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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Su-tchuen. L'oratoire de Tchong-tcheou. Permettez-moi de vous présenter mon oratoire de la Sainte-Famille, b 1ti tout nouvellement pour servir de centre à mon district. Excusez-moi de ne pas vous narrer longuement les beautés du paysage, ce serait sans tin et d'ailleurs je saisirai la première occasion pour le faire, si les accents de mon luth ne vous paraissent pas trop barbares
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    Nouvelles diverses
    Su-tchuen. L'oratoire de Tchong-tcheou. Permettez-moi de vous présenter mon oratoire de la Sainte-Famille, b 1ti tout nouvellement pour servir de centre à mon district. Excusez-moi de ne pas vous narrer longuement les beautés du paysage, ce serait sans tin et d'ailleurs je saisirai la première occasion pour le faire, si les accents de mon luth ne vous paraissent pas trop barbares
    Aujourd'hui je vous inviterai seulement à venir avec moi au bord des rochers élevés où se cache mon oratoire à l'ombre de grands bois, près du miroir limpide du lac Céleste. D'un coup dil vous apercevez les limites du district fermé à l'horizon par plusieurs chaînes de montagnes, et divisé au centre par une troisième d'où nous apercevons la « Ville Fidèle » assise gracieusement sur les rives inclinées du Fleuve Bleu dont le vaste et sinueux parcours s'étale au fond de la vallée.
    Mes chrétiens, disséminés dans ces montagnes, forment un petit diocèse d'une cinquantaine de stations, très éloignées les unes des autres, accrochées à des pentes abruptes, posées sur les sommets ou cachées dans des gorges et des replis boisés.
    Ces pauvres Chinois vivent au jour le jour du travail de leurs mains et de leur petit commerce. Dès qu'il s'agit de quitter leur chaumière enfumée pour venir étudier, c'est la misère ! J'ai donc fort à faire pour préparer les voies à mes nombreux étudiants, car il est indispensable de leur faire apprendre sérieusement leurs prières et les livres de doctrine, sans quoi il est difficile d'arriver à un résultat durable. (Lettre de il. Francois Got, Tchong-tcheou, 27 mars 1903.)

    Cochinchine septentrionale. Récompense Nous lisons dans le Journal Officiel du 16 juin 19031 les lignes suivantes que nous sommes très heureux d'enregistrer : « Sur le rapport de M. Sénart, le prix du budget (un épisode de l'histoire de l'Indo Chine) est décerné au P. Cadière, des Missions Etrangères, Histoire et archéologie sur l'établissement des Nguyen en Cochinchine. Le prix est de 2000 francs ».

    1. Page 3767

    Thibet. Récompense. Nous lisons dans le même Journal Officiel :
    « Sur le rapport de M. Berger, le prix Bordin (3000 fr.) a étéréparti entre plusieurs ouvrages : 800 francs ont été donnés aux missionnaires du Thibet, pour leur Dictionnaire thibétain. »

    VARIÉTÉS

    LE FLEUVE BLEU

    Ce fleuve au nom si doux, qui n'a pas eu l'envie
    De voir ses bords fleuris une fois dans sa vie !...
    Je le voilais, là-bas, lorsque j'étais enfant,
    D'un pas majestueux s'avancer triomphant ;
    Je croyais sur ses flots ouïr des barcarolles,
    Je voyais des lotus entrouvrir leurs corolles,
    Pencher ingénument leur petit front rêveur,
    Pour quêter un sourire ainsi qu'une faveur.
    Imposant, il passait au milieu des fleurettes,
    Gratifiant parfois d'un regard ces pauvrettes ;
    Enjôleur, le zéphyr, sur ses bords enchanteurs,
    Apportait jusqu'à moi de suaves senteurs.
    Et ses flots argentés avec un doux murmure,
    Glissaient en tapinois sous la verte ramure,
    Tandis qu'au bord des nids cachés dans les buissons,
    De tout petits oiseaux égrenaient leurs chansons.
    Tout vibrait.... tout chantait... et l'aurore, dans l'onde
    Semant des diamants, mirait sa tête blonde.

    Mais, hélas ! Maintenant je vois avec stupeur
    Rouler là, devant moi, ce fleuve au nom trompeur !
    Sur ses bords désolés rien que le vent qui pleure;
    Au sein des flots jaunis que l'alcyon effleure
    Les petits lotus bleus, les nénuphars en fleurs
    N'offrent pas à mes yeux leurs riantes couleurs ;
    Nul pavot ne paraît sur l'aride rivage
    Et n'embaume l'air pur de son parfum sauvage.
    Le fleuve va son cours entraînant dans ses eaux
    De vieux tronçons de mâts, des débris de roseaux;
    Dans cet affreux bourbier où tout seul il se mire
    Le corbeau plein d'orgueil en croassant s'admire ;
    On dirait, quand d'après tous les rites prescrits
    Les Célestes en chur invoquant les esprits
    S'égosillent à bord d'une barque quelconque,
    Des tritons enrhumés qui soufflent dans leur conque
    D'énormes cormorans planent clans le ciel gris
    L'éveillant les échos de leurs lugubres cris ;
    Amante des beaux jours, quoique de noir voilée,
    L'hirondelle gentille au loin s'est envolée,
    La luciole a fui comme les papillons;
    La libellule d'or se promène en haillons ;
    Près de la rive sombre où passe la rafale,
    Ne pouvant se traîner, une jonque s'affale ;
    Point d'arbustes touffus et point de verts taillis,
    Pas de nids d'oisillons, ni de frais gazouillis
    Quelques arbres chétifs, fantastiques squelettes,
    Dressent de ci, de là, leurs têtes maigrelettes :
    Partout semble planer comme un souffle de mort :
    Sur le fleuve fangeux la bise qui vous mord
    Âpre et rude, en fureur, siffle, gémit sans trêve.
    Les flots bleus et les nids les fleurs c'était un rêve !....
    Malgré ces sombres flots et ce triste décor
    Je dois-vous l'avouer, amis, je rêve encor
    Je rêve que demain viennent les hirondelles ;
    Que l'on entend partout de doux battements d'ailes ;
    Que le printemps suspend des nids aux verts buissons ;
    Que de mille gosiers jaillissent des chansons
    Et que le Fleuve Bleu sur qui souffle la brise
    Sous un soleil joyeux de riants feux s'irise.

    Sur notre terre, ainsi, malgré les mauvais jours
    Et les rêves déçus, l'homme espère toujours.
    L'un rêve les exploits et les nobles entailles
    Qui vous marquent au front sur les champs de batailles
    L'autre la solitude et la tranquillité
    Dans un petit chalet par la paix habité ;
    Le bon paysan rêve une belle saison
    Et de nombreux enfants autour de sa maison;
    Le hardi voyageur qu'il découvre le pôle ;
    Le savant qu'il ira dormir sous la coupole ;
    L'astronome qu'au ciel est un astre nouveau ;
    L'alchimiste découvre en son fécond cerveau
    De quoi faire sauter la France et l'Angleterre,
    Que dis-je ?.. d'un seul coup, la moitié de la terre !
    Des rêves.. pensez vous, mais qui font leur bonheur,
    Ah ! Laissez les rêver encor longtemps, Seigneur !
    Car on m'a dit, là-bas, sous mon beau ciel de France
    Que le rêve souvent a doux nom d'espérance.

    Laissez rêver celui qu'un rêve réjouit.
    Car' ce rêve toujours trop tôt s'évanouit.
    Oh! Laissez la maman qui doucement se penche
    Sur son bambin aux yeux plus bleus que la pervenche
    Et dont les cheveux blonds sont une moisson d'or,
    Rêver qu'il sera grand quand viendra messidor,
    Qu'il sera général, qu'il sera roi peut-être;
    Ne parlez pas de tombe auprès du petit être.
    O vous qui protégez le chêne et le roseau,
    Le berceau de l'enfant et le nid de l'oiseau,
    Vous qui savez, Seigneur, ce qu'un homme en sa vie
    Voit de rêves déçus, oh ! Je vous en supplie,
    Dans le cur de celui qui voit venir le soir,
    Laissez encor tomber quelque rayon d'espoir
    Et que les rêves d'or des amis qui me lisent
    Pour leur grand bonheur, un jour, se réalisent !
    M. D,
    Missionnaire du Su-tehuen

    1903/315-318
    315-318
    France et Asie
    1903
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