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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Nos Bienheureux. A Poitiers. Les 18, 19 et 20 janvier, l'Église de Poitiers a célébré un Triduum solennel en l'honneur du Bienheureux Martyr Jean-Charles Cornay, originaire du diocèse. Le Séminaire des Missions Étrangères était représenté à ces solennités par M. Lesserteur, supérieur de la Communauté de Bièvres.
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    Nouvelles diverses
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    Nos Bienheureux. A Poitiers. Les 18, 19 et 20 janvier, l'Église de Poitiers a célébré un Triduum solennel en l'honneur du Bienheureux Martyr Jean-Charles Cornay, originaire du diocèse. Le Séminaire des Missions Étrangères était représenté à ces solennités par M. Lesserteur, supérieur de la Communauté de Bièvres.
    « Les cérémonies des deux premiers jours devaient s'accomplir à la chapelle du Grand-Séminaire. C'était de toute convenance. C'est là, en effet, c'est dans cet asile sacré que la vocation apostolique avait germé au cur du jeune séminariste. Plus que cela, la flamme du martyre l'avait embrasé; il nous semble le voir agenouillé sur ces mêmes dalles où reposent ses reliques, recevant de l'Hôte du Tabernacle des jets de lumière qui l'inondent, des flèches d'amour qui transpercent son cur et préparent l'apôtre que nous glorifions aujourd'hui.
    Premier jour. Vu l'exiguïté de la chapelle, Monseigneur avait réservé le premier jour du Triduum au clergé du diocèse. Deux cents prêtres, répondant à l'appel du premier pasteur, accoururent; parmi eux, les archiprêtres de Montmorillon et de Châtellerault et un grand nombre de doyens.
    La chapelle est gracieusement décorée : des draperies en festons ornent les murs, surmontées elles-mêmes par une bande rouge sur laquelle on lit ces paroles du martyr : à droite : Je suis prêt à mourir, s'il plaît à Dieu, et à gauche : Je chéris ceux qui me font souffrir. Au fond, sur le rétable de l'autel, d'autres draperies tombantes, des drapeaux en faisceaux, des cartouches aux initiales du Bienheureux servent d'encadrement au tableau d'apothéose qui le représente.
    Mgr Augouard, vicaire apostolique de l'Oubanghi (Congo) doit présider les cérémonies de cette première journée. Pendant la Messe pontificale Mgr de Poitiers tient sa place d'honneur dans les stalles, qu'occupent à sa suite plusieurs membres du Chapitre, avec d'autres chanoines de la ville et du diocèse.
    A l'heure des vêpres, l'assemblée des prêtres devient plus compacte ; on est avide d'entendre le panégyrique du Bienheureux, prêché par Mgr Demimuid, prélat de la maison de Sa Sainteté, directeur général de la Sainte Enfance.
    Le texte du prédicateur est tiré du Livre des Rois ; il est magnifique. « Je lue susciterai, dit le Seigneur, un prêtre fidèle » qui me glorifiera devant mon peuple. Dieu a ses fiertés, et il veut qu'on le sache.
    Que ces paroles s'appliquent bien à notre Charles Cornay, modèle du séminariste, du prêtre, de l'apôtre !
    Deuxième jour. Les deux cents prêtres qui hier emplissaient la chapelle et formaient un cortége dhonneur aux. Roulques de notre Bienheureux ne sont plus ici; le devoir les rappelait à leurs paroisses. De pieux laïques car Monseigneur avait réservé cette journée pour les hommes les remplaçaient dans les stalles : leur présence nous est une joie, leur attitude un sujet d'édification. Ce sont aussi des hommes de prière : leur prière s'unit à celle du clergé de la ville, entourant Mgr Pelgé qui va officier comme aux plus grandes solennités.
    Le soir à l'issue des Vêpres pontificales, l'éminent prédicateur qui, avec les suffrages pour sa belle diction, faite de piété, d'onction et de force, a conquis toutes les sympathies, monte en chaire. Une parole prophétique de Jésus-Christ lui fournit son texte :
    « Vous serez mes témoins jusqu'aux extrémités du monde.» A l'audition de ces paroles on devine quelle heureuse application l'orateur doit en faire à son héros, qui, montré hier comme modèle du séminariste et du prêtre, nous est proposé aujourd'hui comme modèle du missionnaire.
    Troisième jour. Un beau soleil rayonnant dans une tiède atmosphère éclaire cette journée : c'est le sourire du ciel à la terre, le sourire du Bienheureux à la cité qui lui prépare un véritable triomphe.
    Aujourd'hui les honneurs sont réservés à Mgr Pineau, vicaire apostolique du Tonkin, depuis quinze ans, après l'avoir évangélisé pendant vingt ans. C'est la première fois qu'il revient en France depuis son départ pour les Missions.
    Mgr Pineau est de petite taille; les traits de son visage reflètent la bonté du pasteur et l'énergie de l'apôtre. Il officie dignement, avec aisance ; sa barbe blanche, épaisse et longue, lui donne sans la mitre d'or, la physionomie d'un patriarche. Sa voix sonore, comme le clairon, retentit dans toute la cathédrale.
    Tous les regards se portent sur sa personne; on veut le voir, on se presse sous sa main bénissante : c'est la main d'un Pontife et d'un Apôtre, et là-bas, tout apôtre peut devenir un martyr.
    Mgr de Poitiers se tient à sa stalle, ayant en face, dans la stalle opposée, Mgr Augouard. Dans le sanctuaire, en face du trône, deux places étaient réservées pour les Révérendissimes Abbés de Beauchêne et de Ligugé.
    Le soir, aux vêpres, nos stalles peuvent à peine contenir Messieurs les chanoines du diocèse accourus pour prendre part au triomphe du Bienheureux.
    Une heure avant l'office les fidèles ont retenu leurs places; la grande nef est comble, derrière le banc d'oeuvre les hommes se massent, debout, serrés, car on veut voir, on veut entendre le panégyrique du martyr.
    « J'accomplis dans ma chair ce qui manque à la Passion de Jésus-Christ. » Après avoir donné à ce texte étrange de saint Paul l'explication du grand Bossuet, l'orateur ajoute : Le premier jour, nous avons montré dans Charles Cornay le modèle du séminariste et du prêtre; hier, le missionnaire parfait; aujourd'hui c'est le martyr qui fera le sujet de ce discours.
    « Je me trompe, le discours sortira des lèvres mêmes du Bienheureux. A Dieu ne plaise que je substitue ma parole à celle qu'il fit entendre durant sa Passion... »
    Le panégyrique avait duré plus d'une heure, écouté dans un religieux silence comme nous n'en avions jamais vu. Il était nuit. Les fidèles se succédaient et remplissaient les trois nefs de la basilique.
    Les chants de la maîtrise animaient cette incomparable solennité. Mais voici qu'une voix retentit : c'est celle de Mgr Pineau, qui entonne l'hymne triomphal du Te Deum ; il est repris par la maîtrise et le clergé alternant avec les grandes orgues si bien maniées par le jeune artiste à qui elles sont confiées.»
    (Extrait de la Semaine religieuse de Poitiers.)

    A Taille. Huit jours plus tard, les 25, 26 et 27 janvier, une cérémonie analogue avait lieu au Grand Séminaire de Tulle en l'honneur du Bienheureux Pierre Dumoulin Borie.
    « La chapelle du Grand Séminaire méritait bien l'honneur d'être désignée comme un des sanctuaires du diocèse où seraient célébrées des fêtes solennelles en l'honneur de notre glorieux martyr. Elle rappelle, en effet, une des étapes les plus importantes de la vie du Bienheureux. N'est-ce pas au Grand Séminaire qu'il a surtout cultivé, avec un soin pieux, souriant à sa double vocation, ces deux fleurs mystiques : le lis sacerdotal et la rose du martyre ?
    Ce beau triduum, différent de ceux qu'on célèbre dans les églises paroissiales, avait comme il convient, son caractère particulier. Il fut remarquable surtout par l'éclat des cérémonies qui l'ont composé.
    Le triduum a commencé le vendredi 25 janvier. Ce jour-là et le lendemain, il a consisté en un salut des plus solennels. Les deux vicaires généraux ont été invités par M. le Supérieur à présider ces deux cérémonies. Monseigneur a célébré le dimanche une messe pontificale et présidé les vêpres solennelles du soir. Le Grand Séminaire n'est pas seulement l'école de la Théologie, de l'Écriture sainte et des autres branches de la science ecclésiastique. Les jeunes lévites y sont formés aux cérémonies du culte dont le plain-chant liturgique est une des plus attrayantes beautés. Nous avons pu, ce jour-là, goûter le bonheur d'entendre la grande voix de l'Église avec des accents dignes d'elle, grâce au mérite de la Schola cantorum. Sans nous arrêter davantage sur les graves beautés de nos cérémonies religieuses, nous donnerons une mention spéciale à plusieurs morceaux de circonstance, spécialement composés et exécutés pour les fêtes du triduum.
    Héritier de la muse des Sauteuil et des Colin, un prêtre des Missions Étrangères a composé en l'honneur des martyrs récemment béatifiés quatre hymnes d'une remarquable beauté, bien dignes d'entrer dans la composition d'un office, et d'occuper une place dans les pages d'un bréviaire. En voici les titres : La Vocation et le Départ; La Traversée et les Travaux apostoliques ; La Lutte suprême ; La Récompense éternelle. Mais cette froide nomenclature ne saurait donner le sentiment de la pieuse délicatesse de cette exquise poésie. L'auteur intitule son oeuvre un « essai ». Ce mot rappelle facilement le vers de Corneille si fréquemment cité. Il est inutile d'ajouter qu'une au moins de ces hymnes fut chantée à chaque cérémonie du triduum.
    (Extrait de la Semaine religieuse de Tulle.)

    Séminaire des Missions Étrangères. Le samedi, 2 mars, dans notre chapelle de Paris, Mgr Potron, évêque de Jéricho, fera une ordination à laquelle prendront part 73 de nos aspirants: 7 prêtres, 42 diacres, 7 sous-diacres, 12 minorés et 5 tonsurés.
    Cochinchine occidentale. Bénédiction d'une nouvelle église à Cai-thia; baptême d'une cloche, et confirmation.
    ... La nouvelle église de Cai-thia a presque du style, et sa cloche gazouille si joyeusement qu'elle rendra jalouses les vieilles cloches des pagodes environnantes. Cocotiers, aréquiers, palétuviers, orangers, caramboliers encadrent la maison du bon Dieu, et sous les ombrages toujours verts s'abritent les cases des villageois; cases de feuillages dans lesquelles, pêle-mêle, s'ébattent les enfants tout nus, les chiens, les porcs, les poules et les canards.
    Notre triple cérémonie fut aussi recueillie que possible. Dans la chapelle, les chrétiens priaient avec ferveur, très heureux, très fiers de la visite de leur évêque.
    Au dehors, de nombreux païens étaient réunis. Ils demeurèrent silencieux, comme presque toujours, fumant leurs pipes ou mâchant le bétel sans trêve. On ne saurait imaginer une fête annamite sans musique; notre orchestre se composait de flûtes, violons, trombones et cymbales qui jamais ne purent tomber d'accord, mais qui firent le plus beau vacarme, à la grande joie des indigènes. Après la cérémonie, le banquet eut lieu. Notre table était bien un peu branlante, cependant le repas, servi avec une majestueuse lenteur, se termina sans encombre et en public, suivant la coutume.
    Les convives du missionnaire de Cai-thia ne parurent pas du tout émus de sentir tant d'yeux braqués sur eux ; ils sont trop vieux dans le pays. Et ils se servirent de leurs bâtonnets avec une adresse remarquable.
    Et nous nous attendions tous à regarder à notre tour pendant le festin qui succède d'ordinaire au repas des Européens, et qui se compose de petits porcs tout entiers rôtis, de viandes diverses, hachées très menu, de montagnes de pâtisseries et de fruits. Mais le Père annamite que je questionnai à ce sujet me répondit que le festin aurait lieu plus tard.
    « Mes gens, dit-il, ne savent pas manger sans boire, ne peuvent boire sans s'enivrer et se disputer. Ils se dédommageront, c'est certain; mais du moins ce matin ils seront sages. C'est le moins que je puisse exiger d'eux. »
    Vous parlez d'or, mon père; mais bien sûr ce n'est pas partout qu'un réglement est aussi facile à appliquer qu'à Cai-thia. (Pierre Marie LALLEMENT, missionnaire apostolique.)

    uvre des Tabernacles. Le compte rendu de la mission de Cochinchine occidentale nous donne les renseignements suivants sur une oeuvre dont nous avons déjà parlé, et qui intéressera certainement les associées de l'oeuvre des Partants :

    Il y a eu cette année 34 Dames françaises inscrites à l'oeuvre des Tabernacles ; sans compter le linge d'autel, elles ont pu distribuer aux églises pauvres de la Cochinchine les objets suivants :

    55 ornements neufs, 32 cottas,
    17 ornements réparés, 16 tapis d'autel,
    24 aubes, 12 voiles huméraux,
    14 surplis, 12 conopées,
    17 étoles, 3 antipendium,
    9 chapes, 20 soutanelles,
    7 pavillons de ciboire, 7 draps mortuaires.

    Pondichéry. Le dimanche, 20 janvier, à la clôture de la retraite à laquelle avaient pris part 65 missionnaires ou prêtres indigènes, on a célébré à Pondichéry les noces d'or sacerdotales du P. Féron. L'heureux jubilaire qui, avant d'évangéliser les Hindous, exerça le ministère apostolique parmi les Coréens, avait déjà été l'objet d'une fête similaire dans le pays, théâtre de ses premiers travaux. Voici ce qu'à la date du 29 septembre 1900, nous écrivait Mgr Mutel en nous annonçant la fin du Procès de l'Ordinaire pour les Martyrs de 1866. « Un des principaux témoins du Procès aura été le vénérable P. Féron que Mgr de Pondichéry nous a gracieusement prêté pour quelques semaines. Son séjour parmi nous e coïncidé avec la retraite des missionnaires, et tous ont eu la joie de voir et d'entendre cet ouvrier et ce témoin des anciens jours. Il nous a de plus procuré l'occasion inespérée de fêter la cinquantaine de prêtrise d'un missionnaire de Corée. Sans lui, il nous eût fallu attendre plus d'un quart de siècle encore pareil événement. »
    Thibet. « Voici où nous en sommes actuellement au Thibet. De ce côté (Ta-tsien-leu), le calme se rétablit. Tout d'abord, le prétoire de Kiao-chang laissait les brigands agir en liberté. Un moment même le danger fut très grand à Cha-pa et à Cha-ouan. Presque chaque nuit, la maison du P. Léard était lapidée ; en plein jour, on venait menacer chrétiens et missionnaire. Alors le préfet bien persuadé de l'imminence du péril, prit l'affaire en mains et envoya ses propres soldats porter partout des ordres. Il fit ensuite saisir et enchaîner au prétoire un juge de paix de Song lin pin. Comme ce juge était très redouté dans la région, sa capture produisit d'autant plus d'effet sur le public. Bientôt aussi on apprit que les Européens étaient entrés en Chine avec une nombreuse armée, et que les Boxeurs avaient été battus aux environs de Pékin : ces rumeurs contribuèrent beaucoup à arrêter les exploits des brigands. Aussi vient-on de congédier la garde officielle qui avait été imposée aux PP. Léard et Aubert. Il n'était pas trop tôt, car nous devions payer cette soldatesque qui, au moment du danger, aurait pris la meilleure part au pillage. Mais les mandarins de Ta-tsien lon ayant ainsi réglé les choses, il fallait se garder de les mécontenter : un mot de leur part contre nous aurait suffi pour tout perdre.
    Je suis demeuré longtemps sans nouvelles de l'intérieur ; nous n'avions pas d'occasion pour correspondre, et les plis confiés à la poste gouvernementale étaient interceptés. Enfin de nombreuses lettres ont été apportées par des lamas de Yaregong : la situation n'est pas trop mauvaise, malgré de mauvais bruits. Bientôt après, le 25 octobre, lettres de Bathang et de Yerkalo. Cette fois, il est clairement établi que le délégué impérial a donné l'ordre aux mandarins chinois et indigènes de chasser les missionnaires, si la paix n'est pas vite signée, et, comme s'il doutait de leur obéissance, il a fait répéter cet ordre devant le peuple réuni à Kontseka. De là grande rumeur partout. Si le mandarin de Bathang était bien disposé à notre endroit, il aurait atténué la portée des paroles du délégué ; mais lui-même est un fourbe. C'est ainsi que, depuis longtemps, il soutenait au P. Grandjean que j'avais pris la fuite et m'étais rendu à Shang-haï. Heureusement un courrier arriva qui rassura les confrères. J'ai écrit de nouveau pour mettre les choses au point et réfuter tous les mensonges officiels. Sur ces entrefaites, la Providence a fait ce que je n'aurais pu obtenir : le délégué qui avait ordonné de chasser les missionnaires, est mort de douleurs d'entrailles. C'était un partisan du prince Touan. Il avait caché son jeu jusqu'à Bathang ; son entourage cependant avait tant soit peu surpris son secret, puisque sur la route on disait qu'il était envoyé pour nous exterminer.
    Les mandarins de Bathang, paraît-il, en réfèrent au vice-roi des ordres donnés par le délégué ; mais de ce côté ne viendra point certainement l'intimation de nous chasser. »
    (Lettre de Mgr Giraudeau, 30 octobre 1900.)

    1901/114-119
    114-119
    France et Asie
    1901
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