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Nouvelles diverses

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    Nouvelles diverses
    Sanatorium de Saint Théodore. Le sanatorium de Saint Théodore situé à Wellington (Coïmbatour) vient d'être achevé ; il a été béni par Mgr Gandy, archevêque de Pondichéry, qui était assisté de Mgr Bardou, évêque de Coimbatore, de Mgr Kleiner, évêque de Mysore, et de Mgr Bottero, évêque de Kumbakonam. Le lendemain, un service solennel a été célébré par Mgr Bottero pour les bienfaiteurs des Missions Étrangères. Parmi ces bienfaiteurs notre reconnaissance plaçait au premier rang le regretté M. le baron Théodore de Gargan, le fondateur de notre séminaire de l'Immaculée Conception à Bièvres. Son souvenir, qui nous est très cher, a été attaché d'une façon spéciale au nouveau sanatorium qui porte le nom de Saint Théodore.
    Kouang-tong. Le district de Vou-nai-tong. Les catéchumènes de mon district de Vou-nai-tong sont plus d'un millier et tous les jours il arrive de nouvelles recrues. La majorité vient très assidûment à la messe le dimanche, beaucoup ne savent pas encore faire le signe de la croix. Ceux qui viennent de loin arrivent la veille et je leur fais donner une petite instruction le samedi soir par un séminariste. Le dimanche, avant la messe, on leur explique les principales vérités de notre sainte religion. Je crois qu'on peut espérer, Monseigneur, une abondante moisson dans quelque temps, car ce sont des gens simples qui semblent avoir le désir de suivre la véritable voie du salut. (Lettre du P. Pradel.)
    Tokyo (Japon). Léproserie de Gotemba. L'événement principal de cette année pour la léproserie de Gotemba a été la reconnaissance officielle, de cet établissement qui a maintenant sa personnalité civile.
    La stabilité de l'oeuvre est donc assurée ; et si les ressources nous le permettent, nous pourrons, sans crainte, la développer en admettant un plus grand nombre de malades.
    D'après les règlements, nous devrions avoir à la léproserie un assez grand nombre d'employés : médecins, pharmaciens, infirmiers, domestiques, etc. ; outre que nos ressources ne suffiraient pas à entretenir ce personnel, sa présence ne contribuerait en rien à la guérison de nos malades. Aussi nous bornons-nous au strict nécessaire, c'est-à-dire, à un médecin, qui visite régulière ment les malades, et à un homme d'affaires pour l'extérieur. Le reste est fait par les lépreux eux-mêmes : les plus valides travaillent au dehors, et, soit dit en passant, ne s'en portent que mieux 1 ; les autres s'ingénient pour se servir de leurs membres plis ou moins déformés par la maladie afin de faire l'ouvrage intérieur. Tous ont ainsi une occupation et sont bien plus contents, je crois, que de rester toute la journée assis ou couchés sur la natte, sans aucune distraction, et toujours en face de leur maladie.
    En distribuant de cette façon le travail, suivant les forces de chacun., tout se fait, sinon à la perfection, du moins à la satisfaction de tout le monde, et cela nous permet, malgré l'exiguïté de notre budget, de secourir un nombre relativement considérable de malades. Ce nombre ne varie pas beaucoup ; aujourd'hui nous hospitalisons 73 lépreux, dont 55 hommes et 18 femmes; dans le courant de l'année, nous avons enregistré 14 morts ; treize d'entre eux avaient reçu le baptême. Quoique la plus grande liberté de conscience leur soit toujours laissée, les nouveaux arrivés ne tardent pas à étudier la religion avec ardeur, pour trouver, eux aussi, la joie et la résignation qu'ils admirent chez les anciens. (Lettre du P. Bertrand.)

    Nagasaki (Japon). Conversions. Il y a juste douze jours (le 29 décembre), j'avais le bonheur de baptiser dans le village de Kado 87 païens : dans quelques jours je pourrai compléter la centaine, et un second mouvement de conversions semblable au premier semble s'annoncer. Parmi mes convertis, je compte le personnage le plus aisé et le plus influent du village, l'instituteur, et tout ce qu'il y a de plus instruit, de plus éclairé. Ainsi ce canton de Tatrugo est entamé dans son centre même ; d'ici, il n'y a plus qu'à rayonner et déjà on désire de divers côtés. (Lettre du P. Richard.)

    Hakodaté (Japon). Séminaire, Fêtes. Nous avons enfin installé notre séminaire à quelque distance de notre résidence. Nous avons un magnifique .terrain bien placé. J'y ai bâti une jolie petite chapelle et une maison pour loger nos jeunes gens.
    Nous avons eu de belles fêtes de Noël, nos chrétiens ont montré beaucoup d'entrain. Si jusqu'à présent les baptêmes se sont faits rares, je crois que petit à petit le beau temps reviendra. Nous sommes très bien vus des autorités ; il n'y a pas une fête à laquelle je ne sois invité. Nous avons eu les grandes manuvres dans les environs de Sendai, l'empereur les a présidées, j'ai été de toutes les fêtes et même de tous les banquets. Si je vous en parle, c'est pour vous montrer qu'on n'a plus peur de notre soutane, même auprès de l'empereur (Lettre du P. Jacquet.)

    1. Ils cultivent tous les légumes nécessaires à l'établissement.

    Coïmbatour. Nous clôturions aujourd'hui par une grand'messe avec diacre et sous-diacre, demandée par les chrétiens, une neuvaine à. saint Roch pour la cessation du choléra qui, depuis plus d'un mois, faisait des ravages et s'annonçait comme devant faire quantité de victimes parmi les néophytes de la Sainte-Enfance. Pendant neuf jours, les chrétiens sont venus en foule assister à la messe et aux prières de la neuvaine. J'en ai profité pour leur faire chaque jour un petit sermon. Le lendemain de Noël, nous eûmes une magnifique procession de nuit aux flambeaux.
    A 7 heures du soir, les chrétiens remplissaient la cathédrale. Je leur fis un sermon sur saint Roch pour les exciter à la confiance envers ce saint, puis tout le monde, les bras en croix, récita les litanies de la sainte Vierge, et trois fois les invocations à saint Sébastien et à saint Roch. Ensuite la procession commença.
    Elle passa par toutes les rues où sont établis les néophytes et les chrétiens du Fort. Toutes les habitations de nos chrétiens étaient illuminées, et chacun avait eu soin d'étaler devant sa maison, sur une table en guise d'autel, tout ce qu'il avait en fait d'images et de statues chères. Au passage de la procession, les membres de chaque famille étaient à genoux devant leurs maisons ; quelques-uns, les bras en croix, demandant à saint Roch de les délivrer du fléau. Païens et mahométans accompagnaient en foule, tous marchaient en silence. Le seul bruit des prières se faisait entendre.
    L'avant-veille de la neuvaine il y avait eu jusqu'à 12 cas de choléra, la veille, 6. Depuis que la neuvaine a été commencée, plus rien du tout. Les épidémies sont de cruels remue-ménage, elles sont aussi de salutaires remue conscience. La nuit de Noël, nous avons eu 700 communions dans la cathédrale. (Lettre du P. Robin. Coimbatore, 31 décembre 1901.)

    Tonkin occidental. Division. A l'occasion de la division de son vicariat en Tonkin maritime et Tonkin occidental, Mgr Gendreau a publié, le 8 février 1902, un mandement fort intéressant, qui montre très clairement les progrès du catholicisme dans cette partie de l'IndoChine. Nous détachons dé ce mandement les principaux passages et la statistique 1

    1. Pour les noms des paroisses, nous n'avons employer les caractères latins avec les différents accents qui indiquent la prononciation des mots, nous le regrettons vivement, les missionnaires du Tonkin le regretteront davantage ; si j'osais, je dirais tout bas, très bas que plusieurs jugeront qu'étant incapables d'imprimer convenablement les noms de leurs chères paroisses, il ne fallait pas les imprimer du tout. L'argument est très bon; nous en avons cependant de meilleurs que nous ne dirons point, parce que nous préférons paraître avoir tort... tout en ayant raison ; seulement nous promettons a nos chers confrères qu'à la prochaine division du Tonkin occidental, nous ferons imprimer nos Annales à Ke-so qui possède tous les caractères nécessaires et qui les emploiera certainement pour le plus grand plaisir de nos lecteurs.

    Lorsque le Saint-Siège, en 1659, donna des évêques pour pasteurs aux chrétiens de l'empire de l'Annam, il réunit toutes les provinces du Tonkin en un seul vicariat apostolique. Environ vingt ans plus tard, en 1678, le Tonkin fut divisé en deux vicariats : celui du Tonkin oriental et celui du Tonkin occidental ; ce dernier comprenait alors les provinces de Ha-tinh et Nghê-an (qui forment actuellement le Tonkin méridional), Thanh-hoa, Nam-dinh, Ninh-binh, Hanoi, Son-tay, Hung-hoa et Tuyen-quang.
    En 1846, sur la demande de Mgr Retord, le Saint-Siège détacha les provinces de Ha-tinh et Nghê-an pour en former la Mission du Tonkin méridional.
    Quelques années plus tard, les Supérieurs du Tonkin occidental demandèrent à Rome de le diviser en trois Missions. Mais les troubles qui désolaient le pays tirent ajourner cette division. Ce ne fut qu'en 1895 que fut créée la Mission du Haut-Tonkin, comprenant les provinces de Son-tay, Hung-hoa et Tuyen-quang, en même temps que le Saint-Siège nommait Mgr Marcou coadjuteur du Tonkin occidental.
    Si les Supérieurs ont demandé cette multiplication des vicariats apostoliques, c'est que le nombre des fidèles s'y est sans cesse augmenté, comme on le voit par le tableau suivant.
    En 1846, après la séparation du Tonkin méridional, le nombre de prêtres indigènes du Tonkin occidental était de 58, celui des chrétiens de 101.046 répartis en 26 paroisses.
    Aujourd'hui, sans parler du Haut Tonkin (19,000), le seul Tonkin occidental compte 133 prêtres indigènes et 210.824 chrétiens répartis en 65 paroisses.
    Voici le nom des paroisses de ce vicariat avec le chiffre de leurs habitants en 1846 et en 1902 :

    Année 1846 Année 1902

    1 Cua-bang .2.427 1 Cua-bang ...4.070
    2 Phuc-lang...1.500
    2 Ke-tran 3.687 3 Thanh-hoa 850
    4 Mi-dien .....2.020
    5 Ke-lang .3.007
    3 Ke-ngo 4.916 6 Nhan-lo .2.224
    7 Phong-y 1.062
    8 Ke-ben ..2.460
    9 Hao-nho 2.510
    10 Dien-ho2.022
    4 Than-phu.4.916 11 Ke-dua 2.036
    12 Tam-tong 1.000
    13 Phuc-nhac3.500
    14 Hieu-thuan.. 4.415
    15 Cach-tam 6.190
    5 Phuc-nhac10.600 16 Duong-diem ...........3.425
    17 Ton-dao ..5.371
    18 Huong-dao .....3.040
    19 Phat-diem 11.810
    20 Yen-van..1.662
    6 Tong-xuan1.598 21 Ninh-binh ..1.583
    22 Bach-bat ....2.160
    7 Bach-bat ..3.482 23 Thien-duong ..1.638
    24 Dong-chua .....3.640
    8 Ngoc-ao4.000 25 Lang-rao ....2.824
    26 Tuan-du .....1.741
    27 Lang-van ...2.268
    9 Yen-loc.3158 28 Yen-loc..........2.571
    10 Vinh-tri...3.284 29 Vinh-tri .....6.752
    30 Ke-bang 3.218
    11 Ke-bang..6.298 31 Ke-dai ...3.062
    32 Ke-trinh 2.340
    12 Ke-trinh..5.019 33 Nam-dinh .....2.016
    34 Chan-ninh 3.907
    35 Cong-xa 9.175
    13 Nam-xang .3.818 36 Vinh-loc 4.500
    37 Vu-dien .1.561
    14 Ke-dam .2.980 38 Ke-dam .2.782
    39 Cat-lai ...........6.962
    15 Dong-chuoi ..5.041 40 Dong-chuoi ...8.600
    16 Ke-song.2.732 41 Ke-song ........3.100
    17 Ke-non .1.500 42 Ke-non...........3.505
    18 Ke-so ...3.244 43 Ke-so et But-son ...6.318
    19 Ke-beo .3.020 44 Ke-beo ..2.606
    45 Kim-bang ..2.579
    46 Bai-vang 3.125
    20 Bai-vang5.300 47 But-dong ...2.140
    48 Hoang-nguyen ..2.152
    49 Yen-lenh ..2.200
    21 Ke-so 2.630 50 Ke-so ...4.895
    51 Ke-voi..2.300
    22 Ke-voj3.375 52 Ke-rua .1.567
    53 Ke-loc .3.265
    54 Son-mieng4.694
    55 Ken-tru2.230
    23 Son-mieng6.235 56 Luu-xa.1.744
    57 Ken-nua.......3.024
    58 Ke-sai..3.798
    24 Lac-tho2.000 59 Lac-tho1.958
    60 Ke-set..3.757
    25 Yen-duyen..5.067 61 Ha-noi.5.500
    62 Phung-khoang.2.813
    63 Ke-bac1.330
    26 Ke-bac719 64 Ke-noi.1.670
    65 Ke-choi1.080

    TOTAUX1..101.046 210.824

    En comparant ensemble les chiffres, ci-dessus, assurément nous devons rendre grâce à Dieu qui a daigné multiplier ainsi les enfants de la sainte Église, malgré les cruelles persécutions par lesquelles les puissances du siècle s'efforçaient d'anéantir la religion ; mais nous devons comprendre aussi que le fardeau qui pèse sur le Supérieur d'une telle Mission est vraiment trop lourd : d'où la nécessité de l'alléger pour qu'il puisse le porter.
    C'est pourquoi, l'année dernière, sur la demande que j'en ai faite, le Saint-Siège a séparé de notre Mission et érigé en vicariat apostolique distinct les provinces de Thanh-hoa et Ninh-binh avec l'arrondissement de Lac-thuy de la province de Phuong-lam, et nommé Mgr Marcou Supérieur de cette nouvelle Mission, qui prend le nom de Tonkin maritime.
    Tout ce qui concerne cette division étant maintenant réglé, nous faisons savoir à tous, qu'à partir d'aujourd'hui, 8 février 1902, nous remettons l'administration du Tonkin maritime à Mgr Marcou, vicaire apostolique de Notre Saint-Père le Pape pour cette Mission. Ainsi, désormais, tous les prêtres, catéchistes et fidèles des provinces de Thanh-hoa, Ninh-binh et de l'arrondissement de Lac-thuy ne sont plus sous notre juridiction, mais bien sous la juridiction de Mgr Marcou, de qui ils relèvent entièrement.

    Tonkin occidental. Orgue. Visite à l'empereur. Mgr Gendreau ayant acheté l'orgue de l'église des Carmes à Paris, vient de l'installer dans sa cathédrale à Hanoi.
    Dans le courant du mois de février de grandes fêtes ont eu lieu à Hanoi pour l'inauguration du pont de la ligne ferrée de Haiphong- Hanoi. L'empereur d'Annam s'y étant rendu avec l'impératrice, NN. SS. Gendreau, Ramond et Marcou ont rendu visite au souverain d'Annam, qui les a fort gracieusement accueillis.

    1. Pour avoir la comparaison de l'augmentation complète de nos Missionsdu Tonkin, il faut ajouter aux 101.046 chrétiens du Tonkin occidental en 1846, les 66.350 du Tonkin méridional à la même époque ; donc au total 167.396 en 1846. Près de cette statistique mettons celle de 1902 Tonkin occidental et Tonkin maritime, 210.824 ; Tonkin méridional, 118.582 ; Haut Tonkin, 18.460 ; total 347.866 ; donc 180.410 de plus qu'en 1846.

    Cochinchine septentrionale. Chemin de fer. Les travaux du chemin de fer de Tourane sont en bonne voie. Le tracé est fait, n'y a plus qu'à se mettre au travail.
    La ligne ferrée coupe les jardins des religieuses de Phu-lam en deux sans toucher aux maisons. La gare sera située entre Phu-lam et Truong-sung, pas loin de l'écurie des éléphants.
    On dit que la ligne de Huê à Quang-tri et à Ai-lao va être mise en adjudication au printemps, et, qu'au moins jusqu'à Quang-tri, elle sera finie avant celle de Tourane à cause du peu d'obstacles qu'elle rencontre. Elle traverse le fleuve de Hué non loin du séminaire, suit sur les bords du canal de Ke-van ; elle laisse Thanh-tan assez loin sur la gauche. (Lettre du P. Izarn.)

    Kumbakonam. La fête des âmes à Vaduguerpatty. Nous avons eu, la semaine dernière, la belle fête des âmes. Près de quatre cents personnes se sont approchées des sacrements. Bien que ce ne fût pas une fête d'obligation, les chrétiens étaient accourus en foule, malgré la pluie ; un tiers seulement avait trouvé place dans l'église.
    Vous souvenez-vous de cette habitude touchante qu'ont les chrétiens d'écrire les noms de leurs parents défunts, et de les lire à l'église à haute voix, avant la messe? Cela fait un beau vacarme pendant un bon quart d'heure. Ceux qui ont pu se procurer quelques caches, les ont apportées au prêtre qui dira la messe pour leurs défunts, et ce jour-là, l'honoraire dépasse de beaucoup l'ordinaire. Mais que de Paters à réciter et que de tombes à bénir au milieu de la pluie !
    Ce même jour, on plante de nouvelles croix sur les tombes, et on relève celles qui sont tombées ; on apporte sur les tombes des paniers de graines qui sont ensuite distribuées aux pauvres, après que l'on a fait brûler de l'encens et récité des prières.
    Les chrétiens non seulement prient pour les âmes du purgatoire, mais encore ils les invoquent, et bien souvent en obtiennent de vrais miracles de protection. Le vieux P. Badenier, le vénérable doyen d'âge de notre Société et mon voisin de district, a une grande confiance en l'intercession de ces âmes, et une cause célèbre qu'il leur avait confiée, vient d'aboutir contre toute espérance, pour le triomphe des chrétiens contre les idées brahmaniques.
    Il y a vingt ans, les chrétiens de ce bon Père avaient construit, à grands frais, un immense char de procession ; les brames du village firent opposition à ce que ce char passât devant leurs maisons ; le char dut rétrograder, après un jugement de l'autorité gouvernementale ; toutes les dépenses qu'on fit pendant huit on dix ans n'aboutirent à rien. Le malheureux char était là, sous un hangar, près de l'église, attestant devant tout le monde l'impuissance des chrétiens et le triomphe du paganisme.
    Enfin, il y a près d'un an, le P. Badenier, aidé d'un prêtre indigène, son vicaire, le P. Félix, tenta de nouvelles démarches. Un mot du jugement, rendu dès l'origine, leur donnait quelque peu d'espoir ; mais surtout ils confièrent cette cause aux âmes du purgatoire. On pria, on fit des neuvaines et après bien des péripéties et pas mal d'angoisses, la permission demandée fut obtenue. Au milieu d'une force imposante de police et ami bruit des canons, du son des cloches et des tambours, le char portant la statue de la sainte Vierge, passa triomphalement par la rue des brames. Ceux-ci étaient assis, consternés, devant leurs maisons.
    A ce moment, la pluie survint comme un bon augure. Le brave Père Badenier suivait le char avec bon nombre de prêtres, au milieu de quinze à vingt mille chrétiens. Ne se sentant pas de joie, il prit le bénitier et, s'avançant vers les brames, les aspergea ainsi que leurs maisons, leur souhaitant toutes sortes de bénédictions. C'est bien la première fois qu'ils recevaient l'eau bénite. Le retour fut couronné par un beau Te Deum et la bénédiction du Très Saint-Sacrement. Les âmes du purgatoire avaient montré leur puissance d'intercession.

    (Lettre du P. Barralon, du 7 novembre 1901.)

    Bénédiction d'une statue du B. Jean de Britto à Pillavandandey. Dans l'Inde, il y a certainement peu de districts qui puissent se glorifier d'avoir un saint pour fondateur. Pillavandandey a l'honneur d'avoir le B. Jean de Britto pour premier prêtre1.
    C'est lui surtout qui fut le grand convertisseur de ces parages, qui, par ses prédications et ses miracles, conduisit à la lumière du christianisme les ancêtres de la plupart de nos chrétiens. C'est lui qui a bâti d'abord la chapelle de Siroucadambanour, à deux kilomètres à peine à l'est de Pillavandandey, puis l'ancienne église de cette dernière paroisse.
    Ici son souvenir est partout et cependant mes ouailles n'avaient pas pour lui le culte et la dévotion qui lui étaient dus.
    Mais, que Dieu en soit loué! Il n'en est plus ainsi. Le nom de Aroulanoudayer (nom tamoul du Bienheureux) est sur toutes les lèvres et dans tous les curs.
    Pour affermir cette dévotion et attirer les bénédictions du Martyr de l'Inde tamoule, le dimanche 29 décembre dernier, j'ai béni solennellement une statue du Bienheureux.
    L'église était pleine comme aux grands jours. Après l'Évangile de la messe, je rappelle, dans un panégyrique du B. Jean de Britto, ses travaux, ses souffrances, ses miracles, en un mot sa vie apostolique au milieu des ancêtres de mes chrétiens.

    1. Selon une tradition, saint François Xavier aurait baptisé les premiers chrétiens du district de Pillavandandey.

    Après la sainte messe, les chrétiens entonnent des chants tamouls en son honneur, pendant que j'accomplis les cérémonies de la bénédiction de la statue. Un généreux chrétien nommé Sandanampillai, de Pattavaram, village voisin de Siroucadambanour, ayant fait don d'un char de procession, la nouvelle statue est portée en triomphe autour du village de Pillavandandey. Selon la coutume, fleurs, musique instrumentale, coups de canon, chants, rien n'y manquait. Les nombreux pèlerins accourus à la fête suivaient le char, demandant au Bienheureux Martyr de les bénir eux et leurs familles.
    Pour moi, son humble successeur, je ne doute pas que, du haut du Ciel, il n'ait vu avec plaisir tous les villages où il a tant travaillé, qu'il a tant aimés, et j'espère que, grâce à son intercession, le bien se fera de plus en plus. Et désormais, chaque année, à la fête patronale, le B. Aroulanoudayer aura sa place dans la procession.

    1902/178-185
    178-185
    France et Asie
    1902
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