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Nouvelles diverses

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    Nouvelles diverses

    Kumbakônam : La future Cathédrale. Le jour où je quittai ma famille pour entrer au Séminaire des Missions Etrangères mon père, qui malheureusement, ne partageait pas ma manière dé voir, me dit comme adieu : « Mon enfant, je t'avais toujours dit que tu tournerais mal ». Eh bien ! Je commence à croire qu'il avait raison, mon père. Voyez plutôt, je vais être obligé de construire une cathédrale, oui parfaitement, une cathédrale à Kumbakônam et je n'ai pas le sou. Je suis, je le sais bien, dans la situation où se trouvent beaucoup de missionnaires, mais la mauvaise situation des autres n'améliore pas la mienne.
    Quand je suis monté ce matin chez Mgr Bottero pour lui faire part de mes plans, il a commencé par me regarder avec l'air de dire : « Mais mon ami, est-ce que vous tourneriez mal ». Puis après avoir pris une large prise et s'être convaincu que... enfin oui, que j'étais encore un honnête homme, il a bien voulu m'approuver... Et me voilà.
    L'ancienne église dé Kumbakônam a été construite il y a 80 ans. Elle était suffisante au début, car la population chrétienne ne comptait pas plus de 1000 habitants. Les catholiques sont aujourd'hui au nombre de 4000. De plus Kumbakônam est devenu le chef-lieu d'un nouveau diocèse en 1899. L'église actuelle doit donc abriter l'évêque et son coadjuteur, le vicaire général et le clergé, deux communautés, l'une de religieuses européennes avec leurs orphelins, l'autre de Soeurs indigènes avec leurs élèves. Bref, dans l'église actuelle entrent 250 à 300 fidèles seulement : les autres doivent se contenter d'assister aux offices en se tenant aux fenêtres et aux portes. Aussi beaucoup se fatiguent de venir à une église dans laquelle, ils le savent d'avance, il n'y aura pas de place pour eux. Voilà pour les fidèles, voici pour leur pasteur.
    L'évêque de Kumbakônam ne peut pas faire de cérémonie pontificale dans sa cathédrale sans que l'on soit obligé de réduire au minium le nombre des officiers qui l'assistent. Seuls, le célébrant, son diacre et son sous-diacre peuvent trouver de la place, il faut dissimuler dans un coin le prêtre assistant, le cérémoniaire cherche un refuge à la sacristie, les ministres subalternes se présentent quand on a besoins d'eux.
    Le 25 juillet avait lien à Kumbakônam le sacre de Mgr Chapuis. La cérémonie dut se faire dehors faute d'espace suffisant à l'intérieur de l'église. Je dus construire un vaste pandel composée de feuilles de cocotiers reposant sur des bambous. Par quelles transes passa mon âme d'architecte pendant toute la cérémonie, occupé que j'étais à surveiller la flamme des bougies dans la crainte d un incendie et à examiner la force du vent qui aurait pu jeter bas mon fragile édifice. Aussi quel soupir de soulagement j'ai poussé quand tout a été fini !
    Telles sont, les raisons qui m'obligent à entreprendre la construction à Kumbakônam d'une nouvelle église assez vaste pour contenir le pasteur et son troupeau. L'ancienne église était dédiée à Notre-Dame de l'Assomption, ainsi le sera la prochaine. Enfant de Marie, élevé à l'ombre de sa belle cathédrale de Chartres, c'est au nom de Notre-Dame que je viens demander de l'aide. (Lettre de M. Bailleau, Kumbakônam, 31 octobre 1911.)

    Tonkin occidental : L'évangélisation dans le district de Tuonglam. Mon église est à peu près terminée. J'y dis la messe depuis la Pentecôte. C'est une très belle église, et tout le monde l'admire, surtout ici, loin de Hanoi, ils n'ont jamais vu de pareils monuments. Je ne sais pas si je demeurerai longtemps à Thuong-lam. Hier un riche païen Muong de Cho-so est venu m'offrir sa maison (belle et grande maison dans laquelle j'avais déjà dit la messe l'an dernier), et je l'ai payée 50 piastres. Ce n'est pas cher. Ce bonhomme avait acheté de l'opium en fraude, et ceux qui ont le monopole lui font payer pour tant d'autres qui leur échappent. Après avoir vendu ses buffles, il a été obligé de vendre sa maison. Cho-so est central, mais c'est malsain, et j'hésite beaucoup avant d'y faire un presbytère et une église. En tout cas, cette maison peut se transporter ailleurs.
    Sur le Day, à 4 ou 5 lieues de Thuong-lam, j'ai encore de quoi commencer une nouvelle paroisse. Dernièrement 40 familles se sont converties dans le village de Thi-rang autant à Co-hien, et avec 4 autres chrétientés qui sont à proximité, il y aurait de quoi occuper un prêtre ; d'autant plus que plusieurs villages païens se convertiraient ensuite. J'en ai parlé à Monseigneur, mais il n'y a plus un seul prêtre disponible. (Lettre de M. Le Page. Thuong-lam, 12 septembre 1911).

    Tonkin maritime : L'évangélisation au Laos Tonkinois. A Muong Deng, l'instruction se poursuit, quatre catéchistes sont à enseigner et j'espère faire un certain nombre de baptêmes d'adultes à Ban-ban, Ban-ngam, Ban van et aussi à Muong ha. Le P. Patuel qui est revenu, en mon absence, voir ses anciens paroissiens, a trouvé quelques progrès. Toutefois ce qui reste à faire est immense, et il y a trop peu d'hommes et trop peu de ressources en face de cette vaste besogne. (Lettre de M. Degeorge, septembre 1911).

    Haut Tonkin : Travaux à Ban-heo. Je suis depuis plus de 3 ans au milieu des Tho, des Muong, des Man. La région est splendide, mais les chrétiens sont bien peu nombreux. Le jour de la Toussaint ce fut grande fête à Ban-heo. Quatre adultes recevaient le sacrement de baptême et celui de confirmation et faisaient leur première communion. Quelques jours auparavant j'avais baptisé une autre adulte et je la confirmai le jour de la Toussaint. Ces cinq baptêmes portent à 25 y compris mes 2 catéchistes le nombre de mes chrétiens baptisés. Il y a encore 3 ou 4 familles qui étudient et que j'espère pouvoir baptiser dans quelque temps. Le poste étant de fondation récente, je n'ai pas encore de chapelle ; je dis la messe dans une chambre de ma maison de 4m X 5m, c'est très étroit et les dimanches la plupart des gens se tiennent sous la véranda. J'ai déjà réuni le bois nécessaire pour faire une petite chapelle ; mais mes ressources sont épuisées. Il me faudrait au moins 250 francs pour payer les charpentiers. Oh, si vous pouviez me procurer cette somme comme je vous en serais reconnaissant ! Et bientôt je pourrais avoir une chapelle où je puisse garder le Saint-Sacrement.
    Après la messe de la Toussaint je fis passer l'examen de catéchisme. Mes chrétiens étant peu nombreux, je ne puis les examiner par groupes comme dans le delta ; c'est l'examen individuel, et avant-hier j'ai eu 22 examinés. La distribution des récompenses est une occasion de joie pour les chrétiens. Le mouvement de conversions est lent à se dessiner. Je vous demande quelques prières pour mes sauvages et leur missionnaire. (Lettre de M. Cornillle. Ban-heo 3 novembre 1911).

    Cochinchine Orientale : Consécration épiscopale de Mgr Jeanningros. Mgr Jeanningros, nommé évêque de Havara et coadjuteur du Vicaire apostolique de la Cochinchine Orientale par brefs du 24 août 1911, a été sacré le 25 janvier 1912 dans la chapelle du petit séminaire de Lang-song. La maladie ne permettant pas à Mgr Grangeon de sacrer son coadjuteur, la consécration a été conférée par Mgr Mossard, Vicaire apostolique de la Cochinchine Occidentale (Saigon), assisté de Mgr Cardot, Vicaire apostolique de la Birmanie Méridionale et de Mgr Allys, Vicaire apostolique de la Cochinchine Septentrionale (Hué). Cinquante missionnaires et vingt prêtres annamites étaient présents, ainsi que les 180 élèves des grands et petits séminaires. L'affluence des chrétiens était, vu la saison, fort considérable.
    Quelques fonctionnaires ou colons français étaient venus de Quinhon et les hauts mandarins annamites de la province tinrent à honneur de venir offrir leurs voeux.
    Une vingtaine de petits Bahnars, élèves de l'école Cuénot, accompagnés de quelques Javais, étaient descendus des montagnes sous la conduite du P. Jannin ; ils représentaient cette mission sauvage pour laquelle le Bienheureux Théodore Cuénot fit jadis tant de sacrifices et qui depuis de longues années déjà donne tant de consolations à ses zélés missionnaires. Pendant leur séjour à Lang-Song ces petits sauvages firent l'édification de tous et leur singulière aptitude pour le chant fut fort admirée. (Voir Gravure: EVEQUES ET MISSIONNAIRES A LA CONSÉCRATION DE Mgr JEANNINGROS).

    Tonkin occidental : Dans notre première gravure nous avons ajouté le portrait de Mgr Bignolet, coadjuteur au Tonkin occidental, dont nous avons raconté la consécration dans le numéro des Annales mars avril, p. 104.

    Nagasaki (Japon) : Conversions. Cette année encore il m'a été impossible de commencer la construction de l'église de Tabira. Mais j'ai eu la grande consolation de pouvoir bâtir une église à Yamada et une résidence pour catéchiste à Hirado ville. Veuillez me permettre de vous parler de ces deux constructions, surtout de la première.
    Yamada, dans l'île d'Ikitsuki qui compte 6,000 séparés, est une petite chrétienté de 22 familles catholiques. Jusqu'à ces derniers temps, ce poste n'avait encore aucun lieu de réunion. Or, l'année dernière, les chrétiens de Yamada me demandèrent l'autorisation d'élever à leurs frais une petite église. Prévoyant que l'entreprise dépasserait leurs forces, je m'apposai d'abord à leur projet. Mais ils insistèrent tellement que je finis par accéder à leur demande. Aussitôt ces braves gens se mirent à l'oeuvre et, maintenant, leur église vient d'être achevée, mais au prix de quels sacrifices ! Chaque famille a du fournir environ 250 journées de travail. En outre les 22 familles chrétiennes du poste auraient dû verser 14,000 francs. N'en ayant pas les moyens, elles n'ont donné que 8,000, ce qui est encore énorme pour elles, et je leur ai fourni le reste. Pendant les travaux de construction de leur église, la conduite des chrétiens de Yamada fut vraiment admirable ; ils travaillaient si joyeusement que de nombreux séparés, gagnés par leur entrain vinrent souvent leur aider pour le transport des matériaux. En retour, que le bon Dieu accorde à ces pauvres égarés le don de la vraie foi.

    Comme vous le montrera la relation ci-jointe, depuis longtemps je désire faire plusieurs installations à Hirado ville. Hélas ! À cause des dépenses faites pour l'église de Yamada, je n'ai pu encore bâtir dans cette ville que la résidence de la catéchiste. Pour les autres installations je dois forcément continuer à quêter. (Lettre de M. Matrat, 3 décembre 1911).
    Kumbakônam : La léproserie. Depuis que je suis aux Indes, j'ai vu bien des misères, j'ai approché des souffrances que l'on ne rencontre guère en nos pays de civilisés, mais je dois dire que je n'avais jamais été si ému que lors de ma dernière visite à mes lépreux. (La léproserie n'étant pas terminée, ils sont toujours logés sous des huttes, à l'hospice). Un pauvre vieux, croyant qu'il allait mourir, tant il souffrait, me réclamait les derniers sacrements ; d'autres me montraient leurs membres sanguinolents où venaient de se rouvrir de hideuses plaies. Deux enfants surtout faisaient peine à voir. L'un de 15 ans pleurait, le moindre mouvement lui arrachait des gémissements. Un autre de 12 ans, au début de la maladie, ne pouvait se résigner à souffrir. Il éprouvait dans tout son petit corps d'horribles souffrances comme si des milliers d'épingles s'acharnaient à le piquer. Sa nature se révoltait tout entière. Il se demandait pourquoi il souffrait tant, alors que les enfants de son âge courraient çà et là tout joyeux. Il me suppliait de l'emmener, de lui trouver un hôpital où l'on le guérirait. Puis il demandait à Dieu d'avoir pitié de lui, de mettre un terme à ses souffrances « Oh, Père ! Me disait-il, pourquoi donc le bon Dieu ne me reprend-il pas, priez-le avec moi de me raire mourir bien vite ».
    Quelle chose terrible que la lèpre, surtout lorsqu'elle s'attaque à de tout jeunes enfants, pleins de forces et avides de vivre et de jouir un peu des dons de Dieu.
    La construction de la léproserie avance peu à peu, le second pavillon est presque terminé, il n'y manque que portes et fenêtres. Les fondations de la chapelle sont jetées et j'espère pouvoir continuer tes travaux en janvier. Si les aumônes ne me font pas défaut j'espère pouvoir ouvrir la léproserie et y installer lépreux dans le courant de l'année prochaine. (Lettre de M. Michotte 9 décemhre 1911).

    1912/151-155
    151-155
    France et Asie
    1912
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