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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Rome. Tableau des Martyrs offert au Souverain Pontife. M. Cazenave, procureur de la Société des Missions Étrangères à Rome, écrit en date du 30 mai :
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    Nouvelles diverses
    Rome. Tableau des Martyrs offert au Souverain Pontife. M. Cazenave, procureur de la Société des Missions Étrangères à Rome, écrit en date du 30 mai :
    « Aujourd'hui les quatre postulateurs de la cause des 77 Bienheureux du 27 mai 1900 ont eu l'audience du Saint Père pour Lui offrir le tableau d'usage en cette circonstance. La hauteur de ce tableau étant de 5 mètres et sa largeur de 7, cadre compris, il fallait une salle assez grande pour l'y placer, et c'est la salle du Consistoire qui a été choisie pour cela. Il ne s'agit, du reste, que d'une salle provisoire, afin que le Saint Père pût le voir. L'audience était pour midi et le Pape est arrivé à midi 20 dans la salle du Consistoire, où l'attendaient les quatre postulateurs et le peintre. Il était porté dans une petite chaise, précédé de deux gardes nobles et de deux camériers de cape et d'épée. Le maître de chambre et le camérier de service l'accompagnaient. Il s'est assis dans un fauteuil sur une petite estrade, à quelque distance du tableau, dont il s'est fait expliquer le sujet par le peintre et les postulateurs. Il a beaucoup loué le peintre, admiré son travail et dit que souvent on offrait des tableaux assez médiocres; mais que, s'il ne se trompait point, celui-ci sortait de l'ordinaire. Où le mettrons-nous? Sest-il demandé. Il faudrait une grande salle, car il mérite une place. Le Saint Père s'est ensuite levé et approché du tableau pour en voir les détails, tout en continuant de louer le peintre. Il est reparti après environ un quart d'heure et, avant de rentrer dans sa chaise, il a donné la bénédiction aux quatre postulateurs et au peintre, qui ont été très satisfaits de la séance, surtout ce dernier... Léon XIII m'a paru magnifique de santé; sa figure était très reposée, sa parole et sa démarche celles d'un homme plein de vie ».
    Triduums en l'honneur de nos Martyrs. En Savoie : Le petit village d'Onnion a célébré le Triduum de la Béatification d'un de ses fils, notre B. François Jaccard. Un des directeurs du Séminaire des Missions Étrangères, M. Grosjean, y assistait et voici un très pâle résumé de ses impressions :
    « Quoiqu'Onnion ne soit qu'un village, la fête a été splendide et a remué toutes les paroisses d'alentour qui sont venues en procession assister aux offices. Il a fallu prêcher en plein air. Toutes les maisons étaient pavoisées, non seulement dans le village, mais aux environs et sur un parcours de 4 à 5 kilomètres, la route qui conduit de l'église à la maison paternelle du Bienheureux et qui a été parcourue en procession, était tout ornée de guirlandes de verdure et de fleurs. Enfin, la voix du canon, les feux d'artifice, les feux de joie sur les montagnes environnantes et surtout les confessionnaux très fréquentés pendant les trois jours, ont donné au triduum d'Onnion un caractère ravissant et inoubliable. M. l'abbé Moccand, un des vicaires généraux d'Annecy et une soixantaine de prêtres y assistaient, heureux de voir le zèle du vénérable curé d'Onnion si admirablement récompensé. »
    En Normandie : À Mortain (Manche), il y a eu grande fête au commencement du mois de juin. C'est là que se trouve le petit séminaire diocésain, et là que notre Bienheureux Auguste Chapdelaine a fait ses études secondaires. Les anciens élèves de cet établissement se sont cotisés pour élever un autel en l'honneur du Bienheureux et S. G. Mgr l'évêque de Coutances en a fait la consécration solennelle. M. Hinard, directeur, a été député pour y représenter notre Séminaire. Cette consécration s'est faite avec beaucoup de solennité, et a été précédée de deux jours de fête avec offices et prédications en forme de Triduum.
    On y a chanté la sublime trilogie de Ch. Gounod, La Rédemption, et on l'a fait suivre des strophes suivantes en l'honneur du Bienheureux.

    APOTHÉOSE
    Chur de la terre
    Ouvrez vos portes éternelles
    Puissances et vertus, Saints, Elus glorieux!
    Ouvrez, c'est notre Apôtre! Il monte radieux
    Vers vos phalanges immortelles
    Ouvrez! Cest notre Bienheureux

    Chur céleste (Soprano)
    Qui donc est-il pour tant de gloire?

    Chur de la terre
    C'est le vaillant soldat, héros de la victoire !

    Chur céleste (Soprano)
    Qui donc est-il pour tant de gloire?

    Chur de la terre
    Il est prêtre et martyr, Apôtre de Jésus
    C'est notre frère et celui des Elus
    Ouvrez vos portes éternelles
    Puissances et vertus, Saints, Elus glorieux
    Ouvrez, c'est notre Apôtre! Il monte radieux
    Vers vos phalanges immortelles
    Ouvrez... c'est notre Bienheureux

    Dans l'Inde : Les nouvelles des triduums établis dans nos missions en l'honneur de nos martyrs nous arrivent nombreuses et intéressantes. Nous avons le regret de ne pouvoir les reproduire complètement, tout au moins nous en donnerons une partie.
    The Catholic Watchman, journal hebdomadaire publié à Madras, a raconté les fêtes qui ont eu lieu à Bangalore, d'abord les 19, 20 et 21 avril, à la cathédrale admirablement décorée par le P. Tabard et son vicaire le P. Mascarenhas.
    Les offices furent très solennels, embellis par les chants des jeunes gens du collège, ou par ceux des jeunes filles, pensionnaires du couvent du Bon Pasteur. Les sermons, donnés en anglais par les PP. Cholet, Schmitt et Vissac, ont été très remarqués.
    Le 3 mai et les jours suivants, un autre triduum a eu lieu à l'église de Sainte-Marie de Blackpally, où les sermons furent prêchés en tamoul par le P. Servanton.
    Le même journal nous donne des détails sur le Triduum qui a été célébré, le 28 avril, à Karikal, et dont la partie la plus brillante a été la procession formée par tous les chrétiens et par les nombreux élèves du collège séminaire avec leur fanfare.
    Une chose très consolante a été la piété des chrétiens dont un grand nombre ont fait la sainte communion.
    A Cuddalore, outre le Triduum, les Pères du collège avaient eu l'excellente idée d'organiser une réunion sous la présidence d'un ancien officier de police, M. T. O'Connell. Le P. Fahrer prononça d'abord un discours sur la situation politique et religieuse de l'Annam au moment des persécutions; des élèves racontèrent la vie de plusieurs martyrs : Lourdesmadanaden celle du B. Thomas Thien, S. Culandaisamy celle du B. Paul Buong. La vie du B. Borie fut résumée par le P. Verdure.
    La journée finit par la bénédiction du Saint-Sacrement, puis par le chant du Départ et par le chant des Martyrs dont l'exécution enthousiasma les assistants.
    Au Tonkin: La série des fêtes en l'honneur de nos Bienheureux commença dans la paroisse de Ké-ben, province de Thanh-hoa. Cette paroisse est la patrie de deux de nos martyrs: les Bienheureux Jacques Nam et Paul Ngan, prêtres indigènes décapités à Nam-dinh en 1838 et 1840.
    Le triduum eut lieu les 8, 9, 10 mars dernier, il fut présidé par Mgr Marcou, assisté de quatre missionnaires français et de cinq prêtres indigènes.
    Ce fut vraiment une fête générale pour tous les chrétiens de la province, si fiers de voir leurs compatriotes devenus leurs protecteurs officiels dans le paradis. Beaucoup de nos chrétiens firent deux ou trois jours de marche pour venir assister à ces fêtes, s'approcher des sacrements, et gagner l'indulgence plénière accordée dans cette circonstance. Dès les 5 et 6 mars, on vit accourir des quatre coins de la province des groupes nombreux d'hommes, de femmes et d'enfants. Le 7 mars, veille de l'ouverture du Triduum on organisa le cortège, composé de plus de 3.000 personnes, pour aller chercher les châsses à l'extrémité de la paroisse et les ramener en grande pompe au chef-lieu. Sur tout le parcours, long de plus de 10 kilomètres, on avait planté, tous les 50 mètres, de hautes colonnes surmontées du drapeau aux couleurs nationales ; on avait aussi dressé, de distance en distance, de jolis arcs de triomphe en feuillages. Chaque chrétienté de la paroisse, et chaque députation des paroisses voisines avait sa bannière spéciale, portée par le plus ancien du village, bannière représentant soit le portrait des Bienheureux, soit les différentes scènes de leur interrogatoire et de leur martyre. Immédiatement avant les précieuses châsses portées sur un magnifique brancard doré, marchait un groupe charmant de plus de cinquante petits garçons et de cinquante petites filles de huit à dix ans, en habits de soie rouge et bleue, chantant de leurs voix claires, de naïfs cantiques en l'honneur des Saints. Et le cortège dura ainsi pendant 4 heures, au son du tambour et au bruit des pétards.
    A l'entrée de chaque village païen traversé par le cortège se tenaient les notables bouddhistes, en habits de cérémonie, venant offrir aux Bienheureux des primeurs sur un plateau doré, et leur faire le grand salut réservé au roi et aux grands dignitaires du royaume.
    Eh! Quoi ce cortège triomphal, ce glorieux retour dans la patrie étaient-ils bien pour ceux qui, il y a 60 ans, étaient arrêtés et conduits en prison, la cangue au cou, entre deux haies de soldats comme des malfaiteurs! Dieu glorifie les siens.
    Les reliques furent déposées dans la pauvre église du chef-lieu, des deux côtés du maître-autel sur des coussins de soie rouge. Elles demeurèrent ainsi exposées pendant trois jours et trois nuits, entourées de flambeaux et furent vénérées sans interruption par une foule empressée et fervente.
    Les confessionnaux furent assiégés, plus de 1.500 chrétiens approchèrent des sacrements, et beaucoup attendirent jour et nuit pendant tout le Triduum avant que leur tour arrivât de se confesser. J'ai vu plusieurs pauvres mères, ayant un enfant à la mamelle, venir à 11 heures du soir me demander si c'était passé minuit, car disaient-elles, nous attendons depuis 6 heures du matin, nous sommes encore à jeun et nous voulons pouvoir communier demain matin. Jamais on n'avait vu un tel empressement. Beaucoup de vieux pécheurs, oublieux de leurs devoirs depuis cinq ou six ans, firent deux ou trois jours de marche pour venir se confesser pendant ce Triduum; quelques-uns étaient des apostats du temps des persécutions, d'il y a quarante à cinquante ans; nous eûmes de bien grandes consolations.
    Hélas! Aucune fête de ce monde qui n'ait sa goutte d'amertume. Jamais encore la pauvreté du local qui nous sert d'église paroissale provisoire depuis quinze ans, ne m'avait autant attristé que pendant nos fêtes. Combien une nouvelle église est nécessaire ici, où trouver une terre plus sanctifiée que celle de l'emplacement destiné à la future église des deux Bienheureux? Cet emplacement est l'endroit même où, il y a 18 ans, plus de 90 chrétiens de la paroisse furent enchaînés deux à deux dans un corps de garde et brûlés vifs par les ennemis de la religion et de la France.
    Ils avaient à leur tête un diacre de quatre-vingt-cinq ans qui entonna l'acte de contrition, si touchant en annamite, au moment où les soldats allumaient l'horrible incendie, et au milieu du crépitement des flammes on entendit la voix grave du diacre et de ses compagnons achever la prière. (Lettre du P. Vallet, 7 avril 1901.)

    Pondichéry. Mon district continue à se développer dans de belles proportions; le nombre des confessions en est la meilleure preuve. En 1898 j'avais eu seulement 684 confessions; en 1899 j'en ai eu 1.724; en 1900, 2.137, et, cette année, j'espère arriver à 3.000.
    Le mouvement des conversions se maintient; il semble même vouloir entraîner les Choutres. Le mois dernier j'en ai baptisé une vingtaine, et plusieurs familles de la même caste parlent de venir. Ces conversions me causent d'autant plus de joie qu'elles me semblent solides. (Lettre de M. Grandjanny. Segur, 22 avril 1901.)
    Cette semaine on va mettre les tuiles sur ma nouvelle église de Tiruvetipuram; encore quelques jours de travail et nous aurons ici une église convenable. Mon intention est de construire aussi les dépendances et le catéchuménat en tuiles. Une fois que tout sera achevé, la station de Tiruvetipuram sera une des plus belles de nos quartiers.
    J'espère que ma belle statue de Notre Dame des Sept Douleurs, lorsquelle sera placée sur son autel, attirera des païens de plus en plus nombreux; pour le moment j'ai une quarantaine de catéchumènes. A l'avenir le travail ne manquera pas.
    Il y a trois ans le nom de Dieu était inconnu dans ce pays, et maintenant, chaque dimanche, c'est un plaisir de voir une église pleine de néophytes bien recueillis récitant les prières absolument comme d'anciens chrétiens. (Lettre de M. Mignery, 14 avril 1901.)

    Mandchourie. La Mandchourie est loin d'être tranquille; il y a des brigands partout. Ces derniers sont les maîtres du pays; on en trouve sur toutes les routes.
    Il y a aussi les Jeûneurs, Tsai-li-ti, qui ont voué une guerre à mort aux chrétiens et aux Européens ; dans toutes les villes, ils font trois ou quatre fois par semaine des manifestations éclatantes, et tout cela à la barbe des mandarins qui n'osent pas s'attaquer à cette secte vraiment satanique. Les braves gens les ont en horreur, et cependant pour ne pas devenir leurs victimes, ils se rangent sous leurs drapeaux. Les Russes leur font la guerre, mais ils ne peuvent parvenir à les prendre, parce qu'ils sont toujours trompés par leurs interprètes.
    Lorsque les Russes font une expédition à la campagne, les brigands avertis à l'avance prennent la fuite, se dispersent pour reparaître le lendemain ou deux jours après.
    Les brigands ont partout des émissaires qui les avertissent, qui les tiennent au courant de tout ce qui se passe dans la ville, chez les Russes et au mandarinat. Ils sont en bonne intelligence avec les interprètes qui se jouent des Russes, avec plusieurs personnes influentes qui les servent par crainte de la mort ou du pillage ou peut-être aussi par intérêt, car en Chine, et pour le Chinois l'argent passe avant tous les sentiments, même les plus sacrés.
    Les Chinois sont vaincus, il est vrai, mais non soumis; à chaque instant on parle de soulèvements en masse. Très souvent les Russes, surpris à l'improviste, subissent quelques pertes, et tous les Chinois de s'écrier que c'est l'oeuvre des brigands. Les Russes connaissant peu le cur chinois, donnent assez souvent dans le piège et comme les coupables ne sont pas punis, l'audace de cette canaille augmente toujours.
    Dans les villes tout est sens dessus dessous. Koan-tchen-tse est en apparence assez tranquille parce qu'il y a une forte garnison russe qui maintient la population en respect; mais là où les Russes ne font que de rares apparitions, c'est l'anarchie, le désordre, le pillage.
    Ce matin, j'ai vu des chrétiens du côté de Hou-lan ; ils disent que cette ville est une fourmilière de Jeûneurs qui, presque chaque jour, y font des manifestations malgré la garnison russe. Les chrétiens en fuite depuis six mois n'osent pas encore y revenir et il est difficile de dire quand je pourrai y entrer.
    La mission est à peu près anéantie; toutes nos stations sont couvertes de cendres et de ruines, partout c'est la même chose, toutes les résidences, tous les temples ont eu le même sort, tout a été rasé, tout est à recommencer; actuellement les missionnaires n'ont ni oratoire, ni habitation; calices, bréviaires, ornements sacrés, habits, etc., tout est perdu, heureux encore qu'il nous reste la vie. Heureux?... le sort de ceux qui ne sont plus est bien digne d'envie. Dieu sait mieux que nous ce qui nous est le meilleur. Il a décidé que nous vivrions encore afin de souffrir pour Lui, c'est un heureux sort, je prétends bien qu'il n'en est pas de plus beau sur la terre.
    Autrefois certes, nous n'étions pas riches, mais en comparant avec aujourd'hui, nous étions des Crésus. Cela ne nous empêche pas de rire, d'être gais, et comme auparavant de chanter: « Vive la joie toujours. »
    Les confrères morts à nos côtés nous montrent le chemin, et la voix de leur sang nous crie: « De l'avant, toujours de l'avant! » Leur souvenir fait monter à mes lèvres le cantique que j'aime tant :

    E fleuren ho iaouankiz
    Kalz ama rank mervel
    Mes ho ene ac'houniz
    Ar vuez éternel.
    A la fleur de l'âge

    Beaucoup ici doivent mourir
    Mais leur âme gagne
    La vie éternelle.
    (Lettre de M. Bourlès.)

    Séminaire des Missions- Étrangères Le dimanche, 23 juin, S. Ex. Mgr LORENZELLI, nonce apostolique, a fait l'ordination en notre séminaire. Cette ordination comprenait 43 prêtres, 7 diacres, 4 sous-diacres, 4 minorés.
    1901/212-218
    212-218
    France et Asie
    1901
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