Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Nouvelles diverses

Nouvelles diverses
Add this
    Nouvelles diverses

    Taikou. Bénédiction de la première pierre de l'église de Mokpo. « Le dimanche 3 août avait été choisi pour la pose de la première pierre de l'église de Mokpo ; mais, par suite du mauvais état de la mer, Mgr Demange n'est arrivé ici que dans la nuit du 3 au 4, trop tard même pour descendre de suite à terre. C'est donc vers 7 heures du matin que Monseigneur escalade la butte où se trouve la mission, escorté par les PP. Cadars et Canelle, un grand nombre de chrétiens, et aussi par M. Hashimoto, préfet de Mokpo, qui a bien voulu assister à toute la cérémonie en grand uniforme et la poitrine couverte de décorations.
    Monseigneur a aussitôt célébré la messe, assisté du missionnaire de Mokpo et du P. Canelle ; puis, après un modeste déjeuner il s'est rendu sur le terrain de l'église, avec chape, mitre et crosse, pour procéder à la bénédiction de la première pierre. Au centre du terrain était dressée une croix de procession, ainsi qu'une table sur laquelle on a procédé à la bénédiction de l'eau. Psaumes, antiennes, litanies, tout a été chanté le plus solennellement possible par Monseigneur et les Pères présents. Quand on a fait le tour des fondations pour les asperger, Monseigneur et les ministres ainsi que M. le Préfet de Mokpo ont seuls circulé à travers les pierres, les briques, le sable, etc., pendant que la foule des chrétiens écoutait silencieuse en dehors de l'enceinte sacrée. La pierre angulaire a été ensuite l'objet des prières liturgiques, et mise en place par quatre Chinois aux vigoureuses épaules. Le procès-verbal de la cérémonie, dûment signé par l'évêque, les Pères présents et M. le Préfet de Mokpo, a été expliqué en quelques mots à la foule et scellé dans cette pierre fondamentale.
    De là, on s'est rendu en procession à la colline qui se trouve en contrebas de la mission actuelle, mais domine absolument la gare, la mer et la ville de Mokpo. La croix marchait en tête avec deux acolytes ; puis venaient, deux par deux, les chrétiens de Mokpo et des îles, Monseigneur et ses ministres suivaient, et la foule des chrétiennes et des nombreuses païennes qui tenaient à assister à cette cérémonie exceptionnelle, terminait la procession. Sur la dite colline s'élève une grande croix de bois de 5m,50 de haut, encastrée dans un massif de pierres taillées d'environ 1m,20 de côté. Monseigneur a chanté solennellement les prières liturgiques, aspergé et encensé la croix Rédemptrice, et après l'avoir adorée et baisée suivant la rubrique, les missionnaires présents ont fait de même.
    On s'est ensuite rendu processionnellement à l'endroit où se trouvait la petite cloche qui doit se dresser sur le pignon de l'église et qui, en attendant, était supportée par quelques poutres enguirlandées de branches de sapin. A la fin de cette troisième et dernière cérémonie, Monseigneur s'est adressé à la foule chrétienne au milieu de laquelle se trouvaient de nombreux païens et catéchumènes protestants. Se basant sur le sens de la triple cérémonie il a demandé à tous que Mokpo soit désormais consacré à Dieu, non seulement dans la pierre et le bois, mais surtout dans le coeur de nombreuses âmes réellement chrétiennes. La cérémonie avait duré trois heures. Après une courte réfection, on est rentré à la chapelle pour la cérémonie de la Confirmation.
    J'oubliais de noter le nom de « baptême » de la cloche ; c'est saint Patrice, le grand apôtre de l'Irlande, qui doit la protéger et aider à ce que son appel soit entendu des îles lointaines qui s'étendent au delà de la rade de Mokpo, tout comme le son de sa petite clochette chassa jadis, dit la pieuse légende, tous les démons et les reptiles venimeux de son île sauvage devenue l'île des Saints.
    Le soir de ce jour mémorable, sous un ciel calme et semé d'étoiles, la colline resplendissait de mille feux. Païens et chrétiens, Coréens et Japonais, accouraient en foule et contemplaient longuement cette immense croix de feu qui dominait la ville, la mer, et rayonnait au loin sur les îles...
    Adoramus te Christe, et benedicimus tibi, quia per Crucem tuant redemisti mundum. (Lettre de M. Chargeboeuf. Août 19I3.)

    Kouang-tong. L'église de Chao-tcheou fou. Cette église a été construite par M. Roudière de 1903 à 1908. Elle mesure 60 mètres de longueur, du portail principal à la sacristie, et 20 mètres de largeur; elle possède 3 nefs ; la hauteur sous clef de voûte est de 16 mètres. C'est, après la cathédrale dé Canton, la plus belle église de la mission. (Voir la 2e page des Gravures).

    La situation. A Canton, la situation, qui paraissait à un certain moment assez critique, a subi une amélioration notable, mais pendant quelques jours la panique s'empara des commerçants cantonnais qui quittèrent en masse la ville de Canton pour se réfugier soit à Hong-kong, soit à Macao ; on évalue leur nombre à 120.000.
    Le 9 août, les soldats se révoltèrent contre le vice-roi de Kouang-tong qui avait proclamé l'indépendance, l'artillerie braqua ses canons sur le yamen et força Tchen à s'enfuir, recueilli à bord d'une canonnière européenne il put se réfugier à Hong-kong.
    Le 11 août le général Loung arrive à Canton ; malgré tout, les troupes cantonaises voyaient arriver d'un mauvais oeil les soldats yunnannais ; une division se battit pendant deux jours contre les troupes de Loung-tsi-kouang, le nombre des morts fut assez élevé, mais la plupart des victimes furent d'inoffensifs habitants ; beaucoup de quartiers riches de la ville furent pillés, cependant la division de soldats révoltés fut vaincue et un grand nombre se sauva.
    Après la défaite des sudistes, les chefs du parti Koue-min-tang se sont enfuis ; Sun Ya-tsen s'est réfugié au Japon, on ne sait pas s'il a l'intention de rester dans ce pays ou de passer en Amérique.
    Tsen Lao-sen, notre vice roi de 1904, qui au cours de la révolution avait été nommé généralissime des armées sudistes, a été obligé de senfuir arrivé à Hong-kong il demeura quelques jours sur un bateau surveillé et protégé par la police anglaise, puis prit passage à bord d'une malle en partance pour l'Europe.

    Kouang-si. Inondation. Pendant ce mois d'août tout est reste calme au Kouang-si. Quelques agitateurs ont payé de la vie leur trop grand zèle pour la révolution ; trois ont été fusillés à Nan-nin après avoir été convaincus de propagande pour Hoang-hin, plusieurs restent en prison.
    Pendant ce mois d'août, l'inondation a fait au Kouang-si des désastres qui seront lourdement sentis.
    A la suite de très fortes pluies dans le Kouang-si et au Tonkin, les eaux du Si-kiang montent rapidement. Dès le 6, les quais de la concession sont couverts, l'eau continue à monter jusqu'au 10.
    Sur la concession il y a 8 à 10 pieds d'eau ; la ville marchande est sous l'eau. Tous les lieux un peu plus élevés sont envahis par la foule que l'inondation chasse de partout.
    Le riz et le bois manquent, et les pauvres gens 'qui sont cernés sur leur flot meurent de faim ; on a payé le riz 0 fr. 30 la livre. Le fleuve charrie de temps en temps des maisons entières.
    Du 10 au 20 les eaux baissent, mais un typhon les 17 et 18 ramène une nouvelle crue et une nouvelle panique. Maintenant que les eaux se retirent, on assiste à un spectacle navrant, on ne voit sur les bords du fleuve qu'un amas de vieilles poutres et de tuiles brisées.
    Les nouvelles des confrères ne nous sont pas encore parvenues et nous ignorons l'étendue du désastre.
    (Le Petit Messager du Kouang-si, 1er septembre 1913).

    Kien-tchang. Statistique de 1912-1913. La Semaine du Kien-tchang annonce : Les Comptes-rendus viennent d'arriver.
    En attendant un tableau détaillé, voici quelques chiffres :

    Année 1913 Année 1912
    Confessions. . . . . . 3253 2929
    Communions. . . . . 13307 5664
    Baptêmes d'adultes. . . . . 323 101
    Elèves dans les écoles. . . . 922 761

    Les nouvelles du dehors créent un certain malaise. Les mandarins font moins de besogne que jamais. Les soldats de Lo-tse-tcheou, vrais brigands, terrorisent Yué-hi, dont les notables font des démarches à la mission, afin qu'elle appuie leurs protestations. Dans les prétoires on a peur des troupes du Yun-nan, qui ont fait une incursion récente dans le territoire de Houi-li-tcheou.

    Tonkin. Inondation. Le Tonkin a été très éprouvé par une inondation qui a causé de grands désastres. Mgr Gendreau, le vicaire apostolique du Tonkin Occidental, et Mgr Marcou, le vicaire apostolique du Tonkin maritime ont fait un appel aux catholiques de France. Nous prions nos lecteurs de bien vouloir unir leurs aumônes à leurs prières pour ces missions où des milliers de chrétiens sont demeurés de longs jours sans abri.

    Tonkin Méridional. L'académie française vient de décerner le prix Volney à M. Th. Guignard, missionnaire au Tonkin méridional, pour son Dictionnaire Laotien-français dont le précédent numéro de nos Annales a donné un compte-rendu1.
    1913/315-318
    315-318
    France et Asie
    1913
    Aucune image