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Nouvelles diverses

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    Nouvelles diverses

    Su-tchuen méridional. Nous jouissons d'une paix relative; mais nos procès n'avancent pas, surtout ceux de Tse-lieou-tsin et de Min-chan. Notre Fan-tay, nommé Fan-tay à Pékin à la place de celui qui a été fusillé dernièrement par les alliés, est venu saluer Mgr Chatagnon lors de son passage à Souy-fou. Le brave homme qui craint de subir le même sort que son prédécesseur, demande à Monseigneur des lettres de recommandation pour le ministre de France et pour Mgr Favier. C'est un honnête magistrat qui nous a rendu de grands services pendant cette dernière persécution. Sans lui et le Préteur il est très probable que la province aurait été complètement bouleversée. Il nous a recommandé de terminer au plus tôt nos affaires litigieuses. Nour ne demandons pas mieux; mais encore faut-il que nos mandarins y mettent un peu de bonne volonté. (Lettre de M. Moutot, Souy-fou, 15 décembre1900.)
    Depuis que cette lettre a été écrite, nous avons appris que ces affaires se sont heureusement terminées.
    Mandchourie septentrionale. J'ai le bonheur de vous écrire de la ville de Kouan-tcheng-tse, où je suis arrivé le 16 courant en compagnie des PP. Monnier, Samoy, Cubizolles, Maillard et Lecouflet. Le 2 janvier à 3 h. 1/2 du matin, nous quittâmes le port d'Ing-tze pour aller prendre le chemin de fer russe. A 3 heures de l'après-midi nous étions chez le P. Corbel à Leao-iang. Là nous dûmes attendre l'arrivée de nos chariots. Le 4 ils venaient nous rejoindre. Nous nous mîmes directement en route, et le lendemain nous avions le bonheur d'aller demander l'hospitalité au P. Laurent Hia, qui gardait les ruines de l'église de Moukden et la maison qui servait d'église en dehors de la porte du nord. Le jour même je vis en compagnie du P. Maillard le général russe gouverneur de Moukden. Il se montra aimable, nous promit une escorte et me pria de vouloir bien dire la messe le 7 janvier, jour de leur fête de Noël pour les soldats catholiques. Le 6 il nous rendit visite avec son colonel d'état-major. Le lendemain, le vice gouverneur vint en personne me prendre pour aller dire la messe. Tous les Pères m'accompagnèrent. Le 8, au matin, nous nous mettions en route pour le nord, à la suite d'une escorte de 10 cavaliers russes. Nous allâmes coucher à I-lou. Les 10 cavaliers furent remplacés par 15 fantassins qui nous accompagnèrent jusqu'à Tié-ling, de Tié-ling nous continuâmes notre voyage sans escorte en suivant la route de I-toung-tcheou, où nous arrivâmes le 15 au matin. Impossible de vous décrire la joie des chrétiens, en nous revoyant. Nous passâmes une douce journée au milieu d'eux et le lendemain à 2 heures du matin, nous continuâmes notre voyage vers Kouan-tcheng-tse. Dans l'après-midi nous eùmes le bonheur de revoir les PP. Sandrin et Gérard arrivés depuis une quinzaine. Notre procure ayant été brûlée, ils avaient loué une maison. C'est là que nous nous trouvons jusqu'à ce jour. (Lettre de Mgr Lalouyer, 27 janvier 1901.)
    Kouang-si. Nous venons d'apprendre l'attaque et le pillage de quatre de nos confrères MM. Baufreton, Séguret, Rué et Dalle, les deux derniers blessés et le P. Rué gravement, quoiqu'on espère sa guérison. (Mgr Lavest, 7 février 1901.)
    Thibet. Dans la nuit du 30 au 31 décembre à 2 heures 1/2 du matin, une bande de brigands (une trentaine au moins) a attaqué Len-tsy-où se trouvait le P. Mussot. Celui-ci les a contenus pendant une demi heure avec l'espoir que les soldats et les gardes nationaux viendraient à son secours, car il les avait fait avertir dès le début. Ne voyant venir personne et le mur d'enceinte ouvert par une large brèche, il battit en retraite avec ses domestiques. Dans la journée du 31, le mandarin de Lou-tin-kiao se rendit sur les lieux, on saisit trois individus qui sont probablement coupables, mais dont la culpabilité n'est pas encore suffisamment établie pour les traiter en brigands; en attendant ils sont enfermés au prétoire de Ta-tsien-lou. Une partie des brigands s'étaient masqués, ce qui prouve que ceux-là au moins sont du pays. Les pertes sont estimées par le P. Mussot à 1.543 taëls. Il y a une cinquantaine de taëls de dégât à la maison. Il y a eu 275 taëls d'argent de pris.
    Le mandarin averti comme moi, le jour de la circoncision, à deux heures du matin, vint me voir dans la journée. Il m'a fait depuis une seconde visite, me priant de ne pas porter l'affaire au consul ni au vice-roi, qu'il se chargeait de tout arranger à ma satisfaction. Aujourd'hui le P. Déjean est allé lui porter la liste des pertes. Il a fait la grimace et s'est fâché. Finalement il a promis encore qu'on s'arrangerait. Je demande indemnité et punition des coupables. Si dans quelque temps l'affaire ne marche pas, j'aurai recours à M. le consul que j'ai déjà averti officieusement. (Lettre de Mgr Giraudeau, Ta-tsien-lou, 8 janvier 1901.)
    Le nouvel orphelinat de Padong est construit. C'est demain que le P. Douenel et moi y entrons. Pendant que se construira notre nouvelle résidence, nous l'habiterons. Après quoi, nous céderons la place aux orphelins. Ces jours derniers une famille Lepcha s'est convertie; c'est la première famille de cette tribu que nous comptons parmi les chrétiens du poste. Cette conversion fait monter à 4 le nombre des familles chrétiennes que nous avons au village de Kachim. Nous y possédons un terrain qui nous a été accordé l'an dernier par le gouvernement. Ici à Padong nous avons en ce moment 10 personnes adultes qui vont recevoir le baptême à Pâques. A Maria Basti il y a aussi quelques nouvelles maisons qui sont venues s'établir au village chrétien. Nous ne sommes plus aux anciens jours où les conversions étaient presque nulles. Depuis quelques années il y a un bon mouvement en faveur du catholicisme. Rien ne fait encore prévoir l'ouverture prochaine du Thibet. En attendant, nous travaillons de notre mieux à la frontière. (M. Moriniaux, Padong, 16 février 1901.)
    Haut-Tonkin. L'année qui vient de s'écouler a été vraiment une année de bénédiction pour le district de Vinh-loc, je viens en effet de clore mon compte rendu par le chiffre de 213 baptêmes d'adultes, dont quatre seulement in articulo mortis, chiffre que je n'avais encore jamais atteint jusqu'ici.
    Plus de la moitié de ces baptêmes ont été obtenus dans un seul village, le hameau de Moc-hoan dans la commune de Phuong-cach qui, il y a quatre ans, ne comptait pas encore un seul catholique.
    Jai aussi ouvert un autre village du nom de Cu-son-ha. Là le noyau est plus petit, mais les dispositions des nouveaux convertis sont excellentes et jai lespoir de le voir grossir peu à peu. Les premiers baptêmes ont été administrés et depuis lors deux nouvelles familles ont demandé et obtenu dêtre admises au nombre des catéchumènes.
    Mais lévénement le plus important de lannée a été sans contredit la bénédiction solennelle de la nouvelle église de lImmaculée Conception à Hoang-xa dont, sans trop savoir comment, jai pu mener la construction à bonne fin. La cérémonie a eu lieu le 29 mai jour où nous faisions la fête de Notre Dame Auxiliatrice.
    Je vous parlais dans une lettre précédente de mes desseins sur Son-lô, ils sont aujourdhui plus vivaces que jamais, car hier encore un chrétien de ce village mamenait les chefs de cinq nouvelles familles demandant à se convertir; il semble que le Sacré Cur à qui jai dédié ce village veuille me forcer la main et mobliger à y rester pour entreprendre la conversion de ce grand village de dix mille âmes, ce nest pas une petite besogne et si jarrivais à implanter la croix dans le cur de tous les habitants, avec quelle joie je pourrais chanter mon Nunc dimittis.
    A Cau-xa, il y a une station de pêcheurs, dont un tiers environ a embrassé la religion catholique, depuis une huitaine dannées. Comme tous les pêcheurs, ils nont point de terrain et vivent sur des radeaux. Un des nouveaux convertis avait hérité de son père une parcelle de terrain, que celui-ci avait acheté au village de Dinh-tru, sur une colline qui nest pas inscrite dans le cadastre du village. Depuis une trentaine dannées, le père et après lui le fils en avaient joui paisiblement.
    Voyant que je ne pouvais me procurer ailleurs aucun terrain, il voulut bien me faire une feuille de cession afin dy établir le catéchuménat. Quand le village sut mon intention, il voulut me faire revenir sur ma détermination et décida de sopposer à lérection du catéchuménat. Je prévins de ces faits le mandarin qui me dit que le village navait aucun droit de faire dopposition, et fort de cette déclaration, je pris les mesures et fis construire une paillotte provisoire. Mais le jour où je voulus élever la charpente, le village vint en bande (une quarantaine dindividus au moins) afin de susciter une affaire grave; je pus maîtriser les pêcheurs, mais je dus subir de la part des païens pas mal dinsultes et même ils mexcitèrent à les frapper, semblant nattendre que ce moment pour fondre sur les chrétiens et sur moi; ils allèrent même jusquà mettre un bambou dans mes mains afin dexciter davantage, mais grâce à Dieu je sus garder mon sang-froid; je fis appeler le mandarin, qui, pour la forme, emmena quatre ou cinq individus quil relâcha, aussitôt disparu de ma présence. Mais il en resta quand même assez pour mempêcher délever la charpente. Je me plaignis à la résidence, les païens aussi, bien entendu. Une enquête fut faite et la décision que je reçus, cest que, le village de Dinh-tru étant très excité et ne comptant pas un seul catholique, je ne devais pas faire doratoire sur un terrain relevant de ce village. Je fis alors remarquer que ce terrain nétait pas inscrit sur le registre cadastral; ma réclamation fut classée et pour me faire taire, on me donna sur le territoire de Cau-xa un terrain dune valeur marchande de 3 ligatures (1 fr. 25) dont je ne puis tirer aucun parti; il me faudrait cinq cents francs de dépenses pour le mettre en état de recevoir la moindre construction. (Lettre du P. Duhamel, 1er février 1901.)

    1901/161-165
    161-165
    France et Asie
    1901
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