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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Corée. Fondation d'un journal de propagande. Le journal ou plus exactement la publication périodique, dont la création a été décidée à la retraite, paraîtra dans les premiers jours d'octobre. Elle s'appellera Journal des villes et des campagnes, et paraîtra une fois par semaine. Je prends la liberté de vous envoyer ces quelques lignes pour vous faire connaître dans quelles conditions cette publication sera faite :
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    Nouvelles diverses

    Corée. Fondation d'un journal de propagande. Le journal ou plus exactement la publication périodique, dont la création a été décidée à la retraite, paraîtra dans les premiers jours d'octobre. Elle s'appellera Journal des villes et des campagnes, et paraîtra une fois par semaine. Je prends la liberté de vous envoyer ces quelques lignes pour vous faire connaître dans quelles conditions cette publication sera faite :

    Le but principal, tel qu'il ressort des échanges d'idées qui ont eu lieu à la retraite, est de faire de cette publication un propagateur de saine doctrine qui suscite des idées justes, redresse les notions fausses que les ennemis de la vérité répandent, eux aussi, par la presse et de défendre par suite directement, quand besoin sera, la vraie doctrine dont nous sommes les prédicateurs. Par suite, bien qu'en majorité nos abonnés, sans doute, soient des chrétiens, nous désirons pouvoir nous faire lire des païens, aussi évitera-t-on dans la composition, comme on l'a fait dans le titre ce qui afficherait un but trop exclusivement religieux. Par suite encore, la doctrine (doctrine plus proprement philosophico religieuse que strictement religieuse) tiendra le premier rang, sinon dans la quantité et la matière de la publication, du moins dans les préoccupations de sa rédaction.

    Tel est le but principal, mais il n'est pas exclusif. On s'efforcera de faire de cette publication une source de renseignements utiles, par exemple en matière de jurisprudence coréenne. Actuellement peu de Coréens du peuple connaissent leurs droits et les lois qui régissent leur pays, de sorte que, même avec toutes les bonnes raisons de leur côté, ils n'osent s'embarquer dans la défense de leurs droits par peur de l'inconnu, ou ne sachant comment, s'y prendre ils s'embarquent mal. D'autre part, dans le chaos actuel, de nouvelles lois et de nouveaux décrets dont il est difficile souvent de saisir la teneur exacte et d'apprécier l'obligation et les conséquences. Notre feuille voudrait pouvoir rendre service en éclairant sur cet objet, en exposant les lois actuellement en vigueur et en les expliquant, répondre aussi aux questions qui seraient adressées sur tel cas en particulier, sorte de cas de conscience civil, pour lequel il sera souvent plus facile à Séoul qu'ailleurs de trouver la solution. Dans cette partie surtout on s'efforcera de ne donner que des renseignements absolument sûrs.

    Un résumé du Journal officiel renseignera sur ce qu'il contient de plus utile.

    Une place considérable sera donnée aux nouvelles de l'extérieur et de l'intérieur, et à ce point de vue on s'efforcera d'être à jour et exact. On ajoutera, quand il y aura lieu, des renseignements courants sur les horaires et le prix des trains, le commerce, etc.

    Enfin un feuilleton historique complètera la publication. Pour commencer on publiera notre belle histoire de l'Eglise de Corée qui est de nature à intéresser beaucoup, et sera ainsi mise à un prix très modéré entre les mains d'un grand nombre.

    Voici donc, en résumé, le plan de chaque numéro : ce plan indique non l'ordre des articles, mais simplement la matière :

    I. Article de fond sur un sujet d'actualité. Ce sera à l'occasion d'un événement de la semaine un exposé de la vraie doctrine, rectifiant s'il y a lieu les assertions fausses, les accusations, et tâchant de présenter les choses sous leur vrai point de vue. A défaut d'événement marquant, on pourra exposer quelque découverte moderne ou un sujet scientifique intéressant et facilement intelligible.

    II. Article doctrinal fait d'après un plan suivi, donnant l'exposé de la saine et chrétienne philosophie, sur les questions qui sont à la fois une introduction à nos dogmes et leur confirmation.

    III. Un article de jurisprudence, ou plus modestement de renseignements sur les lois en vigueur, lois nouvelles, cas à résoudre, marche à suivre dans telle question en litige, indication du procédé et des bureaux auxquels on peut s'adresser. A défaut de questions particulières sur des cas donnés auxquelles on répondra le plus vite possible, on analysera par ordre de matières le code actuel en l'expliquant.

    IV. Résumé de l'officiel de la semaine.

    V. Faits divers de l'intérieur.

    VI. Faits divers de l'extérieur.

    VII. Feuilleton historique : histoire de l'Eglise de Corée.

    VIII. Renseignements divers.

    Notes sur l'Imprimerie de Nazareth (Hong-kong). L'Imprimerie de Nazareth est une annexe d'un établissement de la Société des Missions Étrangères de Paris, portant le même nom de Nazareth et fondé d'abord à Macao, au mois de décembre 1884, puis transféré au mois d'avril suivant dans l'île et la colonie anglaise de Hong-kong, où il est encore. La générosité d'un pieux pharmacien de Bordeaux, M. Germain Ville, permit à son compatriote, M. Jean-Joseph Rousseille, de fonder cette maison et son Imprimerie M. Rousseille, de la même Société des Missions Étrangères, et l'un des directeurs du Séminaire de la rue du Bac, dirigea son OEuvre durant une quinzaine d'années, à la suite desquelles il fut rappelé à Paris, au mois de mars 1899. Nommé Supérieur du Séminaire établi à Bièvres (Seine-et-Oise), il n'y vécut guères que 6 à 7 mois, enlevé par la mort le 22 janvier 1900, à l'âge de 67 ans et demi.

    La Maison de Nazareth a pour but de recevoir temporairement les Missionnaires qui désirent y venir (avec l'agrément de leur Evêque), se retremper dans l'esprit de leur sainte vocation, par le moyen de la prière et de la retraite. En même temps, ils s'y reposent un peu de leurs travaux d'évangélisation, à l'imitation des Apôtres, auxquels Notre Seigneur adressait, un jour, cette douce et affectueuse invitation : Venite seorsum in desertum locum, et requiescite pusillum. Ils s'en retournent ensuite reprendre leurs laborieuses occupations, auprès de leurs chrétiens à sanctifier, et des pauvres païens à convertir, avec l'aide de Dieu.

    Quelques Missionnaires de la même Société, au nombre de 7, se sont dévoués à demeurer perpétuellement dans la maison de Nazareth, y vivre en communauté, et s'adonner à la prière et à l'étude. Et ce sont eux qui, tout en s'occupant à des travaux sérieux, alimentent les presses de l'Imprimerie de Nazareth, soit par le moyen de leurs propres productions, soit surtout par l'édition d'ouvrages de propagande de la foi catholique, dont ils corrigent les épreuves et surveillent la bonne impression.

    Les ouvriers, employés au nombre d'une trentaine environ, sont tous des Chinois, la plupart catholiques. Ils sont répartis, selon leur métier, dans les divers services de l'atelier et de l'imprimerie : composition en caractères européens, ou en caractères chinois, ou bien en caractères européo annamites (ce qu'on appelle le Quôc-ngu, opposé aux caractères proprement annamites, et qu'on désigne sous le nom de Chu nom), et manoeuvre des presses : celles-ci sont actionnées, de mène qu'une machine à couper, une autre à plier, par un petit moteur à pétrole. Plusieurs, parmi ces ouvriers, savent quelques mots d'anglais ; mais, à part (évidemment) la composition en chinois, ils ne savent ni ne comprennent ce qu'ils composent dans les autres langues ; la forme des lettres et la connaissance de la casse des caractères leur suffit ; pour ce qui est des erreurs ou fautes de composition typographique, c'est l'affaire des Pères, comme il a été dit plus haut, de corriger les épreuves jusqu'à ce que le texte soit parfaitement épuré, avant de passer à l'impression définitive. (Les Pères, du reste, qui corrigent, par exemple l'annamite ou le bahnar ont été missionnaires parmi le peuple annamite ou le peuple bahnar, et connaissent par conséquent la langue des ouvrages qu'ils ont à corriger et à éditer).

    D'autres ouvriers sont affectés, les uns à un atelier annexe de reliure, les autres à un atelier annexe aussi de fonderie des caractères. A part donc la question des matières premières, toute la genèse, pour ainsi dire, du livre se trouve effectuée et produite à Nazareth, depuis le caractère qui formera le mot, dans le cliché, jusqu'à la livraison du livre complètement terminé, et broché ou relié, aux mains de l'acheteur. Cette fonderie de caractères fonctionne et donne ses produits sur des matrices obtenues et confectionnées également à Nazareth, par le procédé de la galvanoplastie. Le Père chargé de ce service particulier estime à près de 40000 les matrices qu'il a obtenues de la sorte, pour les divers caractères en langues soit européennes soit indigènes, mis en oeuvre dans l'Imprimerie. Quel autre moyen, en effet, de se procurer des caractères en ces langues qu'on ignore en Europe, et que les Missionnaires, en Extrême-Orient., doivent nécessairement parler pour s'acquitter de leurs devoirs apostoliques ?

    C'est pourquoi, ce qui caractérise avant tout l'Imprimerie de Nazareth, ce sont les productions vraiment polyglottes, qu'elle met au service de la vérité et de la Propagation de la foi catholique. Ainsi, par le moyen de cette fonderie, elle possède des caractères proprement chinois et, proprement annamites, et de même des caractères thibétains, laociens et cambodgiens ; de plus, pour ces mêmes langues et autres voisines, elle a produit des caractères européo asiatiques, ou Quôc-ngu, comme il a été dit plus haut, à propos de la composition typographique. Enfin, avec les caractères simplement européens, Nazareth a édité des ouvrages en japonais et en malais romanisé. Comment, en vérité, ne pas confesser que le Père Rous seille, même au seul point de vue humain et français, a fait là une oeuvre magnifique et digne d'éloges ?

    Un Catalogue se publie annuellement, portant l'indication de tous les ouvrages émanant de l'Imprimerie, tant les ouvrages déjà parus antérieurement que ceux édités depuis le Catalogue de l'année précédente. Rédigé méthodiquement et avec chiffres de repère, il marque aussi, comme de juste, le prix des ouvrages, mais non (car ce n'est pas nécessaire) la quantité du tirage de chaque livre ou opuscule. Le prix est toujours établi (en argent anglais) de manière à faciliter le plus possible l'achat pour toutes les bourses, même les plus modestes. Car la maison de Nazareth, par le but même de son institution, n'a jamais eu, ni ne veut avoir de caractère commercial. Ayant été destinée, comme on l'a dit, uniquement à la diffusion du Catholicisme, elle ne vise qu'à répandre le plus et le plus loin qu'elle peut ses ouvrages et ses opuscules : c'est là son apostolat propre, en tant qu'Imprimerie. Elle vient au secours des Missionnaires, pour obtenir, sous l'influence de la grâce divine, la conversion des pauvres païens, pour promouvoir l'instruction et la piété parmi les Chrétiens et les Néophytes, et enfin pour préparer, dans les séminaires, les futurs prêtres indigènes, comme aussi travailler, par la lecture, la méditation et les autres moyens spirituels, à leur propre sanctification.

    Pour ce qui est des tirages, le nombre des exemplaires doit varier nécessairement selon la vulgarisation des livres eux-mêmes. On voit du premier coup, en effet, que les catéchismes, par exemple, les livres des prières usuelles ou quotidiennes, et autres semblables doivent être imprimés en nombre bien plus considérable que les livres offerts, par exemple, aux seuls Missionnaires pour leur propre usage. Les désastres de la Mandchourie ayant eu pour résultat la destruction partielle de ces pauvres Missions du Nord et du Sud, il fallut, de même, un tirage considérable de livres usuels pour reprendre, comme ab ovo, l'oeuvre de conversion et d'évangélisation. Si, donc, on peut dire que la plupart des livres européens ne sont pas imprimés, en moyenne, à moins de 1200 à 1000 exemplaires, on peut dire aussi que le tirage de certains livres ou de certains calendriers en langue indigène, par exemple en chinois, peut aller de 15000 à 20000 parfois.

    Le même but, indiqué plus haut, donne aussi à l'Imprimerie de Nazareth (comme, du reste, aux autres Imprimeries de certaines Missions particulières) un caractère ou cachet, pour ainsi parler, exclusivement religieux et apostolique. Tout converge vers cette fin-là ; et même les ouvrages profanes en soi, marqués dans le Catalogue, se rapportent, au moins indirectement, à l'OEuvre d'évangélisation commune à toute la Société des Missions Étrangères. Ils sont édités, soit afin d'aider les Missionnaires à apprendre la langue de leur mission (et de là les Dictionnaires), soit afin de procurer l'instruction des enfants dans les écoles ou les séminaires (et de là les livres en latin de la grammaire latine, de la Littérature et de la Rhétorique, de l'Arithmétique, et d'un petit rudiment de grammaire latino chinoise). La charmante bluette en anglais Heart and Soul du Père Baulez, missionnaire aux Indes, est une oeuvre de réfutation de certaines erreurs protestantes ; et quels services n'a pas rendus aux missionnaires et à leurs chrétiens, depuis 30 et 40 ans, le précieux petit Manuel de Médecine du Père Desaint, vénérable missionnaire, doyen du clergé du Maïssour ?

    Il faut en dire autant des gravures, introduites, depuis ces dernières années, dans tels et tels des livres (surtout en langue indigène) de Nazareth. L'atelier de photogravure, installé récemment, n'a pour fin que la propagande, par l'image, de la foi et de la piété, au sein des populations de l'Extrême-Orient. Ah ! Lorsqu'on aime le bon Dieu, dit saint Paul, et il faut dire aussi : lorsqu'on aime les âmes, et qu'on travaille à leur salut, omnia cooperantur in bonum.

    Par la grâce de Dieu, cette OEuvre de l'Imprimerie de Nazareth, depuis bientôt 25 ans, a donc produit une somme considérable de livres et d'ouvrages, dans les 8 ou 10 langues parlées par les Missionnaires, et sur toutes sortes de sujets religieux ; et elle s'est heureusement développée et agrandie. Il est à espérer qu'avec le même secours, et le même travail assidu et dévoué des Pères, elle continuera ses services, et tâchera de répondre ainsi de son mieux à la fin pour laquelle elle fut instituée. P. G.

    Kouang-si. Les Soeurs de Saint-Paul de Chartres à Long-tcheou. Quand la France eut installé un consulat à Long-tcheou, Mgr Chouzy s'y rendit pour obtenir l'appui du Consul dans le règlement des pillages de plusieurs postes. Les mandarins chinois consentirent à céder au Vicaire apostolique un terrain dans le voisinage de la ville, et lui remirent une somme d'argent pour terminer le procès. C'est cette somme qui servit à bâtir sur le terrain concédé la maison que les Soeurs de Saint-Paul habitent actuellement.

    Depuis assez longtemps la Mission du Kouang-si nourrissait l'espoir de recevoir des Soeurs. Déjà le P. Renault (Provicaire), tandis qu'il bâtissait le futur établissement, entrait en correspondance avec la soeur Maria. Celle-ci, alors à Haï-phong, quêtait de son côté pour une oeuvre qu'elle désirait, mais qu'elle ne savait pas devoir lui être confiée plus tard.

    Les premières démarches officielles ne furent faites qu'en 1902 par Mgr Lavest, Préfet Apostolique du Kouang-si depuis 1900. L'Evêque s'adressa directement à Chartres ; il ne tarda pas à recevoir une réponse affirmative, car le 2 novembre de la même année, la soeur Maria, désignée pour être la supérieure du nouvel établissement de Long-tcheou, s'embarquait à Marseille, et dans les premiers jours de décembre arrivait à Hanoi. Là deux autres Soeurs désignées aussi pour Long-tcheou se joignirent à elle et sans retard se mirent en route pour la Chine. La Mère provinciale, elle-même, Ermelinde, voulut les accompagner. Arrivées à la frontière que le chemin de fer ne franchissait pas encore, il fallut prendre les moyens de locomotion en usage dans le pays. L'une monta en chaise à porteurs, l'autre en pousse-pousse, une autre en charrette à buffle, une autre enfin à mulet. Cette caravane pittoresque alla rejoindre le fleuve qui descend à Long-tcheou. Tout le long du voyage, les officiers français des postes de la frontière furent extrêmement hospitaliers et mirent à la disposition des soeurs les chambrées transformées en salles de communauté.

    Au fleuve, les émigrantes prirent place dans un modeste sampan à trois planches, qui fut confié à la garde de saint Michel. Les mariniers donnèrent aussitôt le signal du départ, s'arcboutèrent sur leurs longs bambous et le « trois planches » s'ébranla vers Long-tcheou, ville du Dragon. Les eaux étaient basses et souvent le sampan s'enlisait dans les bancs de sable. Alors les mariniers se mettaient à l'eau et, poussant des hurlements de fauves, faisaient rouler la barque sur les galets.

    Cependant la nuit était venue et il n'y avait pas de pied à terre. Jusqu'au matin les Soeurs se tinrent blotties au fond de l'embarcation. A vrai dire elles n'étaient pas trop rassurées, et plusieurs ne dormirent que d'un il, car les pirates infestaient ces régions et maître tigre lui-même n'était pas loin.

    Enfin, après deux jours de navigation, le 15 décembre dès l'aube, le sampan quittait les eaux françaises pour voguer dans les eaux du Céleste Empire. Les Soeurs saluèrent avec enthousiasme leur nouvelle patrie.

    (A suivre.)


    1907/102-108
    102-108
    France et Asie
    1907
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