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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Yun-nan : Le district de Tchao tong. Tchao tong est la dernière préfecture de la province du Yun-nan en allant vers le Setchoan. La ville, située dans une longue plaine, à 2.000 mètres d'altitude, compte, dit-on, 25 à 30.000 habitants, si l'on peut formuler, une évaluation approximative des populations chinoises. Nous y possédons une belle église avec 300 chrétiens environ.
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    Nouvelles diverses

    Yun-nan : Le district de Tchao tong. Tchao tong est la dernière préfecture de la province du Yun-nan en allant vers le Setchoan. La ville, située dans une longue plaine, à 2.000 mètres d'altitude, compte, dit-on, 25 à 30.000 habitants, si l'on peut formuler, une évaluation approximative des populations chinoises.
    Nous y possédons une belle église avec 300 chrétiens environ.
    Toute la sous-préfecture (Ngen-ngan-kien) de Tchao-tong fait partie de mon district, avec en plus toute la sous-préfecture de Lou-tien, celle de Yun Chan, et une partie de celle de Ta-kouan. Au Lou-tien tin, je ne compte pas un seul catholique ; au Yun Chan hien, je compte une centaine de chrétiens ; et une toute petite centaine également au Ta-kouan tin.
    Tchao-tong est le dernier poste du P. Chicard, le chevalier apôtre, dont le souvenir y est toujours vivace. C'est ici qu'il est mort, j'ai donc la garde de son tombeau. Que je dise de suite à ses fidèles admirateurs de France que ce tombeau est en bien triste état et qu'il serait fort convenable de le refaire ; cent francs suffiraient.
    Tous mes chrétiens sont ce que nous appelons des vieux chrétiens : presque tous sont des émigrés du Se-tchoan ou du bas Yunnan. Chrétiens de longue date, ils font la consolation de leur pasteur par leur foi, leur piété et leur bon esprit. A part trois familles, toutes les autres sont pauvres, et ont particulièrement à souffrir en, cette année de disette.
    Dans cet immense pays, me voilà donc avec cinq cents chrétiens ! C'est vous dire qu'il me reste fort à faire pour convertir les multitudes innombrables de païens qui m'entourent. Je ne parle pas des mahométans qui, au nombre de vingt mille dans l'arrondissement du sous-préfet de Tchao-tong, ne sont guère convertissables, quoique nullement ennemis des chrétiens.
    Pour arriver à un résultat certain, il me faudrait fonder ici en ville quelques oeuvres de charité.
    Jusqu'à présent, je ne possède guère qu'un orphelinat de filles tenu par deux religieuses chinoises, et un petit orphelinat de garçons à ma résidence. C'est peu, très peu.
    L'orphelinat compte aujourd'hui 25 grandes filles avec 40 petites en nourrice ; et presque chaque jour on en dépose deux ou trois, devant ma porte. Je ne sais plus quel est le docteur français qui a écrit qu'au Yun-nan on n'abandonnait pas les enfants. Ce voyageur a dû faire ses observations en pays indigène ; il n'est assurément pas passé à Tchao tong. Celte année, avec la disette, l'abondance de ces enfants prend des proportions si considérables que j'ai dû écrire à Monseigneur pour lui demander s'il ne conviendrait pas de mettre une limite à notre bonne oeuvre ! Monseigneur m'a répondu : « Pour les enfants abandonnés, voyez si dans plusieurs cas vous ne pourriez pas faire une charité à la famille qui veut abandonner son enfant et l'engager ainsi à le conserver ; de cette façon on exempte la mission d'une charge qui peut dépasser ses moyens, vu les faibles ressources fournies actuellement au Yun-nan par la Sainte Enfance, et puis on sauve quand même la vie de l'enfant, et de plus on peut espérer que, dans certains cas, cette charité touchera le coeur des parents et les amènera peu à peu à se faire chrétiens. Pour les cas où les enfants sont abandonnés à votre porte et où il est impossible de savoir à qui l'enfant appartient, je crois que vous ferez bien de les recueillir au nom de la Sainte Enfance ; et si ces cas devenaient trop nombreux, comme vous semblez le craindre ; avisez à prendre des mesures d'une autre nature, comme par exemple de vous adresser en France à vos amis ! »
    J'ai à lutter contre la propagande protestante qui, grâce aux secours d'Angleterre et d'Amérique, est mieux armée que moi.
    Je suis seul missionnaire ici, eux ministres protestants sont sept ! Nous possédons une petite résidence, eux en possèdent cinq ! Mon maître d'école est payé 30 taëls par an, leurs nombreux maîtres reçoivent 30 taels par mois ! Les enfants de mes chrétiens étudiant à l'école doivent se nourrir eux-mêmes ; les enfants des protestants sont nourris gratis par les ministres! Etc., etc... Et enfin parmi les Lolos qui habitent la préfecture de Tchao tong, les protestants comptent déjà de nombreux adeptes. Je me recommande bien instamment aux prières des lecteurs des Annales des Missions Étrangères. (Lettre de M. Liétard, missionnaire apostolique à Tchao tong).

    Tonkin maritime : La nouvelle chrétienté de Phuong-nai. C'est de Phuong-nai, une toute nouvelle chrétienté, que je vous écris. Dans trois jours, Monseigneur doit y monter pour présider la cérémonie de baptêmes qui doit avoir lieu. Actuellement 130 sujets, appartenant à trois localités différentes, se préparent à recevoir ce sacrement, et, dans une vingtaine de jours 150 autres recevront la même grâce à Tien-hung, hameau qui devient entièrement catholique. Réjouissez-vous avec moi, du bien qui se fait dans cette région auparavant toute païenne, mais n'oubliez pas que, par ailleurs, j'ai beaucoup de soucis, des affaires par dessus la tête, des visiteurs à jet continu et tous pour affaires ou pour misères. Souvent le découragement s'empare de moi à la vue de tous ces tracas, mais enfin, avec la grâce de Dieu, jusqu'ici j'ai pu remonter le courant. Priez le bon Dieu pour qu'il me donne du courage en abondance, et, surtout pour que je sois un digne instrument dans le champ du Père de famille. Dans ma dernière lettre, je vous ai dit que j'allais faire construire une petite résidence dans la région où ont lieu les conversions. Oui, j'ai cru qu'en m'installant au milieu des nouveaux chrétiens, à proximité de la sous-préfecture, tout le monde, moi excepté, avait à y gagner, et je suis en train d'élever cette maison sur un terrain que m'a donné la famille chrétienne la plus à l'aise de l'endroit. J'espère que cette construction sera terminée vers la fin mai ; il faudra encore y adjoindre une petite chapelle et je n'ai plus de ressources, j'ai même dû, pour pouvoir mener à bout la construction de la résidence, faire un petit emprunt. Enfin, à la grâce de Dieu, et, je suis bien sûr que, si mon plan est dans les desseins de la Providence tout finira par s'arranger. (Lettre de M. Soubeyre, missionnaire apostolique, 12 avril 1912).

    1912/212-214
    212-214
    France et Asie
    1912
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