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Oeuvre des partants

Oeuvre des partants SOMMAIRE LE ROSSIGNOL DE NOEL. DÉPARTS DE MISSIONNAIRES. NOTRE oeuvre A NANCY. COTISATION PERPETUELLE. RECOMMANDATIONS. Nos M0RTS. Avec nos meilleurs voeux pour l'année qui commence, nous sommes heureux d'offrir à nos lecteurs une gracieuse poésie que du Su-tchuen Méridional leur adresse un missionnaire, M. Marcel Dubois, dont ils ont eu déjà l'occasion d'apprécier la plume facile et gracieuse. LE ROSSIGNOL DE NOEL Par une nuit d'hiver, là-bas, dans la Judée,
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    Oeuvre des partants

    SOMMAIRE

    LE ROSSIGNOL DE NOEL. DÉPARTS DE MISSIONNAIRES. NOTRE oeuvre A NANCY. COTISATION PERPETUELLE. RECOMMANDATIONS.
    Nos M0RTS.

    Avec nos meilleurs voeux pour l'année qui commence, nous sommes heureux d'offrir à nos lecteurs une gracieuse poésie que du Su-tchuen Méridional leur adresse un missionnaire, M. Marcel Dubois, dont ils ont eu déjà l'occasion d'apprécier la plume facile et gracieuse.

    LE ROSSIGNOL DE NOEL

    Par une nuit d'hiver, là-bas, dans la Judée,
    L'Enfant Jésus pleurait sous la voûte étoilée ;
    Le froid était bien vif et plus le boeuf soufflait
    Pour réchauffer l'Enfant, plus la bise sifflait,
    Arrachant aux rochers des brins de mousse verte.
    De tous côtés au vent la grolle était ouverte.
    Ne sentant pas le froid, d'amour tout éperdus,
    Le front tout rayonnant, les bras au ciel tendus.
    Marie et saint Joseph au Très Haut rendaient grâces.
    Dans les yeux de Jésus de sommeil point de traces
    L'âne, une bonne bête, au boeuf dit un mot :
    « Il ne peut pas dormir ce tout mignon marmot ! »
    « Mon haleine du moins réchauffe ses menottes ».
    Et moi si je lançais quelques petites notes,
    « Un tantinet de chant afin de le bercer ?... »
    « Non ! Souffle comme moi, le froid va le glacer ».
    « Il faut aux tout petits pour clore leurs paupières
    « De jolis chants berceurs, doux comme des prières,
    « A ces anges si purs qui sont venus du Ciel
    « Rien ne peut convenir que la douceur du miel.
    « Pour leur faire oublier nos visages moroses,
    « Et remplir leurs yeux bleus de doux sourires roses,
    « Tiens, que je chante un peu, tu vas le voir dormir ».
    « Tais- toi ! Ne sais lu pas que tu me fais frémir !!
    « Moi d'avoir belle voix jamais je ne me vante,
    « Mais toi, mon pauvre vieux, lu sèmes l'épouvante,
    « Certainement ta voix ferait pleurer l'Enfant ».
    L'âne, qui s'apprêtait à chanter, triomphant,
    Baissant piteusement ses deux longues oreilles,
    Tout ébahi d'ouïr les raisons sans pareilles
    De ce lourdeau de boeuf, savant comme un rabbin,
    De son haleine aussi réchauffa le bambin,
    Or un oiseau, blotti dans cette grolle humide,
    Sur le frêle berceau se posa tout timide.
    Un sourire bonasse au fond de ses gros yeux,
    Le boeuf lui dit : « Allons vile un refrain joyeux,
    Mon oiselet gentil, » et la chose est notoire,
    Pour chanter un morceau de son beau répertoire,
    D'entr ouvrir son gosier l'oisillon s'efforçait,
    On put croire un moment même qu'il commençait ;
    Mais ce ne fut qu'un cri faible cri d'agonie ;
    Sa carrière d'artiste, hélas ! Était finie.
    Ses petits yeux fermés, sa tête se pencha.
    Sur les langes divins mourant il se coucha.
    Beaux oliviers au front couronné de feuillage
    Vous qu'il charma souvent de son gai babillage,
    Vous ne l'entendrez plus ; encore quelques jours
    Son nid vous restera, mais vide pour toujours !...
    Jésus souffre; il fait froid, et bien tardive est l'heure ;
    Or la Vierge ayant vu son doux Jésus qui pleure,
    Pour clore ses beaux yeux le prend entre ses bras,
    Le couvre de baisers et lui parle tout bas.
    Mais avec l'Enfant Dieu sur son coeur elle presse
    Le petit oiseau mort et tous deux les caresse,
    Alors qu'elle ne croit berce' que l'Éternel.
    0 miracles divins de l'amour maternel !
    Dans le coeur de l'oiseau c'est un feu qui s'allume
    Le frisson du réveil fait tressaillir sa plume.
    Ses yeux se sont ouverts, et soudain vers les cieux
    11 lance un chant d'amour, un chant délicieux.
    0 célestes douceurs de ces notes perlées,
    Qui s'envolent vers les régions étoilées,
    Qui, faites pour bercer au ciel les chérubins,
    Ici-bas désormais berceront les bambins.
    0 ravissante voix jusqu'alors inconnue,
    Annonçant dans la nuit du vrai Dieu la venue !
    Magnifiques accents qui, par les soirs d'été,
    Attendrissent le coeur par leur suavité
    L'inondant quelquefois d'une douce lumière,
    La Vierge à Bethléem vous ouït la première,
    Et c'est en t'écoutant, ô rossignol vainqueur,
    Que son petit Jésus s'endormit sur son cur.
    Le bon boeuf attendri versa de grosses larmes.
    L'âne, dont les accents, cause de tant d'alarmes,
    Ne purent cette nuit réjouir l'en fançon
    L'âne, sans souffler mot, se dit à sa façon
    Qu'avec un chant si doux la vie est moins amère.

    Au matin, dans les bras de ton heureuse mère
    Tu dormais souriant, ô Jésus, cher trésor !
    Le petit rossignol prit alors son essor,
    Il s'éleva dans l'air, puis d'une voix sonore
    Par un chant de triomphe il salua l'aurore
    Et disparut au loin.
    Depuis, dans les buissons,
    Dans les taillis touffus, on entend ses chansons,
    Lorsque tout bas la brise, à travers la bruyère,
    Vers le déclin du jour, murmure sa prière
    Sa voix pure jaillit du sein des églantiers,
    Et sème de la joie au bord de nos sentiers.
    Petit barde des bois, puisse ta voix chérie
    Annoncer les beaux jours à ma douce patrie.
    Vous qui l'avez créé, vous si bon, ô Seigneur,
    Faites que l'an nouveau soit un an de bonheur,
    Que le bien sur le mal remporte la victoire ;
    Dans le coeur des vaillants luttant pour votre gloire
    Versez des flots d'amour, de douce charité,
    Ils volis en béniront pendant l'éternité !

    MARCEL DUBOIS
    Missionnaire au Su-tchuen Méridional.

    1909/50-53
    50-53
    France
    1909
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