIEU

    VICE-PRÉSIDENTE DE L'OEUVRE DES PARTANTS.

    Nous avons eu la douleur très vive de voir disparaître, le 28 février dernier, Mlle CLAIRE MICHEL-BEAULIEU, vice-présidente de notre OEuvre depuis 1904. Nous la recommandons avec instances aux prières de nos Associés.
    Sa mort est une grande perte, dont tous nous sentons aujourd'hui l'importance. Mlle Beaulieu avait, à un degré rare, l'esprit d'ordre et d'organisation, la ténacité d'une volonté qui s'est fixé un but et qui ne s'en écarte pas. Elle s'était donnée à notre OEuvre après mûre réflexion, et malgré les peines que l'on rencontre parfois dans l'exercice du bien, elle s'y était attachée chaque jour davantage. Elle a su mettre à profit ses nombreuses et belles relations de famille, d'amis, de connaissances pour augmenter le nombre de nos Associés et accroître les ressources de notre OEuvre ; elle savait attirer à notre ouvroir de Nazareth et à notre vente de charité où son comptoir était très fructueux. Nous ne sommes pas les seuls à la regretter, car si son cur avait pour nous une affection spéciale, elle n'omettait pas les devoirs qu'elle avait contractés longtemps avant de nous connaître, et que lui imposaient son zèle pour la gloire de Dieu et sa situation de grande propriétaire.
    A ce sujet nous recevons ces lignes que nous nous garderions d'omettre, et qui disent ses bienfaits avec la reconnaissance que ses obligés lui gardent :
    « Mlle Beaulieu exerçait sur un double théâtre à Paris et à Saint Valery (Somme) son action et son influence. A Saint Valery, elle était vraiment l'âme de toutes les oeuvres. Depuis longtemps, elle faisait partie de l'OEuvre des pauvres malades qui distribue des secours aux indigents malades. Elle s'occupait aussi de l'ouvroir des pauvres, et en ces dernières années, elle en avait assumé, à peu près seule, la chargé et les responsabilités. Elle apportait également un concours très apprécié à l'oeuvre des Partants. L'été, on la voyait parcourir Saint Valery et les alentours pour recueillir les cotisations et sous son influence, cette OEuvre dont elle était vice-présidente avait pris un développement que Mlle Beaulieu se proposait d'accentuer encore. Mais si Mlle Beaulieu a donné volontiers son concours à toutes les oeuvres, on peut dire que les écoles chrétiennes ont été l'objet de sa prédilection. Dès 1890 elle avait donné un terrain pour bâtir l'école des garçons, et elle contribua dans une large mesure à l'installation de cette école. En 1899, quand les écoles communales furent laïcisées, elle s'imposa de nouveaux sacrifices, et grâce à sa générosité on put élever des locaux spacieux et ouvrir une école primaire et une école maternelle. En 1904, en raison de la difficulté des circonstances, elle accepta de prendre la direction de cette école, et Dieu seul sait ce qu'elle y dépensa de forces, de zèle et de dévouement. Tous les ans, elle organisait, en faveur de cette école, une vente de charité. Saint Valery ne perdra pas de sitôt le souvenir de ces journées qu'elle avait préparées de longue main, auxquelles elle savait donner tant d'entrain et qu'elle présidait avec tant de bonne grâce et de savoir-faire. Elle appartenait par ses habitudes et ses goûts au Saint Valery d'autrefois, à ce Saint Valery qui s'en va et s'effrite comme les tours de ses vieilles murailles ».
    Le 11 mars, dans une réunion faite à cette intention, M. le Supérieur du Séminaire des Missions Etrangères, directeur de l'OEuvre des Partants, a célébré la sainte messe pour le repos de l'âme de notre regrettée vice-présidente. A Amiens une messe, demandée par les Associés de notre OEuvre, a également été célébrée à cette intention.
    Puisse Mlle Beaulieu ne pas nous oublier et continuer sa protection aux OEuvres qui lui étaient si chères et qu'elle animait de son zèle et de son dévouement.

    CHRONIQUE DE L'OEUVRE

    NOMINATION DE LA VICE PRÉSIDENTE : Mme LA MARQUISE DE LAUBESPIN.

    Le 5 avril s'est tenue à Nazareth une réunion du Directeur, de la Présidente, de la Trésorière et des Conseillères de l'OEuvre des Partants, afin de nommer une vice-présidente en remplacement de Mlle Beaulieu.
    Sur la proposition du Directeur, Mme la marquise DE LAUBESPIN, trésorière et secrétaire depuis de longues années, a été choisie à l'unanimité. Nous n'en sommes plus à compter les preuves de dévouement que la nouvelle titulaire a données et donne chaque jour à notre OEuvre, et nous n'oserions lui exprimer notre reconnaissance de ce qu'elle a bien voulu accepter cette charge, si ce n'était une occasion de lui témoigner notre joie de sa nomination.

    RÉUNION A AMIENS

    C'est le mercredi 10 mars qu'a eu lieu notre grande réunion annuelle de l'OEuvre des Partants. La sainte messe a été célébrée à 9 heures, en l'église Saint Remi, pour les associés vivants et défunts.
    Après la messe, les Associées, qui étaient en assez grand nombre malgré le mauvais temps, se sont réunies dans une salle dépendante de l'église : là se trouvaient déjà exposés les ouvrages faits pour les missionnaires pendant l'année.
    M. Fleury, supérieur du Séminaire des Missions Etrangères, devait présider cette réunion ; des occupations pressantes survenues au dernier moment, l'ayant empêché de se rendre à Amiens, M. Ferrié, missionnaire de Nagasaki, au Japon, qui se trouve momentanément à Paris pour le rétablissement de sa santé, est venu le remplacer.

    Il nous a d'abord parlé de l'OEuvre en général, de son utilité, du bien qu'elle fait dans les missions, et aussi de la part des mérites acquis par les travaux des missionnaires qui devait revenir à chacune des Associées.
    Puis, dans un entretien familier qui nous a fort intéressées, il nous a fait assister à l'arrivée en mission des jeunes prêtres auxquels notre oeuvre vient en aide : Nous les avons vus d'abord aux prises avec les difficultés de la langue ; car, pour prêcher l'Évangile il faut que le missionnaire apprenne parfaitement le langage qu'on parle dans les pays où il est envoyé. Ces langues sont parfois plus ou moins barbares et sans règles bien définies ; le nouveau missionnaire sent de temps en temps son courage défaillir, mais il est soutenu par l'exemple des anciens qui, à force de peine et de patience, sont arrivés à des résultats qu'il juge merveilleux. « Après tout, se dit-il, je puis faire ce qu'ils ont fait... » et entraîné par le zèle et l'ardeur d'une jeunesse qui ne demande qu'à se dépenser, il va de l'avant, il étudie toujours... il arrive un moment où un peu de clarté se fait dans son esprit, il commence à comprendre et il remarque qu'on le comprend aussi ou à peu près. Alors ce n'est plus pour lui qu'une aftaire de temps et d'exercice.
    Bientôt il peut expliquer le catéchisme aux petits enfants, entendre quelques confessions et donner le dimanche aux chrétiens une courte instruction bien préparée ; il lui arrivera quelquefois de provoquer le sourire sur les lèvres de ses auditeurs en disant un mot pour un autre, mais l'auditoire est bienveillant ; on lui expliquera, par après, l'erreur qu'il a commise, et la leçon lui profitera.
    En même temps qu'il se forme à la connaissance de la langue, le jeune missionnaire doit aussi se familiariser avec les usages du pays qui ne sont plus ceux de sa chère France.
    Les habitations japonaises ne sont pas munies de tout le confortable que nous avons ici: il n'y a pas de meubles, il n'y a pas de chaises, ni de tables ; des nattes très propres couvrent le plancher ; il faut déposer en entrant ses chaussures, se bien laver et essuyer les pieds avant de pénétrer dans l'appartement, puis s'avancer doucement jusqu'en face du maître qui vous attend gravement assis sur ses talons, se mettre à genoux devant lui, poser avec grâce ses deux mains ouvertes sur la natte et lui faire les trois prosternations d'usage ; puis s'asseoir sur les talons, les jambes repliées avec art et conserver cette posture jusqu'à ce que la visite soit finie. La chose paraît facile de prime abord, mais il est certain que cette position est pénible et qu'il faut une assez longue habitude pour pouvoir la supporter.

    Voici la maîtresse de la maison qui s'avance portant majestueusement un plateau de laque sur lequel se trouvent rangés de minuscules tasses à thé, une théière et quelques vases contenant des friandises, elle s'agenouille un peu en avant à côté de vous et vous fait les prosternations d'usage auxquelles vous devez répondre. Elle vous offre une tasse de thé. Vous la prenez des deux mains avec toutes les minutieuses cérémonies du rituel qu'il faut avoir pratiquées bien souvent pour arriver à les comprendre. Vous élevez la tasse à la hauteur de votre front et vous faites une révérence, la plus aimable possible.
    Il faut que le nouveau missionnaire apprenne et s'assouplisse à toutes ces cérémonies et à bien d'autres encore, que le Père Ferrié n'a pas eu le temps de nous faire connaître, autrement, il serait considéré comme un homme mal élevé avec lequel il faut entretenir des relations le moins possible. S'il se conforme aux usages, il sera le bienvenu partout, chez les payens et chez les chrétiens : on tiendra même à recevoir ses visites et à lui en faire et ce sera souvent pour lui des occasions de faire pénétrer la foi dans des familles qu'il n'aurait pu aborder autrement.
    Avant de finir son entretien, le Père Ferrié nous a raconté les débuts du ministère d'évangélisation que le nouveau missionnaire accomplit auprès des payens ; nous avons pu le suivre pas à pas au milieu de ses épreuves, de ses nombreuses déceptions, comme aussi nous avons pu jouir de la joie que lui causaient ses succès quand il plaisait au bon Dieu de lui en accorder.
    En somme, je crois pouvoir affirmer que toutes nos Associées de l'OEuvre des Partants se sont retirées contentes de cette réunion. Nous n'avons pas osé dire au revoir pour l'an prochain à M. Ferrié, parce que nous avons compris qu'il avait hâte de retourner le plus tôt possible dans sa mission, mais nous lui avons promis le concours de nos prières pour obtenir du bon Dieu le prompt rétablissement de sa santé.

    MADAME NEMPON

    Mme Nempon, une de nos zélatrices les plus dévouées à Dunkerque, était la mère d'un missionnaire mort en 1889 au Tonkin Occidental, et dont un prêtre de grand talent, M. l'abbé Monteuuis, a écrit la vie1. Les dernières pages de cet ouvrage sont consacrées à cette femme de bien, qui fut elle-même si profondément apostolique. Nous sommes heureux de les reproduire dans leur pieuse, affectueuse et élégante simplicité :
    « Mme Nempon aurait voulu équiper un missionnaire et donner un remplaçant à son fils. Mais c'était là une oeuvre qui dépassait ses moyens. Elle voulut au moins réaliser son désir dans la mesure de ses ressources, en s'intéressant à l'OEuvre des Partants, dont le but est de pourvoir au voyage et au trousseau des jeunes missionnaires. Dès l'origine elle s'était fait inscrire parmi les associés, avec son fils Emile. Après la mort de Louis (le missionnaire), elle désira faire davantage et devenir la servante, je dirai presque la mendiante des missionnaires, afin d'associer d'autres personnes à cette oeuvre apostolique et procurer aux Partants de plus abondantes aumônes.
    « Elle hésitait pourtant. « Quêter, est chose si pénible, si délicate ! Il y a tant d'oeuvres locales ! Les fidèles sont sollicités de tous côtés. Les prêtres eux-mêmes ne comprennent pas tous la grande part qu'il faut faire aux Missions. Je ne suis qu'une pauvre inconnue, pensait-elle. Mon oeuvre est ignorée. On me rebutera. Et moi-même, au souvenir de mon fils, je serai tellement émue que je ne saurai m'expliquer ». La pauvre femme se décida néanmoins. « Pour Dieu et les âmes », répétait elle avec son fils, et elle s'en alla frapper à la porte d'une riche famille qu'elle croyait plus favorable aux bonnes oeuvres. Elle exposa le but de l'oeuvre des Partants, parla du Tonkin, de son fils, et sollicita une aumône, ou tout au moins une cotisation. « Madame, nous regrettons beaucoup, mais nous avons nos oeuvres ». La pauvre femme avait compté sur le succès, sa déception n'en fut que plus amère. « C'est vrai, se dit-elle, ces dames ont leurs oeuvres, et l'OEuvre des Partants c'est la mienne. Si l'on m'a refusé dans cette maison, on me refusera partout » ; et elle rentra chez elle, décidée à ne plus donner suite à ce projet téméraire.

    1. L'âme d'un missionnaire. Vie du P. Nempon, missionnaire apostolique du Tonkin occidental. Préface de Mgr Baunard. Ouvrage couronné par l'Académie française, un vol. in-8°. Illustré de 50 gravures et portraits. Société Saint Augustin Desclée, de Brouwer et Cie, Lille Paris Bruges Bruxelles Rome.

    « Quelques mois après, Mme Nempon reçut la visite d'un jeune missionnaire du Nord, destiné, lui aussi, à la mission du Tonkin occidental. Comme elle le reconduisait à la gare : «Mon Père, emportez-vous beaucoup de choses avec vous, interrogea-t-elle simplement? Ce que me donnera l'OEuvre des Partants », répond-il. Cette parole frappa singulièrement la bonne dame. Elle crut y voir un secret reproche, et s'accusa d'avoir manqué de courage, ou, tout au moins, de persévérance. Après avoir fait au missionnaire une généreuse aumône, elle se promit de reprendre avec plus de zèle son oeuvre d'apostolat. Le lendemain, elle assiste à la messe, place son humble ministère sous la protection de la Reine des Apôtres, puis, mettant sur elle la croix de son fils missionnaire, elle reprend ses démarches avec plus de confiance et d'amour. « Le crucifix de son fils lui serait un talisman », pensait-elle. En effet, les portes s'ouvrirent, et, en quelques jours, Mme Nempon avait inscrit de nombreux associés, trouvé quelques zélatrices, organisé des dizaines.
    « Comment aurait-on pu refuser quelques sous à une femme, qui, la première, avait tout sacrifié, sa fortune et son enfant ? Comment rebuter une personne qui avait dû triompher de ses plus légitimes répugnances, avant de venir évoquer devant les étrangers la mémoire de son fils bien-aimé? La pieuse zélatrice avait d'ailleurs des arguments décisifs que lui inspirait sa foi simple et forte. « Cette année, disait-elle, aux âmes hésitantes, cette année, cinquante missionnaires au moins partiront pour l'Extrême-Orient. Si chacun d'eux venait vous demander deux sous, auriez-vous le coeur de les refuser ? Eh bien ! Je viens en leur nom à tous vous demander ces deux sous. Ce sera votre cotisation ».

    FAIT ÉDIFIANT

    Une pauvre ouvrière très âgée et obligée de gagner sa vie trouve moyen de venir souvent travailler pour nous, elle a économisé l'argent d'une cotisation perpétuelle, puis voulant contribuer aux trousseaux elle a donné les ceintures de flanelle pour les Partants de cette année, et enfin ne voulant oublier personne, elle a acheté et confectionne en ce moment une belle aube qu'elle compte offrir au Séminaire. Que Dieu le lui rende.

    COTISATIONS PERPÉTUELLES

    M. Clément BERNARD.
    Mlle Virginie LAIGNIEL.
    Mlle MASSIS.
    Au nom de M. Michel CORBIN DE GRANDCHAMP, décédé.

    1909/159-165
    159-165
    France
    1909
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