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Oeuvre des partants

Oeuvre des partants Vente de Charité .. 144 Dons pour l'Oeuvre .. 144 Recommandations 144 Nos Défunts . 144 La Société des Missions Etrangères dans l'Indochine Occidentale Siam
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    Oeuvre des partants

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    Nos Défunts . 144

    La Société des Missions Etrangères dans l'Indochine Occidentale

    Siam

    La Mission du Siam peut être considérée comme la Mission mère de toutes celles qui après elle devaient être confiées à la Société des Missions Etrangères. C'est là, en effet, que les deux premiers Vicaires apostoliques, Mgr Lambert de la Mothe, puis Mgr Pallu, empêchés par la persécution de pénétrer en Cochinchine et au Tonkin, s'établirent temporairement et inaugurèrent leur ministère apostolique. Réalisant le but principal de leur oeuvre, ils obtiennent du roi un vaste terrain à Juthia, la capitale, et y bâtissent un séminaire dont les élèves devaient appartenir à toutes leurs missions. Quelques années plus tard (1669), Mgr Pallu obtient de Rome que le Siam, jusqu'alors placé sous la juridiction de l'archevêque de Goa, soit soumis aux Vicaires apostoliques: Mgr Laneau reçut ce titre en 1673 et c'est de cette époque que date l'existence officielle de la Mission.
    Le roi se montrait bien disposé en faveur des missionnaires, qui voyaient leur ministère couronné de succès, lorsqu'une catastrophe vint ruiner toutes leurs espérances.
    Un mandarin ennemi des étrangers suscita une révolution de palais, fit disparaître le roi et tuer son premier ministre, puis il monta sur le trône. A la suite de démêlés avec les Français venus au Siam en vertu d'un traité conclu avec Louis XIV, l'évêque fut insulté, frappé et emprisonné, tandis que tous les établissements de la mission étaient pillés. Les PP. Geffrard de Lespinay et Monestier, après avoir, durant deux années, porté la cangue et les chaînes dans un cachot, furent confinés dans une île déserte du Meinam, où ils moururent d'épuisement. Rendu à la liberté en 1690, l'évêque obtint la libération des Français prisonniers ; il tenta aussi, mais sans succès, de renouer des relations entre la France et le Siam. Il conféra à l'évêque Fr. Pérez, nommé Vicaire apostolique de la Cochinchine, la consécration épiscopale. Il mourut à Juthia en 1696, laissant le souvenir de ses vertus: mortification, humilité, amour des âmes et du travail.
    Il eut pour successeur Mgr Champion de Cicé, qui, après avoir travaillé 5 ou 6 ans au Canada, était entré dans la Société des M.-E. ; parti pour l'Extrême-Orient en 1682, il avait parcouru le Fokien, le Kouangtong, le Kouangsi. Rappelé en Europe pour les affaires de la Société, il prit une part active aux discussions relatives à la question des rites chinois et, en 1700, fut nommé évêque de Sabule et vicaire apostolique du Siam. Il fut sacré le 2 janvier 1701, dans l'église du Séminaire des M.-E.
    Arrivé à Juthia, il rebâtit le Collège général, qui avait été détruit pendant la persécution, et introduisit parmi les élèves l'habitude de parler latin. Il excita le zèle des chrétiens pour le baptême des enfants de païens: dans sa mission, en une seule année, 5.000 enfants furent baptisés à l'article de la mort.
    Il mourut en 1727, ayant depuis 4 ans comme Coadjuteur Mgr Tessier de Quéralay, qui lui suc céda.
    Celui-ci avait travaillé 10 ans dans l'Inde lorsqu'il fur appelé au Siam: il demeura au Collège général et s'appliqua à la direction des séminaristes. Jaloux des succès qu'obtenaient les missionnaires, les talapoins et les mandarins prétendirent leur défendre d'écrire en siamois des ouvrages catholiques, de prêcher la religion à des Siamois, des Pégouans ou des Laotiens, de condamner le bond-dhisme. L'évêque refusa de se soumettre à ces exigences et la situation devint plus difficile pour l'apostolat.
    Mgr de Lolière-Puycontat, qui, en 1741, recueillit la succession de Mgr de Quéralay, prit un grand soin du Collège général, où souvent il remplit le rôle de professeur. En 1748, le roi ayant voulu le forcer à assister, avec les missionnaires et les chrétiens, à une procession païenne, il refusa ; irrité, le souverain renouvela la défense d'embrasser le christianisme, mais l'heureuse influence du prince héritier réussit à apaiser l'affaire : une grande prudence s'imposait néanmoins aux missionnaires. En 1755, Mgr de Lolière-Puycontat obtint pour Coadjuteur Mgr Brigot, mais il mourut avant d'avoir pu le sacrer, et c'est à Manille que le nouvel évêque dut aller recevoir la consécration épiscopale.
    A peine de retour au Siam, Mgr Brigot fut témoin d'une première invasion des Birmans et, grâce à ses exhortations, les chrétiens défendirent Juthia avec le plus grand courage. Mais, dix ans après (1758), une seconde invasion ayant eu lieu, les Birmans, vainqueurs cette fois, emmenèrent captifs l'évêque et un certain nombre de chrétiens, qui furent conduits à Rangoon.
    Après dix ans de captivité, ne pouvant rentrer dans sa mission, il vint en France et s'occupa, avec Mgr Davoust, des affaires de la Société ; puis, en 1776, le Pape Pie VI le nomma Supérieur de la Mission Malabare qui, après la suppression de la Compagnie de Jésus, venait d'être confiée à la Société des M.-E. Il travailla encore 15 ans dans l'Inde, et c'est là que nous le retrouverons, quand notre rapide randonnée dans l'histoire de nos Missions nous amènera à Pondichéry.
    Le P. Le Bon, originaire de Saint-Malo, arrivé au Siam en 1745, y fut durant 9 ans professeur au Collège général ; il fut ensuite procureur à Macao, et c'est là que le Pape Clément XIII vint le prendre en 1764 pour le nommer évêque de Métellopolis et Coadjuteur de Mgr Brigot. Mais, ne pouvant alors entrer au Siam, il vint en Europe et fut sacré à Rome par le Pape lui-même le 28 décembre 1766. Ce n'est qu'en 1772 qu'il put arriver à Bangkok. Des 12.000 chrétiens baptisés auparavant, il n'en retrouva qu'un millier ; la mission était détruite et il fallait la rétablir. L'évêque s'y appliquait courageusement lorsque, à l'occasion du serment à prêter au roi, son refus de se rendre à la pagode et d'y boire « l'eau du serment » préparée par les talapoins, le fit arrêter ainsi que deux missionnaires, les PP. Garnault et Coudé: tous trois furent frappés de cent coups de rotin et jetés en prison. Leur captivité dura un an ; mais le Siam leur étant interdit, après leur libération ils se retirèrent à Goa et c'est là que Mgr Le Bon mourut en 1780.
    Ses deux compagnons de torture et d'emprisonnement lui succédèrent: Mgr Coudé en 1782, Mgr Garnault en 1785. Ce dernier établit des stations chrétiennes à Penang, à Quedah, à Mergui, et ce n'est qu'en 1794 qu'il put rentrer à Bangkok. Son épiscopat fut éprouvé par l'hostilité du roi et des mandarins, par le manque de prêtres et de ressources, conséquence de la Révolution française. En 1810, un de ses missionnaires, le P. Rabeau fut jeté à la mer par des pirates birmans. La même année, Mgr Garnault choisit pour Coadjuteur le P. Florens. Il mourut Chantaboun un an après. Durant son épiscopat de 23 années, il avait ordonné 8 prêtres indigènes.
    Mgr Florens resta pendant 11 ans sans aucun collaborateur européen, aidé seulement de 5 ou 6 prêtres indigènes. Le premier missionnaire qui lui fut envoyé de Paris en 1820, le P. Pécot, mourut au bout de deux ans. Après lui, le P. Bruguière, Coadjuteur en 1829, quitta le Siam pour devenir le premier Vicaire apostolique de la Corée. Depuis 1826, 2 ou 3 missionnaires arrivèrent chaque année et, à sa mort, l'évêque avait reçu 18 ouvriers apostoliques. Grâce à ce renfort, il put entreprendre le relèvement de sa mission ; il envoya même des missionnaires au Pégou et aux îles Nicobar ; il travailla aussi à recouvrer l'emplacement de l'ancienne église de Juthia. Il mourut en 1834, laissant un bel exemple de persévérance et de zèle apostoliques.
    Mgr Couvezy, qui lui succéda, choisit pour Coadjuteur le P. Pallegoix, qu'il sacra en 1838 ; puis, le laissant à Bangkok, il se fixa à Singapore, qu'il avait habité auparavant. En 1841, il obtint de Rome que le vicariat du Siam fût divisé en deux : Siam Oriental (auj. Bangkok) et Siam Occidental (auj. Malacca), comprenant la presqu'île malaise Il se réserva cette dernière partie, et son Coadjuteur devint vicaire apostolique de la première.

    SIAM (BANGKOK). Mgr Pallegoix trouvait dans sa nouvelle mission environ 4.200 chrétiens, 12 missionnaires, 5 prêtres indigènes, quelques catéchistes et une vingtaine de religieuses annamites. Il se met à l'oeuvre sans retard, fait une tournée pastorale, envoie deux missionnaires dans le nord du vicariat non encore évangélisé, bâtit une église à Juthia, à Bangkok l'évêché et un séminaire ; il publie une grammaire de la langue thai, un dictionnaire latin-thai, une « Description du royaume Thai au Siam », etc. Ami du roi Mongkout, il obtient que les chrétiens soient exemptés de tout acte superstitieux. En un mot, son épiscopat marqua pour la religion un progrès consolant: et son souvenir est demeuré comme celui d'un des plus grands évêques qu'ait eus le Siam.
    Mgr Dupond, qui durant dix ans (1864-1873) gouverna la mission, continua les oeuvres établies par son prédécesseur ; mais c'est surtout durant l'épiscopat de Mgr Vey (1875-1909) que l'évangélisation se développa en toute sécurité. En 1881, il envoyait des missionnaires au Laos et, moins de 20 ans après, ce pays était érigé en vicariat autonome. De nouvelles chrétientés furent fondées, des écoles furent créées, un hôpital installé à Bangkok.
    Aujourd'hui la Mission de Bangkok est aussi prospère qu'on peut l'espérer avec les moyens dont elle dispose dans un pays où le bouddhisme a des racines si profondes. En 1930, la partie sud-ouest du vicariat a été cédée aux Salésiens de Dom Bosco et a constitué la préfecture apostolique de Rajaburi. Ainsi réduite, la mission de Bangkok compte encore 33.000 chrétiens, administrés par 22 missionnaires et 43 prêtres indigènes. Les Frères de Saint Gabriel, les Surs de S.-Paul de Chartres, les Ursulines de l'Union Romaine y dirigent des écoles très pros pères et dont l'influence s'étend de jour en jour. Après deux siècles de dures épreuves, le Siam jouit enfin, au point de vue religieux, d'une paix qui ne peut qu'être favorable à l'évangélisation.

    MALACCA. Détachée du Siam en 1841, la presqu'île malaise forma une mission indépendante dont Mgr Courvezy fut le premier évêque: il établit sa résidence à Singapore, s'occupa de l'évangélisation des Chinois, nombreux dans la région ; une tentative d'apostolat dans les îles Nicobar fut infructueuse. En 1844, il donnait sa démission pour se retirer en France, où il mourut 13 ans plus tard.
    Son successeur Mgr Boucho appela dans sa mission les Frères des Ecoles chrétiennes et les Soeurs du Saint Enfant Jésus (Dames de S.-Maur). Il fut quelque temps Administrateur de la mission de Birmanie, qui venait d'être confiée à la Société des M.-E. Le vicariat fit de grands progrès durant son épiscopat de 25 années.
    Mgr Le Turdu régularisa les retraites annuelles des missionnaires et tint un synode. Il travaillait à fonder de nouveaux postes lorsque la maladie l'obligea à chercher des soins à Hongkong, puis en France, où il mourut en 1877.
    Le P. Edouard Gasnier était depuis 20 ans missionnaire du Mysore (Inde) lorsque, en 1878, il fut nommé évêque d'Eucarpie et vicaire apostolique de la presqu'île malaise. Il trouvait dans cette mission 15 missionnaires, 2 prêtres indigènes, 25 catéchistes, 6.700 chrétiens et 1.425 élèves dans les écoles. A sa mort, après 18 ans d'épiscopat, on comptait 32 missionnaires, 41 catéchistes, 18.000 catholiques et 57 écoles renfermant 3.345 élèves: ces chiffres témoignent des progrès accomplis sous son administration. En 1888, le Pape relevait l'ancien siège épiscopal de Malacca, qui, érigé en 1557, avait été supprimé en 1838, et le vicaire apostolique devenait évêque de Malacca avec faculté de résider à Singapore: c'est là qu'il mourut en 1896, après avoir créé 15 nouvelles résidences, élevé nombre d'églises ou de chapelles et donné une grande extension à l'enseignement catholique, grâce au zélé concours des religieux et religieuses qui se dévouaient dans les écoles.
    Mgr Fée, qui lui succéda, travaillait dans la mission depuis 17 ans et avec grand succès lorsqu'il fut élevé à l'épiscopat. Il consacra la cathédrale du Sacré Coeur à Singapore, fonda de nombreuses écoles de garçons et de filles et donna une vive impulsion à l'évangélisation des Chinois, des Indiens et même des tribus sauvages. Frappé par la maladie, il rentra en France et mourut à Paris en janvier 1904.
    8 ans de mission en Malaisie, 12 ans de professorat au Séminaire des M.-E., telle avait été la carrière du P. Barillon, appelé à recueillir la succession de Mgr Fée. Il s'appliqua avec succès à développer les oeuvres existantes, fonda de nouvelles chrétientés, construisit un petit séminaire, publia pour la mission un Directoire » qui est un modèle du genre. De 1921 à 1932, il eut pour Coadjuteur Mgr Perrichon: à la mort de celui-ci, l'évêque donna sa démission. Il mourut à Singapore le 27 juillet 1935, mais il avait eu la joie d'apprendre la nomination de son successeur, Mgr Devais, qui gouverne actuellement le diocèse de Malacca, où l'on compte 78.000 chrétiens, 30 missionnaires, 15 prêtres indigènes, 98 catéchistes, 95 Frères des Ecoles chrétiennes, 293 Dames de Saint-Maur.
    Le Collège général de l'île de Penang, bien que relevant directement du Séminaire de Paris, est sous la juridiction de l'évêque de Malacca, qui y confère les ordres aux clercs des quelque 12 nationalités qui y sont représentées.

    LAOS. La mission actuelle du Laos étaie sa superficie de 450 km2 au centre de la péninsule indochinoise ; elle est traversée du nord au sud par le Mékong, descendu du Thibet ; depuis 1893, la rive gauche du fleuve est sous le protectorat français, la rive droite est restée siamoise. A diverses reprises des tentatives d'évangélisation avaient été faites par les vicaires apostoliques du Siam, du Tonkin et du Cambodge, mais avaient dû être abandonnées. En 1881, Mgr Vey y envoya deux missionnaires, les PP. Prodhomme et Guégo, qui, au prix de difficultés inouïes, fondèrent plusieurs chrétientés, dont les premiers membres furent des Laotiens arrachés à l'esclavage auquel les condamnaient les razzias périodiques de trafiquants birmans. Peu à peu, d'autres prêtres vinrent se joindre aux deux pionniers, les chrétientés se multiplièrent et, en 1899, le Laos était érigé en vicariat apostolique. Le P. Cuaz, depuis près de 15 ans missionnaire du Siam, en fut le premier évêque. Il s'installa à Nongseng, sur la rive siamoise du Mékong et de là rayonnant de tous côtés, visitant les chrétientés, encourageant et soutenant toutes les oeuvres, il se dévoua à son ministère avec une ardeur que sa santé ne put soutenir: miné par la maladie, il donna sa démission en 1912 et rentra en France.
    Il eut pour successeur le P. Prodhomme, qui continua, évêque, sa vie de missionnaire ; partout il était accueilli avec allégresse et les chrétiens se pressaient pour recevoir la bénédiction de celui dont tous connaissaient le zèle et le dévouement. La grande guerre, qui mobilisa 16 missionnaires du Laos, augmenta les soucis de l'évêque et les fatigues des non mobilisés. Mgr Perrichon, frappé de paralysie cérébrale, mourut le 20 août 1920.
    La mission est gouvernée depuis 1922 par Mgr Gouin, qui continue les traditions apostoliques de ses prédécesseurs et à la consolation de constater chaque année des progrès encourageants. Il a préparé la cession de la partie nord de son immense mission aux PP. Oblats de Marie Immaculée et ce sera prochainement chose faite. 23.000 chrétiens, 26 missionnaires, 11 prêtres indigènes; les Soeurs de S.-Paul de Chartres et les Filles de la Charité apportent leur dévouement à des écoles et des orphelinats: tels sont les résultats obtenus dans une région qui, il y a seulement un demi-siècle, ignorait tout de la religion chrétienne. Ils seraient assurément meilleurs encore si les ouvriers apostoliques eussent été plus nombreux et les ressources moins limitées.

    BIRMANIE

    En 1689, Mgr Laneau envoyait du Siam deux missionnaires pour évangéliser les royaumes de Pégou et d'Ava, qui se partageaient alors le territoire de la Birmanie actuelle. Leurs succès excitèrent la jalousie des bonzes, qui obtinrent du roi du Pégou leur condamnation à mort: les deux apôtres, les PP. Genoud et Joret, après avoir été exposés pendant une nuit aux piqûres des moustiques, furent enfermés Jans un sac et jetés au fleuve (1693). Ce sont les deux premiers de la longue liste de Martyrs dont s'honore la Société des Missions Etrangères de Paris.
    En 1722, était érigé le Vicariat apostolique d'Ava et Pégou, confié aux Barnabites italiens, qui s'y dévouèrent pendant un siècle au milieu de difficultés continuelles. En 1829, les Barnabites s'étant retirés faute de sujets, la Propagande chargea les Oblats de la Vierge Marie de Turin de prendre en mains cette mission, qu'ils ne purent administrer que pendant 25 ans.
    C'est alors, en 1855, que le vicariat fut confié à la Société des Missions Etrangères. Mgr Bigandet, qui en fut le premier évêque, se mit à l'oeuvre avec un zèle ardent: il bâtit une église et une résidence à Rangoon ; il appelle dans sa mission les Frères des Ecoles chrétiennes, les Soeurs de Saint-Joseph de l'Apparition, les Soeurs du Bon Pasteur ; il créée des écoles et des orphelinats. S'étant rendu à Rome en 1869 pour siéger au Concile du Vatican, il obtint le partage de sa mission en trois: Birmanie Méridionale, Septentrionale et Orientale, les deux premières restant confiées à la Société des M.-E. de Paris, la troisième aux Missions Etrangères de Milan.

    BIRMANIE MÉRIDIONALE (RANGOON). Mgr Bigandet, préposé à cette mission y continua, en les développant, les oeuvres qu'il avait commencées avant la division ; il s'occupa aussi de la formation d'un clergé indigène et jeta les bases d'un séminaire. En 1893, il sacra son Coadjuteur, Mgr Cardot, et il s'éteignit l'année suivante, âgé de 81 ans. Il est l'auteur d'une « Vie ou Légende de Gaudama, le Bouddha des Birmans » et d'autres ouvrages qui furent très appréciés pour les renseignements qu'ils apportaient sur un peuple alors très peu connu en Europe.
    Dans la mission, à laquelle Mgr Bigandet avait donné une vive impulsion, Mgr Cardot trouvait 28.000 chrétiens, administrés par 27 missionnaires et 5 prêtres indigènes. Réalisant des projets de son prédécesseur, il bâtit un séminaire, ouvre une école normale de garçons et une de filles, fonde une congrégation de religieuses birmanes, fait appel aux Petites Soeurs des Pauvres, aux Franciscaines Missionnaires de Marie pour une léproserie, fait construire la belle cathédrale de Rangoon. Lorsqu'il meurt en 1925, après 32 années d'épiscopat, il laisse 61.000 chrétiens. 39 missionnaires, 26 prêtres indigènes, 129 écoles avec 11.000 élèves. Ces chiffres permettent de dire que Mgr Cardot fut un grand évêque.
    Ses successeurs, Mgr Perroy (1925-1931) et Mgr Provost, qui dirige actuellement la mission, ont continué et continuent encore l'oeuvre si bien lancée et les comptes rendus annuels enregistrent des progrès ininterrompus dans le labeur apostolique.

    BIRMANIE SEPTENTRIONALE (MANDALAY). Mgr Bourdon fut, en 1872, le premier Vicaire apostolique de la nouvelle mission, qui ne comptait que 8 missionnaires et 1.700 chrétiens.
    La situation était difficile ; le roi se réservait le droit d'autoriser les missionnaires à se fixer dans une ville ou même un village, et l'autorisation ne s'obtenait pas toujours facilement. L'évêque se mit néanmoins résolument à l'oeuvre et l'évangélisation progressait peu à peu, lorsque, en 1885, l'Angleterre s'empara de la Birmanie. Devant un nouvel horizon, Mgr Bourdon douta-t-il de lui-même en face de la lourde tâche à accomplir avec un personnel insuffisant et des ressources trop réduites? Toujours est-il qu'il donna sa démission et se retira à Singapore, où il vécut encore 30 ans, entouré du respect et de l'estime des missionnaires, à qui, avec une simplicité édifiante, il rendit tous les services en son pouvoir.
    Il eut pour successeur Mgr Simon, qui fonda plusieurs chrétientés nouvelles, bâtit la cathédrale de Mandalay, appela les Soeurs de S.-Joseph de l'Apparition, encouragea le P. Wehinger dans l'établissement de la léproserie Saint-Jean ; mais, trahi par ses forces, le courageux Vicaire apostolique mourut après 5 années seulement d'épiscopat.

    Après lui, Mgr Usse bâtit le beau collège confié aux Frères de la Doctrine chrétienne ; il construit un évêché, un orphelinat pour les garçons et un pour les filles, un séminaire. Après 6 années, il donne sa démission et rentre en France, où il meurt en 1905.
    Mgr Cardot, de la Birmanie Méridionale, est alors nommé Administrateur de la Birmanie Septentrionale et garde cette charge pendant 7 ans. En 1906, Mgr Foulquier devient Vicaire apostolique: son épiscopat sera de 23 ans, pendant lesquels la Mission fera de grands progrès. Il donne sa démission en 1929 et a pour successeur Mgr Falière, dont le zèle continue, en les développant, les entreprises de ses prédécesseurs. Il doit céder prochainement aux missionnaires irlandais de Saint Colomban la partie nord de son vicariat.

    ***

    Les 5 missions confiées à la Société des M.-E. dans l'Indochine Occidentale comptent ensemble 140 missionnaires, 135 prêtres indigènes, 230.000 catholiques, 460 écoles avec 48.000 élèves, sans parler des orphelinats, crèches, hôpitaux, léproseries, hospices, dispensaires, etc.
    Ces résultats témoignent du zèle déployé par les missionnaires dans des régions où, eu égard à l'influence séculaire et souvent tyrannique des religions ancestrales, l'évangélisation se heurte à de formidables difficultés dont ne peuvent triompher qu'une ardeur inlassable et une inépuisable charité.

    1937/99-109
    99-109
    France
    1937
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