Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Nouvelles diverses

Nouvelles diverses
Add this
    Nouvelles diverses
    Thibet. Arrivée du Dalaï-lama dans l'Inde. Vous savez déjà, sans doute, par les journaux que le Dalaï-lama est en fuite. Il est passé très piteusement le 24 février, entre 10 et 11 heures, au coin de notre propriété, nous avons pu le voir à 20 pas de distance. Il n'emmenait avec lui que ses quatre ministres compromis comme lui ; le reste de l'escorte était formée de cavaliers du Sikim et de ce pays-ci. Il avait cependant une trentaine de soldats thibétains armés de fusils et sabres qui avaient protégé sa fuite. Pas un seul Européen pour l'accompagner, tant on fut surpris par son arrivée inattendue. Qu'est-il donc arrivé ?
    Une armée chinoise, forte de 3000 hommes, serait arrivée à Lhassa et s'en serait emparée sans trop de difficultés. Mais le Dalaï-lama avait pris la poudre d'escampette ; 800 soldats chinois l'auraient poursuivi... mais trop tard.
    Pendant que ses quelques soldats et partisans résistaient au bord du fleuve, tuant et se faisant tuer, lui continuait sa fuite à double et triple étape, et parvenait sain et sauf sur le territoire anglais du Sikim. De là seulement il envoya la nouvelle de son arrivée, qui fut télégraphiée à Darjeeling, à Calcutta, etc. Etonnement général.
    Il s'attendait à être reçu à bras ouverts et en grand honneur. La police seule eut l'ordre de l'accompagner et de lui faire donner ce dont il aurait besoin, mais on ne se dérangea pas pour lui. A Pedong il n'a pris qu'un repas et fait un peu de toilette à la chinoise. Il s'est reposé trois jours à Kalimpong.
    A Darjeeling il a été accompagné et reçu par un seul officier européen, le Deputy commissionner et la police, mais les Boutaniens lui ont fait une réception mirobolante, le reste de la population européenne et indoue assistait. Le journal d'hier était plein de ces détails peu importants. Il y a cependant deux petits articles à relever : L'Angleterre avait fait des représentations amicales à Pékin, et demandé quelles étaient les intentions de la Chine.
    Le Wai-yu-pou a répondu : « Que les troupes étaient envoyées au Thibet pour renforcer l'autorité chinoise affaiblie par les intrigues du Dalaï-lama et pour faire la police. Que la Chine n'avait pas l'intention d'intervenir dans l'administration intérieure du Thibet (?) L'Angleterre trouve cette réponse satisfaisante.
    La Russie avait également fait des représentations sur la déposition du Dalaï-lama, chef spirituel d'un grand nombre de sujets russes.
    On lui répond que cette déposition n'influera en rien sur l'administration de la religion. La Russie trouvera-t elle cette réponse bonne ? Que va faire le Dalaï-lama ? Le bruit courait qu'il voulait aller à Pékin plaider sa cause en présence de l'Empereur lui-même. J'en doute fort.
    Depuis une huitaine de jours, on annonçait aussi et l'on attendait de jour en jour le Trachi-Lhumbo-lama aussi en fuite, disait-on. On ne voit rien venir. S'est-il laissé arrêter par les Chinois ? A-t-il pris une autre route? Est-il allé se cacher dans quelque monastère ? On ne sait rien ou on ne dit rien.
    Les journaux anglais ont de longs articles sur ces événements et sur le Thibet.
    Au lieu d'avoir les Russes à leur porte, ce qu'ils redoutaient surtout, les Anglais vont avoir les Chinois. S'en trouveront-ils mieux? (Lettre de M. DESGODINS, Pedong, février 1910).

    Institut de France. Prix Stanislas Julien. Nous sommes heureux d'annoncer que l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres a décerné le prix Stanislas Julien a trois de nos confrères : au P. Vial, missionnaire au Yun-nan, pour son dictionnaire Français Lolo ; aux PP. Esquirol et Williatte, missionnaires au Kouy-tcheou, pour leur dictionnaire Dioi Français.

    1910/159-160
    159-160
    France et Asie
    1910
    Aucune image