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Nouvelles diverses

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    Nouvelles diverses
    Su-tchuen Méridional. Honneurs à un condamné et situation générale. J'ai actuellement pour paroissien païen le frère aîné de mon mandarin, ancien grand trésorier du Chan-tong, condamné par les Européens ou plutôt sur leur demande à l'exil au He-long-kiang ; avec de hautes protections, il a obtenu la commutation en exil à Lou-tcheou, chez son frère cadet. Tout le long de la route, il a été reçu à coups de canon et de révérences, comme s'il était encore mandarin en exercice et non comme un condamné. Ici naturellement, où il n'y a que des chefs de cercle (tao-tay), il a le premier rang partout, et rien ne prouve qu'il n'utilisera pas ses loisirs à recruter des partisans pour ses amis les Boxeurs. Car on cherche partout à organiser cette confrérie pour recommencer de plus belle la chasse aux chrétiens et aux Européens. La ville de Lou-tcheou est pourtant assez paisible, quoiqu'il s'y soit formé au vu et au su de tout le monde, et par conséquent des mandarins, une société de Boxeurs.
    Les ministres protestants font tout ce qu'ils peuvent. Ils enrôlent tous ceux qui consentent, bons et mauvais, mauvais principalement, sous prétexte de religion et ne reconnaissent pas aux mandarins le droit de punir leurs adhérents, même pour des faits antérieurs à leur inscription sur le registre des ministres. Si le mandarin se montre revêche, on le dénonce au consul qui le fait casser. Par de tels procédés, la sphère d'influence anglaise s'élargit vite, mais aussi la haine des Chinois se concentre et je crains qu'au jour des troubles peut-être prochains ils ne distinguent pas entre Européens et Européens. (Lettre du P. Gourdin. Lou-tcheou, 20 février 1902.)

    Haut Tonkin. Fondation du poste de Phu-yen-binh Phu-yen-binh est un très joli pays où je suis en train de m'installer avec la bénédiction, mais pas les piastres, de Mgr Ramond. Je dois avoir pour cela une grâce d'état tout à fait particulière, car jusqu'ici les choses ne vont pas mal. Depuis la première pelletée de terre pour faire les fondations de la maison, c'est-à-dire le 8 janvier, tout est aujourd'hui achevé pour ce qui est du provisoire. Maintenant il faut songer à l'installation définitive, église et maison en briques. Avec l'aide de saint Joseph que je prends pour patron de la mission de Phu-yen-binh, j'espère que tout ira bien. J'ai ici pour m'aider un ancien sergent de tirailleurs qui s'est installé dans la région depuis plusieurs années et fait de belles affaires comme marchand de bois et cultivateur, en amenant ici des chrétiens de Ha-nam. Malheureusement, il est dans une situation irrégulière. Le pauvre homme n'en est que plus fervent à faire des bonnes oeuvres pour expier ses péchés, en s'efforçant d'aider à établir la foi chrétienne dans la région. (Lettre du P. Girod. Phu-yen-binh, 17 mars 1902.)

    Birmanie septentrionale. En quête pour une école. Voilà bientôt deux mois que je voyage un peu partout pour le bénéfice de mon orphelinat de Mandalay. Le gouvernement anglais de Rangoon a approuvé le plan d'une école que je lui ai présenté avec la permission de Mgr Cardot. Il a même offert de fournir la moitié des dépenses soit 15.000 roupies 1 ; à moi de trouver le reste. A Mandalay les Chinois même païens se sont intéressés à cette oeuvre, et ils ont souscrit 3.000 roupies, puis à mon instigation les principaux d'entre eux, les chefs comme on les appelle, ont envoyé des circulaires en chinois à tous leurs frères établis en Birmanie pour les inviter à participer à l'érection de l'établissement. Ils ont pour ainsi dire préparé la voie.
    J'ai déjà visité une vingtaine de petites villes, toutes le long du fleuve de l'Irrawaddy, généralement en bateau ou en barque, quelquefois en char ou à pied, tendant partout la main, et obtenant quelque chose à peu près partout.
    Les officiers du gouvernement m'aident beaucoup de leur influence et me rendent la quête relativement facile. Ces officiers sont vraiment bien différents des gouvernants français.
    Dans les endroits où il y a un depuis commissionner (sous-préfet) et un commissionner (préfet) ils m'invitent à leur table et sont remplis de prévenances à mon égard. (Lettre du P. Lafon. Henzada, 4 mars 1902.)

    1902/231-232
    231-232
    France et Asie
    1902
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