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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Pondichéry. — Les pariahs de Cuddalore. D'abord je dois vous dire que je les aime tout plein. Ils sont pauvres et ils souffrent : voilà deux titres à mon affection. Ils sont menacés par les protestants : alors l'affect fon ne va plus seule ; il faut lutter pour les conserver et les sauver, et mon attachement pour eux a grandi avec les efforts qu'il a fallu faire.
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    Nouvelles diverses

    Pondichéry. — Les pariahs de Cuddalore. D'abord je dois vous dire que je les aime tout plein. Ils sont pauvres et ils souffrent : voilà deux titres à mon affection. Ils sont menacés par les protestants : alors l'affect fon ne va plus seule ; il faut lutter pour les conserver et les sauver, et mon attachement pour eux a grandi avec les efforts qu'il a fallu faire.
    Mes pariahs, dit-on, sont comme ceux de Pondichéry, les descendants des pariahs convertis au temps de Dupleix. Depuis cette époque, ils ont été pour la plupart au service des Anglais ou des Français. Leurs maîtres s'attachaient à eux et les considéraient presque comme de la famille. Aussi tous ces serviteurs étaient heureux ; le « saur ou » n'était pas cher et l'on n'était point limité dans la ration. Aujourd'hui les Anglais disparaissent peu à peu de l'Inde, et les pariahs qui depuis si longtemps, de père en fils, n'ont connu d'autres métiers que ceux de «butler, cook, washerman, dhobby, etc., etc. », se trouvent aujourd'hui sans travail ou se sont mis à la poursuite des Anglais et les ont rejoints dans les contrées plus hospitalières ouvertes à la civilisation européenne. C'est ainsi que mes pariahs ont quitté leur pays. On les trouve à Ceylan, à Rangoon, à Singapore, en Afrique. Et ma paroisse qui devrait compter 600 pariahs n'en compte guère que 300. Les hommes et les jeunes gens sont partis. Ils ont laissé à la maison les femmes et les enfants... et c'est la misère au logis. Les protestants ont compris qu'il y avait là pour eux une bonne occasion d'agrandir leur congrégation. Ils avaient déjà une école, la seule qui fut fréquentée par les pariahs catholiques. Ils avaient de l'argent ; leurs terrains leur rapportant 15.000 francs par an. Ils s'annoncèrent comme les sauveurs du pays. Ils construisirent une école industrielle et offrirent à mes catholiques de leur fournir gratis la nourriture, le vêtement, l'éducation et un métier. Ils les prenaient comme pensionnaires dans l'internat qu'ils avaient construit. La tentation fut forte : tous mes pariahs refusèrent. La question de religion avait été écartée avec soin, mais personne ne se méprit sur la véritable intention des protestants.
    En tout cas, mon devoir était tracé ; avec 50 francs, j'ouvris une école pour mes catholiques pariahs dans une vieille église qui avait appartenu aux prêtres de Goa et qui depuis plus de 20 ans, fermée aux exercices du culte, attendait que quelqu'un lui donnât une destination. J'avais donc une école, l'école Sainte Mary, une bien pauvre école. Le voisinage des protestants étant un danger perpétuel pour mes chrétiens, il m'a fallu faire disparaître leur école. Et pour cela attirer les enfants païens qui allaient chez les protestants ; le moyen, était d'avoir une école mieux fournie que la leur. Le bon saint Joseph s'est mis de la partie ; mon école est la meilleure du pays, les enfants païens sont tous venus chez moi ; les protestants ont terme leur école industrielle ; leur école primaire compte une dizaine d'enfants protestants. Il fallait faire reconnaître mon école par le gouvernement : pendant plus de deux ans, j'ai dû attendre la permission désirée. Les protestants ont fait tout ce qu'ils ont pu pour supprimer mon école. Là encore ils ont échoué ; le gouvernement a reconnu mon école et ses inspecteurs ont reconnu que « Sainte Mary's School » était une « Model School ». Pour arriver à ce résultat, le curé de Cuddalore, mettant dans sa poche son orgueil de Bourguignon, s'est fait professeur, maçon, menuisier, jardinier, et la bénédiction de Dieu aidant, notre sainte religion a été honorée par ici. Mon dernier rêve, ma dernière oeuvre, c'est de donner du travail à ces pauvres pariahs dans leur propre pays : il me faut une école industrielle pour en faire des menuisiers, des forgerons, etc., etc. (Lettre de M. Drouhin, Cuddalore, avril 1911).

    Mandchourie septentrionale. — incendie à Ghirin. — Le S courant la ville de Ghirin a subi un désastre tel que depuis sa fondation elle n'en avait pas vu de pareil ; un immense incendie en a dévoré au moins les deux tiers ; les quartiers les plus commerçants ne sont que des monceaux de ruines ; plus de 10.000 familles suivant le chiffre officiel ont eu leurs habitations brûlées ; la mission se trouvant dans la partie est de la ville a été épargnée, j'avais déjà mis dans les caves tout le mobilier, et je me préparais à faire comme tout le monde nous en avons été quittes pour la peur ; le vent de l'ouest qui soufflait sur nous a fait place à celui de l'est qui a rejeté le feu vers le côté opposé ; nous avons à regretter la perte de valeurs déposées dans les banques qui très probablement ne se relèveront pas.
    (Lettre de M. Cubizolles, provicaire 29 mai 1911).

    1911/219-221
    219-221
    France et Asie
    1911
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