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Nouvelles diverses

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    Nouvelles diverses

    Su-tehuen Oriental. Retraite du clergé indigène. Cérémonies à la chapelle de l'Hôpital. Bénédiction de l'imprimerie. Je sors fatigué, mais bien consolé des cérémonies extraordinaires qui ont, cette année, suivi les exercices de la retraite annuelle du clergé indigène. La retraite s'ouvrit le 2e dimanche après Pâques par l'érection solennelle d'un beau chemin de croix dans la chapelle de l'évêché ; le vendredi suivant, consécration des saintes huiles et clôture de la retraite proprement dite ; le lendemain, samedi, ordination d'un nouveau prêtre et, le soir, reconnaissance des reliques du B. Thaddée Lieou et leur disposition dans une superbe châsse neuve ; le dimanche, messe pontificale à la chapelle de l'hôpital, consécration du grand autel, puis procession de la châsse déposée sous le grand autel qui vient d'être consacré. Lundi, examen des jeunes prêtres et distribution à tous les prêtres présents d'un petit reliquaire dûment authentiqué renfermant des reliques du B.Dufresse et du B. Thaddée Lieou ; mardi, grande réunion à la nouvelle imprimerie du P. Gourdon ; au clergé retraitant s'est uni tout le grand séminaire venu de Cha-pin-pa ; je commence à 8 h. 1/2 les cérémonies par la bénédiction de l'établissement suivie de la bénédiction de la chapelle, puis la consécration d'un bel autel en marbre du pays, enfin messe ponficale chantée à midi moins un quart. C'est fini, et tout le monde est convoqué aux agapes préparées par la direction de l'imprimerie. Dans la soirée, le Te Deum de la bénédiction du Saint-Sacrement prouva que tout le clergé rendait du fond du cur de sincères actions de grâces au Dieu des miséricordes pour ces jours de fête, de réjouissance et d'édification que nos Chinois n'avaient encore jamais vus.
    Les jours qui suivirent, chacun de nos prêtres fit ses préparatifs de départ, enchanté et décidé à travailler tottis viribus (comme ils me l'ont dit) pour la conversion de la Chine et pour leur propre sanctification. Que Dieu ratifie et confirme leurs bonnes résolutions. (Lettre de Mgr Chouvelon, Tchong-kin, le 19 mai 1906).

    Tonkin Méridional. Travaux et succès à Van-phan. Je suis à Van-phan à même d'y faire l'administration et de construire une église. Van-phan est un village à 20 minutes au-dessous de Dong-thay. La chrétienté séparée du village païen, comprend environ 500 catholiques contre 2000 bouddhistes, elle est toute composée de vieux chrétiens ; n'ayant pas encore d'église, j'ai sacrifié les quelques piastres qui me restaient pour aider cette chrétienté à construire un joli petit sanctuaire sur le bord du grand fleuve au milieu du port.
    J'ai pu baptiser depuis le commencement de novembre plus de 150 adultes, j'espère en avoir plus de 300 pours la prochaine reddition des comptes. (Lettre de M. Cherrière, mai 1906).

    Tonkin Maritime. La famine au pays Muong. La famine a fini par envahir aussi le pays Muong, qui semblait préservé ; le riz est d'une cherté inouïe : 4 écuelles pour une ligature, c'est-à-dire 0 fr. 75 centimes.
    Nos travailleurs en mangent volontiers 4 écuelles par jour. C'est vous dire que l'immense majorité des habitants ne mangent plus de riz. Le maïs est aussi hors prix ; on vit de tubercules et de racines que l'on va chercher avec peine dans la montagne. Les figures sont hâves, décharnées ; mon hôpital est bondé. Il y a quelques jours, un chrétien a trouvé, près d'une maison païenne ; sous un buisson, et recouverte d'un vilain panier, une pauvre petite créature nouvellement née ; elle vivait encore.
    Une chrétienne la recueillit, et appelant les habitants de la maison voisine, elle leur montra l'enfant On lui répondit : « Tu peux 1'emporter ou la jeter dans le fleuve ; il y a un diable dans son corps ». L'enfant est maintenant à la Sainte Enfance, et promet de vivre. J'en ai un autre charmant comme un ange, mais aveugle-né.
    Dans un village païen, un père et une mère ont vendu leurs deux enfants environ 1f, 40 et après s'être offert un copieux repas avec cette somme, se sont jetés tous deux dans le fleuve, pour ne plus avoir à endurer la faim.
    Un homme ayant péniblement gagné quelques sous en faisant du bois, acheta du vin, s'enivra et alla se coucher dans un coin de la forêt infecté de tigres ; le lendemain on ne trouva que quelques ossements.
    Un prêtre indigène de mon district m'écrit : « Père aidez-moi ; non seulement mes chrétiens, mais mes catéchistes et moi sommes menacés par la famine ; plus de riz,et nous ne savons où emprunter ».
    Heureusement la prochaine moisson semble vouloir être bonne ; heureusement, dis-je, autrement, ce serait la plus terrible désolation.
    Dans quelques jours, je baptiserai 12 catéchumènes qui tous les soirs depuis 3 ou 4 mois étudient avec ferveur, le catéchisme ; consolation au milieu des tristesses. Après ces baptêmes, un autre groupe, plus petit, mais qui grossira peu à peu, commencera à son tour l'étude de la doctrine. (Lettres de M. Martin, avril 1906).

    1906/310-311
    310-311
    France et Asie
    1906
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