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Nouvelles du Kien Tchang

Nouvelles du Kien Tchang Du numéro du 21 mars de la Semaine religieuse de Kien-tchang nous extrayons le passage suivant :
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    Nouvelles du Kien Tchang

    Du numéro du 21 mars de la Semaine religieuse de Kien-tchang nous extrayons le passage suivant :

    Après la réunion de Tchen-tou, Mgr Bourgain ayant avec lui le P. Dugast, accompagna Sa Grandeur le visiteur apostolique jusqu'à Su fou. Là, un télégramme lui apprit que le P. Boutin était tombé aux mains des Barbares, et aussitôt il reprit le chemin du Kien-tchang. A Kia-lin, l'attendait l'heureuse nouvelle de la délivrance de notre confrère, après huit jours de captivité. Le 3 février, Monseigneur s'engageait sur la petite route qui par Long-tché et Tardien-tché, gagne Houang-mouchang. Bonne à aucun moment de l'année, elle est toujours à cette époque de neige et de glace, détestable ; et les deux dernières étapes, particulièrement la descente du Soilin, imposèrent à la caravane un surcroît de fatigue. La visite du district de Houang-mou-tcho lui procura quelque repos et beaucoup de consolations (8-15 fév.). Dès le lendemain du Ko-nien, passé à Fou-lin, les PP. Dugast et La Bouetté, de concert avec Monseigneur, passaient le Tong-ho. A trois jours de là, les Lolos leur réservaient une nouvelle et fort désagréable surprise. Le soir du 23 février, à Pao-gan, dans l'auberge en face de celle où s'étaient arrêtés Monseigneur et les confrères, des Barbares discutaient avec animation : on sut le lendemain l'objet de ce palabre. A mi-route de Li-ki-tchan, le P. Dugast, à pied, prenait quelque avance, heureusement suivi de près par le P. Le Bouetté. Soudain, des broussailles, surgissent une trentaine de Lolos armés jusqu'aux dents, qui, poussant leur cri sauvage, se jettent sur lui, la lance en avant. Le P. Dugast eut assez de présence d'esprit pour parer les coups les plus violents. Toujours debout, malgré quatre ou cinq blessures, il reculait pas à pas, faisant face aux agresseurs, jusqu'à ce qu'enfin, atteint profondément au genou, il tombât. A ce moment, il dit au P. Le Bouetté qui se tenait près de lui : « vite, mon revolver ». Il était temps, quelques balles bien dirigées mirent en fuite cette bande d'assassins. L'action à peine finie, arrive Monseigneur. Que se fût-il passé si la belle résistance du P. Dugast n'eût pas réussi à dégager la route. On tremble d'y penser ; on ne peut que remercier Dieu de nous avoir épargné cette épreuve et féliciter notre confrère de sa vaillante conduite. Après un pansement sommaire, notre blessé dut monter en chaise, et le même jour on atteignit Ve-hi, résidence du P. Boutin. De bons soins, donnés par un major de l'armée du général Liéou Iu Kiéou eurent vite fait de remettre en assez bonne forme le P. Dugast. Mais pendant ces deux journées d'arrêt forcé, les bagages, comprenant tout le nécessaire épiscopal et les achats faits à Tchen-tou avaient gagné du terrain. Le 25, ils étaient à leur tour pillés par les Lolos au passage du Siao-siang-lin. Rien ne restait à Monseigneur que les quelques habits de rechange qui forment le fardeau ordinaire de nos domestiques.

    C'est encore de la même mission que nous vient la nouvelle d'un nouveau brigandage. Voici comment le relate la Gazette de Yak-tchéou du 14 avril 1920.

    « Les Lolos viennent d'infliger un nouveau désastre à la mission de Kien-tchang. Le P. Grosjean annonce que le 16 mars les deux chrétientés de Lin-kiang-tang et de Ta-io ont été complètement anéanties ; maisons brûlées, chrétiens tués, enlevés ou en fuite. Il est évident que les Lolos obéissent à un mot d'ordre. Certains racontent que Kiang Zan Tin et Yang Jen Gan, obligés de céder la place aux troupes de Lieou-yukieou, se sont vantés que, bon gré, mal gré, on devra encore avoir recours à eux.
    « J'ai enfin reçu quelques détails sur l'enlèvement du P. Boutin. Tous les cinq jours la garnison de Pe-gni-ouan organise une escorte qui permet aux voyageurs de franchir la zone dangereuse de Siao-sian-lin. Vers la mi-janvier le Père partit de Yue-hi et arriva à Pe-gni-ouan après le départ de l'escorte. Il demanda au commandant Leao Se Mei s'il pourrait la rattraper. Sur sa réponse affirmative, il partit. Arrivé au sommet de la montagne le Père rencontre un groupe de Lolos soumis et leur demande de l'escorter. Ils lui répondirent : « Soyez sans crainte ; un peu plus bas il y a du monde ». Il poursuit donc sa route suivie de ses deux chevaux et de ses deux domestiques. Arrivé aux gorges de Mo-tchang-keou, une dizaine de Lolos dont l'un était armé de fusil l'arrêtèrent et l'invitèrent à les suivre. Le Père étant désarmé dut obéir. Au bout d'une dizaine de lys les bandits firent halte pour « visiter » les bagages du Père. Il portait quelques centaines de piastres pour le procureur. On lui prit tout ; puis on se remit en route. On n'avait guère fait qu'une trentaine de lys quand vint la nuit. On coucha à la belle étoile. Le lendemain matin de bonne heure on arriva à Oua-ki, à 50 lys de la grand'- route, où le Père fut gardé à vue dans un misérable village lolo.
    « Aussitôt la nouvelle connue, le mandarin civil et le commandant Leao envoyèrent à sa recherche. Pour activer la libération celui-ci alla piller quelques Lolos dont il enleva les troupeaux. Des He-i s'entremirent. Le Père promit 1.200 taels ! Et au bout de huit jours il fut enfin reconduit à la frontière où la chaise du mandarin vint le prendre pour le porter jusqu'en ville avec force pétards. Depuis les Lolos n'ont rien rendu ni rien reçu. Leurs troupeaux ont été vendus et l'affaire en est là. On dit que Siou-touan-tchang offre 4 à 500 piastres d'indemnités ».
    1920/450-451
    450-451
    Chine
    1920
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