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Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Coimbatour. Mort de Mgr Bardou. Le dernier numéro de nos Annales a annoncé la mort de Mgr Bardou, nous avons depuis lors reçu des détails sur les derniers jours du vénéré prélat ; nous nous empressons de les publier :
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    Nouvelles diverses
    Coimbatour. Mort de Mgr Bardou. Le dernier numéro de nos Annales a annoncé la mort de Mgr Bardou, nous avons depuis lors reçu des détails sur les derniers jours du vénéré prélat ; nous nous empressons de les publier :
    « Craignant de fatiguer le Prélat, on voulait d'abord réserver pour le mardi matin la réception de l'Extrême-Onction. Mais, Monseigneur toujours guidé par les sentiments de la plus grande foi et d'une sérieuse piété, nous pria de suivre les directions du Rituel, et de faire toute la cérémonie le mardi matin, 3 février. Dans le courant de la journée quelques confrères arrivèrent, et c'est ainsi qu'une vingtaine de missionnaires et de prêtres indigènes se trouvèrent réunis pour la triste, et si consolante cérémonie. Ce jour-là, Monseigneur revêtu du rochet et du camail, à genoux sur son prie-Dieu, attendit avec calme l'arrivée du Viatique suprême qui lui fut apporté en procession, depuis la cathédrale, par le Vicaire général, le P. Rondy, qu'entouraient les confrères présents. Je n'ai pas à peindre ici l'émotion qui nous étreignait tous. Un confrère lut, à genoux à côté de Monseigneur, la profession de foi de Pie IV, pendant que Sa Grandeur suivait attentivement sur le Pontifical. Puis, avant de recevoir le Saint Viatique, le prélat voulut nous adresser quelques mots : « En présence du Saint-Sacrement, dit-il, d'une voix que l'émotion de tous et ses sanglots rendaient bien touchante, je demande pardon à mes coopérateurs des peines que j'ai pu leur causer, et je les prie de demander à Dieu pour moi le pardon à ce moment de ma vie ». Il ne put en dire davantage, mais ces quelques mots étaient bien l'expression des sentiments de celui qui, au jour de sa consécration épiscopale, avait pris pour devise : « Parcet pauperi et inopi ». Après cet acte d'humilité, il reçut le corps sacré de son Dieu et le sacrement des mourants.
    « Le vendredi arriva Mgr Gandy, archevêque de Pondichéry, qui venait assister aux dernières heures de son frère aîné dans l'épiscopat. Cette visite fut pour le mourant une consolation précieuse ; il craignait seulement que sa forte constitution ne retardât de plusieurs jours le moment de l'adieu suprême, et qu'ainsi son vénérable visiteur eut à faire un séjour trop prolongé à Coimbatore au détriment de ses nombreuses occupations. De fait, ce jour-là encore, sa voix parfois un peu voilée, conservait cependant sa force ordinaire ; sa lucidité d'esprit était toujours parfaite, sauf à certains moments, où pendant un sommeil passager il semblait plus ou moins délirer. Mais il répondait bien à ce qu'on lui disait et priait. C'est ce jour-là je crois, que vers 8 heures du soir, j'entendis distinctement le pieux prélat, répéter à demi voix : « Mon Dieu je vous offre ma vie... Mon Dieu je vous offre ma vie pour le salut des pauvres Indiens ».
    « Cette prière suprême de l'évêque missionnaire, que de fois ne Pavait-il pas faite dans le secret de son coeur durant les longues heures de sa maladie, durant les nuits qui lui paraissaient si pénibles.
    « Dans la soirée, Mgr Gandy alla voir le vénéré malade, et il constata alors que des symptômes alarmants s'étaient produits ; la mort semblait venir à grands pas, et on crut qu'il ne passerait pas la nuit. Aussitôt le souper fini, tous les confrères présents se réunirent aux pieds du mourant. Dans sa main on plaça le cierge, autrefois donné par Pie IX à Mgr Dépommier, et que Mgr Bardou conservait avec soin ; c'était même lui qui avait indiqué, un ou deux jours auparavant, l'endroit où était déposé ce cierge, en demandant qu'on l'allumât à ses derniers moments. Mgr Gandy commença les prières des agonisants. Tous, les yeux baignés de larmes, nous répondions aux suprêmes prières, les regards tournés vers le visage du mourant dont l'agonie avait commencé. Vers 8 h. 1 /4 Mgr Gandy se lève interrompant un instant les prières, il avertit le mourant qu'il va lui donner la dernière absolution. Ensuite, le pieux archevêque demande à Mgr Bardou, une dernière bénédiction pour lui-même et pour tous les missionnaires, et il aide le malade à nous bénir. Puis il lui adresse cette suprême parole : « Monseigneur, veuillez prier pour nous tous, quand vous nous aurez quittés ». Le prélat mourant incline la tête pour nous dire à tous qu'il a compris, et qu'il ne nous oubliera pas. On continue la récitation des prières liturgiques ; vers 8h, 25, quelques contractions du visage, quelques tressaillements bien légers, il est vrai, des membres sont l'indice de la lutte suprême. A deux ou trois reprises, la respiration semble suspendue : enfin, le sacrifice est consommé, et quelques instants après l'âme de Mgr Bardou, premier évêque dé Coimbatore, avait quitté le théâtre de ses labeurs et de son long apostolat, et déjà les trois cloches de la cathédrale, par leur glas funèbre, annonçait à tous les chrétiens que leur Père n'était plus ».

    Su-tchuen Occidental. Massacres. « A Sin-tchang, une centaine de mes chrétiens ont été tués ; certains ont été déchiquetés par morceaux, d'autres coupés en quatre, enfin leurs corps mangés par les chiens. A la conclusion du procès, je tâcherai de faire donner une sépulture honorable aux ossements que nous retrouverons.
    « Le vice-roi, dit-on, a ordonné à ses mandarins locaux d'arranger les affaires de leurs juridictions, et de donner aux victimes de justes indemnités ; mais jusqu'ici nous n'obtenons rien ; c'est pourquoi mes chrétiens souffrent beaucoup. Dans les sous-préfectures de Kin-tang et de Tchong-kiang, tout a été détruit : maisons incendiées, bambous, arbres coupés, déracinés, champs ravagés ; les chrétiens sont donc sans abri, sans habit et sans nourriture. De plus le pays n'est pas tellement purgé de boxeurs, malgré les soldats campés çà et là. Les meurtriers sont sur les lieux, et les mandarins, surtout le mien, les connaissent fort bien, mais ils les laissent en paix sous prétexte qu'ils se sont amendés ! »
    (Lettre de M. Roux 1er janvier 1903).

    Conversions. « Malgré la tempête et les plus terribles rumeurs la plupart de nos chers néophytes sont restés fermes, et maintenant la moisson s'annonce comme fort abondante dans un avenir prochain. Que n'avons-nous de bons éducateurs pour les former à la vie et aux vertus chrétiennes. Dans mon immense district (le plus vaste de la mission) je compte au moins de 2 à 3 mille néophytes en dehors de 4 ou 500 anciens chrétiens. J'ai deux et même trois oratoires à bâtir, une foule d'affaires à traiter, aussi ma tête est très fatiguée. Mes voisins ne sont guère moins occupés. M. Bauquis chargé du district de Pa-tcheou, Lan-kiang, etc., avec plusieurs milliers de néophytes ne sait lui aussi comment faire face à tout : instructions de néophytes et nouveaux établissements dans les deux villes de Pa-tcheou et Lan-kiang. M. Therme à Koang-yuen est en pleine bâtisse, et chargé aussi de nombreux néophytes ».
    (Lettre du P. Junier, Pao-lin, le 3 décembre 1902).

    Tonkin Occidental. En chemin de fer. « Nous allons inaugurer, pour aller à Ké-so, à la retraite, le chemin de fer Hanoi-Nam-Dinh. L'inauguration officielle est fixée au 8 ; les trains circuleront à partir du 9, à raison de 2 trains dans les 2 sens. On met 21/2 pour aller à Phu-ly. Quel progrès ! Si le seigneur Retord revenait parmi nous, quel ne serait pas son étonnement ? »
    (Lettre du P. Lechaudé, Ha-noi, le 1er janvier 1903).

    Tonkin méridional. Choléra. « La paroisse de Mi-hoa compte près de trois mille chrétiens, anciens pour la plupart : il n'y en a que deux cents nouveaux. Presque tous sont pêcheurs. Mi-hoa est en effet port de mer. Je vous ai dit que le curé annamite qui tenait la paroisse depuis une quinzaine d'années, venait d'être emporté par le choléra. Vous devez savoir que le choléra a fait cette année beaucoup de victimes dans cette partie de l'Annam. Nous avons perdu plus de deux cents chrétiens dans le district. La paroisse de Mi-hoa a été une des plus éprouvées. Dans un seul village de vingt à trente maisons, quinze personnes sont mortes. Les autres villages sont moins frappés. Il y a cependant un certain nombre de morts. Ce n'est pas encore fini ; la semaine dernière, j'ai administré quatre ou cinq cholériques dont deux sont déjà morts. La variole fait également en ce moment beaucoup de victimes parmi les petits enfants ».
    (Lettre du P. Chapelle, Mi-hoa, 9 janvier 1903).

    La famine. « Je vous avais dit dans ma précédente lettre que mon district venait de s'augmenter de trois parties de villages, autrefois entièrement païens. Je vous avais dit aussi qu'au 5e mois la moisson ayant été perdue, la disette existait. Hélas ! La misère n'a point diminuée mais n'a fait qu'augmenter ; la moisson du 10e mois se trouve elle-même plus d'à moitié perdue, au moins dans le district où je me trouve. Les bonnes pluies des 7e et 8e mois annamites qui assurent chaque année la moisson ne sont point venues ; la pluie est tombée enfin le 20 octobre, il était temps ; le riz desséchait sur pied, le riz précoce sortait en épis absolument sec. Aussi le riz était devenu d'une cherté inconnue jusqu'alors 3 piastres les paniers (la piastre est à 6 ligatures, 2 francs 15). Et encore ne trouvait-on pas à en acheter, les riches n'osant pas vendre leur réserve. Les malheureux quittaient leurs maisons pour aller chercher des vivres partout, au Tonkin, chez les sauvages, etc., les femmes avec leurs pioches déracinaient le « rau ma » dont le tubercule ne grossissait point, vu la sécheresse, et était amer. Quand on pouvait se procurer un peu de riz, on le gardait pour les petits enfants. Ma porte a été littéralement assiégée du matin au soir sans relâche pendant plus de deux mois, cela faisait pitié.
    « Au milieu des peines le bon Dieu a mêlé les consolations. En ces moments de malheurs, j'ai vu mes différentes chrétientés augmenter considérablement : ici dix maisons, là quinze, ailleurs six ou sept, deux ou trois, espérons que ces nouveaux convertis suivront reflet de la grâce et deviendront de fidèles et constants serviteurs de Dieu ».

    (Lettre du P. Denis, Dong-thap, le 22 octobre 1902.)

    Nouvelles du Laos. Dans notre petit coin du Laos, nous n'avons point encore de poste complètement établi. Cependant, le P. Guignard, mon supérieur a déjà construit une maison très convenable, et en ce moment il élève une église à Canh-trap. Mais je doute que ses ressources lui permettent de l'achever cette année. Resteront encore les dépendances et spécialement une demeure solide pour nos catéchistes annamites, qui dans cette région ont beaucoup à souflrir de la fièvre et du climat.
    « Pour moi, j'habite encore une maison sur pilotis, à la mode sauvage, et mon église est de même élevée sur pilotis, avec des treillis de bambous pour murs et des feuilles pour toit. Mon désir serait d'essayer une meilleure installation, et de faire, avec une maison convenable, une modeste église, où je puisse conserver le Saint-Sacrement comme compagnon de ma solitude.
    « Les deux autres postes, qu'occupent deux prêtres annamites, sont dans le même état que le mien. Et pour y remédier, nous n'avons pas à compter sur nos pauvres chrétiens ».

    (Lettre du P. Leborgne, Hong-kong, le 3 octobre 1902).

    Cochinchine Occidentale. Récompense. Le P. Verney, missionnaire en Cochinchine occidentale depuis 1880 vient d'obtenir à l'Exposition de Ha-noi une médaille d'or pour avoir fondé le premier établissement de sourds-muets.

    Cochinchine Septentrionale. Récompense. Le P. Cadière a été nommé, le 31 octobre 1902, officier d'Académie pour ses remarquables travaux historiques et philologiques, dont les principaux sont : Phonétique annamite (dialecte du Haut Annam), Imprimerie Nationale, 1902 ; Géographie historique du Quang-bing, d'après les Annales impériales, Ha-noi, 1902 ; Croyances et dictons populaires de la Vallée du Nguon-son.

    ERRATA

    Dans notre numéro de mars avril 1903, page 111, il s'est glissé une faute d'impression que nous tenons à réparer : au lieu : GUÉRISON DE MARIA TRICONG, il faut lire : GUÉRISON DE MARIA TRUONG. Nos excuses au vénéré P. Gernot, l'auteur de l'intéressant article.
    1903/178-188
    178-188
    France et Asie
    1903
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