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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Nagasaki. L'érection de notre grotte de Lourdes a enfin eu lieu. Mgr Cousin était venu de Nagasaki, et en compagnie de mes cinq vicaires, je l'ai conduit à la baie des perles, Tamano-ura où la grotte est érigée.
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    Nouvelles diverses
    Nagasaki. L'érection de notre grotte de Lourdes a enfin eu lieu. Mgr Cousin était venu de Nagasaki, et en compagnie de mes cinq vicaires, je l'ai conduit à la baie des perles, Tamano-ura où la grotte est érigée.
    Partis d'ici sur un gros bateau à voile, remorqué par 5 petits bateaux montés chacun d'une vingtaine d'hommes, nous approchions rapidement du but désiré, d'autant plus que les chrétientés qui se trouvaient sur le parcours donnaient aussi leur remorqueur; après 5 heures, nous avions fait nos 15 lieues, et nous arrivions dans la baie des perles, traînés par 12 bateaux, pleins d'un enthousiasme qui n'a d'égal que la foi si vive des chrétiens.
    Déjà des divers points de l'archipel arrivaient des fidèles qui, sur leurs barques fragiles, n'avaient pas hésité à franchir des distances de 30, 40 et 50 lieues pour venir honorer Marie. A la tombée de la nuit, lanternes et lampions s'allument et reflètent leur clarté sur la statue, sur le rocher et dans les eaux limpides du réservoir qui baigne le pied de la grotte.
    Le lendemain après la messe pontificale, Sa Grandeur accompagnée de son clergé et de plus de 2.000 chrétiens se rend en procession à la grotte, au chant des litanies. Il bénit les statues, la grotte et la source. Des païens assez nombreux assistent dans une respectueuse attitude à cette cérémonie étrange pour eux. Aux chants de la sainte Liturgie succède la récitation du Rosaire, dont les accents vibrent de toutes les poitrines avec enthousiasme.
    La cérémonie se termina par un salut solennel d'actions de grâces; et jusqu'au départ, les chrétiens se succédaient à la grotte, suppliant Marie de les bénir, de veiller sur eux, et lui promettant de venir l'intercéder encore.
    Pourtant, en ce beau jour je me suis trouvé singulièrement perplexe. Comment réussir à procurer de l'eau de Lourdes à tous ceux qui m'en réclamaient? Des 24 bouteilles que vous m'aviez envoyées, une s'était brisée en route, une autre avait été employée pour ma religieuse et d'autres malades ; je me trouvais en face de 22 bouteilles et de toute cette foule qui, au retour, voulait emporter de l'eau, et se proposait d'en venir chercher encore, lorsque la provision serait épuisée.
    Mes chrétiens, pleins de foi et de confiance en Marie se sont chargés de résoudre la question. Ils sont à Lourdes, disent-ils : ils veulent boire de l'eau de la Bonne Mère, et en emporter chez eux. Ils prennent des vases, des tasses, des bouteilles ; et nombreux aux abords du réservoir, ils puisent, boivent et emportent de l'eau. C'est de l'eau de la Bonne Vierge, disent-ils ; Elle nous guérira avec l'eau qui coule ici.
    Témoin de cette foi, Monseigneur me fait verser deux bouteilles d'eau de Lourdes dans le puits qui alimente le réservoir de la grotte, et déclare à tous que désormais ils puisent et boivent cette eau que Marie leur donne au lieu et place de celle qu'Elle a fait jaillir sous les doigts de Bernadette. Et tous d'une foi plus vive encore, acquiescent à la parole de leur évêque. (Lettre du P. Pélu.)
    Nazareth. La Société des Missions-Étrangères possède à Hongkong (Chine) sous le non de Nazareth, une maison de prières et d'études à laquelle est annexée une imprimerie très vaste. Dans cette maison s'est retiré depuis quelques années, afin de travailler à l'impression d'un grand dictionnaire thibétain-latin-français, le vétéran de la mission du Thibet, le P. Desgodins.
    Le 24 mai dernier, ce vénérable missionnaire célébrait ses noces d'or entouré de plusieurs confrères admirateurs de son activité et de ses vertus sacerdotales et apostoliques.
    L'un de ces derniers, le P. Guéneau, nous a envoyé le très intéressant récit de cette fête de famille. Malheureusement l'espace dont nous disposons ne nous permet pas de le reproduire ; mais nous voulons dire au vénéré Jubilaire qu'en ce jour de grande joie nous avons prié pour lui de tout notre cur, demandant à Dieu qu'il le conserve longtemps encore à notre affection.
    Cochinchine occidentale. Le P. Poinat vient de restaurer la chrétienté de Ta-ouen au nord-est de la mission, à 75 kilomètres de son poste principal : Thu-dau-môt. Cette chrétienté renferme aujourd'hui 11 maisons et 71 catholiques ; l'église construite en paille et en torchis est fort pauvre et le presbytère n'existe pas.
    « Ta-ouen est habité par une population forestière assez ignorante, mais dévouée aux missionnaires ; et si elle se laisse difficilement émouvoir, elle garde sa foi au milieu des païens qui l'entourent. » (1er juin 1900. Lettre du P. Poinat.) « Dans le cas où nous essaierions l'évangélisation des sauvages, ajoute Mgr Mossard, Ta-ouen pourrait devenir un centre pour les ouvriers apostoliques. »
    Yun-nan. Sur la proposition du ministre des affaires étrangères, Mgr Fenouil, vicaire apostolique du Yun-nan, vient d'être nommé chevalier de la Légion d'honneur.
    Indes. La famine règne toujours dans nos missions de l'Inde. Voici, du reste, quelques chiffres, pris dans les rapports officiels et qui parlent assez éloquemment par eux-mêmes. « Plus de 40 millions d'Hindous, dit le Times, se trouvent réduits à la dernière extrémité par suite du manque de riz et d'eau. La misère, surtout dans les provinces du Nord, dépasse en horreur tout ce que l'imagination pourrait se figurer. Le gouvernement a été obligé d'entreprendre de grands travaux pour empêcher la population de certains districts d'émigrer en masse, ce qui serait une vraie catastrophe. La mortalité est partout très élevée, pour le seul district de Poona, elle a dépassé le chiffre de 3.000 en une semaine. »
    « On peut affirmer, écrit M. Maurice, missionnaire à Pondichéry, que ces chiffres sont au-dessous de la vérité. Dans la région que j'habite et qui compte de nombreux chrétiens, tout travail a cessé à la suite de la sécheresse persistante. L'eau commence à manquer en bien des endroits et le riz devient de plus en plus rare sur le marché. A certains moments même, il faut l'intervention de la police pour obliger les marchands à vendre leurs denrées. »

    1900/249-252
    249-252
    France et Asie
    1900
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