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Nouvelles du Japon

Nouvelles du Japon Nous lisons dans les Annales de la Propagation de la Foi de Baltimore : Liberté religieuse au Japon.
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    Nouvelles du Japon

    Nous lisons dans les Annales de la Propagation de la Foi de Baltimore :

    Liberté religieuse au Japon.

    Mgr Petrelli, délégué apostolique aux Iles Philippines, qui était venu ici au temps de l'avènement du nouvel empereur pour lui présenter les félicitations du Saint Père, est revenu depuis ce temps pour régler plusieurs questions délicates. Les îles Carolines, en Océanie, et plusieurs autres colonies allemandes, occupées par le Japon au début de la guerre, étaient administrées par les Capucins allemands dont plusieurs ont été envoyés en Amérique.
    Le délégué apostolique désirait également s'assurer si les prisonniers de guerre allemands catholiques avaient ici toute liberté de pratiquer leur religion et se rendre compte de l'état des deux préfectures apostoliques administrées par les religieux allemands. Tous ces points furent vite réglés et ne donnèrent aucun ennui au représentant du Saint Siège, mais il en est un autre qui donnera plus de difficultés. Il s'agit des cérémonies shintoïstes en l'honneur des esprits des grands hommes ; le gouvernement assure qu'il les regarde comme des cérémonies purement civiles, mais les consciences chrétiennes les considèrent comme faisant partie d'un culte religieux. La difficulté a lieu spécialement pour les fonctionnaires, les soldats et les enfants des écoles primaires. L'évêque de Nagasaki, qui gouverne les cinq septièmes environ des catholiques japonais, a publié récemment une sorte de pastorale définissant la situation et marquant la conduite à tenir. Il déclare et démontre que ces pratiques sont superstitieuses et non pure ment civiles, que telle a toujours été et que telle est encore leur universelle interprétation, contrairement aux assertions intéressées du gouvernement, dont le seul but est d'éviter des difficultés du côté chrétien.
    Dernièrement il y eut une cérémonie à l'école primaire d'un village entièrement chrétien, mais dont les instituteurs sont païens. On avertit les enfants d'apporter avec eux leur repas de midi et de se préparer pour une longue promenade. Ce fut une grande joie et un grand enthousiasme à la pensée de sortir avec les maîtres, mais vite les plus âgés remarquèrent qu'on se dirigeait dans la direction d'un temple shintoïste renommé, et, craignant un piège, ils se dérobèrent par les détours qui se présentèrent. Plusieurs d'entre eux détachèrent la courroie qui retient la sandale japonaise et eurent ainsi une excuse plausible. A la fin, les plus jeunes seuls, et en petit nombre, atteignirent le temple où on les conduisait. Quand les maîtres leur demandèrent d'accomplir les superstitions et la révérence idolâtrique, plusieurs restèrent immobiles, mais quelques-uns obéirent sans savoir complètement ce qu'ils faisaient.
    Le jour suivant, il y eut des scènes à l'école et dans le village chrétien. A l'école, le directeur assembla les élèves et leur reprocha leur désertion et leur désobéissance aux lois du pays, ajoutant en guise de conclusion : « Dans les temps anciens, vos ancêtres ont souffert pour cette cause ; si vous ne changez pas, les mêmes malheurs fondront sur vous... »
    Mais les parents chrétiens ne reculèrent pas. L'un d'eux vint à l'école demander raison au directeur de cette violation de la constitution qui garantit la liberté de conscience à tous les japonais ; mais le directeur voulant éviter la difficulté feignit une maladie. Un des maîtres dut se laisser interroger par le père chrétien et s'excusa en alléguant des ordres supérieurs. Là- dessus, les personnes les plus importantes du village décidèrent de s'adresser directement au gouverneur de la province. A la nouvelle de cette détermination, les autorités inférieures s'employèrent de tout leur pouvoir, à l'aide de promesses, de menaces, de cajoleries, à empêcher cette démarche hardie : elle eut lieu néanmoins. Les délégués, reçus avec une grande courtoisie par le Gouverneur, exposèrent leurs griefs et demandèrent formellement si, oui ou non, il y avait au Japon une loi obligeant les citoyens ou leurs enfants à se rendre au temple shintoïste. Le préfet, après avoir battu les buissons pour s'éviter de donner une réponse directe, fut obligé d'admettre qu'une telle loi n'existait pas, mais il ajouta que la question allait être examinée à la capitale et qu'une décision serait bientôt publiée. Des ordres ont dû être donnés depuis, car les enfants ont été laissés libres de s'absenter des exercices religieux. Mais quand les soldats chrétiens ont fait la même requête, en proposant de substituer à la cérémonie shintoïste l'audition de la messe dans l'église du village, ils n'ont pas reçu une réponse satisfaisante. Mgr Petrelli a exposé la question au ministre des affaires étrangères, et, à la demande de ce dernier, a présenté un mémorandum des faits motivant ses assertions
    1920/446-449
    446-449
    Japon
    1920
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