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Nouvelles diverses

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    Nouvelles diverses

    Tonkin occidental. Conversions. ... Je vous ai écrit il y a un mois, mais le P. Pédebidau me dit que vous désirez avoir des nouvelles de la chrétienté de Ho-lua ; je tiens à vous en donner. Vous y avez droit, car vous avez peiné jadis pour la ramener. Actuellement Ho-lua compte 85 chrétiens fervents, a une église, un presbytère et 4 arpents de rizières. Tous les anciens catholiques ou descendants d'anciens catholiques ne sont pas encore revenus entièrement. Par exemple, dans la famille des Nguyen qui a deux branches, il n'y que la branche aînée qui soit convertie. Dans ce hameau les bouddhistes sont pacifiques, mais les anciens catholiques ou descendants de catholiques non convertis ont fait tout leur possible pour anéantir la nouvelle chrétienté. Ils ont à propos de terrains, d'étangs, intenté trois procès aux nouveaux convertis. Ceux-ci laissés à leurs propres forces auraient certainement eu le dessous, mais je suis venu à leur secours et ils ont gagné les trois procès. Depuis lors, les apostats les laissent tranquilles. Phan, de race noble, est le seul de sa famille qui se soit converti. Ses fils, au nombre de trois, sont restés bouddhistes. La conversion de Ho-lua est luvre de Dieu. Vous allez le voir clairement. En 1885, pendant les fêtes du premier de l'an, deux notables, anciens chrétiens, Chuyen et Ke se disputent, se battent. Ké plus faible prend la fuite Son adversaire le poursuit en l'injuriant depuis Ho-lua jusqu'à Ké-dai. En plein midi, je vois ces deux individus entrer dans ma cour, l'un veut même pénétrer dans ma chambre. Je sors sous ma véranda et les interpelle. « Qui êtes-vous ? A quoi bon se battre et s'injurier de la sorte à votre âge ; attendez, je vais arranger votre affaire et vous mettre d'accord ». Après les avoir réconciliés, je leur dis de se convertir, leur demandai le nom des autres chrétiens apostats, les inscrivis sur une feuille de papier que je passai à mon catéchiste en lui disant d'aller de suite à Ho-lua mander tous les individus dont le nom était écrit sur la liste. Au bout de quelques heures tout le monde arrive. Je les exhorte à se convertir et à faire un écrit. Ils obéissent sans se faire trop prier. Le lendemain j'envoyai un catéchiste les instruire. Depuis lors ils ont toujours marché ferme. Il n'y a qu'un nommé Xa-hoc, que vous connaissez, qui se convertit deux ans plus tard. Celui-là, après avoir observé la religion pendant trois ou quatre ans, abandonna pour prendre une seconde femme, parce qu'il n'avait pas de garçons de la première. Mais le bon Dieu l'a puni. Autrefois il était dans l'aisance. Depuis qu'il a apostasié, il a dépensé son bien, a essuyé des revers. Les bouddhistes ont refusé de l'inscrire comme membre de la commune ; il reste entre ciel et terre c'est-à-dire n'appartenant officiellement ni aux bouddhistes, ni aux chrétiens. (Lettre de M. Cadro, fév.1908).

    Cambodge. Révolte, ruine de la chrétienté de Taom. Encore une croix. La chrétienté de Taom (600 habitants), dans le territoire de Battambang, est anéantie. Le P. Entressangle avec tous ses chrétiens est en fuite vers le Grand Lac. Voici d'après une lettre du P. Gimbert, et les renseignements que m'a donnés un fugitif de Taom, ce qui s'est passé.
    Le 15 avril, aux premières lueurs du jour, le Père Entres sangle s'est trouvé enveloppé dans son presbytère par deux cents Cambodgiens rebelles. Il n'a eu que le temps de se réfugier dans la soupente sous le toit de la maison. Heureusement, il n'a pas été aperçu, mais il a pu voir ou du moins entendre les brigands mettre à sac son presbytère et son église, piller, briser, saccager meubles, vaisselle, ornements de messe, vases sacrés. Ils se préparaient à mettre le feu au presbytère, lorsque par une Providence spéciale, le Père put profiter d'un instant d'inattention de leur part, quitter sa cachette, s'enfuir par une forte dérobée dans les hautes herbes de la jungle et rejoindre ses chrétiens, eux aussi pris au dépourvu et tous en fuite. Le 20, jour de Pâques, le P. Entres sangle était à Meât pir, à l'embouchure de la rivière de Battambang sur le Grand Lac ; ses habits étaient tellement en lambeaux, raconte un témoin, qu'on dût lui en donner de rechange. Les bruits de piraterie ne cessant d'être alarmants, il a quitté, me dit-on, la rivière de Battambang pour se rapprocher avec ses chrétiens de Pursat et même de Balok, chez le P. Arvieu.
    Actuellement, les eaux sont très basses, les communications sont longues et difficiles. Je n'ai pu encore faire parvenir des secours et donner les instructions opportunes, nécessitées par les circonstances. Il est bien à craindre que les chrétiens terrorisés par cette aventure ne consentent pas à regagner Taom, après la pacification qui ne peut tarder, on m'en a donné l'assurance à la Résidence supérieure.
    Ces Cambodgiens ne sont pas des pirates proprement dits, mais des mécontents soudoyés parles envoyés de Phya Katathon, l'ancien gouverneur de Battambang, dépouillé de sa quasi royauté, par suite du retour à la France des anciennes provinces cambodgiennes. C'est du moins la rumeur publique chez les Indigènes de Battambang. Ils poursuivent les nouveaux gouverneurs et mandarins, tous ceux qui sont censés ne pas regretter l'ancien régime. Les chrétiens, comme toujours, paient leur dette à leur qualité d'amis des Français. (Lettre de Mgr Bouchut, 28 avril 1908.)

    1908/238-239
    238-239
    France et Asie
    1908
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