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Nouvelles diverses

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    Nouvelles diverses
    Su-tchuen Oriental : Remontre de grévistes. On a failli avoir tin soulèvement dans le pays. Le mouvement a commencé par les fabricants de papier disséminés sur les deux versants de la montagne du In-keou gao, mais principalement sur le versant de Tong-leang. Le prétexte en a été l'impôt qu'on voulait mettre sur les papiers. Les ouvriers se sont mis en grève, et prenant pour raison que sans cesse de nouveaux impôts viennent grever le pauvre peuple ils se sont armés, et de préférence les jours de marché, ils arrivaient à l'improviste cherchant les chefs de marché pour leur faire un mauvais tour et saccageant les boutiques. Ils ont pillé plusieurs fois Pan-kiao, Suin-kia-che, Cheonai-tchang, ils sont venus deux fois près de Ma-pao-tchang, la première fois plus pacifiquement, la deuxième fois le mandarin est arrivé avec des soldats réguliers les refouler dans leurs montagnes. Moi-même j'ai eu l'occasion de les voir à l'oeuvre. C'était après la Trinité. J'ai profilé de mon séjour dans la ville de Iuin-tchang pour alter à Iuin-tchoan rendre visite au P. Cacauld. Ne me doutant de rien, j'étais arrivé sans encombre à Tai-pin-tchen à 45 ly de Iuin-tchoan. J'étais à l'auberge, me mettant à table pour le dîner, lorsque tout à coup on entend tonner leurs canons et des décharges nombreuses de fusil ; puis tout à coup une soixantaine de grévistes armés jusqu'aux dents font irruption dans le marché, laissant deux ou trois cents des leurs sur le bord du fleuve qui longe le village, prêts à leur prêter main forte au besoin. Ils ont commencé par garder les issues, défendant d'entrer ou de sortir du marché, ont saccagé deux boutiques dont l'une presque en face de l'auberge ou j'étais et ont cherché les chefs du marché qui, avertis d'avance, avaient eu soin de fuir et de se cacher.
    Quoique ce fut jour de marché, personne n'osa rien dire, ni rien faire, d'autant qu'ils avaient soin d'avertir de ne pas s'opposer à eux, qu'à la moindre alerte ils appelleraient à leurs secours leurs compagnons restés au bord du fleuve. Pendant un assez long temps, impossible aux chaises et aux porteurs de fardeaux de passer. Mon auberge heureusement était près de la sortie, et les gardiens s'étant avancés dans l'intérieur du marché, j'en ai profité pour continuer ma route ; quoiqu'il n'y eut pas de danger, j'ai préféré ne pas rester en la compagnie de ces gens peu intéressants, surtout à cause des bruits qu'on répand que ce sont les étrangers qui font augmenter les nouveaux impôts. Ainsi je suis arrivé sans encombre à Iuin-tchoan (Lettre de M. Gibergues, Ho-pao-tchang. 15 juillet 1910).

    Tonkin maritime : La chrétienté de Samson. Je vous ai parlé à plusieurs reprises d'une nouvelle chrétienté située près de Samson. Samson, c'est la plage de Thanh-hoa, ou pas mal de monde vient se reposer pour supporter avec plus de facilité les grandes chaleurs des mois de juin, juillet, août et septembre. Cette nouvelle chrétienté se trouve au bout de la plage.
    Il y a deux ans environ, je fus très étonné de voir plusieurs familles de ce village venir me trouver pour me demander à se convertir. Je soupçonnai quelque anguille sous roche, et je crus que ces néophytes avaient probablement maille à partir avec les notables de l'endroit. Mais pas du tout. Tout ce monde se convertit, étudia ; pas d'affaires. Le nombre des catéchumènes va chaque jour grossissant, aujourd'hui il dépasse la centaine.
    Je viens de passer une huitaine avec ces braves pêcheurs ; ils donnent vraiment de sérieuses espérances. J'aime bien, tout en leur expliquant le catéchisme, à causer avec eux, à leur parler de leur métier, à m'informer de leurs petites histoires.
    L'autre jour, pendant que nous causions ainsi, l'un d'eux se mit à dire : « Père, vous croyez que nous ferons comme tant d'autres et, que, après avoir étudié, nous quitterons la religion ! Ne craignez rien, nous autres nous avons les martyrs qui prient pour nous. Les martyrs ! Dis-je. Quels martyrs ? Vous êtes chrétiens d'hier seulement. Voilà, Père, il y a de cela plus de vingt ans, on se saisit de huit chrétiens dont un catéchiste, à l'embouchure du Song-ma. Les notables de l'endroit les condamnèrent à mort sans autre forme de procès. De la montagne à l'embouchure du Song-ma il y a quatre villages ; on distribua les huit chrétiens deux par deux et ils furent tués deux par chaque village. C'est dans notre village que fut tué le catéchiste. Il s'appelait Kiem et était d'une beauté telle qu'il faisait l'admiration de tout le monde. Contrairement à l'habitude de la maison de Dieu, il portait les cheveux longs qui lui descendaient jusqu'au genou. Je l'ai vu mettre à mort et je resterai chrétien, allez ! »
    Et naturellement la vieille parole de saint Augustin me revenait à la mémoire ; « Le sang chrétien divinisé par le sang de Jésus, qui l'a pénétré de sa grâce, devient comme un grand fleuve qui coule à travers le monde et, comme la pluie bienfaisante fait, là ou elle tombe, germer et fructifier le grain, le sang chrétien fait germer et croître les enfants de Dieu ».
    Grâce à divers dons j'ai pu élever là une petite paillote, y entretenir un catéchiste et commencer l'oeuvre de Dieu. Mais mes ressources sont à bout et il faudrait cependant mieux que cela.
    Puis à Samson il n'y a pas que l'élément annamite, les Français y sont assez nombreux. Dimanche j'y disais la messe et plus de vingt Français étaient venus s'entasser et étouffer dans notre pauvre paillote. (Lettre de M. Bourlet, 23 août 1910).

    1910/325-326
    325-326
    France et Asie
    1910
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