Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Nouvelles diverses

Nouvelles diverses Malacca. Un sanatorium a Pongol. Conversions. Votre lettre m'a été remise le 6 mars à Pongol, où Messeigneurs Barrillon, Bourdon et les confrères de Singapour étaient réunis pour fêter saint Casimir, mon patron.
Add this

    Nouvelles diverses

    Malacca. Un sanatorium a Pongol. Conversions. Votre lettre m'a été remise le 6 mars à Pongol, où Messeigneurs Barrillon, Bourdon et les confrères de Singapour étaient réunis pour fêter saint Casimir, mon patron.
    Tout le monde a admiré le site et le plan de la chapelle et de la maison. Dans le bas : chapelle avec trois autels exécutés par Theng Joseph. Ils font très bon effet et si on ne savait qu'ils sont en briques, on les croirait en marbre. Dans le haut, grande salle donnant sur la mer et trois chambres au milieu avec véranda des deux côtés. Le sanctuaire forme une petite construction à part et n'a rien de commun avec le haut. Je crois que mon premier but de rendre service aux confrères sera obtenu, le P.Gazeau en a déjà profité. Je bâtis, pour le moment, une maison de 80 pieds de long sur 25 pieds de large, tout y sera complet, avec cuisine, école, maison de doctrine, etc., etc. Je n'ai pas d'ouvriers de profession, j'emploie des Sin-khés et cela coûte bien moins cher. La forêt qui est tout près me fournit une partie du bois. Dans un espace de un mille et demi, j'ai 100 chrétiens et il y a espoir d'augmenter bien vite. Déjà une famille protestante de cinq membres un père de famille et son fils, étudient fidèlement la doctrine et d'autres attendent que la maison soit terminée pour venir à nous. Dans le village les habitants étaient plus ou moins bien disposés à notre égard, et voici comment, par un bienfait de la divine Providence, leurs coeurs ont été changés. Il y avait au Khang-kha un malade en danger de mort. Une Chinoise protestante qui se trouvait là par hasard l'invite à se faire chrétien. « Très bien, dit-il ; fais appeler Tang ah oh ». Tang ah oh est un catholique et notre plus proche voisin. Il est un peu craintif et n'ose de lui-même se rendre à la maison du malade, à cause de ses nombreux parents, tous payens ; il vient prier Theng ah seng de l'accompagner. Le malade qui était en danger de mort, en voyant Tang ah oh et Ah seng, tressaille de joie et se mettant sur son séant, crie : « Ah oh, mon frère, je désire et je veux me faire chrétien ». Tang ah oh lui enseigne la doctrine, et le prépare aussi bien que possible à recevoir le baptême qu'il demande instamment. Ses parents et ses amis arrivent en grand nombre et protestent, menaçant de ne plus s'occuper de lui et de le renier s'il se fait chrétien. Le malade avait encore la force de parler clairement, et il répond à leurs menaces en disant : «C'est mon affaire, c'est moi seul qui le veux. Peu m'importe d'être renié par vous pourvu que j'aie Dieu et le ciel pour moi ». Tang ah oh se tenait toujours à ses côtés, l'excitant à la contrition de ses fautes et à l'amour de Dieu. Après lui avoir inculqué les principales vérités de notre sainte religion, il lui confère le baptême in articulo mortis et liai donne le prénom de Joseph. Alors tout à fait furieux, ses parents le délaissent heureusement, un chrétien qui vivait tout près prend soin de lui. Tous les fidèles des environs se réunissent et prient pour lui. Le soir ils viennent encore prier, et lorsque la nuit était déjà fort avancée ils s'en retournent chez eux, persuadés que Joseph mourra bientôt. Deux fidèles veillaient à ses côtés et le matin Joseph meurt après avoir répété les noms de Jésus, Marie et Joseph qu'on lui avait appris. Ses parents païens refusant de s'occuper de ses funérailles, les chrétiens s'entendent entre eux, et après m'en avoir référé, l'enterrement est fixé au lendemain à 8 heures du matin.
    Le soir, grande réunion de tous les chrétiens des environs et d'un certain nombre de fidèles de Saran gong, pour prier dans la maison du mort trop petite pour la circonstance. Les païens étaient dans l'étonnement le plus profond. Le lendemain a lieu l'enterrement, et pendant 8 jours les chrétiens continuent d'aller prier tous les soirs dans la maison du défunt. Les habitants du village, les païens, même les plus enragés, n'ont pu s'empêcher d'admirer la charité des chrétiens en cette occasion. La femme protestante, celle qui avait exhorté le malade à se faire chrétien, frappée elle-même de tant de charité, demande des renseignements sur notre religion. Par un de ces hasards que seule la Providence sait ménager, elle s'adresse à une chinoise chrétienne, nommée Marie, qui elle-même avait autrefois suivi la doctrine protestante à Swatow. Celle-ci lui explique la différence entre les catholiques et les protestants, et elle lui donne un catéchisme. Le lendemain, après avoir parcouru le petit volume, la protestante qui n'était pas encore baptisée vient trouver la chrétienne Marie : « Oh ! Dit-elle, en montrant notre catéchisme, j'ai trouvé un trésor. Comment ? J'adore le Seigneur du ciel, depuis si longtemps et je ne suis pas encore baptisée. Je suis âgée, que deviendrait mon âme si je mourais ; de grâce conduis-moi au Père ». Et Marie l'amène à l'église, à Saran gong, et après avoir assisté au chemin de croix, l'introduit chez moi, où cette femme me raconte toutes les péripéties de sa conversion et me demande de la recevoir au nombre des catéchumènes. Il y a à peine deux mois elle était encore une fervente protestante, et la voilà maintenant une catéchumène très sérieuse, faisant trois milles le vendredi et le dimanche pour assister à la messe. Il y a quelques jours elle a amené à mon école sa fille âgée de dix ans ; son mari, son beau frère et son fils apprennent aussi la doctrine. N'est-ce pas qu'elle est bien récompensée d'avoir contribué au salut d'une âme ?

    (Lettre de M. Saleilles).

    Inde. Troisième centenaire de la fondation du diocèse de Saint-Thomas de Mylapore. La ville de Mylapore vient d'avoir une grande fête. Il s'agissait de célébrer grandiose ment le troisième centenaire de l'érection du diocèse (9 janvier 1606 9 janvier 1906). Monseigneur de Castro, l'évêque actuel, avait invité tous les évêques de l'Inde, avec prière instante de se faire représenter en cas d'empêchement. Notre archevêque ne pouvant s'absenter à cause de la retraite ecclésiastique, qui commençait précisément le 9, m'a délégué comme représentant de l'archidiocèse de Pondichéry. Je suis parti le 7, en compagnie du P. Barralon, représentant du diocèse de Kumbakonam. Les Goanais nous ont vraiment donné une généreuse et noble hospitalité. Le délégué apostolique, Mgr Zalewski était présent avec quinze évêques.
    Eh bien ! Dans cette réunion d'évêques et de prêtres venus un peu de toutes les parties de l'Inde, savez-vous quelle langue on parlait? L'anglais, me direz-vous ; non, c'était le français ; tous ceux qui en savaient trois mots s'empressaient de les servir.
    Le 9, messe pontificale en présence de tous les évêques ; le soir procession ; les reliques de saint Thomas étaient portées par Mgr de Mylapore ; le parcours de 2 kilomètres était gardé par la police montée; aucune voiture ne pouvait passer ; en faisant la comparaison avec ce qui a lieu en France, je n'étais pas fier du tout. A midi, télégramme à Notre Saint-Père le Pape, télégramme au roi de Portugal ; le soir, lecture des réponses, qui est écoutée debout. Oui, c'était beau, bien beau !

    Thibet. Réparation. Funérailles de MM.Dubernard, Bourdonnec et de trois chrétiens. Le P.Genestier et moi, au nom de mon frère, avons été réinstallés dans les postes dévastés. Pour ce motif, je suis souvent en route. Le P.Genestier parlemente avec un délégué chinois sur les ruines mêmes de la chrétienté de Tse-kou, habitant tantôt sous la tente, tantôt dans des masures aussi sales que délabrées ; car les lamas ont tout réduit en cendres. Il est à cinq jours d'ici, et je vais le voir quelquefois. Sitôt qu'il aura fait rendre justice aux chrétiens, il doit venir à Qui si, ce qui ne peut tarder. Il y a 15 jours qu'ont eu lieu les obsèques solennelles des PP.Dubernard et Bourdonnec, ainsi que des chrétiens massacrés à leurs côtés. Le P.Genestier a dit la messe sous la tente où l'on avait placé les cercueils, et votre serviteur a donné les absoutes.
    En ce moment, les autorités s'occupent à faire élever des monuments sur chaque tombe. La cérémonie a été plus grandiose de la part des Chinois que de la nôtre, qui n'avions pour tout ornement que ce qui est strictement nécessaire à la messe. De leur part, canons, pétards, musique, oriflammes etc... rien ne manquait. Enfin le tout combiné a fait une bonne impression. D'ailleurs, la manifestation réparatrice des autorités avait commencé depuis dix jours, c'est-à-dire durant tout le trajet, de l'endroit où avaient été massacrés nos martyrs jusqu'au lieu de la sépulture, à la résidence de Tse-kou. Quand on a extrait leurs restes des fosses où avaient été enfouis le P. Bourdon nec et les trois chrétiens (père et deux fils) il n'y avait plus que les ossements. Pour le P.Dubernard, sept mois de contact avec la terre n'ont pu entamer ses chairs qui s'étaient simplement desséchées, ni effacer sur celles-ci les traces vermeilles de son sang. On remarquait très bien le coup de sabre qui trancha sa tête et ouvrit sa poitrine quand les assassins voulurent en extraire le coeur et le foie. Les têtes des Pères, que les lamas d'A-ten-tse avaient emportées, et qui leur ont été reprises par un soldat chrétien, ont été jointes à leurs corps. (Lettre de M. Emile Monbeig, mars 1906).

    Tonkin Occidental. Conversions. Cette année, j'ai eu quatre nouvelles chrétientés, sans compter les familles isolées ; qui viennent s'installer dans les collines aux alentours de Go-cai, où je suis fixé. Ces chrétientés sont celles de Moxa, 24 chefs de maison, celle de Phu-chinh 21, celle de Quien-coc 15, et celle de Dong bu 20. J'espère en avoir encore beaucoup d'autres.
    Cette année je n'ai eu que 144 baptêmes de nouveaux chrétiens, et le curé que Monseigneur m'a donné pour m'aider n'en a eu que 16. J'ai encore 987 nouveaux chrétiens en train d'étudier et qui ne sont pas encore baptisés. (Lettre de M. Le Page)

    Corée. Règlement de l'organisation de la Résidence générale et des autres Résidences Japonaises en Corée.

    ART. I. La Résidence générale sera établie à Seoul.
    ART. II. Le Résident général sera placé sous le contrôle direct de l'Empereur. En ce qui concerne les matières ayant trait à la politique étrangère, il fera des représentations à l'Empereur, et demandera la sanction impériale par l'intermédiaire du Ministre d'Etat pour les Affaires Etrangères et du ministre président d'Etat ; en ce qui concerne toutes les autres affaires, par l'intermédiaire du ministre président d'Etat seulement.
    ART. III. Le Résident général exercera un contrôle sur les matières concernant les Consulats étrangers en Corée, à l'exception des affaires qui pourront être présentées par les Représentants étrangers accrédités auprès de cet empire. Il exercera également sa surveillance sur les affaires que le Gouvernement coréen pourrait avoir avec les étrangers. Le Résident général aura la surveillance de toutes les affaires coréennes dont la charge est confiée aux autorités impériales par traité ou par convention. Il sera aussi chargé de toutes les autres affaires dont la révision revenait de droit aux autorités impériales.
    ART. IV. Le Résident général a le pouvoir, quand il le juge nécessaire pour le maintien de la paix et de l'ordre public en Corée, de donner au Commandant de la garnison impériale en Corée, l'ordre de faire usage de la force militaire.
    ART. V. En ce qui concerne les questions administratives qui pourraient imposer des obligations basées sur le traité, le Résident général en fera communication au Gouvernement coréen, et demandera le règlement de ces sortes de matières... En cas de nécessité urgente, le Résident général, s'adressera lui même aux autorités locales, et les amènera à s'occuper de ces questions, à charge d'en faire ultérieurement le rapport au Gouvernement coréen.

    JUILLET AOUT 1906, N° 52.

    ART. VII. Le Résident général, aura le pouvoir de publier des ordonnances de la Résidence générale compris des dispositions pénales d'emprisonnement pour une période n'excédant pas une année et des amendes ne dépassant pas 200 yens.
    ART. VIII. Toutes les fois qu'il considère qu'un ordre ou une mesure, émanant des dits offices du Gouvernement est en contradiction avec les traités, la loi, les règlements ou nuisible aux intérêts publics, ou excédant le pouvoir autorisé dont il émane, le Résident général peut suspendre ou rapporter cet ordre ou cette mesure.
    ART. IX. Le Résident général aura le contrôle de tous les fonctionnaires placés sous ses ordres ; pour la nomination ou la destitution de ceux qui ont rang de Tjou-im il présentera la chose à l'empereur par l'entremise du ministre président d'Etat ; pour les fonctionnaires du rang de Pan-im et au-dessous il aura le droit de les nommer et de les destituer à son gré.
    ART. XI. Seront adjoints au Résident général les fonctionnaires suivants :
    Un directeur général ayant rang de Tekik-im.
    Un directeur du commerce, de l'agriculture et de l'industrie.
    Un directeur des affaires de police.
    Un secrétaire particulier.
    Sept secrétaires.
    Deux inspecteurs de police.
    Cinq ingénieurs.
    Dix interprètes, 45 commis, sous-officiers de police, ingénieurs et interprètes adjoints (Pan-im). Les Coréens attachés à la Résidence générale ou à tout autre bureau qui en dépendra pourront être élevés au rang de Tjou-im ou de Pan-im.
    ART. XIII. En cas d'empêchement du Résident général, ses fonctions pourront être remplies temporairement, soit par le commandant de la Garnison Impériale en Corée, soit par le directeur général suivant que le Résident général l'aura décidé.
    ART. XXIII. Des Résidences seront établies dans les principales places de Corée. L'emplacement et l'étendue de la juridiction des Résidences particulières seront fixés par le Résident général.
    ART. XXIII. Chaque Résidence comprendra le personnel suivant : Un Résident.
    Un Vice Résident.
    Des commis.
    Des sous-officiers de police.
    Des interprètes.
    En dehors de ces fonctionnaires du rang de Pan-im, des inspecteurs de police ayant le rang de Tjou-im seront attachés aux résidences autant que le Résident général jugera nécessaire de nommer ces officiers. Dans les Résidences qui auront plus de deux Vice Résidents, l'un de ces derniers sera spécialement chargé des affaires judiciaires.
    ART. XXV. Le Résident particulier peut requérir le commandant des forces impériales en station dans la localité de mettre des troupes à sa disposition, s'il juge la mesure nécessaire pour le maintien de la paix et de l'ordre.
    ART. XXVII. Les Résidents particuliers auront le pouvoir de publier des ordonnances, d'imposer des peines pécuniaires n'excédant pas dix yens, de condamner à la prison...
    ART. XXXIII. Une force de police sera attachée à la Résidence générale et à chaque résidence particulière. Les agents auront rang de Pan-im.
    Le nombre des agents de police sera fixé par le Résident général.

    Laos. Tournée épiscopale. Je suis enfin de retour de mon voyage avec Mgr Cuaz. Partis de Nong-seng le 28 décembre, nous y sommes revenus le 15 février. La première station que nous avons visitée est celle du P.Rouyer qui se trouve à une grande journée en amont de Bassac. Ce village s'appelle Huei-jang. C'est un poste d'avant-garde, fondé l'année dernière. Il y a quelques catéchumènes qui paraissent bien disposés. Ce qui est mieux c'est qu'à trois heures de course à cheval, derrière ce village, au pied de la montagne, se trouve un autre petit village exclusivement formé de chrétiens ou de catéchumènes, au nombre de 180 à 200, dont 35 à 40 sont déjà baptisés. Ces néophytes sont des Sôs une des tribus les plus intéressantes du Laos. La veille de l'Epiphanie, Monseigneur, le P.Rouyer et moi comme trois rois Mages, étions solennellement reçus au milieu de ces braves Sôs qui n'avaient jamais vu un évêque. Le lendemain nous revenions à Huei-jang et le surlendemain nous descendions en barque chez le P.Couasnon à Bassac. Bassac, le poste catholique le plus au sud de la mission, possède une gentille petite église en pierres : une merveille aux yeux des Laotiens. Ce n'est pas une richesse, mais dans notre pauvre, Laos, c'est très beau, et c'est un vrai tour de force accompli par le P.Couasnon. Monseigneur a donné une trentaine de confirmations.
    Après huit jours passés chez le P.Couasnon, nous reprîmes le vapeur jusqu'à l'embouchure du Mun, où nous attendaient nos chevaux. Le lendemain nous arrivions chez le P.Juge à Ban-uet, ancien poste du P.Rouyer. Il y a là près de 200 chrétiens. Le P. Juge s'est construit une petite maison en torchis, qui ferait bien piètre mine en France ; mais ici, car tout est relatif en ce bas monde, c'est presquîle palais. Monseigneur a donné à Ban-uet une trentaine de confirmations.
    Trois jours après nous partions pour Ubon, où nous fûmes admirablement reçus par le P.Dabin et ses vicaires les PP.Marchi et Bouchet. Vous savez qu'à Ubon il y a, depuis l'an dernier, des Soeurs de Saint-Paul de Chartres. Ces braves et saintes religieuses s'étaient mises en frais pour préparer une surprise à Monseigneur. Elles avaient enseigné une petite cantate.....en français à leurs orphelins et orphelines, et tout ce petit monde, au nombre de plus de 50, exécuta ce motet avec une grâce ravissante. Ecoutez ce couplet exécuté sur une musique charmante :

    Pardonnez-nous si l'on vous fait trop rire.
    Oh ! Monseigneur, ce n'est pas tous les ans
    Et le bon Dieu, laissez-nous vous le dire,
    Veut de la joie au coeur de ses enfants.

    Et le 21 janvier c'était le 25e anniversaire de la fondation du premier poste catholique la mission du Laos: Ubon. Il y a 25 ans, deux pauvres missionnaires, de Siam, le P. Prodhomme et votre serviteur, quittaient Bangkok avec la bénédiction de leur évêque, et s'élançaient presque dans l'inconnu, à travers les forêts du Laos. Après avoir erré pendant plus de deux mois, ils plantèrent leur tente à Ubon.
    Donc ce 21 janvier 1906, par une délicate attention de Monseigneur et des confrères présents, l'honneur m'était donné de chanter la grand'messe avec le P.Dabin, curé du poste, pour diacre et le P. Bouchet pour sous-diacre. Oh ! Que mon coeur battait fort ! Que de souvenirs délicieux se pressaient dans ma mémoire ! J'étais ému jusqu'aux larmes au point que je faillis m'arrêter au beau milieu de mon sermon de circonstance. Le premier grain de sénevé jeté dans, le sillon creusé à Ubon en 1881 est devenu un grand arbre. Il étend ses rameaux un peu dans toutes les directions lentement mais sûrement, et si le temps des semailles, c'est-à-dire, si l'ère des difficultés, des misères, des larmes n'est pas encore passé, du moins pouvons-nous déjà goûter un peu de cette joie des moissons abondantes. A Ubon Monseigneur a donné près de 70 confirmations. Pendant notre séjour dans ce berceau de la mission, nous sommes allés installer le P.Marchi dans son nouveau petit poste à 5 heures d'Ubon.
    Nous nous sommes dirigés ensuite sur Ban-dun où se trouve le P.Figuet, dont l'église a été incendiée. Vous connaissez l'histoire de cet incendie survenu le jour de Noël 1904. Le P. Figue, a rebâti une maison église provisoire. Pauvre Père, son installation n'est pas riche. Et quand je dis, pas riche, c'est beaucoup dire vous comprenez. Il a eu chez lui 28 confirmations.
    De Ban-dun nous avons poussé jusqu'à Ban-se-song ou se trouve le P. Hospitalier. Actuellement il est en train de fonder une succursale à 6 heures de cheval de Se-song. Il y a déjà une vingtaine de huttes et ce petit poste deviendra grand, je crois car il est très bien situé.
    Après quelques jours passés dans les postes du P. Hospitalier nous regagnâmes le Me-kong et le 12 février nous arrivions chez le P. Mercier juste à temps pour la fête du poste : Notre Dame de Lourdes, célébrée cette année le 14 février. Le lendemain nous prenions le bateau et ce jour-là même nous arrivions à l'évêché à Nong-seng (Lettre de M. Guégo).
    1906/238-246
    238-246
    France et Asie
    1906
    Aucune image