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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Tokyo (Japon). OEuvre des Maisons de Famille pour les Étudiants Japonais. L'avenir religieux et social d'un peuple est tout entier dans l'éducation de sa jeunesse. L'Église nous rappelle constamment ce principe. Elle a toujours entouré la jeunesse de tous les peuples de sa plus maternelle sollicitude. Les ennemis de la Religion connaissent eux aussi l'importance de l'éducation, et c'est principalement sur ce point qu'ils concentrent leurs efforts.
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    Nouvelles diverses

    Tokyo (Japon). OEuvre des Maisons de Famille pour les Étudiants Japonais. L'avenir religieux et social d'un peuple est tout entier dans l'éducation de sa jeunesse. L'Église nous rappelle constamment ce principe. Elle a toujours entouré la jeunesse de tous les peuples de sa plus maternelle sollicitude. Les ennemis de la Religion connaissent eux aussi l'importance de l'éducation, et c'est principalement sur ce point qu'ils concentrent leurs efforts.
    Cette importance de l'éducation, en vue de l'avenir, est plus grande encore au Japon qu'ailleurs. Le Japon, en effet, est un pays qui s'ouvre à la civilisation matérielle avec une ardeur et une rapidité qui surprennent le monde. Il cherche sa voie, et de la direction qu'il va prendre, dépendent son avenir social et religieux, ses conditions d'existence et le genre d'influence qu'il exercera sur l'Extrême-Orient.
    L'éducation comprend deux choses : la formation de l'intelligence et la formation de la volonté.
    Pour les jeunes gens japonais, la formation de l'intelligence au point de vue scientifique laisse peu à désirer. Les écoles ont pris au Japon un développement considérable. Quatre-vingts pour cent des garçons passent par l'école primaire. Un esprit naturellement ouvert et curieux, un goût très prononcé pour les sciences et leurs progrès, enfin la nécessité des études pour parvenir à la plus modeste position, poussent les jeunes gens par milliers dans les écoles secondaires et supérieures. La ville de Tokio réunit près de quarante mille étudiants ; leur nombre, pour le pays tout entier, dépasse cent mille. C'est un engouement général, auquel le succès répond du reste dans une mesure qu'il serait injuste de nier ; vu le caractère japonais, les méthodes suivies et l'état actuel du pays, l'enseignement y donne tout ce qui est matériellement nécessaire.
    Mais si l'on se place au point de vue de l'instruction religieuse, de la morale et des principes philosophiques, cette formation de l'intelligence est nulle ou complètement erronée. C'est à tel point qu'aujourd'hui, au Japon, qui se dit savant se dit athée et matérialiste. Quant à la morale, en particulier, les plus fameux éducateurs du Japon se disputent entre eux pour savoir sur quel fondement ils la pourraient bien faire reposer. La seule base solide, l'idée religieuse, est unanimement rejetée comme une antiquité méprisable, comme une chose anti-rationnelle et anti-scientifique.
    La formation de la volonté, c'est-à-dire du coeur, est également nulle ou du moins faussée, pour deux motifs :
    1° à cause de cette absence ou de cette fausseté, signalées plus haut, de tout enseignement religieux, moral et philosophique ; il est impossible, en effet, que dans un pareil chaos d'idées, les volontés, privées de lumière certaine et de guide, puissent suivre une règle quelconque ;
    2° à cause du manque de soins extérieurs. Sur ce point l'insouciance est générale et fait peine à voir. Les professeurs, plus encore que les parents, s'affranchissent des devoirs pratiques de l'éducation ; ils sont convaincus que tout leur rôle est rempli, lorsqu'ils ont fait régulièrement leur cours. Hors de là, aucune vigilance, aucune surveillance. La liberté, ou plutôt la licence laissée aux étudiants est à peu près complète.
    Le système de l'internat est très peu pratiqué au Japon. Les étudiants ne vont aux écoles que pour les heures classe. Ils logent en ville, où il leur plaît, par groupes de vingt ou trente, dans des pensions spéciales, sortes d'hôtelleries où, faute de direction et de surveillance, ils perdent leur temps et leur santé au milieu de désordres faciles à comprendre.
    En résumé donc, à l'école, l'intelligence des jeunes gens est faussée sur les points les plus importants par l'enseignement officiel ; dans les logements communs, elle achève de se pervertir, et leur coeur, sans préservatif et sans guide, s'égare et se corrompt, quelquefois pour toujours. Ainsi se passe la jeunesse de presque tous ceux qui au Japon auront plus tard un nom, une position, une influence.
    Pour remédier à un mal si considérable, le premier et plus efficace moyen serait évidemment la fondation de nombreuses écoles catholiques. I1 en existe trois actuellement au Japon, qui rendent de très grands services, surtout pour les jeunes gens chrétiens. Mais dans un pays de quarante-cinq millions d'âmes, il est difficile, même avec le temps de multiplier ces écoles autant qu'il le faudrait pour pouvoir exercer par elles une influence étendue et puissante. Trois principaux obstacles s'y opposent : 1° les dépenses considérables, le personnel nombreux et choisi qu'exige l'installation de chacun de ces collèges ; 2° la préférence que les Japonais visant aux carrières officielles accorderont toujours aux écoles du gouvernement ; 3° la difficulté de lutter contre le monopole d'enseignement qu'en définitive l'Etat se réserve, et contre les entraves qu'en conséquence il oppose aux écoles libres.
    Un autre moyen de remédier au mal, et qui échappe aux trois difficultés précédentes, est celui qu'indique le titre même de cette notice : l'OEuvre des Maisons de Famille pour les Etudiants. A la place de ces logements païens, où les jeunes gens sont livrés à eux-mêmes, sans discipline et sans contrôle, il s'agit de leur installer des maisons sérieusement tenues sous la direction d'un missionnaire. Là, les étudiants, en dehors des heures qu'ils passent aux diverses écoles, sont logés, nourris, surveillés, soumis à un règlement facile et adapté aux coutumes japonaises. Une instruction religieuse solide et développée redresse les idées fausses reçues au contact du dehors et fait d'eux des chrétiens fermes et pratiquants. Une formation morale bien entendue les prépare à être plus tard des hommes de principes et de conduite. Tous ces jeunes gens sont dirigés, chacun selon ses goûts et ses aptitudes, dans les diverses carrières officielles afin que plus tard, pénétrant dans la classe dirigeante, ils exercent sur elle une influence chrétienne. Dans ce but, à la maison ils étudient plus à fond le français et l'anglais dont la nécessité s'impose ici tous les jours davantage.
    L'oeuvre des Maisons de Famille pour les Etudiants Japonais a été commencée très modestement à Tokyo, à la fin de 1899, avec l'approbation de S. G. Mgr l'Archevêque. Ne possédant ni terrain, ni installation, elle a dû louer une petite maison japonaise, et par conséquent restreindre à un nombre très limité le chiffre de ses pensionnaires. La quantité continuellement croissante des demandes d'admission, demandes que nous sommes, hélas ! Obligés de refuser faute de local, les résultats pratiques et vraiment consolants obtenus jusqu'à ce jour, tout nous fait espérer que cette OEuvre est appelée à réussir et à rendre d'importants services.
    Mais il est évident que son but ne sera atteint que dans la mesure où elle pourra s'étendre et se multiplier.

    Japon. Récompense académique. Dans sa séance du 6 avril 1906, l'Académie des Inscriptions a, sur le rapport de M. Chavannes décerné le prix Stanislas Julien, de la valeur de 1.500 fr. à MM. E. Raguet, de la Société des Missions Etrangères de Paris, et Ono, conférencier du lycée supérieur à Tokyo, pour leur Dictionnaire français japonais, précédé d'un abrégé de grammaire japonaise.

    Tonkin Occidental. Le Typhon. Au 1er typhon, il y avait eu des dégâts sans doute, mais pas autant que je croyais, du moins pour le collège. Quant au dernier, nous avons été plus éprouvés. Juste le jour où le typhon se déchaînait, nos deux grandes barques revenaient de Ké-so avec un chargement de pierres. Surprises par un violent coup de vent qui prélude à la fureur du typhon, elles sombrèrent en un clin d'oeil, et l'équipage formé de 10 personnes fit aussi le plongeon, mais, Dieu merci, comme c'étaient d'habiles nageurs, ils purent arriver à un massif de bambous auxquels ils se cramponnèrent et où ils passèrent le reste de la nuit. Le naufrage se produisit à 4 kilomètres d'ici.
    Au matin, le vent soufflait déjà avec rage et le typhon paraissait imminent. Averti du naufrage, je n'hésitai pas à envoyer un catéchiste avec une barque pour essayer le sauvetage. Pour descendre, pas de difficultés, le vent les poussait; mais pour revenir, ce fut une autre affaire ; la barque sombre à son tour, et voilà de nouveau tout le monde à l'eau (11 personnes) et le catéchiste en tête. Le typhon commençait à donner sérieusement. Pourtant tous nos gens firent des prodiges de valeur et purent à la nage gagner une pauvre masure déjà toute branlante. C'est là qu'ils se nichèrent pendant la nuit, s'attendant à la voir emportée d'un moment à l'autre. Elle tint bon, et le lendemain, à la tombée de la nuit, mes gens rentraient au bercail tous en vie. (Lettre de M. Tardy, mis. apos.).

    Haut Tonkin. La Famine. L'Inondation. Que vous dirai-je maintenant de la situation ? Déjà vous avez dû recevoir tant de la part de Mgr Ramond que de celle de Mgr Gendreau, des lettres vous la dépeignant sous le jour le plus triste, et vraiment à moins d'être sur les lieux on ne peut guère se faire une idée de la désolation qui règne en beaucoup d'endroits, et encore en ce moment c'est passable ; car il y a des marchés où , en payant , on peut se procurer du riz ; mais aux mois de janvier février, mars, ce sera la misère avec toutes ses horreurs, et comme la faim est mauvaise conseillère, je crains beaucoup pour cette époque. Naturellement mon district n'a pas échappé à la loi commune, et cette fois tous mes chrétiens ont absolument perdu toute leur récolte, les uns à cause des pluies, les autres à cause de l'inondation, mais comme résultat, c'est absolument la même chose. Vous aurez une preuve de la détresse qui règne dans mon pauvre district en apprenant que Monseigneur vient de mettre à ma disposition une somme de deux cents piastres pour subvenir aux besoins les plus urgents de mes pauvres nouveaux chrétiens, car ce sont encore eux les plus éprouvés. Quelle tristesse, mon Dieu, et aussi comme on se sent petit en voyant ces manifestations de la puissance de Dieu. Tout le monde s'accorde à dire que jamais on n'a vu une inondation semblable à celle de cette année. Les vieillards de 70 ans et plus, aussi loin qu'ils remontent dans leurs souvenirs, sont unanimes à certifier la même chose. Ils disent bien avoir vu quelquefois les eaux du fleuve monter à un niveau plus élevé que celui qu'elles ont atteint cette année, mais jamais ils n'ont vu les eaux se maintenir si longtemps à une telle hauteur, ni surtout vu au mois d'octobre une inondation pareille. Les rizières étaient toutes repiquées, le riz semblait de belle venue, tout faisait présager une belle récolte, quand dans l'espace de trois jours toutes ces espérances ont été anéanties pour faire place à la plus cruelle déception que l'on puisse imaginer. Tout le monde cherche dés causes plus ou moins naturelles à cette catastrophe, les uns s'en prennent aux digues, les autres aux barres qui se forment peu à peu dans le cours du Fleuve Rouge ou de ses déversoirs, mais personne ne fait attention à la véritable cause, au châtiment infligé par Dieu à ceux qui ne veulent pas tenir compte de Lui dans leur conduite. (Lettre de M. Duhamel, mis. apost).

    Laos. Messe en plain-chant. Voici bientôt vingt ans que je suis au Laos et pendant ce temps, c'est à peine si une fois ou deux par an nos séminaristes laotiens ont pu me procurer le bonheur d'avoir une messe chantée dans mon église. En dehors de ces rares exceptions, les dimanches et fêtes se passent comme les jours ordinaires sauf que les chrétiens arrivent plus nombreux à l'église, mais c'est toujours avec une simple messe basse et sans bénédiction du Saint-Sacrement que sont tous mes dimanches et fêtes au Laos. J'ai voulu en finir avec ce système, et les circonstances s'y prêtant, je me suis mis à former au plain-chant une vingtaine de jeunes Laotiens qui, entre parenthèses, ne chantent pas trop mal ; mais il me faudrait un harmonium pour soutenir et fortifier leurs voix ; comment me le procurer avec Une bourse vide ? (Lettre de M. Excoffier, mis ap.).

    Yun-nan. Conversions. Depuis six mois nos chers confrères du Yun-nan rivalisent de zèle et d'entrain. Ainsi, dans les trois derniers mois seulement, ont-ils conquis à la foi six villes inabordables jusqu'ici. Et ce ne sont pas des moindres, jugez-en : Au Si-tao, Ly-kiang-fou, Ho-kin-tcheou, Kien-tchouan-tcheou se partagent 270 familles de néophytes tout récents. Le mouvement promet de se généraliser et d'atteindre le gros de la population.
    Pin-tchouan-tcheou avec sa banlieue, a déjà fourni plus de mille recrues.
    Voilà donc Ta-ly pourvu d'une riche ceinture de catéchumènes, car j'oubliais de noter Mong-hoa-tin, où nous compterions bien plus que les 30 familles converties, sans l'opposition inique du mandarin.
    Au sud-ouest, Yong-pe-tin a aussi fourni 30 familles à M. Leparoux.
    Comme bien vous le pensez, tous ces succès ne vont pas sans protestations de l'enfer : chaque occupation nouvelle déchaîne des oppositions plus ou moins violentes. La lutte est engagée chaudement ; reste à la soutenir avec bravoure, sans sortir de la légalité. (Lettre de M. E. Maire, provicaire, 31 janvier 1006).
    1906/185-189
    185-189
    France et Asie
    1906
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