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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Mandchourie septentrionale : Une guérison. Permettez-moi de raconter un fait qui me paraît extraordinaire, et tout à l'honneur de la Sainte Vierge :
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    Nouvelles diverses

    Mandchourie septentrionale : Une guérison. Permettez-moi de raconter un fait qui me paraît extraordinaire, et tout à l'honneur de la Sainte Vierge :
    Une chrétienne de la petite ville de Chouang-miao-tsé était malade depuis plus de deux ans. Elle avait des abcès à un genou, à un coude et au sommet d'une épaule. Au début, elle n'y avait pas fait attention et continuait à vaquer à ses travaux journaliers. Mais au commencement de cette année, ces abcès devinrent plus graves, et la malade fut obligée de s'aliter. En même temps elle perdit l'appétit et dépérit à vue d'oeil. Son grand-père me disait un jour qu'elle était condamnée et qu'elle ne verrait pas la fin du mois de juin. C'était aux fêtes de Pâques. Je lui dis que, si vraiment, il y avait danger, il ne devait pas attendre qu'il fut trop tard pour m'avertir de lui donner les derniers sacrements. Mais voici ce qui se passa dans la nuit du 2 au 3 mai.
    La malade, dans un rêve, vit une belle dame qui lui dit :
    « Comme tu me pries et m'honores, depuis que tu es baptisée, avec tant de confiance et de constance, je veux te guérir ». En même temps, un vieillard faisait voir à la malade trois paires de bracelets : Une paire en or, l'autre en argent ciselé, et la troisième très ordinaire, en argent et plus petit.
    Le vieillard lui demanda :
    « Laquelle des trois paires veux-tu? »
    La malade répondit d'un ton humble : « Oh ! Pour moi la paire la p'us petite et la plus laide me suffit ».
    Le vieillard sourit, et la malade s'éveilla. Alors ne sentant plus la douleur de son genou, elle y porte la main et ne trouve plus trace d'abcès. Elle se palpe le bras, l'épaule, tout mal avait disparu.
    Au lever du jour, la famille mise au courant, voulut voir les endroits naguère malades, et constata avec étonnement qu'il ne restait qu'une cicatrice imperceptible. Le grand père se trouvait alors à Chouang-miao-tsé où je l'avais prié de surveiller les derniers travaux de l'église. En apprenant la nouvelle, il ne voulut pas d'abord y croire avant d'avoir constaté le fait par lui-même, et il partit aussitôt. Il trouva la malade absolument guérie, il est convaincu que cette guérison est extraordinaire, et il l'attribue à l'intercession de la Sainte Vierge, dont la malade a été et reste toujours la fidèle et dévote servante. Moi je le crois aussi, et j'ai promis de publier ce fait pour la gloire de notre bonne Mère du Ciel. (Lettre de M. Fleuriet).

    Kumbakonam. — Le premier baptême à la léproserie. Laissez-moi vous raconter l'histoire de notre premier baptême.
    Dans le quartier habité par les pattou noulkarer (gens qui tissent la soie) de Kumbakonam, vivait une jeune femme que les Soeurs Catéchistes visitaient depuis longtemps. Dans le plus triste état de lèpre, elle était reléguée sous une varandah où, causant avec elle, les Soeurs voyaient le sang couler goutte à goutte de ses pieds à peine recouverts d'un chiffon malpropre. Tout son être répandait une fétide odeur de corruption, qui, même à une certaine distance, avertissait de sa présence.
    Rejetée de son mari, la malheureuse, triste et découragée, vivait chez sa mère, qui ne s'occupait pas d'elle. Un jour les Soeurs lui parlèrent, de la léproserie et à l'offre d'y venir son visage s'illumina d'un rayon de joie. Quoique délaissée, il lui fallait néanmoins la permission de son mari pour quitter sa famille. Celui-ci, chez lequel les Soeurs se rendirent, habite quelques maisons plus loin ; lui aussi est atteint de la lèpre : il est sombre, aigri et répond à peine. Auprès de lui sont ses enfants, une fillette de dix ans, lépreuse, qui sanglote quand on lui parle de son mal dont elle est honteuse ; à côté d'elle un garçonnet de 9 ans atteint aussi de l'inexorable mal. Quel intérieur ! Ils sont pourtant riches et de bonne caste. Au milieu de cette corruption les grands parents seuls sont sains !
    Quoique les Soeurs se fussent heurtées au refus formel du mari pour le départ de sa femme, celle-ci nous arriva deux jours plus tard, en voiture.
    Ayant de nous la confier, ses parents voulurent nous imposer une Condition.
    « Et si elle vient à mourir nous demandèrent-ils en présence de la malade, irez-vous brûler son cadavre au bord du fleuve ? »
    Il faut savoir que dans la religion hindoue, la crémation des cadavres au bord des fleuves et la dispersion des cendres dans l'eau, sont conditions indispensables pour atteindre la félicité éternelle.
    La question était plutôt embarrassante ; nous ne pouvions, en effet, promettre d'accomplir ce rite païen.
    Notre lépreuse vint heureusement à notre secours :
    — « Oh ! interrompit-elle, que m'importe ! Lorsque je serai morte, faites de moi ce que vous voulez ; mais, pour le moment ayez pitié de moi ! Secourez-moi ! »
    Et en même temps, elle nous suppliait de lui couper ses pauvres doigts de pieds, informes moignons gangrenés de lèpre, qui la faisaient cruellement souffrir. L'on se contenta d'un pansement bien fait qui calmèrent ses douleurs causées par de hideuses plaies béantes toutes fourmillantes de vers.
    Le soir venu, notre pensionnaire parut inquiète. Dans la varandah, où jusqu'à ce jour elle avait vécu, point de portes, point de murs pour en défendre l'accès. Quelques vieux sacs cousus ensemble l'avaient tenue à l'abri des indiscrétions des passants, mais n'avaient pu la défendre contre les chiens errants. Ceux-ci attirés par l'odeur venaient la nuit roder autour d'elle, arracher les haillons qui recouvraient ses pieds pour pouvoir en lécher les hideuses plaies.
    En serait-il de même à la léproserie ? La nuit, dont elle avait tant besoin pour se reposer et oublier un peu ses souffrances, continue rait elle à lui apporter ce surcroît de souffrances.
    On eut tôt fait de la rassurer. C'était l'époque des baptêmes à l'asile. Notre malade, entendant les explications journalières du catéchisme, s'enquit de ce qui se faisait, et spontanément demanda, comme une faveur, de pouvoir, elle aussi, apprendre à connaître le vrai Dieu. Bientôt elle désira la grâce du baptême, mais auparavant voulut revoir les siens, leur faire ses adieux, car ce grand pas, elle le savait, allait la séparer plus totalement encore de ses enfants L'entrevue se passa en exclamations, en cris, en larmes, et sa fillette éplorée ne pouvait s'arracher de l'étreinte maternelle. Elle était restée dans la voiture par prudence, pour éviter la tentation du « Chez soi » ; son mari, ne vint pas l'y voir et malgré tant de protestations de tendresse, la famille demanda que la lépreuse ne vint plus. A cette nouvelle un triste sourire erra sur ses lèvres, ce fut tout, mais bientôt la joie éclaira son regard en songeant au baptême si proche. Le lendemain elle voyait l'eau sainte couler sur son front et recevait les noms de Marie-Joseph Charlotte. Depuis ce jour elle est toute changée ; le désespoir a fait place la résignation, et elle ne trouve plus longue ses journées, depuis qu'elle les passe à prier et à souffrir pour ceux qui par leurs aumônes nous ont permis de la rendre heureuse dès ici-bas. (Lettre de M. Michotte).

    Corée. — Un mort qui parle. Voici un fait qui paraît curieux. Sans posséder le laminoir de nos critiques modernes, j'en ai fait un examen strict et j'ai pris des informations sérieuses. Les témoins sont nombreux, chrétiens et païens, qui n'auraient aucun intérêt à mentir d'un commun accord.
    C'était en octobre 1908, un an environ après les premiers baptêmes de la région. Près de la chrétienté de Pel-Teung où il n'y avait alors que quatre baptisés, au village de To-rong-pong, un homme de 25 ans se mourait d'une longue maladie. Depuis de longs mois déjà, sa famille et les voisins le savaient perdu, et lui aussi, du reste ; il attendait ses derniers jours. Son beau-frère Kim Simon lui avait fait connaître le moyen de sauver son âme et l'avait instruit des principales vérités. Le malade s'était montré tout de suite plein de bonne volonté et manifestait une grande foi : il comprenait de suite, m'a-t-on dit, et par quelques mots il savait plus que le nécessaire. La prière et la réflexion étaient son unique occupation.
    Voyant ses derniers jours approcher, Simon voulait lui administrer le baptême. « Non, pas encore, disait-il, de peur que par quelque mauvaise pensée, je souille mon âme. Baptise moi quand je te le dirai ». De fait il réclama lui-même le baptême et s'éteignit quelques instants après. On lui avait donné le nom de Dominique. Son corps devint froid et livide et eut pendant quelque temps la rigidité de tous les cadavres. Parents et voisins, tous païens, vinrent faire leurs saluts, pendant que des chrétiens récitaient les prières pour les morts. On prépara les habits en toile de chanvre et tout était presque terminé, quand, soudain, les chrétiens et les païens, qui étaient dans la chambre mortuaire, voient un point brillant partir du nez du mort, monter très lentement jusqu'au front, puis toute la face s'illumine ; enfin les membres se réchauffent, et celui qui était mort se retourne sur le côté en poussant un soupir. Il ouvre les yeux et regarde d'un air vague comme après un long sommeil.
    Tous, émerveillés, accablent Dominique de questions ; tout le village est réuni qui avait vu cet homme mort et le voit maintenant donner des signes de vie. Que s'est-il passé ? « Laissez-moi d'abord me reposer, dit-il, puis, je vous raconterai tout... » Quelques minutes après il prononça ces paroles : « Il me semblait que j'étais mort et qu'une foule innombrable m'emportait sur ses épaules ; Jésus est venu et poussant la civière du pied, a dit à cette foule » : « Il n'est pas encore l'heure qu'il vienne, renvoyez-le ». — « Et voilà comment je suis de nouveau vivant. Maintenant, donnez-moi à manger ».
    Dominique ayant mangé un peu de bouillie dit simplement : « Maintenant, laissez-moi me reposer ». Et il parut s'endormir ; mais, cette fois c'était pour ne plus se réveiller. (Lettre de M. Larribeau).

    1911/41-44
    41-44
    France et Asie
    1911
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