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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Coïmbatour. Lettre de Mgr Bardou, évêque de Coïmbatore, à M.l'abbé Marceau, aumônier des Surs de la Sagesse à Toulouse. Votre bien estimée du 3 mai dernier et plus tard ce que ma dit notre cher P. Rondy mont fait comprendre que, parmi nos compatriotes de Toulouse, il y a des âmes qui nous sont bien dévouées, qui prient pour nous et travaillent pour aider les ouvriers apostoliques.
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    Nouvelles diverses

    Coïmbatour. Lettre de Mgr Bardou, évêque de Coïmbatore, à M.l'abbé Marceau, aumônier des Surs de la Sagesse à Toulouse. Votre bien estimée du 3 mai dernier et plus tard ce que ma dit notre cher P. Rondy mont fait comprendre que, parmi nos compatriotes de Toulouse, il y a des âmes qui nous sont bien dévouées, qui prient pour nous et travaillent pour aider les ouvriers apostoliques.
    Ces bonnes dames, comme leurs patronnes les saintes femmes de l'Évangile, cherchent par tous les moyens à favoriser l'extension du règne de Notre Seigneur parmi les nations infidèles. Si nous missionnaires, nous avons pour elles des sentiments dune vraie reconnaissance, Notre Seigneur de son côté a promis de les récompenser dans ce monde et surtout dans l'autre pour le grand bien et l'assistance assidue quelles apportent aux missionnaires.
    Et vous aussi, Monsieur l'abbé, qui savez consacrer une partie de votre temps à la direction de cette belle oeuvre, vous nous aidez et vous participez aux travaux des ouvriers apostoliques.
    Vous aurez vu, par la notice sur mon 25e anniversaire dépiscopat, combien toute ma mission a eu à cur de me fêter du mieux quelle a pu. Je me suis servi à cette occasion des beaux ornements que j'avais reçus: Toulouse était bien représenté.
    Il y avait les ornements donnés par les Dames de l'oeuvre des Partants, que vous dirigez; il y avait une aube magnifique de Mademoiselle Douladoure et une splendide nappe dautel donnée par sa bonne; il y avait encore votre don personnel, l'étole pastorale et épiscopale qui est dun travail si délicat et qui a dû coûter bien des jours et des veillées à la pieuse personne qui la brodée.Il y avait aussi un riche cordon daube envoyé de Bordeaux, mais par une personne originaire de Toulouse, et qui doit être une cousine à moi; c'est Mme Veuve A. Coutenceau, née Bardou.
    Je vous dois donc à tous de grands remerciements, et surtout je suis tenu à bien prier pour vous, Notre Seigneur, de vous rendre au centuple le bien que vous nous faites.
    Permettez-moi de vous demander un autre service : Enlisant les adresses de nos bienfaiteurs, jai vu que Mademoiselle de Latour-Landorthe habitait dans la rue du Vieux Raisin; ce nom me rappelle une chapelle de sainte Philomène, qui se trouve dans une petite église attachée au couvent des religieuses du Saint Nom de Jésus (autant que je puisse me souvenir); église qui est je crois, dans cette rue du Vieux Raisin ou tout près de cette rue. En entrant dans cette petite église, on a, à droite, l'autel principal, et en allant à gauche, on se trouve en face de la chapelle dédiée à sainte Philomène. C'est en priant cette sainte, dans cette chapelle, et en m'adressant au prêtre confesseur dans cette chapelle, que ma vocation à l'état ecclésiastique fut décidée. Aussi je vous demanderais de vous rendre, lorsque vous en aurez l'occasion, à cette chapelle, et de faire brûler devant la statue de la sainte qu'on y vénère, un petit cierge de o fr. 50 en mon nom, comme marque de ma grande reconnaissance. J'étais troublé, je ne savais que devenir, et une neuvaine faite à cette sainte m'apporta le calme et me lit prendre une décision définitive.
    Yun-nan. Lettre du P. E. Maire, provicaire apostolique, 26 juin 1899. Depuis dix jours, j'avais mis la dernière main aux constructions, et je rêvais d'une ère de tranquillité relative, lorsque M. Doumer, le gouverneur de l'Indo Chine, nous est arrivé en coup de vent. C'en était fait de mon rêve. Quel homme que cet ancien ministre ! Son activité est effrayante. Après avoir parcouru, à bride abattue, en quatre jours, le trajet de Mong-tse à la capitale, que les autres ne font pas en moins de neuf jours, il ne paraissait nullement fatigué. Visites officielles faites et reçues, dîner de gala, conférence pour la réglementation des travaux, etc., tout cela fut l'affaire de quarante-huit heures ; après lesquelles il repartit pour le Tong-kin, comme un ouragan. Nos gros mandarins étaient stupéfaits. A la suite de M. Doumer, une trentaine d'officiers et d'ingénieurs ont pénétré au Yun-nan. On commence le tracé définitif qui sera suivi de la construction de la voie ferrée.
    Comme bien vous le pensez, les comprador sont chose fort rare dans ce pays. Par la force des choses, j'ai été bombardé interprète de la commission. Pendant le séjour du gouverneur à la capitale, je ne l'ai pas quitté d'une semelle ; maintenant, je consacre la moitié de mes journées à l'extension de l'influence française.

    Autre lettre du même, 1er août 1899. Nous sortons d'une tourmente qui eût pu nous être funeste. Les populations arriérées du Yun-nan ne sont pas préparées à l'idée du progrès moderne. L'établissement d'une voie ferrée donne lieu aux commentaires les plus invraisemblables. Les imaginations s'exaltent, les têtes s'échauffent. Bref, l'on a d'abord attaqué et pillé le consulat et la douane de Mong-tse. Quelques jours après, à Yun-nan-sen l'on a expulsé brutalement les Français d'une pagode où ils s'étaient installés provisoirement, puis la foule s'est portée à leur quartier général et l'a criblé de pierres. Sous prétexte que les Missionnaires prêtent leur concours à la commission du chemin de fer, on menaçait de démolir l'évêché, et surtout la nouvelle église. Chacun sait que votre serviteur joue le rôle d'interprète auprès des Français, dès lors, on a juré d'exterminer ce pelé, ce galeux, d'où vient tout le mal.
    Fort heureusement, l'autorité provinciale s'est émue du danger ; depuis tantôt un mois, de fortes garnisons veillent à la garde de tous les établissements français : ecclésiastiques et laïques. Le vice-roi a publié un édit comminatoire ; les mandarins locaux se sont donné pas mal de mouvement pour rétablir l'ordre. Bien que le calme ne se soit pas fait dans tous les esprits, j'espère que cette fois encore, nous en serons quittes pour la peur. Mais la construction de la ligne nous ménage, à coup sûr, plus d'une mésaventure.
    Corée. Le 30 octobre 1899, en présence de Mgr Mutel, les corps d'un évêque, de cinq missionnaires de notre Société et d'un indigène martyrisés en 1866, à Sai-nam-hte, qui avaient été enterrés à Oai-ko-kai ont été officiellement reconnus et transportés au séminaire de Kyong-san. Voici à ce sujet un extrait de l'intéressante lettre du P. Legendre, juge délégué aux martyrs :
    A titre de curiosité, voici la mensuration de nos saints confesseurs :
    Mgr Berneux, 1m 74. M. de Bretenières, 1m 76. Alexis Ou, 1 m 55. M. Petitnicolas, 1m 72. M. Pourthié, 1 m 71. M. Beaulieu, 1 m 55. M. Dorie, 1 m 49.
    Autant que nous avons pu en juger, les squelettes tous complets, semblent relativement assez bien conservés. On ne pourra cependant en juger parfaitement que lorsqu'ils auront été nettoyés. A chaque squelette, nous avons trouvé une ou plusieurs vertèbres entaillées par le sabre, sauf au squelette du P. Dorie, où les vertèbres du cou étaient trop abîmées pour nous permettre de prononcer. Dans le squelette de Mgr Berneux et dans celui du P. Dorie, nous avons trouvé, collé sur la jambe gauche, un fragment d'écorce de cerisier qui avait dû être mis là pour maintenir un onguent après la torture du Hyeng-moun (1).
    Enfin dans chaque cercueil, nous avons trouvé une certaine quantité de sable de rivière. Les corps avaient d'abord été enfouis sur le bord du fleuve par les païens de Sai-nam-hte, le sable avait pénétré dans leurs habits et avait été apporté avec eux lors de la sépulture définitive.
    Nous n'avons pu hier que recueillir les corps en prenant les précautions suffisantes pour sauvegarder leur identité, et les transporter à Kyong-san, au séminaire. Il s'agit maintenant de les nettoyer et de les sécher. Après quoi, nous les envelopperons et les placerons dans sept petites caisses que nous avons fait préparer de notre mieux. Monseigneur se réserve de présider lui-même à cette dernière opération, comme du reste il a présidé à la levée des corps.
    (1) Dallet, tome I, page LXV. Le Hyeng-moun est le supplice de la règle, tome Il page 527.
    1900/55-57
    55-57
    France et Asie
    1900
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