Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Nouvelles diverses

Nouvelles diverses
Add this
    Nouvelles diverses
    Tonkin méridional. La famine. Depuis que je suis en mission, je n'ai jamais vu, à part le moment de la guerre, une aussi grande misère que poule moment. Trois moissons consécutives ont été presque complètement perdues et celle du dixième mois est bien compromise. Il a fallu retarder la rentrée du collège, faute d'eau à boire, pendant deux mois. Les élèves viennent de rentrer il y a quinze jours et il n'y avait pas quarante centimètres d'eau dans le réservoir. Toute la journée, je n'entends que « je salue le Père, je le prie de me donner à manger, car j'ai grand faim ; je meurs de faim ». Malheureusement, ma provision de riz est épuisée depuis longtemps et pas moyen de s'en procurer dans la région. Il faudrait absolument aller en acheter au nord ou à Saigon, et avoir de quoi à cet effet, autrement une foule de gens vont mourir de faim, ce qui est déjà arrivé à plusieurs à quelques pas de ma porte.
    C'est navrant de voir lés gens dans une misère pareille et de ne pas pouvoir leur venir en aide. J'ai demandé des secours à Monseigneur, mais il n'a pas pu m'envoyer grande chose et cela n'a pas duré longtemps à cause du grand nombre d'affamés. Les chrétiens affluent et les demandes de conversion aussi, mais que faire si l'on ne peut suffire aux dépenses même les plus indispensables, jamais je ne me suis trouvé dans une position aussi grave. (Lettre du P. Klingler, Bao-Nham, 4 novembre 1902.)

    Mayssour. La peste à Mysore. Nous avons eu une nouvelle visite de la peste bubonique à Mysore. Si les autres années, je n'ai eu aucune peur, je dois avouer que, cette fois à certains moments, je n'ai pas été sans éprouver quelque appréhension, car le fléau a frappé à coups redoublés tout autour et tout près de nous. Chaque épidémie, il est vrai, m'a trouvé auprès des pestiférés pour leur donner les secours de la religion, et j'ai pu ainsi baptiser un certain nombre de moribonds. Toutefois, nous n'avions jamais eu beaucoup de fidèles atteints dans l'enclos de la mission. Cette année, le mal s'est abattu sur les trois maisons qui se trouvent près de l'église : la mienne, celle du Frère et celle du catéchiste, et y a fait six victimes : deux de mes orphelins, une fille du catéchiste et trois personnes chez le Frère...
    Depuis quelques jours, grâce à Dieu, la peste semble diminuer assez sensiblement et je commence à croire que nous en serons quittes pour la peur.

    (Lettre du P. Le Tohic, 1er décembre 1902).

    Su-tchuen Oriental. Hôpital. Nous sommes heureux de donner aujourd'hui la photographie de l'hôpital récemment construit parle P. Faucon, à Tchong-kin, et qui peut contenir plus de cent malades, hommes et femmes.
    Les Religieuses missionnaires franciscaines de Marie ont été appelées pour y faire leur service de charité. Elles sont parties depuis plusieurs mois et doivent être arrivées maintenant
    Le docteur Erdinger, médecin du consulat français, donnera ses soins aux malades. Nous espérons que cette oeuvre de dévouement contribuera à l'extension du règne de Dieu et de la sainte Eglise.

    Pondichéry. La léproserie. Belle fête aujourd'hui à la léproserie ; Mgr Gandy a confirmé 17 malades. Depuis que les surs de Saint-Joseph de Cluny sont chargées de cet établissement, le nombre des pensionnaires a triplé, ils sont si bien soignés ! On a complété l'installation, en élevant des murs qui séparent le quartier des hommes de celui des femmes. De plus, le P. Loyon qui est comme le chapelain de la maison, a fait des instances auprès du docteur pour qu'on creusât, dans l'enclos, un puits artésien. C'est fait, et aujourd'hui l'eau abonde, non seulement pour les bains des lépreux, mais aussi pour l'arrosage du jardin, des cocotiers et autres arbres.
    (Lettre du P. Fourcade, 18 décemére 1902),

    Laos. La famine. Jusqu'ici nous vivions pauvrement. Je me demande même comment plus de missionnaires ne sont pas morts de misère ou d'insolation dans nos pauvres cabanes. Mais enfin nous vivions... Aujourd'hui les choses changent : la moisson de cette année n'a donné que le quatre ou cinq pour cent d'une moisson normale. Que vont devenir les chrétiens ? Pour la plupart, ils n'ont pas de quoi vivre quinze jours. Les racines et les patates sauvages vont être leur nourriture, et pour se procurer cette maigre pitance, il leur faudra aller dans les forêts, loin des lieux habités. Gare au tigre qui fait rage depuis quelque temps !
    Nos chrétiens vont donc être obligés de s'éparpiller au loin. Trouveront-ils même de l'eau pour boire et faire cuire leurs chétifs aliments ? C'est douteux. J'ai fait l'autre jour 40 kilomètres à cheval et je n'ai trouvé d'eau que dans un seul endroit. Tous les torrents et marais étaient desséchés comme au cinquième mois des années sèches. Ajoutons que le thermomètre n'est encore descendu qu'une seule fois à 16 degrés, tandis que les années ordinaires il descend à 4, 5 degrés. Je l'ai même vu à 2 degrés au-dessous de zéro, en cette saison. Pas de froid, pas de pluie, mais alors?... Mais alors, c'est la mort prochaine pour beaucoup, la mort loin du prêtre, sans sacrements !
    Donc, si vous pouvez quelque chose pour nous, adjuva nos.

    (Lettre du P. Prodhomme, provicaire apostolique, 22 décembre 1902).

    Cochinchine Septentrionale. L'église de Phu-cam. La bonne Providence m'a procuré des jouissances comme je n'en avais pas goûté depuis bien des années, en me fournissant l'occasion de visiter plusieurs confrères des missions voisines. J'en suis presque à me demander, moi habitué aux ennuis, aux tracas, aux soucis si je n'ai pas fait un beau rêve. Mais, rêve ou réalité, ce qui est certain, c'est que j'ai été bien heureux pendant trois semaines et que maintenant j'ai repris ma croix, pour ne plus la quitter jusqu'à la fin de ma vie.
    Cela ne veut pas dire que je déteste mon fardeau, non ; car tout lourd qu'il est, il n'en est pas moins précieux, ne serait-ce qu'à cause des espérances qu'il donne, sans compter que, de temps en temps, il y a bien quelques heures de répit et quelques moments de consolation.
    Même cette année, qui certes a été loin d'être gaie, m'a procuré une grande joie : celle d'inaugurer la nouvelle église de Phu-cam. Et voyez comme le bon Dieu arrange bien toutes choses ! Il y avait à peine un mois que cette nouvelle église était livrée au culte qu'un typhon, d'une violence extrême, a presque renversé l'ancienne et l'a mise en tel état qu'il n'était plus possible d'y faire les offices.
    C'est le P. Patinier qui, après avoir bénit cette église, y a célébré la première messe solennelle. Il a généreusement payé cet honneur, ce qui n'empêche pas que je ne doive encore plus de sept cents piastres, sans parler de ce qui me manque pour parachever l'édifice. Mais j'espère que le bon Dieu, pour la plus grande gloire duquel jai certainement eu l'intention de m'imposer ce fardeau, saura m'aider à finir cette église qui nous a coûté, aux Phucamiens et à moi, tant de fatigues, de soucis et de corvées.
    (Lettre du P. Allys, 29 décembre).

    Coimbatour L'école industrielle Saint-Joseph. Le premier mot qui me vient à l'esprit en vous écrivant est « reconnaissance ». Je vous remercie bien cordialement pour la généreuse aumône une vous avez bien voulu me réserver et m'envoyer. Soyez assuré que mes enfants et moi nous prions tous les jours pour nos bienfaiteurs et demandons au bon Dieu de les récompenser par des bénédictions de choix.
    Ce don est venu bien à point, alors que j'inaugurais dans mon école une nouvelle branche d'industrie, type-writing branch. Le type-writing (machine à écrire) est maintenant très en vogue par ici : on l'exige dans les offices du gouvernement, et toutes les maisons de commerce ont leurs type-writers. C'est donc une nouvelle issue que j'ouvre à mes enfants. D'autre part, l'école marche bien, et sauf la division des tisserands, les autres se suffisent ou à peu près. Du reste, j'ai mis toute ma confiance en saint Joseph et j'espère que ce grand ouvrier modèle, notre patron, nous protégera.
    (Lettre du P. Petite, décembre 1902).

    Birmanie méridionale. Traits édifiants. L'an dernier, pendant la saison chaude, j'aperçois à l'église de Maryland une femme dont la physionomie ne m'est pas inconnue ; mais depuis 25 ans que je ne l'avais plus revue, j'ai peine à me rappeler. Ma surprise augmente de la voir venir me saluer après l'office et me dire qu'à la suite d'une longue et douloureuse maladie qui l'avait mise aux portes du tombeau, elle avait résolu de se convertir pour de bon. Pendant sa maladie, elle avait vu en songe plusieurs chrétiens défunts qu'elle avais connus autrefois. Ils étaient, m'assurait-elle, dans un lieu si beau, si beau que ce devait être le Paradis, car impossible d'imaginer quelque chose de plus beau. Elle fut si vivement frappée de cette vision qu'elle se dit à elle-même : « Il me faut, à leur exemple, pratiquer la religion chrétienne afin d'arriver, moi aussi, au même heureux terme ». « C'est pourquoi, poursuit-elle avec insistance, je viens, quoique souffrante encore, vous prier de vouloir bien me confesser et m'aider à obtenir l'objet de mes désirs. J'ai raconté ma vision à ma famille, mais nul ne veut me croire ; on soutient même que j'étais alors dans le délire. N'importe, je suis sûre et certaine de ce que j'ai vu ; aussi, veux je me convertir sincèrement ». Lorsque je la baptisai en 1871, elle paraissait dans de bonnes dispositions; mais l'indifférence de son mari, jointe à la pression exercée sur elle par sa mère païenne et adonnée aux superstitions, la retinrent loin de l'église et de toute pratique religieuse. La voyant enfin revenue à de meilleurs sentiments, je tâchai de lui faire comprendre que son devoir était de procurer le même bonheur à son mari et à ses enfants. « Je les amènerai, me dit-elle ; à part les trois plus grands, mariés et loin de moi, j'ai encore cinq enfants à la maison ».
    Elle eut beaucoup de peine à les décider, et ce n'est qu'au mois d'avril dernier qu'ils sont venus recevoir le baptême. Bien qu'éloignée d'une bonne lieue, n'ayant qu'un souffle de vie, la bonne vieille assiste très régulièrement aux offices. Aussi, je crois que la grâce de Dieu a réellement agi sur elle dans cette vision dont elle ne se lasse de raconter les merveilles. Pour moi, la plus grande merveille est sa conversion et celle de toute sa famille !

    (Lettre du P. Tardivel.)

    Un des moyens plus ordinaires dont la Providence se sert dans la conversion des âmes est, sans contredit, l'influence bienfaisante exercée par nos enfants de nos écoles. Des 32 convertis que je compte cette année, il en est un dont je suis particulièrement fier. Aussi désiré-je le faire connaître. Voilà six ans passés que je ne cessais de prêcher à ce brave homme ; d'autres confrères avaient essayé également, avant moi, de le convertir, mais toujours en vain... Par deux fois, il me promit de recevoir le baptême, et chaque fois il trouvait une excuse pour différer. Bien plus, quand sa femme vint à tomber malade et à vouloir devenir chrétienne, il s'y opposa de toutes ses forces. Je la baptisai cependant, et bientôt la malade recouvrait, avec la vie de l'âme, la santé du corps. Dès lors, ce fut tous les jours que notre homme eut à subir les instances de sa femme, le conjurant de se décider enfin à embrasser la religion chrétienne. Inutile, rien n'y faisait. Enfin, l'idée me vint un jour de l'envoyer à Bassein visiter sa fille qui se trouvait alors au couvent. Il y va, assiste à tous les offices et est vivement frappé de voir son enfant se joindre à tant de monde de toutes nationalités pour prier le bon Dieu.
    A son retour, il me raconte ses bonnes impressions, ajoutant que, ce coup-ci, il se ferait baptiser, afin de pouvoir, lui aussi, prier le bon Dieu. Je voulais le prendre au mot, mais nouvelle excuse suivie d'un nouveau délai. Ce n'est que plus tard, quand je lui annonçai que sa fille se préparait à prendre l'habit de religieuse, en la fête de l'Assomption de très sainte Vierge, qu'il se décida. « Eh bien ! Fit-il, c'est ce jour-là que je veux être baptisé ». Il a tenu parole. Le plus beau de l'histoire est qu'il s'est fait accompagner au baptême par deux autres païens qu'il avait eu soin de préparer lui-même à recevoir ce sacrement. Ainsi, pendant que la fille prenait l'habit noir en signe de renoncement au monde et à ses plaisirs, le père, non moins heureux recevait la robe blanche de l'innocence.
    (Lettre du P. Ambiehl.)

    Tout dernièrement, j'étais appelé au chevet d'une jeune païenne de 13 à 14 ans. Elle se meurt, me dit-on, et demande instamment le baptême. Comment ? Pourquoi ? On ne pouvait me le dire. Enfin, je me rends à travers l'eau et la boue au village qui m'est indiqué. Arrivé près de la mourante, quelle n'est pas ma surprise de la trouver, non seulement instruite des principaux mystères, mais sachant fort bien les prières qu'elle me dit avoir récitées tous les jours depuis un an ! La pauvre enfant est au comble de la joie de me voir, en même temps qu'elle parait rassembler toutes ses forces, afin de recevoir le baptême aussitôt que possible ; ce que je fis sans plus tarder. Deux jours après, elle mourait en prédestinée. Or, cette pauvre fille n'était jamais venue à l'église ; ni prêtre, ni catéchiste ne lui avaient jamais enseigné notre sainte religion. Mais voici : une de ses amies, élève du couvent, était alors en vacances, et, l'allant voir, lui avait raconté tout ce que je disais au catéchisme sur le vrai Dieu, sur le ciel etc. Ravie de tout ce qu'elle entendait, elle résolut dès lors de se faire chrétienne. Ses parents, bouddhistes acharnés, firent bien leur possible pour détourner l'enfant de semblable folie, mais sans succès. Ce ne fut qu'au dernier moment qu'ils consentirent enfin à ce que l'on vint m'appeler.
    (Lettre du P. Herzog).

    1903/113-119
    113-119
    France et Asie
    1903
    Aucune image