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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Haut Tonkin. — Travaux à Gia-hoi. — Je vous ai écrit deux lettres pour vous donner des nouvelles du nouveau poste que je fondais à Gia-hoi (vingt kilomètres plus haut que Nghia-Lô). Dans un petit mois tous ces travaux seront terminés c'est vous dire qu'on a fait au plus vite. Cette nouvelle installation comprend une maison d'habitation pour le missionnaire, elle a 24 mètres de long et 9 de large.
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    Nouvelles diverses

    Haut Tonkin. — Travaux à Gia-hoi. — Je vous ai écrit deux lettres pour vous donner des nouvelles du nouveau poste que je fondais à Gia-hoi (vingt kilomètres plus haut que Nghia-Lô). Dans un petit mois tous ces travaux seront terminés c'est vous dire qu'on a fait au plus vite.
    Cette nouvelle installation comprend une maison d'habitation pour le missionnaire, elle a 24 mètres de long et 9 de large.
    Le terrain, ayant à peu près 1800 mètres, est déjà entouré d'une bonne palissade. On a détourné l'eau de la montagne de manière à faire un ruisseau au milieu du futur jardin potager et on a aussi amené l'eau par de petits conduits, de manière à la faire venir à la bouche de la marmite.
    Mais ce n'est pas le tout de faire des maisons, il faut songer à faire des conversions. Pour y arriver, je compte non pas sur les quatre mots de langue tay que je sais, mais bien sur le secours du bon Dieu et de la bonne Mère. Or, vous n'ignorez pas qu'au milieu de tous les soucis, de toutes les distractions, de tous les déboires même d'une pareille vie, il faut que le missionnaire sache se créer un petit oratoire où il puisse prier tranquillement.
    Depuis trois ans que je vis daus ces montagnes, il ne m'a pas encore été donné d'avoir une semaine de tranquillité. Nous ne pouvons pas nous autres, pauvres exilés, espérer garder le Très-Saint-Sacrement et cependant qui en aurait plus besoin que nous? Il faut en faire le sacrifice, car la Sacrée Congrégation des Rites et notre vénéré Vicaire apostolique nous posent des conditions telles qu'avant dix ans nos ressources ne nous permettront pas de regarder en face une construction en briques ! J'en ai fait l'expérience à la retraite Monseigneur m'avait engagé à amener des briquetiers du Delta. Il en vint en effet, mais les: pauvres Annamites se voyant à 100 kilomètres du Fleuve Rouge, demandèrent 120 piastres pour faire dix mille briques. J'écrivis à Monseigneur que c'était le plus bas prix. On ne me répondit pas. Je compris facilement..... (Lettre de M. Antonini, Gia-hoi, 14 août 1903.)

    Tonkin maritime. — Nouvelles du Laos. — Les P.P. Blanchard, Bertrand et Pirot viennent de partir pour le Chau-hoa et pour Na-mun. Le Laos se peuple : environ 70 familles de Ban-pong, Muong-khiet, Muong-de se sont mises sous l'égide des Pères pour échapper aux exactions de l'éternel Ba-tho. C'est l'oeuvre du P. Rey qui a eu, en cela, de la patience et du mérite. Vous nous demanderez peut-être ce que nous faisons par ici. Nous attendons, c'est toute notre besogne Nous avons beau nous démener comme diable en eau bénite, rien n'y fait; il faut aller avec le violon, dit-on au pays. Le mouvement sera long, ils ne s'ébranlent pas facilement, et puis ils ont honte d'étudier Figurez-vous que la grande objection des femmes, ce sont les plus dures, c'est qu'elles n'ont pas de compagnes pour venir étudier. Prétexte que cela ! Espérons que, quand elles nous verront solidement installés, peut-être s'ébranleront-elles ? (Lettre de M. Patuel, Yen khuong, 17 juillet 1903).

    Pondichéry. — La fête de nos BB. Martyrs au Collège Saint-Joseph de Cuddalore. — La fête de nos bienheureux Martyrs, en novembre dernier, a eu dans notre Collège un éclat tout particulier on exposait, pour la première fois, notre belle châsse contenant des reliques du B. François Jaccard et du B. Thomas Thien.
    Cette solennité a attiré chez nous les principaux chrétiens de la ville, mais c'était surtout une fête pour nos pensionnaires catholiques et pour nous-mêmes, comme l'a fait remarquer le prédicateur, le P. Loubière, en invitant les Pères à imiter le zèle ardent et la remarquable énergie de leur frère de France, et les enfants à prendre des leçons de pureté, d'humilité et de constance dans la foi, de leur frère d'Asie.
    Nos enfants ont aimé Thomas Thien, aussitôt qu'ils Font connu. Il y a deux ans, dans une réunion de notre petite société littéraire, un de nos grands élèves raconta la vie du Bienheureux. Il terminait ainsi : « Telle fut la vie et telle la mort précieuse de Thien. Sa fermeté, son attachement invincible à la foi catholique, tandis que ses compagnons perdaient courage et renonçaient à la couronne et à la palme des martyrs ; sa constance à rejeter les offres brillantes qui lui étaient faites, forcent notre admiration et nous enseignent qu'à notre âge on peut être déjà mûr pour le martyre. C'est pourquoi l'Eglise l'a placé dans l'armée des vaillants que l'Annam a donnée au ciel, et nous le propose comme un protecteur et surtout comme un modèle.
    « Et certes, de tous les adolescents que l'Eglise a mis sur les autels et a choisis comme patrons de la jeunesse chrétienne. Thomas Thien me semble être celui qui s'impose le plus justement à notre imitation. Les Aloys, les Stanislas sont nés et ont vécu dans des pays qui ne ressemblent point au nôtre ; puis ils nous apparaissent avec les couronnes de gloire et de louange, dont chaque siècle a orné leurs fronts ; enfin, ils nous semblent tellement au-dessus de nous, que nous désespérons presque de les imiter. Mais voici un jeune homme, un étudiant dont la vie, avant qu'elle fût couronnée par le martyre, était semblable à la nôtre. Il fut presque notre contemporain ; il est né et a vécu dans cet Extrême-Orient, où l'on prétend que la vertu est plus difficile ; en un mot, il a eu à combattre les mêmes combats que nous, et il a su triompher des tentations contre lesquelles nous apprenons ici à lutter. Voilà notre modèle ! »
    Pendant que nous chantions — avec quelle ardeur, vous le devinez — l'hymne des Martyrs, et que nos enfants baisaient pieusement les saintes reliques, il me semblait voir l'Ange de l'Eglise d'Annam, planant au-dessus de nous et répandant les bénédictions du ciel sur ce coin de terre indienne, d'où l'évêque d'Adran partit à la conquête de sa terre promise, et où les lévites cochinchinois reçurent une fraternelle hospitalité aux jours de persécution. Ne nous est-il pas permis d'espérer aussi que le jeune séminariste, Thomas Thien, aura à coeur de payer la dette contractée par ses frères aînés, et suscitera des vocations sacerdotales, toujours plus nombreuses, parmi ses jeunes protégés du collège de Cuddalore ?

    (Lettre du P. Verdure, 30 décembre 1903).

    1904/120-122
    120-122
    France et Asie
    1904
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