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Nouvelles diverses des missions

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    Nouvelles diverses des missions

    Kien-tchang. L'imagination chinoise. « Aidés de deux bons prêtres chinois, un troisième restant attaché au séminaire, nous nous partageâmes les treize immenses districts à parcourir. Il fallait nous multiplier, non seulement pour visiter nos chrétientés et nos écoles, mais aussi pour parer au danger des mauvaises rumeurs largement répandues, en nous montrant un peu partout le plus souvent possible. On disait, en effet, la France perdue, le Pape mis à mort par les Allemands, les missionnaires catholiques tous partis, leurs maisons et leurs églises en vente, les chrétiens eux-mêmes appelés en Europe pour faire la guerre ! Un jour, j'entendis de mes oreilles raconter les détails d'un banquet fantastique où sur une place de Ning-yuen fou, l'évêque avait, disait-on, traité et harangué des milliers de chrétiens avant de les conduire sur le front.
    « Grâce au sang-froid et à l'activité de tous, il n'y eut aucun désarroi. A peine fallut-il nous résigner à licencier prématurément une ou deux écoles, et à remettre à un peu plus tard la visite de quelques rares stations ».

    (Lettre de Mgr de Guébriant).

    Se-tchoan oriental. Une procession à Lan-tchouan « Le district de Lan-tcheou était désolé par la sécheresse et le riz ne pouvait être planté. Quelques jours avant la fête du Sacré Coeur, les païens, sachant que les chrétiens allaient célébrer une grande fête, déléguèrent les notables de la ville auprès du missionnaire, afin de le prier d'intercéder pour eux auprès du Maître du ciel, le jour de la fête. Une entente eut lieu, des conditions furent posées et acceptées. Le jour de la fête du Sacré Coeur, après la messe, M. Cazaban sortit avec le Saint-Sacrement en dehors de l'église. Toutes les autorités locales, qui attendaient en habits de cérémonie, firent une escorte d'honneur au Saint-Sacrement ; les chrétiens, un cierge à la main, suivirent la procession en chantant des prières. On parcourut ainsi les principales rues de la ville et le Saint-Sacrement rentra à l'église après avoir béni toute cette foule respectueuse et recueillie. Espérons que cette belle cérémonie sera le point de départ de nouvelles conversions ».

    Cochinchine septentrionale. Piété et mort d'une petite fille de Minh-mang. « Dans le courant de cet exercice, est morte Phu-cam une petite-fille du cruel Minh-mang, convertie il y a 38 ans. Cette princesse, pour être plus libre de pratiquer la religion catholique, s'était séparée de sa fille unique et de ses proches ; elle logeait tantôt ici, tantôt là, le plus ordinairement à l'orphelinat des Soeurs de Saint-Paul de Chartres, où l'on était heureux de lui donner l'hospitalité. Pénétrée de l'importance du salut, et redoutant pardessus tout les tourments de l'enfer, elle n'a jamais dévié du droit chemin, et elle n'aurait pas hésité à mourir plutôt que de renier la foi.
    « Un jour qu'elle voyageait à bord d'une jonque dont l'équipage ne lui inspirait aucune confiance, la pensée lui vint que les gens de la barque avaient l'intention de la tuer pour s'emparer de la somme, relativement considérable, qu'elle avait sur elle. Cette perspective de mourir à cause d'un peu d'argent, lui devint insupportable : « S'il faut mourir, se dit-elle, j'y consens ; mais que je meure pour Dieu, pour ma religion, et non à cause de quelques piastres ». Et sans balancer un instant, elle jeta à l'eau tout ce qu'elle possédait.
    « Dès qu'elle s'est sentie gravement malade, elle s'est fait transporter chez un de ses neveux qu'elle savait excellent chrétien. C'est là qu'après avoir reçu avec piété le saint viatique et l'extrême-onction, elle rendit doucement son âme à Dieu. Un frère de cette princesse avait jadis, en même temps qu'elle, témoigné le désir de se faire chrétien ; mais il n'avait jamais voulu rompre complètement avec les coutumes païennes, et, quoique toujours obsédé par la crainte de mourir sans baptême, il continuait à vivre dans le paganisme. Après la mort de sa soeur, qui a dû prier pour lui au ciel, il a mis fin à ses tergiversations et a reçu le baptême des mains de M. Stoeffler ».

    (Lettre de Mgr Allys).

    Cochinchine orientale. Foi d'un néophyte. « M. Sanctuaire a pu prendre pied à Hoa-mi, malgré l'opposition de certains notables qui ont fait l'impossible pour l'empêcher de réussir. Mais la foi des nouveaux convertis de ce village a été soumise à une rude épreuve, trois jours seulement après leur baptême. La femme du néophyte le plus influent mourut presque subitement. Aussitôt les amis du mari d'accourir pour lui offrir leurs condoléances et lui faire des observations au sujet de sa conversion : « Tu ne saurais nier maintenant, lui disent-ils, que tes ancêtres sont mécontents, irrités de ta conduite. Il est clair qu'ils se vengent de ce que tu les a abandonnés pour suivre la religion de Jésus». Le brave homme, soutenu par la grâce du baptême, ne se laissa point intimider. Le missionnaire lui ayant adressé quelques paroles d'encouragement, il fit la réponse suivante : « Père, c'est le bon Dieu qui a permis la mort de ma femme. Elle était baptisée depuis trois jours seulement, et elle n'a sans doute pas commis de faute grave. Je suis à peu près certain qu'elle est sauvée. La pensée qu'elle est au ciel me console, et les païens peuvent bien dire tout ce qu'ils voudront : je ne m'en inquiète nullement ».

    Tonkin occidental. Nouvelles chrétientés. « Depuis le premier de l'an, la paroisse de Hoang-nguyen s'est accrue de deux nouvelles chrétientés, celle de Bim à mi-chemin du collège au chemin de fer, et celle de Giap bu pas très éloignée non plus. J'y ai envoyé deux catéchistes : les choses ont l'air d'être bien commencées, et j'ai tout lieu de croire qu'il en sortira quelque chose, surtout à Bim, centre du canton, où un bon chrétien habitant Hanoi, ancien fonctionnaire, ayant des intérêts fonciers à gérer dans cette région, est d'un grand secours pour le catéchiste. Il s'occupe maintenant à installer une maison pour y enseigner la doctrine et à exhorter les habitants à se convertir en plus grand nombre. Quant à Giap bu, ce sera plus dur, car le village ne passe pas précisément pour être un modèle de vertus, mais qui sait ? Dieu aidant, on arrivera peut-être à faire de ces esclaves du démon, des enfants de Dieu. En tout cas, il faut toujours essayer ».

    1916/151-152
    151-152
    France et Asie
    1916
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