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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Kumbakonam. Une Léproserie à Kumbakonam. Voilà une oeuvre dont le besoin se faisait sentir depuis longtemps dans la mission. Mais, hélas ! Le manque absolu de ressources ne nous permettait pas d'y songer.
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    Nouvelles diverses
    Kumbakonam. Une Léproserie à Kumbakonam. Voilà une oeuvre dont le besoin se faisait sentir depuis longtemps dans la mission. Mais, hélas ! Le manque absolu de ressources ne nous permettait pas d'y songer.
    L'an dernier, désolé à la vue de tant de malheureux lépreux qui venaient à nous et que nous ne pouvions secourir, nous nous décidâmes à travailler à la fondation d'une Léproserie. Quelques personnes charitables, mises au courant de nos projets, nous envoyèrent des aumônes. Ces aumônes réunies pouvaient tout au plus suffire à acheter l'emplacement nécessaire à l'établissement de la future Léproserie. Dans ces conditions, pouvions-nous aller de l'avant, sans tenter la Providence. Mgr Bottero, consulté, décida qu'on ne pouvait laisser plus longtemps, sans secours, un si grand nombre de pauvres païens, pour qui la Léproserie deviendrait la porte du Ciel.
    Aujourd'hui le terrain est acheté et nous recevons les lépreux que la Providence nous envoie. Une hutte faite de quelques bambous assemblés, vaille que vaille, et recouverts de feuilles de cocotier constitue tout l'abri que nous pouvons offrir à ces infortunés.
    L'été, tout ira bien. Mais vienne la saison des pluies. Serons-nous obligés de laisser les malheureux lépreux exposés au froid et aux intempéries de l'hiver ? Aurons-nous la douleur de voir encore ces maux s'ajouter à leurs horribles souffrances?
    Il serait donc de toute nécessité de leur construire une demeure plus confortable et plus salubre. (Lettre de M. J. MICHOTTE, missionnaire à Kumbakonam, Inde anglaise).

    Birmanie méridionale. Consécration de la cathédrale de Rangoon. La cathédrale de Rangoon a été récemment consacrée. C'est un vaste édifice en style gothique pur. Sa plus grande longueur est de 82 mètres et sa plus grande largeur de 32 mètres.
    Les deux flèches s'élèvent à 70 mètres au-dessus du sol et une statue de la Vierge domine le portail à une hauteur de plus de 30 mètres. Sur la décoration de l'intérieur, simple mais à grand effet, les briques des murs et les grandes lignes des voûtes, toutes en pierres de ciment, ressortent admirablement.
    La solidité et la beauté du travail ont été publiquement reconnues par le gouvernement de l'Inde dans une lettre officielle de son architecte.
    Ce superbe édifice peut rivaliser avec les belles cathédrales de Saigon et de Canton. Il est l'oeuvre d'un missionnaire de talents exceptionnels, le P. H. Janzen.
    La consécration a eu lieu le 22 février 1910. Six évêques, NN.SS. Marcou, du Tonkin maritime ; Mossard, de la Cochinchine occidentale ; Bottero, de Kumbakonam ; Baslé, de Bangalore ; Foulquier, de la Birmanie septentrionale ; Segrada, de la Birmanie orientale, avec 65 prêtres dont 15 étrangers à la mission, avaient répondu à l'appel de Mgr Cardot, le Vicaire apostolique de la Birmanie méridionale. Le gouverneur de la Birmanie, sir Herbert White, accompagné de sa famille et de deux aides de camp, avait voulu être présent à la cérémonie.
    Plus de 10.000 chrétiens, Européens, Eurasiens, Carians, Indiens, Chinois, Birmans, Chins, étaient accourus des villes et de la campagne.
    La majeure partie du transept et les deux nefs latérales avaient été réservés aux chrétiens indigènes.
    Cette foule de catholique de races diverses aux costumes variés et pittoresques, tous unis dans un même esprit de foi et d'amour, produisit sur la population de Rangoon une impression profonde.
    La consécration de l'église et de l'autel principal fut faite par Mgr Cardot, les autels latéraux furent consacrés par Mgr Marcou et par Mgr Baslé. La messe pontificale fut célébrée par Mgr Mossard. Dans l'après-midi, Mgr Bottero adressa la parole et donna sa bénédiction aux Indiens ; un prêtre birman, le P. Paul, parla éloquemment aux Birmans et aux Carians, et le P. Peal, de la mission de Calcutta, fit un magnifique sermon dans lequel il montra l'expansion du catholicisme en Birmanie comme dans le reste du monde, et l'unité de foi qui relie entre eux les peuples les plus divers. En retournant dans ses montagnes, un vieux Carian résumait par ce mot pittoresque le sentiment de tous les coeurs chrétiens : « Si le Ciel est aussi beau, on ne se lassera pas de le contempler ».

    Tonkin Occidental. M. Le Page chez les Muong. J'ai à peine fini de m'installer à Tuong-lam, et maintenant il me faut encore construire chez les Muong. J'y ai déjà dix petites chrétientés dont quelques-unes sont bien loin, dans l'intérieur des grandes montagnes. Le pays est très malsain, mais en hiver, il n'y a pas à craindre. Je viens d'y passer une quinzaine de jours et je me dispose à y retourner.
    Vous connaissez les cases sur pilotis des Muong. On y trouve difficilement un endroit passable pour y préparer une petite table qui serve d'autel. Chaque pas qu'on fait sur les bambous qui forment le plancher, fait tout remuer. Le foyer se trouve au milieu de la chambre, et la toiture descend à 0m, 60 environ du plancher. Vous voyez combien ces maisons sont incommodes pour servir de chapelle, sans compter qu'elles ne peuvent contenir que trente ou quarante personnes au plus.
    J'ai été malade à deux reprises cette année et j'ai dû aller à Hanoi pour me soigner. C'était l'anémie : mes pieds et mes jambes étaient enflés, mais je me suis remis assez vite. Après mon retour, je suis allé visiter mes nouvelles chrétientés Muong, dont la plus éloignée est à six heures de Thuong-lam. J'ai fait ce trajet à pieds, sans trop de fatigue et par une pluie continuelle qui grossissait les torrents et rendait les sentiers très difficiles. J'étais trempé, et mes souliers remplis d'eau me rendaient la marche très pénible, mais le paysage était si beau qu'il me faisait oublier la fatigue.
    Dans la chrétienté la plus éloignée, il m'arriva un accident. Le soir, en descendant de la maison que j'habitais, au lieu de poser le pied sur l'échelle, je le mis entre les barreaux et je tombai à la renverse. Je fus retenu par ma jambe qui était engagée dans les barreaux et fus quitte pour une blessure à la cuisse qui me gêna beaucoup pour m'en retourner le lendemain. Actuellement, je suis à peu près guéri de cette blessure. (Lettre de M. LE PAGE, missionnaire du Tonkin Occidental.)

    Tonkin Maritime. Etat de la chrétienté de Muong-denq. Ce sont les catéchistes qui nous manquent le plus ; et, comme on ne peut pas en avoir suffisamment, il faudrait pouvoir former des jeunes gens Tay qui enseignent leurs compatriotes. Mais, bien peu savent lire et écrire à Muong-deng. Je n'ai pu, jusqu'à présent, en trouver que deux qui peuvent instruire ainsi.
    Depuis l'affaire du Père Verbier, ce pays est resté dans une situation assez mal définie ; plus d'autorité, ni de tête, plus d'ordre, c'était l'anarchie sous tous les rapports. Heureusement, les autorités ont enfin établi un nouveau chef Muong qui se trouve être un honnête chrétien, homme intelligent qui remettra un peu d'ordre dans la région. Il y a bien un peu d'opposition de la part des partisans de l'ancien Tao-muong (celui qui fit tuer le Père Verbier), mais j'espère que le parti de l'ordre l'emportera. Comme le nouveau chef est chrétien, on peut espérer que la Religion en profitera et que, peu à peu, tout le Muong sera chrétien. Déjà les deux tiers le sont, baptisés ou catéchumènes. Reste le travail de les perfectionner qui n'est pas des moindres. Monseigneur ma proposé d'installer des surs de Phong-y à Yen khuong. Un bienfaiteur se charge de la dépense. J'accepte en principe ; mais ce projet ne se réalisera que quand je pourrai leur faire construire une maison, ce qui n'est pas possible pour le moment, les gens de Muong-deng étant très occupés. (Lettre de M. DEGEORGE, missionnaire du Tonkin maritime).

    1910/210-212
    210-212
    France et Asie
    1910
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