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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Sutchuen Oriental. L'église de Ho-pao-tchang. Ho-pao-tchang, qui possède une belle église dont nous publions une gravure, est situé dans la mission du Su-tchuen Oriental, à quinze ou dix-huit lieues au nord-ouest de Tchong-kin ; c'est un assez gros marché qui dépend de la préfecture de Tchong-kin et de la sous préfecture de Yuin-tchang ; de nombreuses petites collines l'entourent. L'église se trouve à 1 kilomètre du marché sur les limites des sous-préfectures de Yuin-tchang et de Ta-tsiou 1.
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    Nouvelles diverses

    Sutchuen Oriental. L'église de Ho-pao-tchang. Ho-pao-tchang, qui possède une belle église dont nous publions une gravure, est situé dans la mission du Su-tchuen Oriental, à quinze ou dix-huit lieues au nord-ouest de Tchong-kin ; c'est un assez gros marché qui dépend de la préfecture de Tchong-kin et de la sous préfecture de Yuin-tchang ; de nombreuses petites collines l'entourent. L'église se trouve à 1 kilomètre du marché sur les limites des sous-préfectures de Yuin-tchang et de Ta-tsiou 1.
    La station chrétienne de Ho-pao-tchang a plus d'un siècle d'existence ; et elle a plus d'une fois donné asile à des prêtres français ou chinois, proscrits par la persécution ; parmi les missionnaires qui furent placés à sa tête, nous relevons les noms de Mgr Verrolles, mort Vicaire apostolique de Mandchourie, de Mgr Desflèches qui fut pendant de longues années Vicaire apostolique du Su-thuen oriental, de Mgr Thomine-Desmazures qui fut Vicaire apostolique du Thibet. Ce dernier avait établi à Ho-pao-tchang un petit couvent de vierges chrétiennes, auxquelles il essaya d'enseigner le latin, mais sur l'ordre très fermement exprimé de son Vicaire apostolique, Mgr Perocheau, qui trouvait cette tentative prématurée, il dût renvoyer les religieuses dans leurs familles, où elles continuèrent, comme elles le faisaient d'ailleurs précédemment, à suivre le règlement des Vierges chrétiennes ; plus tard, cependant, il fit un nouvel essai à Tsiang-kia-pa et à Ta-lin-pin, tuais sans succès. Nous trouvons encore dans ce district M. Landes, M. Serre, M. Fleury qui eut de si dures aventures à supporter lors de la révolte du brigand Yu-man-tse ; M. Thibault ; c'est pendant que M. Thibault était chargé de Ho-pao-tchang que l'église fut construite par M. Faucon, un des architectes de la mission ; elle est placée sur la colline qui domine le village de Tchen-kia-ouan ; elle a environ 35 mètres de long sur 15 de large ; commencée en 1906 elle fut terminée en 1907 ; elle se fait remarquer par deux tours carrées assez hautes surtout pour la Chine, où, sauf les tours des pagodes et quelques monuments impériaux, tous les monuments sont peu élevés.

    1. L'église est sur Ta-tsiou, le presbytère sur Yuin-tchang.

    Hakodaté. Un Samurai jubilaire. Une fête a eu lieu dernièrement dans la chrétienté de Hirosaki. Siméon Araya, ancien samurai, fêtait ses 88 ans. L'un des premiers Hakodatéens convertis, il avait, durant longtemps, offert l'hospitalité aux missionnaires en tournées d'administration.
    La fête eut d'abord lieu à l'église, où le vénéré jubilaire se vit entouré de la plupart de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. Les chrétiens s'étaient fait un devoir de venir prendre part à la joie de tous et unir leurs prières et leurs actions de grâces à celles du vieux Siméon. Le benjamin de ses fils, aujourd'hui prêtre, missionnaire à Sendai, prit la parole et rappela, en termes délicats, la carrière chrétienne de son vieux père. La modestie de ce dernier ne fut pas mise à une trop rude épreuve, car ses oreilles sont, depuis quelques années, fermées à tous les bruits de ce monde. Peu après des agapes fraternelles, où régna la plus franche gaieté, réunissaient parents et amis.
    Un fait que je tiens surtout à vous signaler, c'est la joyeuse surprise que nous réservait cette fin de journée. Le vieux Siméon nous manifesta son intention d'offrir aux musées du Vatican ses deux sabres de samurai. Pour un samuraï, se priver de ses sabres, c'est presque abandonner la vie ; les plus pauvres parmi ces anciens buski (chevaliers), gardent, avec un soin jaloux, ces témoins de leur antique splendeur ; s ils en contemplent les lames, leurs yeux s'allument encore d'éclairs.
    « J'avais, dit le vieux guerrier, conservé ces sabres pour les léguer à mes descendants et leur rappeler ainsi les vertus des samuraï d'autrefois. Suivant la coutume japonaise, mes enfants se sont réunis pour fêter mes 88 ans. Tous les membres de ma famille sont aujourd'hui chrétiens. Mes enfants ayant été ainsi élevés à la dignité de soldats du Christ, il n'y a plus lieu, maintenant, de leur léguer les armes de leurs ancêtres ; ils reçoivent de leur évêque et de leurs prêtres des armes spirituelles bien supérieures à celles de ce monde.
    « Aussi, pour témoigner à Dieu ma reconnaissance d'avoir fait de moi, samuraï de la Terre, un samuraï du Ciel et attester en même temps que le glaive de la foi ne me quittera plus désormais, j'ai résolu doffrir ces deux sabres au musée du Vatican.
    « Mes enfants, de leur côté, désireux, sans doute, de conserver ces précieux souvenirs, mais plus heureux encore d'en disposer en témoignage de leur fidélité à Dieu et de leur attachement an Saint siège, ont approuvé ma résolution avec joie ».

    1910/100-101
    100-101
    France et Asie
    1910
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